Le témoignage d’une femme de ménage 18


La femme de ménage est une légende vivante de l'autre côté de la Méditerranée.

Elle balaye, balaye, balaye devant chez elle, depuis qu'elle est née...

Condamnée comme toute âme bien née à nettoyer, à faire place nette devant son foyer.

Tout ce qui est propre est susceptible de devenir sa propriété, elle en est persuadée... par son geste, par son verbe, elle voudrait nous débarrasser de toutes les saletés, de toutes les insanités, de toutes les obscénités... nous faire partager son goût pour la propreté... pour la pureté du geste... le coup de balai... de la bonne à tout faire.

Elle n'a pour ainsi dire rien de commun avec sa communauté... c'est un être à part qui se lève tôt et se couche tard et qui balaye en racontant des histoires.

Il vous suffit de lui proposer un sujet pour qu'elle le transforme en projet. C'est très orienté... très oriental !

Au sujet des immigrés qui meurent chaque jour en voulant passer de l'autre côté de la Méditerranée... elle réfléchit, donnant un coup de balai comme pour dépoussiérer le sujet. Elle dit que ce sont des dégénérés attirés par encore plus dégénérés... on ne peut les empêcher de fuir leur pays d'origine, ni minimiser les forces de dégénérescence qui les mine et les contamine...

Qu'est-ce que vous croyez me dit-elle, qu'ils crèvent tous la dalle... que dalle !

Ils s'exilent pour votre vision du bien et du mal... la plupart d'entre eux sont homos, mythos, paranos. Ils ont été contaminés par vos réseaux sociaux qui mélangent et vendangent toutes sortes de perversions, celles du sexe, du pouvoir et de l'argent... Contre ces gens là, il n'y a point de détergent.

La ménagère... excédée par ses propres propos... s'interrompt puis s'enflamme de nouveau, parce qu'elle ne ménage personne :

"La ligue, la ligue, on t'encule"... se murmure t- elle en songeant à la ligue des droits de l'homme... ah le râteau !

Et tous ces bateaux ne sont surchargés que d'"oxydés" (le mot, c'est elle qui l'a inventé : OXYDES... sous l'effet d'un oxydant avec un X et sans CC) tous ces jeunes gens, c'est votre culture qui les a oxydé, altéré leur souffle avec votre air sophistiqué...

Ils débarquent pour se remplir les poumons de votre pseudo-oxygène parce que vous leur avez fait croire que tout est homogène : l'homme qui épouse la femme, l'homme qui épouse l'homme et la femme qui épouse la femme...

Tout est dans tout et inversement

Récoltez donc sans sourciller les fruits de votre corruption, de votre conception rompue et corrompue !

Share Button


18 commentaires sur “Le témoignage d’une femme de ménage

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur le témoignage d’une femme de ménage, un point de vue en balayant.

    Madame la légendaire femme de ménage,

    J’ai entendu votre propos contre l’occident, contre les perversions, mobile des immigrés, rapporté (le point de vue, l’avis, l’histoire, hein) avec talents.

    En toute franchise, la première réflexion qui m’est venue à l’esprit, c’est que vous généralisiez ptêtre à tort et aviez ptêtre des préjugés. Et sur les immigrés, et sur l’occident.

    Mais je me suis ensuite dit que je me trompe ptêtre, c’est ptêtre moi qui ai tort et qui préjuge. Après tout, si j’ai lu des articles sur tranches de vie, motivations, je ne connais pas le profil type, l’aspiration de la majorité des immigrés. Vous les connaissez certainement mieux que moi qui ne connaît que quelques histoires rapportées par des médias, et des cas dans ma famille éloignée, famille élargie, qui sont ptêtre des cas particuliers.

    Et de l’occident est critiquable. Du moins, je comprends certaines critiques. Et puis l’idée de pouvoir vivre « librement » leur amour, leur sexualité, doit certainement en motiver un certain nombre (ptêtre en partie à tort, car me semble que des médias occidentaux / français évoquent de temps en temps des violences homophobes).

    Toutefois, quand même, je pense que c’est un peu beaucoup exagérer de généraliser ainsi et puis rendre l’occident et les « droits de l’homme » responsables. En France, pas mal s’étaient mobilisés contre le « mariage pour tous », et je crois pas que si ils avaient eu gain de cause, cela aurait rendu la culture occidentale plus mieux, de même que cela rende tout « homogène » de rendre le mariage entre gens du même sexe possible. Est-ce que cela atténue le symbole fort du mariage entre un homme et une femme ?

    Quant au concept des « droits de l’homme », je comprends les critiques de son instrumentalisation pour intérêts géopolitiques, rôle dans déstabilisation du moyen orient et cætera, où pourrait considérer que l’idéal de la déclaration, l’état d’esprit des droits s’est fait eu, moins les critiques en soi du principe. Si ce n’est que me fait penser qu’il faudra que j’essaye de lire un jour le livre « The New Human Rights Movement » qui remet en cause paradigme, culture économique-politique occidentale.

    Bref, je suis désolé pour vous (ou tant mieux pour vous et tant pis pour l’occident ?) si la plupart de ceux qui ont immigrés que vous connaissez sont homos, mythos et / ou paranos. Mais au-delà des fautes de l’occident, que proposeriez-vous pour régler leur « problème » ?
    Et que pensez-vous de l’histoire du cheick saoudien qui est mort dans un désert en voulant s’en prendre à un âne pour assouvir ce qui est puni de mort dans son pays ? Que c’est bien fait ? Mais combien de morts pour des pas morts qui le font en cachette ? Et les pauvres ânes ! Quand j’avais voulu voir si cette anecdote n’était pas une intox, me semble que j’étais tombé sur des trucs pas glop auxquels auraient participé / commis par un ou des imams. Vous pensez qu’il vaut mieux ce genre de mésaventures plutôt que cela devienne les mœurs d’une culture (pas de le faire avec des ânes mais ce qui fait qu’ils laisseraient les ânes en paix) ? Mais si ils sont plusieurs, n’est-ce pas qu’il y a une culture du secret, qu’il y a une certaine dépravation ?

    J’avais lu des articles autour de l’islam et la sexualité, où il était question qu’il y avait de la littérature musulmane à une époque qui n’avait rien à envier au Kamasutra, si je puis dire. Ah, voilou extrait d’un : « Le plaisir charnel et sensuel est célébré par le Prophète Mohamed dans ses hadiths ainsi que dans sa vie en l’inscrivant dans le cadre de l’union légitime entre l’homme et la femme et conformément à une certaine éthique. La culture musulmane, à travers sa jurisprudence mais surtout à travers sa littérature et ses arts, a accordée aux thèmes de l’amour et de la sexualité une place exceptionnelle. » (extrait de : Islam et sexualité : https://blogs.mediapart.fr/edition/lislam-et-loccident/article/200710/islam-et-sexualite )
    Alors, vous me direz, ou pas, il y est question des rapports intimes entre hommes et femmes, l’homme et la femme. Néanmoins, dans ce genre d’article il est aussi fait mention de « statut réducteur aux femmes sous la houlette d’un ordre moral dominé par des esprits conservateurs et rigoristes », des critiques du style, qui pourrait avoir pour effet que réprimer ne règle en rien la problématique chez certains, que les frustrations peuvent engendrer le cas du cheick saoudien (notez que je l’excuse pas pour autant, et pourrait répliquer qu’à en croire des articles, témoignages vidéos, des accusations de victimes, en occident, certains donnent libre court au n’importe quoi, à des dépravations, du sordide, même si d’ailleurs condamnables et que ces « réseaux d’élites » doivent pourtant avoir potentiellement les moyens comme potentiellement tout un chacun d’assouvir leurs « désirs normaux »).

    Re bref, ceci dit, autant je crois en certaines idées pour la problématique économique-politique-écologique-éthique animale et humaine, pour faire s’accorder toutes les religions, et les effets que cela peut avoir contre certaines bêtises, autant j’en sais fichtre rien pour ce que vous évoquez (si ce n’est ptêtre plus « d’instrumentalisation » au niveau des publicités). Juste que cela vous paraîtra sûrement cliché, mais je pense que quand il y a amour, réciprocité, que c’est « légal », au-delà du fait qu’il y a plusieurs formes d’amour, plusieurs façons d’aimer, c’est dommage de les qualifier de « dégénérés », que l’essentiel est dans deux cœurs qui s’aiment, et que je crois pas que cela puisse détruire une civilisation par cela (au sens que je pense qu’il y aura toujours beaucoup plus d’hommes attirés par des femmes, des femmes par des hommes, de même que dans la nature il y aurait des cas particuliers qui mettent pas pour autant en péril le futur de leur espèce). Pour le dire autrement, j’ai ptêtre tort de ne pas considérer la composante politique, impact du et sur du culturel via certaines mœurs, mais je me fiche un peu de ce que d’aucuns peuvent faire sexuellement de leur côté seuls ou entre eux du moment qu’ils ne font pas de mal, qu’il y a consentement, et je pense que les défis de la civilisation concernent surtout les ressources, considération de la vie, le paradigme économique écologique politique.

    Enfin, en tout cas, si vous n’avez jamais voyagé dans certains coins de France, dont ma région, pour vous faire un avis de vos propres yeux (et même si déjà voyagé / vu dans le passé, pour voir l’évolution ? ), je vous inviterais bien à venir et je vous ferai visiter, et nous discuterions de vos observations ? Bon, je n’ai pas de chez moi où je puis inviter comme je voudrais, habitant encore chez mes parents, néanmoins, à certaines dates je dois pouvoir inviter (et vous ne devriez pas être tentée par faire le ménage, c’est propre !), donc à organiser bien à l’avance si vous deviez être tentée.

