Je crois entendre encore 54


 

Je crois... je crois que je deviens folle... complètement folle... de cette folie qui ouvre les portes de l'infini... de cette folie qui m'autorise à jouer tous les rôles... excepté le mien...
Vous ne me captez pas... mais je vous capte. Parce que j'ai su sans doute à mon insu, choisir entre la capture et la captivité... entre la prise et la méprise.
Je me suis réinventé une raison, d'autres raisons de vivre. Je vole de fleur en fleur, de lueur en lueur, en quête d'un maximum de lumière... comme pour imiter le seul œil du ciel, le soleil.
Je suis folle... une folle en liberté... folle de cette liberté qui m'a rendue folle pour l'éternité. Maintenant que le voile est arraché : Qu'est-ce que je vois de ce qu'on n'a pas l'habitude de voir ?
Parce que figurez-vous qu'il n'y a pas plus lucide qu'une folle qui se méfie du bonheur et de tous les marchands du bonheur. Qu'est-ce que je vois ?
Un monstre à deux têtes... qui dévore et scelle les sorts... un peu à l'image du Minotaure... qui soumet la vie à la pulsion de mort... le drame se situe dans un labyrinthe... on y entre mais on n'en sort pas.
Un monstre à deux têtes : capitalisme et démocratie. Les deux maux qui font le plus de mal... l'abîme qui fait le plus de victimes... c'est sans issue.
On n'a droit qu'aux espérances. Et elles seront toutes déçues.

On ne vous l'a jamais dit, mais toute capitalisation est une capitulation... toute possession, y compris la moins signifiante, fait de chaque possédant un possédé.
Quoiqu'on en dise, la propriété n'est pas le propre de l'homme, mais de notre face sombre, de notre part d'ombre. C'est l'avoir qui rompt et corrompt l'influence de l'être et met l'être sous influence.
Oui... je ne vois que ça : le flux des capitaux entre personnes décapitées. Des riches qui ont perdu la tête et des pauvres qui s'entêtent.
Aucun des deux ne règlera la dette... vis à vis de l'être.
Parce que la perte, la magie de la perte est le seul horizon possible. On y perd plus qu'on y gagne.
Tout le jeu consiste à produire le maximum d'ustensiles pour se sentir utile et moins futile.
Mais en vérité, on ne fait que reculer l'échéance... en remplaçant une illusion par une autre... le temps de se remplir avec le verbe avoir et de vider les êtres du verbe être.
Et dire... et dire que l'on peut se contenter de peu... rien n'y fait ; l'homme n'en a jamais assez... de ses pseudo-certitudes et de ses mauvaises habitudes.
La démocratie complète ce sombre tableau où pour servir le plus grand nombre nous nous condamnons à ne servir que des ombres.
Personne n'y trouve son compte en fait, même si le droit prétend tout le contraire.
Quand on a les solutions, on n'a pas tous les accords, et quand on a tous les accords on n'a pas les moyens pour conclure le marché. Marché de dupes !
On tourne en rond, aux portes de nous-mêmes avec des libertés qui couvrent tout et n'ouvrent sur rien...

Songes et mensonges, c'est tout ce qui nous reste entre les mains quand on oublie la clé, la clé des songes... que vous appelez être et que j'appelle Dieu. On dira que je suis folle... et probablement je le suis... folle !

 

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54 commentaires sur “Je crois entendre encore


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