Comment caractérisez-vous le travail aliéné monsieur le député ?
Comme une activité que l’on exerce en étant contraint et forcé… on ne fait pas ce qu’on fait parce qu’on a envie de le faire mais parce qu’on y est obligé.
Et pour cause : la force des choses.
C’est précisément ce qui définit une prostituée.
Comment vous les appelez déjà?
Travailleurs, travailleuses du sexe.
J’ai honte pour vous à chaque fois que ça me vexe !
Non seulement vous les stigmatisez mais vous les réduisez à la mendicité.
Allez-y! Culpabilisez-les ! Détruisez-les sans plus tarder!
Oui… vous êtes un abolitionniste… un mot qui finit mal… et un révisionniste… un mot qui n’a pas fini de faire mal!
Vous niez… reniez l’évidence : l’ennui, le vice et le besoin…
La putain alimentaire c’est vous, monsieur le parlementaire !

Vous vous apprêtez si j’ai bien tout noté, à pourchasser les clients de ces dames, à en faire des hors la loi… en les accablant de tous les maux, tout en les taxant sous le manteau !
Mais vous avez l’art d’ignorer que le plus gros exploitant de ces filles de joie, c’est l’État de fait et de droit. C’est tout à fait net… l’État est proxénète. Il a toujours eu une partie liée avec cette horrible institution : la prostitution !
Qui a parlé de violence intolérable faite à notre grandeur nature ?
Et la misère, et le chômage et l’exclusion?
Comment faites-vous pour les tolérer plus longtemps?
Et les travaux forcés auxquels sont tous les jours condamnés les moins bien lotis, ne représentent-ils pas le summum de la prostitution? La plus diabolique des instrumentalisations ? Tortures par l’espérance !
Justice et police… ne jouez pas à ce petit jeu avec le feu … sous peine de favoriser l’empire du milieu.
Ne fermez pas les yeux sur la misère réelle… ouvrez-les bien sur la vraie exploitation de la femme par l’homme… celle qui a lieu dans les foyers, dans les usines ou sous les bureaux…
Vous ne supportez pas voir mouiller leurs corps… dans ce cas… cessez de fouiller leurs âmes! A bon entendeur … une petite part de malheur!

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