  • avatar
    Tony

    Elle fait le ménage ouai , s était pas méninge lol , la femme est la créature la plus courageuse que je connaisse , oui je sait on va encore dire qu il ne faut pas la glorifiée , ouai ces vrai mais faut avouer que beaucoup de femme surclasse beaucoup d homme , je le voit comme sa , les femmes du voyages , les gitanes , tziganes , manouche… chaque jour me le rappel , désoler les mecs , les gadjo , pour moi ya pas photo… rapido pour pas non plus abusé de la bonne chose , elle torches les gamins leur donne a manger au delà du saint , les protèges , protège leur mari , leur couple sans arrêt , attentif , le ménage c est elles la maison ses elle les courses ces elles et meme les travaux on peut les retrouver dedans , elle ne lésine pas et lessive enormement nos murs de poussières , bon un petit bémols ces cette histoire de tout vouloir changer , déplacer les meubles etc.. lol sa perturbe le flemare que je suis parfois lol
    chez les gens du voyages ces un truc de ouf , tout ptit les petites ya meme pas besoin de leur dire , elle fonce sur les balais la vaisselle etc.. ces l occident qui as a rougir , pas tout l occident non plus , en réalité la patronne , la madone ses la femme et pis ces tout .

    vous avez raison , comme dab , les mœurs occidental on contaminé tout le monde , le Monde entier en vérité , et particulièrement ceux dont ont : dit les gagnant ! , dans les derrières , dernière allez on l espère on y croit parsque l humain n aura pas grand choix , mais autant le bling bling , l argent roi fait beaucoup de dégât mais ses partout a la fois et tout le monde court derrière cette aura , autant tout n est pas a jeter par les modes et coutumes oxidanstal
    le bal long rond par exemple ou autres d ailleurs , le jeu en général quand il n est pas addict a l argent comme pour les pro , parsque la ya un probleme dans un monde ou tellement de gens crèves la dalle , enfin on se fait des film sur les jeunes comme sa a toujours était parfois , dans chaque génération , nous contaminons , minet minette , consciemment ou pas , cela ne change rien , sauf peut etre a certain détail , a voir , on reproche beaucoup aux jeune d aujourd huit leur déni leur méprit et méprises , ya cas déjà a regarder l éprises qu on a leur a coller aussi , caler , les disquettes .
    alors evidement les jeunes des tési ou cela qu on a métro policé , les jeunes des cités on a un avantage que les autres non pas , il mange cru , il vive cru , avec tout plein de croyance et de vibration vrai , il triche si peu qu il ne pardonne pas entre eux , la rue forge , elle te rend dingue dingue dingue mais plus fort a la croquer , a manger sont brut et croquer les pommes , alors oui ils sont en partie défaforisé , alors oui il ya des fauves , on a voulue les parquet , bob innie , crête teille , nan terre etc.. mais on ne résout rien en réalité , on ne fait qu accentuer et surtout ce priver de cette donner , il marque nos esprit , nous montre l envie , nous rappel a la vie , soit vrai , la rue ne triche pas , elle est dur , pardonne quand elle doit , tendre
    ces un crachat a la gueule a la société , regarde toi elle dit et nettoie
    tu fait des guerres , tu aime la misère alors récolte toi
    tu ne salivera pas parsque j ai soif ….
    ces la vie
    pendant que tu parade tes peurs et leurres tes erreurs
    L ‘autre Can

    https://www.youtube.com/watch?v=929z8pyKIPM

    embourgeoisez dans ton déni , embourber dans le mépris , on bouffe la vie , on fraternise aussi on solidarise , on solidifie la racine du bitume et des grattes ciel a la casa , respirant ses grand air , aspirant a d autre ères
    la vies des hauts après des bas qui viennes sortir et entré dans les court

    https://www.youtube.com/watch?v=a_sHqZ6yAsM

    ouech la rue , vendue de dominant et dominé patrie se racontant qui sont les méchants , quand vendant partout sur terre de quoi tuer tout les elfes faons et les cimes terre , tu gaspilles des vies dévouer a la création

    https://www.youtube.com/watch?v=SNC8Ae4AbDk

    l humain voyage , comme la connerie….. tout comme l envie.
    Un parfait dans nos rue et ces cités.

    et puits on les revendique , ils sangs permettes a retourner , a changer les sens
    on oublie les connaissances , les savoirs , Partager , ne pas comprendre le monde , enter … ils sont des livres des vivres

    https://www.youtube.com/watch?v=Ekwacq5E_K8

    ces autres choses , un autre monde , d autres univers sel . comme en mer
    bon revenons a nos femmes lol

    Nos équipes, notre force : Les femmes humanitaires sont à l’honneur

    https://www.youtube.com/watch?v=Wp-0owST4dc

    qui a parler de dieu ? de tuture lol et de ptits soldats
    bravo a elles , bravo a eux , ouai faut pas déconner lol sont cacher , mais ils sont ou lol , allez l om
    je croit pas votre histoire madame , de balaie et de jamais , désoler lol
    par contre la dion , hum , j ai pas mal pilonner , si peu sillonner mais ces 3 la :

    S’il suffisait d’aimer

    https://www.youtube.com/watch?v=P5-RDuu79uQ

    La Voix Du Bon Dieu

    https://www.youtube.com/watch?v=wwgUaq6sNsQ

    Ce N’était Qu’un Rêve lol

    https://www.youtube.com/watch?v=TPW7v8lZBi8

    et pour les droits de l homme , je vais vous raconter ma tite journée
    j ouvre 3 maisons d un coup pour 30 a 40 pers , sur un super jardin d edaine , non ces vrai magnifique , dans les 2 sens , je fait tout comme il faut , amateur éclairer , sont rien vue mais , ya un mais ; l imprévue , ma sale idée de toujours vouloir être honette et parfois naïf , écouter bien , les poulets débarques , non avant s était un agent de sécu qui escalade une erreur j ai pas prt le molosse , oubliez d écouter ma première intuition s était pour pas faire peur aux familles , enfin le mec arrive , agressif , j ai peu de temps telement de gens dehors , alors j appel les comdés , je leur signale il arrive regarde les faf etc.. parfait me dises bon ba vous rester , normale je me dit allez hop circuler , le vigil avez beau mentir qu il était la , rien ni fait ,l un d eux revient me dit et l anti squat qui la enlever ? ba voila le teubé , qui ne sait pas mentir sauf pour protéger mais la je les pas perçu , ba ces moi je répond ….
    ha mr veuillez nous suivre pour verifi papier etc.. ok je me dit formalité le principal est la ils bouges pas , je vous suit , arriver la bas me font poiroités 2 h , coup de file de la responsable une 2 eme équipe de comdé vient les pétés , pendant qu il m auditionner , ces enfoirés on osez , j avez beau leur rappelez qu il ne pouvez le mec d abord nié puits après ma dit vous reviendrez si ces vrai , s était bien vrai , il m on toper pour les péter et après quand suis revenue le ptit branleur ne voulez plus me voir , lui aussi a mentis
    donc j ai comprit c est la guerre je vais ouvrir d énormes ponts républicain aériens , sa va les promener et moi me calmer
    dans ceux pays éviter d être franc , ils on cassés le vase et se sont assis sur les maximes

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=62&v=q61cFrsB9Gw

    salutation fraternel .
    et eviter d etre naturel aussi lol

    https://www.youtube.com/watch?v=qYFyc2JYQmU

    ,

  • avatar
    Tony

    j ai une drole d image sur mon ecran , un papier admnistrative je croit mais sur le coter je ne voit pas ce que ces , pouvez le virer svp ? a propos avez vous recu les faf pour steph ?? je n ai recu aucun reponse par mail , désoler vous pouvez virer ce poste aussi , merci
    salutation a la mifa

  • avatar
    jacou

    Les balayures ont été des balais et vice-versa depuis que l’humanité a oublié son origine divine et jouer les jeux pipés de la dualité ; cela va tirer à sa fin que nous le voulions , le redoutions , le refusions .

     » Est-il possible que plusieurs civilisations ultra sophistiquées aient existé par le passé et que la nôtre suivra cette course inévitable d’un effondrement total? L’effondrement de notre société est-il imminent? Voici plusieurs questions que la NASA se posent. L’étude, en partie financée par le Goddard Space Flight Center suggère que les civilisations telles que nous les connaissons, connaissent une fin brutale dû à un grand nombre de facteurs différents.

    Si nous nous intéressons à l’histoire, disons il y a 3000 à 5000 ans en arrière, nous découvrirons plusieurs preuves qui prouveront les capacités avancées des civilisations passées, qui étaient aussi brillantes que la nôtre. Ce modèle cyclique a été le sujet de plusieurs questions scientifiques quant à la future existence de la société et de la civilisation telles que nous les connaissons. En revenant encore plus loin en arrière, 10,000 ans avant la naissance de JC, on découvre les restes d’anciennes civilisations qui remontent à une période inconnue de nous autres. Il y a 5000 ans, la civilisation Égyptienne est née. D’où vient la culture égyptienne? Sa religion? Quelles sont ses origines? Apparemment nous ne savons rien mais ce que les archéologues ont exhumé des différentes strates, il semblerait que beaucoup d’objets « impossibles » aient une existence légitime. Que d’anciennes civilisations ont véritablement existé et qu’elles avaient déjà développé tout ce que nous connaissons, prenons pour acquis et apprécions de nos jours. On tombe sur ce genre de découvertes en ancienne Mésopotamie, en Amérique Centrale, en Chine…

    Il est difficile de renier ce modèle qui revient sans cesse, et qui est une analyse pure et dur de la NASA financé par le meilleur de l’humanité.. Tout cela pour découvrir les origines des civilisations sur Terre et qui ont mis des milliers d’années à se développer. Plusieurs individus considèrent cela comme la preuve ultime que le cycle des civilisations passe en mode reset assez fréquemment.

    Ces facteurs n’ont cessé de se reproduire et ont été les coupables de la naissance d’anciennes civilisations avant l’existence même de notre propre civilisation. Dans ce rapport, le mathématicien Safa Motesharri et son modèle « des dynamiques humaines et naturelles » stipule, que le« processus de naissance et de chute de ces cycles récurrents sont à jamais présent dans l’histoire. » « La Chute de l’Empire Romain et celles de Han, Mauryan, et Gupta, ainsi que plusieurs empires mésopotamiens, représentent toutes la preuve que des civilisations à la fois fragiles et impermanentes surgissent de cette terre. »

  • avatar
    Tony

    Les Etats-Unis avertissent la Grèce de sanctions si elle devait abriter le pétrolier iranien – Le témoignage de Yanis Varoufakis : accablant pour lui-même Partie 9 :Tsipras et Varoufakis vers la capitulation finale – Christine Lagarde à la BCE: une femme sous allégeance – Retraites : instauration du plafond avec effet rétroactif – Réfugiés : des chiffres alarmants – Les migrants de l' »Open Arms » ont débarqué au port de Lampedusa – La navigatrice et sauveteuse en mer Pia Klemp refuse la médaille de la ville de Paris !!! – « Esclavage moderne » : quand des travailleurs sans-papiers se mettent en grève contre Chronopost – Dans la 5e puissance mondiale, des millions d’enfants sont affamés

    allez je vous poste le tout , sa va faire de la lecture lol
    allez galope
    https://www.youtube.com/watch?v=vAc4q1YqdOU

  • avatar
    Tony

    Les Etats-Unis avertissent la Grèce de sanctions si elle devait abriter le pétrolier iranien

    21 août 2019 Grèce laissez un commentaire

    « Il n’y a pas de demande officielle du pétrolier iranien pour amarrer », a déclaré mardi le ministre grec de la Marine marchande, Giannis Plakiotakis, laissant entendre qu’Athènes ne manifesterait pas officiellement sa position sur la question, pas avant que le pétrolier Adrian Darya 1 ne déclare ses intentions.

    Les ministères de la Marine marchande et des Affaires étrangères surveillent le navire naviguant à basse vitesse et rien n’annonce officiellement son arrivée à Kalamata, a ajouté Plakiotakis.

    Dans le même temps, Washington a mis en garde la Grèce même avec des sanctions si elle permettait au pétrolier d’amarrer dans le port de Kalamata ou dans tout autre port du pays.

    « Nous avons clairement indiqué que quiconque le soutient, quiconque lui permet d’accoster peut risquer d’être sanctionné par les États-Unis », a déclaré à la presse le secrétaire d’Etat Mike Pompeo.

    Il a souligné que «nous avons communiqué notre position forte sur cette question au gouvernement grec et à tous les ports de la Méditerranée qui doivent être avertis de ne pas faciliter ce navire-citerne.

    « Il est important que les entreprises et les gens de mer sachent que tout effort visant à aider ce pétrolier peut être considéré comme fournissant un soutien matériel à une organisation étrangère désignée comme terroriste par les États-Unis, ce qui peut avoir des conséquences pénales », a ajouté Pompeo.

    Apparemment, à la suite des avertissements américains, Athènes a déclaré mercredi matin que la Grèce ne faciliterait pas un pétrolier iranien naviguant en Méditerranée pour livrer du pétrole à la Syrie.

    « Nous voulons envoyer un message indiquant que nous ne souhaitons pas faciliter le passage de ce navire vers la Syrie », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Miltiadis Varvitsiotis, à la chaîne de télévision privée ANT1.

    Le pétrolier iranien Grace 1, renommé Andrian Darya 1, est au centre d’une confrontation féroce entre l’Iran et les États-Unis.

    Le pétrolier transporte environ 2 millions de barils de pétrole.

    Après avoir été libéré de la détention britannique au large de Gibraltar, il a commencé à naviguer en direction de la Grèce le lundi 19 août.

    Washington a appelé la libération malheureuse et a mis en garde la Grèce et les ports de la Méditerranée contre l’aide au navire.

    Téhéran a déclaré que toute tentative des États-Unis de saisir à nouveau le navire aurait de « lourdes conséquences ». Alors que le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a semblé minimiser l’éventualité d’un conflit militaire avec Washington dans une interview à la télévision américaine, il a également indiqué lors d’une visite en Finlande que Washington cherchait « davantage d’escalade ».

    Le Grace 1, renommé Adrian Darya 1, a quitté l’ancrage au large de Gibraltar vers 23 heures dimanche. Les données de suivi des navires de Refinitiv ont montré lundi que le navire se dirigeait vers Kalamata en Grèce et devait arriver le dimanche 25 août à minuit.

    La saisie du pétrolier par les Royal Marines britanniques près de Gibraltar, le 4 juillet, soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie en violation des sanctions de l’Union européenne, a entraîné une confrontation de plusieurs semaines entre l’Occident et Téhéran. Il a également exacerbé les tensions sur les routes internationales de transport de pétrole dans le Golfe.

    Gibraltar, un territoire britannique d’outre-mer, a levé l’ordre de rétention jeudi. Mais le lendemain, un tribunal fédéral à Washington a émis un mandat d’arrêt pour la saisie du pétrolier, du pétrole qu’il transporte et de près d’un million de dollars.

    Gibraltar a déclaré dimanche qu’il ne pouvait pas se conformer à cette demande car il était lié par le droit de l’Union. Washington voulait détenir le pétrolier au motif qu’il avait des liens avec le Corps de la Garde révolutionnaire islamique (IRGC) iranien, qu’il a désigné comme une organisation terroriste. (reuters, euractiv, efsyn)

    Tags Adrian Darya 1 Grèce Le pétrolier iranien Pompeo sanctionne les États-Unis

  • avatar
    Tony

    Série : Le témoignage de Yanis Varoufakis : accablant pour lui-même
    Tsipras et Varoufakis vers la capitulation finale

    Partie 9

    19 août par Eric Toussaint
    A partir de la fin avril 2015, sous la pression des dirigeants européens, Tsipras met de côté Varoufakis, sans lui retirer son portefeuille de ministre des finances, pour les négociations à Bruxelles. Il le remplace par Euclide Tsakalotos et donne de plus en plus de poids à Georges Chouliarakis qui agissait objectivement dans l’intérêt des créanciers depuis février 2015. Dijsselbloem et Juncker avaient insisté auprès de Tsipras pour que Chouliarakis soit au centre des négociations car c’était le représentant grec avec lequel ils se sentaient le plus en confiance [1].
    Lire les autres articles de la série :

    1 – Les propositions de Varoufakis qui menaient à l’échec
    2 – Le récit discutable de Varoufakis des origines de la crise grecque et ses étonnantes relations avec la classe politique
    3 – Comment Tsipras, avec le concours de Varoufakis, a tourné le dos au programme de Syriza
    4 – Varoufakis s’est entouré de tenants de l’ordre dominant comme conseillers
    5 – Dès le début, Varoufakis-Tsipras mettent en pratique une orientation vouée à l’échec
    6 – Varoufakis-Tsipras vers l’accord funeste avec l’Eurogroupe du 20 février 2015
    7 – La première capitulation de Varoufakis-Tsipras fin février 2015
    8 – Les négociations secrètes et les espoirs déçus de Varoufakis avec la Chine, Obama et le FMI

    Tsipras accepte de faire de nouvelles concessions à la Troïka avec laquelle il multiplie les contacts et les discussions. Selon Varoufakis, Tsipras a envoyé un courrier fin avril 2015 à la Troïka dans lequel il signifiait son acceptation de dégager un surplus budgétaire primaire de 3,5 % chaque année pour la période 2018-2028. Cette nouvelle reculade rendait impossible la fin de l’austérité car cela nécessitait des coupes supplémentaires dans les budgets sociaux et une accélération des privatisations. Cela n’a pas suffi à la Troïka qui voulait d’autres concessions et un accord n’a pas été trouvé.

    Pendant ce temps, la Commission pour la vérité sur la dette grecque instituée par la présidente du parlement grec travaillait d’arrache-pied pour produire son rapport et ses recommandations avant la fin du deuxième mémorandum qui avait été prolongé jusqu’au 30 juin 2015. L’objectif était de présenter le rapport lors d’une séance publique au parlement les 17 et 18 juin 2015 afin de peser sur l’issue du mémorandum et des négociations. Selon le mandat reçu par la commission, il fallait identifier la proportion de la dette qui peut être définie comme illégitime, illégale, odieuse ou insoutenable.

    La commission était composée de 30 personnes, 15 provenant de Grèce et 15 provenant de l’étranger dont plusieurs professeurs de droit dans différentes universités (en Grande-Bretagne, en Belgique, en Espagne et en Zambie), un ex-rapporteur des Nations unies en matière de dette et de respect des droits de l’homme, des experts en finance internationale, des auditeurs des comptes publics, des personnes ayant participé antérieurement à des audits de la dette publique, un ex-président d’une banque centrale et ex-ministre de l’économie, des spécialistes des banques ayant acquis une connaissance approfondie du secteur bancaire au cours de leur vie professionnelle. Parmi les 15 personnes provenant de Grèce, plusieurs avaient une expérience dans le monde bancaire, dans le domaine de la finance internationale, du droit, du journalisme, de la santé.

    Les membres de la commission dont je coordonnais les travaux s’étaient mis d’accord sur les définitions correspondant aux dettes illégitimes, odieuses, illégales et insoutenables ainsi que sur une méthodologie de travail. Ils s’étaient répartis en six groupes de travail dont trois analysaient les dettes réclamées par les différents créanciers : un groupe auditait les dettes réclamées par le FMI, un deuxième groupe celles réclamées par la BCE, un troisième celles réclamées par les 14 pays de la zone euro qui avaient octroyé des prêts bilatéraux en 2010 ainsi que celles dues aux deux organismes créés par la commission européenne pour octroyer des crédits à la Grèce, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) qui lui avait succédé. Ces différents créanciers qui étaient représentés par la Troïka détenaient plus de 85 % de la dette grecque en 2015. Trois autres groupes de travail fonctionnaient. L’un devait produire une analyse du processus d’endettement public avant 2010. Le deuxième devait fournir une évaluation rigoureuse des mesures dictées par la Troïka (et acceptées par les gouvernements qui s’étaient succédé depuis 2010) et de leur impact sur l’exercice des droits humains fondamentaux. Le dernier groupe de travail réunissait plusieurs juristes et élaborait des conclusions en termes juridiques et des recommandations aux autorités grecques.

    Une partie importante des travaux de la commission était publique. Les séances se déroulaient dans le parlement et étaient retransmises en direct par la chaîne parlementaire. Celle-ci gagnait au fil des semaines de plus en plus d’audience dans un public qui commençait à se détourner des chaînes de télévision qui étaient privées et étaient opposées au gouvernement Tsipras. La chaîne publique ERT fermée à partir de juin 2013 à la demande de la Troïka n’a repris ses activités qu’à partir du 11 juin 2015, une semaine avant que la commission d’audit ne remette ses conclusions.

    La commission a procédé à des séances d’audition de témoins qui étaient, elles aussi, retransmises en direct par la chaîne parlementaire. Philippe Legrain, ex-conseiller direct du président de la Commission européenne pendant le premier mémorandum, est venu de Londres pour témoigner [2], de même que Panagiotis Roumeliotis, ex-représentant de la Grèce au FMI au début du premier mémorandum [3]. Ces séances ont permis de montrer à un large public les véritables raisons de l’intervention de la Commission européenne, de la BCE et du FMI.

    Malgré des demandes répétées qui lui ont été adressées, Yanis Varoufakis n’a pas aidé la commission à réaliser sa mission. Son désintérêt pour la commission est patent car il ne mentionne pas une seule fois celle-ci dans le livre qu’il consacre à son explication des évènements de 2015. Il n’a pas du tout compris que cette commission et les conclusions qu’elle allait produire pouvaient grandement aider la Grèce à se libérer des créanciers avec des arguments très forts tant par rapport à l’opinion publique en Grèce que par rapport à l’opinion internationale. Bien sûr, pour que les propositions de la Commission trouvent un débouché concret, il aurait fallu que des membres du gouvernement fassent du bruit autour des enjeux et des travaux de cette commission. Qui était la personne la mieux placée du gouvernement pour faire écho à l’audit de la dette si ce n’est le ministre des finances ?

    Quant à Tsipras, son soutien à la commission était purement formel et il s’est bien gardé de s’y référer lors de ses déclarations publiques à l’étranger.

    Du côté de l’aile gauche de Syriza, une partie n’a pas saisi l’importance des travaux de la commission. Son leader principal, Panagiotis Lafazanis, n’est pas venu une seule fois aux séances publiques de la commission tandis que d’autres ministres membres de la Plateforme de gauche l’ont activement soutenue. C’est le cas de Dimitris Stratoulis, en charge des pensions, de Costas Isychos, vice-ministre de la défense et de Nadia Valavani, vice-ministre des finances.

    Le refus de Varoufakis et de Tsipras de mentionner à l’étranger les travaux de la commission est en relation directe avec la stratégie funeste qu’ils mettaient en pratique. Cette stratégie consistait à chercher une solution en matière d’allègement du paiement de la dette sans remettre en cause sa nature, sans accepter de reconnaître son caractère illégitime et odieux. Leur stratégie consistait également à pratiquer la diplomatie secrète et à faire croire que la Troïka avait disparu.

    Le mandat attribué à la commission par la présidente du Parlement grec les dérangeait profondément.

    Le fait de recourir à une participation active des citoyens à l’audit de la dette ne faisait pas partie de leur pratique. Pour eux, tout passait par des négociations au sommet sans mener la moindre campagne de communication internationale pour délégitimer la Troïka. Varoufakis communiquait avec les médias mais uniquement sur la base de propositions qui supposaient qu’un consensus était possible avec les dirigeants européens. Il déclare lui-même dans son livre qu’il leur demandait conseil de manière régulière, notamment quand il rencontrait Wolfgang Schäuble, le ministre des finances allemand, ou Angela Merkel, la chancelière.

    Le fameux plan X auquel Varoufakis s’est référé constamment après son départ du gouvernement, lorsque que tout était joué, n’a jamais été communiqué au gouvernement au complet ni au groupe parlementaire et au Comité central de Syriza. Il n’en a parlé qu’au cercle très étroit autour de Tsipras et à quelques-uns de ses collaborateurs qui travaillaient dans le secret. Sa mise en œuvre éventuelle dépendait uniquement de la décision de Tsipras. Or, Tsipras lui a montré à plusieurs reprises qu’il n’était pas prêt à l’appliquer. Les quelques fois où, selon les propres dires de Varoufakis, Tsipras et d’autres membres du cercle ont voulu prendre des mesures fortes, par exemple à l’encontre du gouverneur de la banque nationale ou les 21-22 février en refusant de confirmer certains termes de l’accord du 20 février, Varoufakis affirme qu’il les a convaincus d’y renoncer.

    La décision clé qui signala le point de non-retour est le décret-loi du 20 avril qui ordonnait à tous les organismes publics (municipalités, universités, hôpitaux, parlement, bibliothèques publiques etc. sauf les caisses de sécurité sociale et de retraite) de transférer les réserves de liquidités à la Banque de Grèce pour payer à temps le versement de juin, lequel comme tous les versements des premiers mois du gouvernement Syriza était destiné au seul FMI. Ce fut le signal que le gouvernement était bel et bien pieds et poings liés à l’accord du 20 février et refusait toute éventualité de plan B, toute rupture avec les créanciers. Or, Varoufakis n’a jamais émis la moindre réserve sur cette décision fatale, qui rendait sans objet toute discussion sur des plans alternatifs. Il n’en dit pas un mot dans son livre.

    Suite à cette décision la position de la Plate-forme de gauche devenait intenable. La question s’est posée par exemple de savoir que devaient faire les maires et le président de la région des îles ioniennes membres ou proches de la Plate-forme de gauche face à cette injonction ? En général ils ont plié. Lors d’une réunion nationale du courant Lafazanis, qui s’est tenu vers le 24 avril, la décision fut prise de façon unanime de charger Lapavitsas et ses collaborateurs de mettre au point un plan alternatif, que la Plateforme de gauche aurait rendu public. Mais Lafazanis laissait traîner les choses.

    Pourquoi un tel atermoiement ? Probablement, Lafazanis et les autres dirigeants étaient conscients que si un tel plan était rendu public, les ministres de la Plate-forme de gauche auraient dû mettre leur fauteuil de ministre dans la balance, et ils ne voulaient pas prendre le risque. Ce fut l’erreur fatale de la Plate-forme de gauche, qui annonçait le manque de punch qui s’est publiquement manifesté lors des semaines décisives de juillet-août 2015.

    Revenons aux moments marquants des mois de mai et de juin.

    Le 12 mai 2015, la Grèce devait faire pour la septième fois depuis février un remboursement au FMI. Les caisses publiques avaient été quasiment entièrement vidées pour effectuer les paiements précédents et la Troïka se refusait toujours à verser ce qu’elle devait à la Grèce, notamment les 1,9 milliards € de bénéfices réalisés par la BCE sur les titres grecs.

    Or le FMI voulait éviter que la Grèce ne suspende le paiement, ce qui montre qu’il craignait une telle mesure. En conséquence, le FMI avec ses complices en Grèce, notamment le gouverneur de la banque de Grèce et Chouliarakis, a trouvé une astuce. Il a prétendu avoir découvert un compte oublié ouvert dans le passé par la Grèce au FMI sur lequel subsistait un solde. En réalité, le FMI a versé près de 650 millions € sous forme d’un nouveau prêt sur le compte en question, ce qui a permis ensuite à la Grèce de rembourser le montant dû, soit 765 millions € selon Varoufakis [4] (747,7 millions € si l’on en croit le Wall Street Journal), en y ajoutant le reliquat à partir de ce qui restait disponible dans les fonds de tiroir des caisses publiques.

    Personnellement, j’avais été mis au courant de ce subterfuge par une source bien informée à Washington et j’avais prévenu la présidente du Parlement grec qui n’était jusque-là au courant de rien.

    À la même époque, la présidente du Parlement m’a informé qu’elle avait refusé d’accéder à une demande de Tsipras qui lui demandait de verser les liquidités disponibles dans les caisses du Parlement grec. Pour convaincre la présidente, il lui avait dit que cela allait servir à payer les retraites. Avant de refuser la demande de Tsipras, elle avait téléphoné à Dimitris Stratoulis, le ministre en charge des retraites, qui lui avait dit qu’il n’avait pas introduit une telle demande auprès de Tsipras car il avait pris ses précautions : il restait suffisamment d’argent dans le système des pensions pour payer les retraites. Lui-même faisait de la résistance afin d’empêcher que l’argent tant nécessaire aux retraités ne quitte le pays pour aller remplir les coffres du FMI. Zoe Konstantopoulou a donc refusé de transférer la somme que lui demandait Tsipras.

    Néanmoins, elle gardait de bons rapports avec lui et chaque fois que je m’inquiétais de l’orientation adoptée par le premier ministre, elle tentait de me rassurer en me disant qu’il finirait par stopper les concessions et par adopter les décisions radicales qui permettraient de trouver une issue à l’impasse. Je n’étais pas convaincu mais nous continuions activement le travail au sein de la commission d’audit.

    Je cherchais également à manifester mon soutien aux ministres de gauche, comme Dimitris Stratoulis, qui essayaient de pousser le gouvernement à suspendre le paiement de la dette. La situation de millions de retraités grecs était intenable et la Troïka n’arrêtait pas d’exiger de nouvelles réductions de dépenses dans le secteur des pensions. C’est pour cela que le 15 mai 2015, je me suis rendu à son ministère afin de dialoguer sur ce qu’il convenait de faire et pour le mettre au courant des travaux de la commission. Stratoulis était très heureux de ma visite et a décidé d’en rendre compte publiquement. Il a envoyé à la presse un compte-rendu de cette rencontre et de mon côté j’ai rédigé un communiqué de presse que voici :

    « Après une visite le vendredi 15 mai au ministère grec des pensions et une rencontre avec le ministre Stratoulis, voici ma déclaration concernant le contenu de notre échange fructueux.

    Il est clair qu’il y a une relation directe entre les conditions imposées par la Troïka et l’augmentation de la dette publique depuis 2010. La Commission pour la vérité sur la dette grecque va produire en juin 2015 un rapport préliminaire dans lequel le caractère illégitime et illégal de la dette réclamée à la Grèce sera évalué. Il y a des preuves évidentes de violations de la constitution grecque et des traités internationaux garantissant les droits humains.

    La Commission considère qu’il y a une relation directe entre les politiques imposées par les créanciers et l’appauvrissement d’une majorité de la population ainsi que la baisse de 25 % du PIB depuis 2010. Par exemple, les fonds de pension publics ont subi d’énormes pertes suite à la restructuration de la dette grecque organisée en 2012 par la Troïka. Celle-ci a imposé une perte de 16 à 17 milliards d’euros par rapport à leur valeur originale de 31 milliards €. Les revenus du système de sécurité sociale ont aussi souffert directement à cause de l’augmentation du chômage et de la réduction des salaires comme conséquence des mesures imposées par la Troïka.

    La dette grecque n’est pas soutenable, pas seulement d’un point de vue financier, puisque c’est clair que la Grèce est par essence incapable de la rembourser, mais elle est aussi insoutenable du point de vue des droits humains. Plusieurs juristes spécialistes en matière de droit international considèrent que la Grèce peut se déclarer en état de nécessité. Selon le droit international, quand un pays est en état de nécessité il a la possibilité de suspendre le remboursement de sa dette de manière unilatérale (sans accumuler des arriérés d’intérêt) en vue de garantir à ses citoyens les droits humains fondamentaux, tels que l’éducation, la santé, la nourriture, des retraites décentes, des emplois, etc.

    L’objectif du rapport préliminaire de la Commission pour la vérité sur la dette est de renforcer la position de la Grèce, lui donnant des arguments supplémentaires dans les négociations avec les créanciers. La Commission pour la vérité sur la dette aimerait organiser une visite publique avec des journalistes pour permettre au ministre de rendre public la relation directe entre les politiques imposées par la Troïka et les dégradations des conditions de vie de la majorité de la population et spécifiquement pour les pensionnés, qui ont vu leur pension réduite de 40 % en moyenne depuis que la Troïka est active en Grèce.

    Comme le ministre nous l’a déclaré, 66 % des pensionnés reçoivent une retraite mensuelle de moins de 700 euros et 45 % des pensionnés reçoivent une retraite inférieure au seuil de pauvreté qui est fixé à 660 euros par mois.

    Je réprouve totalement les nouvelles exigences du FMI et de l’Eurogroupe qui veulent imposer de nouvelles réductions des pensions, alors qu’il est clair que les politiques précédentes et actuelles imposées par les créanciers violent le droit des pensionnés à une retraite décente. Les pensions doivent être restaurées.

    Éric Toussaint, coordinateur scientifique de la Commission pour la Vérité sur la dette, Athènes le 15 mai 2015 » [5]

    Fin du communiqué

    La veille de cette rencontre avec Dimitris Stratoulis, j’étais allé écouter Varoufakis prendre la parole lors d’une grande conférence organisée par le Financial Times et dédiée à l’avenir des banques grecques. Varoufakis y avait déclaré que les négociations avec « les institutions » (rappelons-nous qu’à l’époque, selon le discours officiel, la Troïka était abolie) étaient en bonne voie. Selon lui, il fallait arriver à un double accord, un qui permettrait de terminer le 2e mémorandum comme prévu le 30 juin et un second qui constituerait un nouvel arrangement.

    Cette déclaration a fait écho à ce que j’avais appris de la bouche d’un de ses collaborateurs directs : Varoufakis cherchait comme Tsipras un nouvel accord pour remplacer celui en cours et, qu’il le veuille ou non, cela signifiait un 3e mémorandum. Lors de la conférence organisée par le Financial Times devant un parterre de membres de l’establishment et des représentants d’entreprises étrangères, il avait déclaré : « Il est impossible de sortir de la zone euro sans que cela entraîne une catastrophe pour le pays qui quitte ». Parmi les autres conférenciers, il y avait Kyriakos Mitsotakis qui est devenu premier ministre quatre ans plus tard, en juillet 2019. Le représentant de la banque Piraeus, une des quatre grandes banques du pays, annonçait qu’il ne fallait pas trop s’inquiéter si 27 milliards € avaient été retirés des banques grecques depuis fin décembre 2014. Régnait dans cette conférence une atmosphère irréelle, les participants triés sur le volet semblaient vivre à des années lumières de la population grecque. J’avais eu accès à cet événement grâce à un ministre qui m’avait remis l’invitation personnelle qui lui était destinée. J’y avais rencontré Dragasakis qui n’était pas du tout heureux de devoir m’adresser la parole. Sa gêne a augmenté quand un de ses jeunes collaborateurs m’a déclaré qu’il avait lu avec un grand intérêt et enthousiasme l’édition grecque du livre 65 questions/65 réponses sur la dette, la Banque mondiale et le FMI [6] que j’avais écrit avec Damien Millet. Dragasakis, visiblement, n’était pas du tout satisfait de cette déclaration intempestive de son collaborateur.

    Dans le gouvernement, un malaise et des frustrations étaient perceptibles mais cela ne filtrait pas vers le public. Je me souviens très bien de ma deuxième rencontre avec la ministre Rania Antonopoulos qui avait en charge la création de 300 000 emplois, une des priorités du programme de Syriza. Au cours de la première rencontre qui avait eu lieu en février 2015, elle m’avait déclaré qu’elle voulait dans la mesure du possible prêter son concours au lancement de l’audit de la dette comme je le proposais. Lors de notre deuxième rencontre en mai 2019, elle a exprimé sa frustration comme ministre. Elle m’a confié qu’elle pensait avoir fait une erreur en acceptant d’entrer au gouvernement car son département manquait de moyens et parce qu’elle ne se sentait pas libre de dire ce qu’elle pensait. Elle m’a déclaré qu’elle aurait dû donner la priorité à son rôle de députée du parlement. Elle m’a expliqué qu’il n’y avait pas de réunion du gouvernement au complet, pas de discussion collective. Elle considérait que Tsipras laissait conduire sa politique par les sondages.

    Dans Syriza, un profond malaise était en train de se développer. Mais pour les militants du parti, y compris au plus haut niveau sauf dans le cercle étroit autour de Tsipras, il était très difficile de percevoir ce qui se passait réellement. Tsipras, qui présidait le parti tout en étant premier ministre, communiquait très peu de choses à ses camarades. Il n’informait pas sur les concessions qu’il était en train de faire à la Troïka et laissait entendre qu’il allait prendre un tournant radical car les dirigeants européens ne répondaient pas positivement aux demandes du gouvernement. Il utilisait au maximum les attaques des ennemis de Syriza pour demander que tous à l’intérieur du parti se serrent les coudes et fassent confiance au gouvernement.

    « Dans Syriza, un profond malaise était en train de se développer. Mais pour les militants du parti, y compris au plus haut niveau sauf dans le cercle étroit autour de Tsipras, il était très difficile de percevoir ce qui se passait réellement »

    Pourtant le 24 mai 2015, lors de la réunion du comité central de Syriza, un amendement déposé par la Plateforme de gauche qui critiquait le cours des négociations et la stratégie du gouvernement, appelant à des mesures unilatérales en vue de la mise en œuvre effective du programme de Thessalonique, avait obtenu 44 % des voix [7].

    Au sein de la Plateforme de gauche dès avril 2015, Costas Lapavitsas, qui avait été élu député de Syriza en janvier 2015, avait diffusé une proposition d’orientation alternative à celle mise en pratique par Tsipras. Cette proposition détaillée proposait d’agir pour une annulation de la plus grande partie de la dette publique, soutenait l’audit à participation citoyenne, refusait l’obligation de dégager un surplus du budget primaire, mettait en avant la nécessité de nationaliser les banques et d’annuler une partie importante de la dette des ménages à l’égard des banques, et proposait de restaurer le salaire minimum et les retraites en revenant à la situation d’avant le mémorandum de 2010. La proposition avancée par Costas Lapavitsas se fondait sur des travaux préparatoires rédigés avec l’économiste allemand Heiner Flassbeck qui a occupé des fonctions ministérielles dans un gouvernement social-démocrate allemand dans les années 1990. Elle incluait la perspective de la sortie de la zone euro en envisageant deux options, celle d’une sortie négociée et celle d’une sortie conflictuelle [8]. Ce programme qui constituait une proposition tout à fait intéressante n’a malheureusement pas été diffusé par la Plateforme de gauche qui a cherché jusqu’au bout un compromis avec Tsipras. Stathis Kouvelakis, qui était membre du Comité central de Syriza jusqu’à l’été 2015 et adhérent à la Plateforme de gauche, considère que la direction de celle-ci porte la responsabilité de la non-publication de cette orientation alternative. Kouvelakis considère que la direction de la Plateforme de gauche, dont plusieurs membres avaient des responsabilités ministérielles, est restée soumise à tort aux contraintes de la participation gouvernementale [9]. Je partage cette analyse.

    Le dimanche 31 mai, alors que j’étais extrêmement pris par la coordination de la rédaction finale du rapport d’audit de la dette qui allait être présenté le 17 juin au parlement, j’ai reçu un appel de Daniel Munevar [10], collaborateur de Varoufakis depuis le mois de mars. Il me proposait de déjeuner avec James K. Galbraith. J’ai d’abord hésité car le travail qui restait à accomplir était considérable et chaque heure comptait. Puis j’ai pensé qu’une discussion avec Galbraith pourrait être utile au travail de la commission et j’ai quitté pendant quelques heures le studio de 18 m2 qui m’avait été gracieusement prêté par une personne convaincue que l’audit réalisé par la commission servait les intérêts du peuple grec. Galbraith était un des plus proches conseillers de Varoufakis durant ses fonctions ministérielles. Je le connaissais bien depuis une dizaine d’années car nous avions participé en Amérique latine à plusieurs conférences sur la mondialisation financière. En mars 2015, alors que Daniel Munevar avait accepté de collaborer à la commission d’audit, Galbraith l’avait finalement convaincu de faire partie de l’équipe internationale qui travaillerait directement avec Varoufakis, et en conséquence Munevar n’avait pas pu renforcer les rangs de la commission. Depuis mars, nous nous voyions assez régulièrement à Athènes pour faire le point et j’avais essayé, sans succès, de faire en sorte que Varoufakis accepte qu’il puisse aider à la commission malgré ses tâches comme conseiller au ministère des finances.

    Le dimanche 31 mai, Galbraith, Munevar et moi avons déjeuné à une terrasse d’un restaurant populaire du centre d’Athènes à quelques centaines de mètres de la place Syntagma. Galbraith avait effectué peu avant un voyage à Berlin et était très inquiet parce que les dirigeants allemands campaient sur leurs positions. Son moral était bas. Même s’il ne l’a pas dit ouvertement, il se posait des questions sur l’efficacité de l’orientation suivie jusque-là par le gouvernement. Je lui ai exprimé mes critiques quant au refus du gouvernement de suspendre le paiement de la dette. Il a défendu l’orientation de Varoufakis et de Tsipras tout en reconnaissant qu’une suspension aurait peut-être donné des résultats positifs alors que la modération adoptée par le gouvernement ne donnait rien. Par contre quand je lui ai dit que j’étais tout à fait en désaccord avec la décision de ne pas exercer de contrôle sur les mouvements des capitaux, il m’a répondu que le gouvernement avait raison et qu’il ne fallait pas s’en faire sur ce point. Peut-être parce qu’il n’était pas convaincu lui-même de la politique suivie par son ami Varoufakis sur ce point, il n’a pas cherché à donner un argument convaincant. On s’est retrouvé en accord sur un point : la nécessité de mettre en circulation le plus vite possible une monnaie complémentaire. Il m’a dit qu’il essayait de convaincre Tispras et son entourage à ce propos mais que cela ne donnait aucun résultat. Une fois de plus, j’ai constaté l’abîme qui me séparait de l’orientation tant de Tsipras que celle de Varoufakis sur les questions centrales. J’ai expliqué l’importance des travaux de la commission et j’ai invité Galbraith à assister aux séances d’audition de Philippe Legrain et de Panagiotis Roumeliotis qui étaient programmées pour le 11 et le 15 juin respectivement. Galbraith a assisté à au moins une des deux auditions.

    « Roumeliotis a reconnu que le 1er mémorandum avait été conçu pour venir en aide aux banques privées françaises et allemandes principalement, ainsi qu’aux banques privées grecques […] Il a également reconnu que la crise trouvait son origine d’abord dans la dette privée et que la crise de la dette publique en résultait »

    Les 2 et 3 juin 2015, j’étais invité à une réunion tenue à Athènes par le groupe de la Gauche unitaire au parlement européen afin de présenter le travail de la commission. J’ai constaté que l’écrasante majorité des parlementaires ne se rendait pas du tout compte de ce qui se passait réellement en Grèce et des dangers que représentait l’orientation conciliatrice adoptée par le gouvernement Tsipras. Un parlementaire européen membre de l’aile droite de Syriza, qui était un des organisateurs de cette réunion à laquelle participait une quarantaine d’eurodéputés, avait mis son veto à ce que la présidente du Parlement grec soit invitée à prendre la parole à cette réunion. Manifestement à ses yeux, elle était trop radicale. Elle est quand même venue et y a pris la parole.

    Le 3 juin, j’ai quitté un moment cette réunion de parlementaires européens, pour rencontrer en tête-à-tête Panagiotis Roumeliotis, l’ancien représentant de la Grèce au FMI au début du premier mémorandum. À l’époque du premier mémorandum, le FMI était dirigé par Dominique Strauss-Kahn avec qui il avait fait ses études à Paris. Roumeliotis avait une longue expérience des institutions internationales, il faisait partie de l’establishment. Il avait été successivement ministre du Commerce en 1987 puis ministre de l’économie en 1988-1989. En 2015, il était vice-président de la banque Piraeus. Roumeliotis avait accompagné Varoufakis lors de son déplacement à Washington le 5 avril 2015 pour rencontrer Christine Lagarde. Je lui avais donné rendez-vous le 3 juin afin de préparer son audition prévue pour le 15 juin. Notre conversation a été instructive car il a reconnu que le premier mémorandum avait été conçu pour venir en aide aux banques privées françaises et allemandes principalement, ainsi qu’aux banques privées grecques. Plus important encore en ce que cela contredit la narration dominante, il a reconnu que la situation des banques grecques en 2009-2010 était bien plus préoccupante que celle des finances publiques. Il a également reconnu que la crise trouvait son origine d’abord dans la dette privée et que la crise de la dette publique en résultait. Il n’est pas allé aussi loin dans ses déclarations publiques lors de son audition – qui a duré plus de six heures – le 15 juin au Parlement grec par la Commission d’audit. Mais ce qu’il y a déclaré était quand même fort intéressant. Au début de son intervention, il a précisé qu’il venait de recevoir une missive de Christine Lagarde lui rappelant son devoir de réserve comme ancien membre de la direction du FMI, ce qui montre bien que les dirigeants de la Troïka étaient inquiets de l’aboutissement des travaux de la commission.

    Si Varoufakis et d’autres auteurs ne mentionnent pas les travaux de la commission, ce n’est pas parce qu’elle était insignifiante, c’est parce que son existence en elle-même dérangeait leurs plans et mettait en danger, selon eux, l’aboutissement des négociations avec les créanciers. Je suis persuadé que Draghi, Lagarde, Juncker se tenaient informés des travaux de la commission et mettaient la pression sur Varoufakis et Tsipras pour qu’ils n’en parlent pas en public et pour qu’ils ne s’appuient pas sur nos travaux.

    La violence avec laquelle les grands médias grecs se référaient aux travaux de la commission constituait un signe évident des dangers qu’elle représentait pour l’ordre établi. La présidente du parlement était la cible principale des attaques puisqu’elle avait créé la commission. J’étais la cible numéro 2. Plusieurs articles publiés par d’importants médias de droite visaient à me discréditer et recouraient à des attaques personnelles sur ma tenue vestimentaire ainsi que sur le fait que j’avais participé à des audits de dettes dans des pays dits en développement. On nous présentait comme un danger pour la Grèce. Au sein du parlement, le président du groupe parlementaire du parti néolibéral To Potami (La Rivière) était également très remonté contre mon rôle de coordinateur scientifique des travaux de la commission. Il a officiellement protesté contre ma présence au parlement lors d’une réunion des chefs des groupes parlementaires.

    J’ai pu constater en mai-juin 2015 que la campagne médiatique contre la commission et contre ma personne produisait auprès de la population grecque un effet contraire à celui recherché. Lors de mes déplacements dans Athènes, dans la rue ou dans les transports en commun, à de nombreuses reprises des personnes m’ont arrêté pour me saluer, me serrer la main chaleureusement, ont demandé à prendre un selfie avec moi, m’ont remercié pour le travail en cours de réalisation, m’ont dit de bien prendre soin de ma sécurité, etc. Pas une seule fois, quelqu’un n’a manifesté un geste ou une parole de réprobation. Cela a été le cas y compris la fois où je me suis rendu sur la place Syntagma à une manifestation antigouvernementale convoquée par des partis d’opposition de droite. Je voulais me rendre compte de la situation, voir quel type de public participait à une telle manifestation. J’ai traversé tranquillement les rangs des manifestants qui étaient environ dix mille. J’ai vu qu’un certain nombre me reconnaissait mais aucun n’a exprimé un rejet. J’en ai tiré l’impression que les travaux de la commission pour établir la vérité sur la dette n’étaient pas considérés comme contraires aux intérêts de la Grèce par les personnes des milieux populaires et des classes moyennes qui se mobilisaient à droite. De même, dans les restaurants populaires ou dans des cafés que j’ai fréquentés, il n’était pas rare que le patron ou des membres du personnel marquent leur sympathie pour le travail de la commission.

    Sur le plan international, les soutiens au travail de la commission étaient nombreux, un site spécifique avait été ouvert et un appel international largement soutenu attirait constamment des signatures des quatre coins de la planète. De nombreux journalistes étrangers marquaient aussi leur intérêt. Il faut préciser également que tous les documents publics de la commission étaient publiés sur le site du parlement grec, ce qui contrastait avec la diplomatie du secret pratiquée par Tsipras et Varoufakis.

    Le 4 juin 2019, alors que la Grèce devait effectuer un nouveau remboursement au FMI de 305 millions € et que les caisses publiques étaient vides, celui-ci propose que tous les paiements dus en juin, pour un montant total de 1 532,9 millions €, soient payés en une seule fois le 30 juin 2015. Cela permettait à la Troïka de mettre la pression maximum sur le gouvernement pour qu’il accepte de signer une nouvelle capitulation avant la fin du 2e mémorandum dont l’échéance était le 30 juin 2015.

    Le 3 juin 2019, Tsipras s’était rendu à Bruxelles pour une réunion avec Juncker et Dijsselbloem qui étaient en contact direct avec Merkel, Hollande et Lagarde. Varoufakis avait été mis hors-jeu une fois de plus, Tsipras ne lui avait pas demandé de l’accompagner. Pour la Troïka, il s’agissait de mettre la pression maximale sur le premier ministre qui avait déjà montré qu’il était prêt à d’importantes concessions. Mais les énormes concessions de Tsipras ne suffisaient pas à la Troïka qui voulait le contraindre à une capitulation sur toute la ligne. Elle espérait pouvoir y arriver pour le 6 juin.

    Finalement, Tsipras décide de rentrer à Athènes le 4 juin. Le lendemain, il critique devant le parlement grec l’attitude intransigeante de la Troïka sans expliquer les nouvelles concessions qu’il avait déjà faites et qui n’étaient pas suffisantes. Il donnait donc au public et aux parlementaires l’impression de résister fortement en affirmant qu’il ne franchirait pas les lignes rouges fixées par son gouvernement et le groupe parlementaire de Syriza.

    Les négociations se poursuivent à Bruxelles avec, du côté grec, Chouliarakis à la tête des tractations, faisant tout son possible pour contenter la Troïka mais sans résultat substantiel.

    Les 11 et 15 juin, la Commission pour la vérité sur la dette organise deux séances publiques d’audition de témoin. Philippe Legrain, ex-conseiller de José Manuel Barroso qui a présidé la Commission européenne entre novembre 2004 et novembre 2014, témoigne le 11 juin, et Panagiotis Roumeliotis le fait le 15 juin. L’audience de la commission auprès du public grec augmente.

    Le 17 juin, au parlement grec, la commission présente son rapport en présence de la présidente du parlement grec, du premier ministre et d’une dizaine de membres du gouvernement. Le rapport principal m’incombe et il est retransmis en direct par la chaîne TV du parlement [11]. Une dizaine de parlementaires d’autres pays sont présents. Ils sont venus de Belgique, de France, d’Allemagne, d’Espagne, d’Argentine, de Tunisie, etc., pour apporter leur soutien au travail de la commission et à la demande d’annulation des dettes illégitimes. Le rapport conclut que l’entièreté de la dette réclamée par la Troïka est illégitime, odieuse, illégale et insoutenable. Tsipras qui est venu saluer la commission en début de séance est reparti sans faire de déclaration publique. La présentation publique des différentes parties du rapport prend deux journées entières. Le rapport d’une petite centaine de pages est distribué en grec et en anglais, il est immédiatement publié sur le site du parlement grec. Dans les semaines qui suivent, il est traduit et publié en français, en allemand, en italien, en espagnol et en slovène.

    Pendant ce temps, le 18 juin lors de la réunion de l’Eurogroupe à Bruxelles, la Troïka fait monter la pression sur le gouvernement grec. Benoît Coeuré, de la BCE, annonce que les banques grecques devront peut-être fermer leurs portes le 22 juin [12]. Christine Lagarde, pour le FMI, est également très agressive.

    Le 20 juin, selon Varoufakis, Tsipras est très abattu et il lui soumet le projet d’un texte d’un discours à tenir devant la Nation afin d’expliquer la nécessité de capituler devant les exigences de la Troïka. Varoufakis affirme lui avoir déclaré : « Si tu veux capituler, capitule, mais fais-le convenablement – et je lui ai remis une feuille sur laquelle j’avais rédigé l’esquisse d’un discours, un discours à la nation, qu’il devrait lire à la télévision :

    « Mes chers compatriotes, Nous nous sommes battus courageusement contre une troïka de créanciers impitoyables. Nous avons tout donné. Hélas, il n’y a pas de discussion possible avec des créanciers qui ne veulent pas récupérer leur argent.

    « Nous avons essayé de tenir bon face à des institutions parmi les plus puissantes au monde et face à notre propre oligarchie, lesquelles ont bien plus de pouvoir que nous. Personne ne nous a porté secours. Certains, comme le président Obama, se sont montrés compréhensifs à notre égard. D’autres, comme la Chine, nous ont fait part de leur sympathie. Mais personne n’a proposé de nous aider concrètement face à ceux qui ont décidé de nous briser. Nous n’abandonnons pas, mais je dois vous annoncer que nous avons décidé de renoncer aujourd’hui pour pouvoir nous battre à l’avenir.

    « Dès demain matin, j’accèderai aux demandes de la Troïka. Mais seulement parce qu’il reste de nombreuses batailles à livrer. Dès demain, après avoir accepté les exigences de la Troïka, mes ministres et moi-même entreprendrons une grande tournée en Europe pour expliquer aux peuples le sort qui nous a été réservé, pour les appeler à se mobiliser et à se joindre à notre combat commun, qui est de mettre fin au pourrissement et de redonner vie aux principes et aux traditions démocratiques de notre continent. » [13]

    « Dès demain matin, j’accèderai aux demandes de la Troïka. Mais seulement parce qu’il reste de nombreuses batailles à livrer »

    Fin de citation du texte rédigé par Varoufakis.

  • avatar
    Tony

    La stratégie présentée ici correspond bien à une des faiblesses fondamentales de l’orientation du Ministre des finances : elle débouchait sur la capitulation. Si l’on suit le raisonnement tenu par Varoufakis et les recommandations faites à Tsipras et son gouvernement, ce n’est qu’après avoir capitulé qu’ils auraient réalisé une grande tournée pour demander aux peuples de se mobiliser. Se mobiliser pour quoi ? Pour se solidariser d’un gouvernement qui capitule ? C’est dès février qu’il aurait fallu organiser systématiquement une campagne de mobilisation nationale et internationale pour soutenir les actions que le gouvernement aurait dû résolument entreprendre au lieu de capituler une première fois le 20 février. Ensuite, à plusieurs moments clés, Tsipras et Varoufakis auraient dû prendre le virage pour éviter la capitulation. Mais aucun des deux ne l’a fait.

    Varoufakis commente : « Alexis l’a lu, puis a dit avec son air abattu habituel : « Je ne peux pas dire au peuple que nous allons déposer les armes ». C’était on ne peut plus clair : il avait effectivement décidé de céder, mais il ne pouvait se résoudre à l’annoncer. [14] »

    De toute manière, les concessions systématiques que Tsipras faisait dans les pourparlers avec la Troïka permettent de comprendre le dénouement de début juillet 2015.

    Face à la Troïka qui voulait une capitulation humiliante à laquelle Tsipras n’était pas prêt, il a fini par convoquer un référendum. Il a pris cette décision le 26 juin, à l’issue d’un sommet tenu à Bruxelles le 25 juin au cours duquel, une fois de plus, la présidence de la Commission européenne, celle de l’Eurogroupe, les chefs de gouvernement de la zone euro, la BCE et le FMI avaient exercé une pression maximum sur lui.

    Tsipras quitte Bruxelles le 26 juin et annonce la convocation d’un référendum pour le 5 juillet 2015.

    Dans les jours qui suivirent, du côté de tous ceux et celles qui attendaient que Tsipras prenne enfin un tournant et stoppe les concessions faites à la Troïka, la convocation du référendum a représenté un extraordinaire signal de renaissance de l’espoir. Cet espoir était d’autant plus fort que le gouvernement demandait au peuple de se prononcer sur les exigences de la Troïka et appelait à les rejeter.

    La question sur laquelle les Grecs étaient invités à se prononcer se présentait de la manière suivante :

    « Acceptez-vous le projet d’accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de l’Eurogroupe du 25 juin 2015 et composé de deux parties, qui constituent leur proposition unifiée ? Le premier document est intitulé « Réformes pour la réussite du programme actuel et au-delà », le second « Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette ».

    Les deux documents en question étaient rendus publics par le gouvernement et pouvaient être lus ou téléchargés sur le site créé pour le référendum.

    Il s’agissait ni plus ni moins de faire vivre la démocratie face aux diktats des créanciers. C’était tard mais il était encore temps pour le gouvernement de se ressaisir et de mettre enfin en pratique une série de mesures alternatives en cas de rejet des exigences de la Troïka sur la base d’un mandat donné par le peuple.

    Ce que Tsipras avait réellement en tête en convoquant le référendum n’est pas clair. Plusieurs interprétations circulent.

    Varoufakis donne sa version qui mérite d’être prise en compte. Selon lui, Tsipras a annoncé sa décision le 26 juin au noyau qui l’entourait à Bruxelles. Il s’agissait de Dragasakis (vice-premier ministre), Sagias (le conseiller juridique), Tsakalotos (qui remplaçait officiellement Varoufakis dans les contacts avec la Troïka), Pappas (l’alter ego de Tsipras), Stathakis, Chouliarakis et lui-même. Varoufakis déclare avoir demandé aux présents :

    « Ce référendum, on le convoque pour le gagner ou pour le perdre ? ».

    Il relate la suite :

    « La seule réponse que j’ai obtenue, et je pense qu’elle était sincère, m’a été donnée par Dragasakis : « Nous avons besoin d’une sortie de secours. »

    Comme lui, j’étais persuadé que nous allions perdre le référendum. En janvier, le total des voix en faveur du gouvernement n’avait été que de 40 pour cent, et à présent nous devrions faire face à une semaine entière de fermeture des banques et de rumeurs affolantes dans les médias avant le 5 juillet. Mais à l’inverse de moi, Dragasakis souhaitait perdre pour légitimer notre acceptation des conditions de la Troïka. [15] »

    Plus loin, il réaffirme que l’objectif du noyau autour de Tsipras (dont il s’exclut sur ce point), en convoquant le référendum, était d’avoir la légitimité pour capituler. Il écrit qu’il a proposé le 27 juin à Tsipras et aux membres du cabinet de guerre qui l’entourait d’annoncer certaines mesures fortes comme l’intention de reporter de deux ans le remboursement à la BCE [16], ce que Tsipras, Dragasakis et Tsakalotos ont refusé. Il ajoute : « C’est après la réunion, en me dirigeant vers la sortie, que j’ai soudain compris ce qui se passait : le but était bien de perdre le référendum » [17].

    Est-ce que Tsipras pensait dès le moment où il a convoqué le référendum que le gouvernement allait le perdre, comme l’affirme Varoufakis ? Ce n’est pas clair. Selon Stathis Kouvelakis, le 26 juin, Tsipras pensait que le « Non » l’emporterait et dépasserait 70 % [18]. Selon Varoufakis, Tsipras considérait que le « Oui » l’emporterait et lui donnerait la légitimité pour capituler.

    Ce qui est certain c’est que pour Tsipras, comme le souligne Kouvelakis [19], la convocation du référendum ne constituait pas le signal de la rupture avec la Troïka, c’était un mouvement tactique afin de reprendre l’initiative pour sortir de l’impasse de manière à poursuivre la négociation dans de meilleures conditions.

    D’ailleurs, Tsipras a essayé de poursuivre les négociations pendant la semaine qui a précédé le référendum [20].

    Dragasakis, qui était aussi tout à fait favorable à poursuivre les négociations et à faire des concessions, s’est prononcé publiquement pour l’annulation de la convocation du référendum car il pensait que celui-ci rendait plus difficiles les pourparlers avec la Troïka.

    Varoufakis souligne qu’il n’y a eu aucune volonté des membres du cabinet de guerre d’organiser une campagne de mobilisation en faveur du « Non ». C’est ainsi que les ministres n’ont pas été encouragés à se déplacer dans le pays pour tenir des meetings en faveur du « Non » [21]. Seul un grand rassemblement a été convoqué pour le 3 juillet, c’est-à-dire deux jours avant le référendum.

    Le fait que Varoufakis était persuadé que le « Oui » allait l’emporter montre qu’il était déconnecté de l’état d’esprit de la majorité du peuple grec.

    La victoire du « Non » sans qu’une véritable campagne ait été organisée par le gouvernement montre à quel point une grande partie du peuple était prête à résister aux créanciers.

    Du côté de la Troïka, la réaction a été violente : la BCE a fait en sorte que le gouvernement doive fermer les banques pendant la semaine qui a précédé le référendum.

    Le lundi 29 juin, Juncker dénonce la convocation du référendum – c’est du jamais-vu de la part d’un président de la Commission européenne – et appelle les Grecs dans des termes à peine voilés à voter « Oui » afin de ne « pas commettre un suicide ». Cette intervention a peut-être eu l’effet contraire à celui recherché.

    Le 30 juin, Benoît Coeuré, vice-président de la BCE, annonce que si les Grecs votent en majorité pour le « Non », l’expulsion de la zone euro est probable tandis que si les Grecs votent pour le « Oui », la Troïka viendra en aide à la Grèce. François Hollande fait une déclaration dans le même sens.

    Les médias dominants en Grèce appellent tous à voter pour le « Oui » et expliquent que si le « Non » l’emporte, ce sera une catastrophe.

    Durant les jours qui précèdent le référendum une série de personnalités au niveau international, notamment aux États-Unis, soutiennent le « Non ». Parmi elles, le sénateur Bernie Sanders et les économistes prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz et Paul Krugman.

    Le 3 juillet, une marée humaine se rend à la place Syntagma pour aller écouter Tsipras et exprimer la ferveur populaire pour le « Non ». De nombreux témoignages soulignent que Tsipras était mal à l’aise alors que la foule l’ovationnait pour son courage face aux créanciers. Il a abrégé son discours.

    Le rassemblement en faveur du « Oui » est nettement moins fourni que celui en faveur du « Non ».

    Le 5 juillet, le résultat est sans appel : un taux de participation élevé (62,5 %) et 61,31 % en faveur du « Non ». Dans les quartiers « ouvriers », le « Non » l’a emporté à plus de 70 %. Selon un sondage, 85 % des jeunes entre 18 et 24 ans ont voté pour le « Non » [22].

    « Le 5 juillet, le résultat du référendum est sans appel : un taux de participation élevé (62,5 %) et 61,31 % en faveur du « Non ». […] Les dirigeants européens sont complètement désarçonnés : leurs menaces n’ont pas provoqué l’effet recherché sur le peuple grec »

    Pourtant le 6 juillet, Tsipras se réunit avec les partis qui ont appelé à voter pour le « Oui » et, en 24 heures, élabore avec eux une position conforme aux demandes de la Troïka alors que celles-ci ont été rejetées lors du référendum. C’est une trahison du verdict populaire d’autant plus manifeste qu’il avait juré publiquement de respecter le résultat du référendum, quel qu’il soit.

    Tsipras reprend immédiatement le contact avec Bruxelles et constate que la Commission européenne et les dirigeants de l’Eurogroupe, très remontés contre lui, veulent lui faire payer son insolence et infliger une humiliation au peuple grec.

    Tsipras se rend néanmoins à Bruxelles pour remettre la proposition qu’il a concoctée avec les partis qui ont appelé à voter pour le « Oui ». Elle ressemble comme deux gouttes d’eau à la proposition qui a été rejetée deux jours plus tôt par 61,31 % des Grecs qui ont participé au référendum. Mais les dirigeants européens déclarent à Tsipras qu’ils ne peuvent pas lui faire confiance et exigent un vote du parlement grec sur des propositions crédibles de leur point de vue comme condition préalable à la reprise officielle des négociations. Tsipras s’exécute et obtient le 10 juillet un appui massif au parlement grec pour soumettre son nouveau plan à la Troïka. Les trois partis qui ont perdu le référendum votent en faveur du nouveau plan de Tsipras tandis que la présidente du parlement grec, 6 ministres et vice-ministres membres de la Plateforme de gauche et d’autres députés Syriza refusent de l’approuver (Varoufakis est absent, il a choisi d’être avec sa fille dans sa résidence à l’extérieur d’Athènes). Sur 300 parlementaires, 251 votent en faveur du plan de capitulation proposé par Tsipras. Syriza est en pleine crise.

    Le 11 juillet, à Bruxelles, alors que le FMI et la BCE sont d’accord avec la proposition grecque, plusieurs ministres et chefs d’État européens veulent imposer de plus lourds sacrifices.

    Le 13 juillet, suite à une réunion d’un sommet des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro, le gouvernement grec accepte de rentrer dans un processus conduisant à un troisième mémorandum, avec des conditions plus dures que celles rejetées lors du référendum du 5 juillet. À propos de la dette, le texte dit clairement qu’il n’y aura pas de réduction du montant de la dette grecque : « Le sommet de la zone euro souligne que l’on ne peut pas opérer de décote nominale de la dette. Les autorités grecques réaffirment leur attachement sans équivoque au respect de leurs obligations financières vis-à-vis de l’ensemble de leurs créanciers, intégralement et en temps voulu » [23].

    « Le 13 juillet, […] le gouvernement grec accepte de rentrer dans un processus conduisant à un troisième mémorandum, avec des conditions plus dures que celles rejetées lors du référendum du 5 juillet »

    La pression exercée par les dirigeants européens provoque des réactions de rejet autour de la planète. Le 13 juillet, le hashtag #THISISACOUP est twitté 377 000 fois et fait le tour du monde.

    Le 15 juillet, la crise dans Syriza s’approfondit. Une lettre signée par 109 membres (sur 201) du comité central de Syriza rejette l’accord du 13 juillet en le qualifiant de coup d’État et demande une réunion d’urgence du Comité central. Malgré cela, Tsipras, président de Syriza, ne réunira le Comité central que deux semaines plus tard.

    Les 15 et 16 juillet, le Parlement, avec les voix de Nouvelle Démocratie, Pasok et To Potami, mais sans les voix de 39 députés de Syriza sur 149 (32 contre dont Varoufakis, 6 abstentions, 1 absence), approuve un premier paquet de mesures d’austérités, concernant la TVA et les retraites, exigées par l’accord du 13 juillet.

    Le 17 juillet, suite à l’accord du 13 juillet, la Commission européenne annonce le déblocage d’un nouveau prêt de 7 milliards d’euros. Alexis Tsipras remanie son gouvernement, en congédiant notamment deux ministres de la Plateforme de gauche, Panagiotis Lafazanis et Dimitris Stratoulis. Varoufakis avait démissionné le 6 juillet et Nadia Valavani, vice-ministre des finances, le 15 juillet.

    Le 20 juillet, la Grèce rembourse 3,5 milliards € à la Banque centrale européenne et 2 milliards € au Fonds monétaire international.

    Les 22 et 23 juillet, le Parlement adopte un second volet de mesures immédiates exigées par la Troïka. Parmi les députés de Syriza, 31 votent contre et 5 s’abstiennent. Varoufakis vote pour.

    Le 14 août, le Parlement grec adopte le troisième mémorandum par 222 voix contre 64 voix (dont 32 députés de Syriza sur un total de 149). Il y a 11 abstentions (dont 10 Syriza).

    Le 20 août, la Grèce rembourse 3,2 milliards € à la BCE.

    « Le 26 septembre, Tsipras fait élire comme président du parlement Nikos Voutsis qui décide une dissolution de facto de la Commission d’audit de la dette et fait disparaître du site internet du parlement tous les documents relatifs à ses travaux »

    Ensuite Tsipras convoque des élections anticipées pour le 20 septembre. Il les gagne car bon nombre d’électeurs de Syriza ne voient pas d’autre issue que de continuer à voter pour Tsipras afin d’éviter le retour de la droite au gouvernement. C’est le vote en faveur du moindre mal car ils savent que la droite ferait pire en termes d’austérité. La liste Unité populaire créée par une grande partie des membres et des députés de Syriza qui ont rejeté le 3e mémorandum n’obtient pas le score nécessaire pour entrer au parlement (elle obtient 2,86 % alors que le seuil minimal est de 3 %). Elle a eu trop peu de temps pour se faire connaître et elle n’a pas su présenter une alternative crédible.

    Le 23 septembre, la Commission pour la vérité sur la dette se réunit au parlement grec sur convocation de Zoe Konstantopoulou, qui est encore présidente du parlement car la nouvelle législature n’a pas encore débuté. La Commission adopte deux nouveaux rapports et considère que la nouvelle dette contractée au travers du 3e mémorandum est elle aussi odieuse [24]. Trois jours plus tard, Tsipras fait élire comme président du parlement Nikos Voutsis qui décide une dissolution de facto de la Commission d’audit de la dette et fait disparaître du site internet du parlement tous les documents relatifs à ses travaux.

    Conclusion

    Au cours des deux mois qui mènent à la trahison du verdict populaire du 5 juillet, Tsipras a pratiqué une orientation qui conduisait au désastre. À plusieurs reprises, il aurait pu prendre un tournant mais s’y est refusé. L’enthousiasme soulevé par le référendum du 5 juillet a fait long feu et a débouché sur une énorme déception.

    « Au cours des deux mois qui mènent à la trahison du verdict populaire du 5 juillet, Tsipras a pratiqué une orientation qui conduisait au désastre »

    Est-ce que Varoufakis a défendu de manière cohérente une alternative crédible, comme il le prétend ? La réponse est clairement négative. Il a accompagné Tsipras et le noyau qui l’entourait et il n’en a jamais pris publiquement ses distances quand il en était encore temps. Et lorsqu’il a démissionné, il l’a fait dans des termes qui ont prolongé la confusion. Dans l’explication publique de sa démission, il écrit le 6 juillet :

    « Peu après la proclamation des résultats du référendum, on m’a fait savoir que certains membres de l’Eurogroupe ainsi que d’autres « partenaires » auraient vu d’un bon œil mon « absence » lors des réunions, idée que le Premier Ministre juge potentiellement utile pour parvenir à un accord. C’est pour cette raison que je quitte aujourd’hui le ministère des Finances. (…) Je considère qu’il est de mon devoir d’aider Alexis Tsipras à exploiter de la manière qu’il jugera utile, le capital que le peuple grec nous a confié lors du référendum de dimanche. (…) Je soutiendrai donc sans hésitation le Premier Ministre, le nouveau ministre des Finances et notre gouvernement. [25] »

    Quant à son plan B, il a fallu attendre la décision de fermeture des banques pour que Varoufakis découvre, selon ses propres déclarations, que la banque de Grèce disposait d’une réserve de billets en euros pour un montant de 16 milliards € qui, si le gouvernement l’avait décidé, auraient pu être remis dans le circuit, par exemple en les estampillant pour qu’ils fonctionnent comme une monnaie complémentaire non convertible et qu’ils puissent être mis en circulation via les distributeurs de billets. Et à ce moment-là il reconnaît lui-même qu’il s’est opposé à ce qu’on utilise cette manne alors que le leader de la plateforme de gauche essayait de convaincre Tsipras de s’en servir.

    Heureusement, Varoufakis a ajouté sa voix au camp du refus du 3e mémorandum dans la nuit du 15 au 16 juillet, votant « Non » avec les députés de la Plateforme de gauche et avec Zoe Konstantopoulou.

    En ce qui concerne la Plateforme de gauche, il faut aussi reconnaître qu’elle a commis l’erreur grave de ne pas exprimer publiquement ses désaccords à partir de la première capitulation du 20 février et par après. Elle n’a pas mis dans le débat public le plan B élaboré notamment par Costas Lapavitsas. Après la trahison du résultat du référendum, elle s’est largement cantonnée à la dénonciation de la politique de Tsipras sans être capable de mettre en avant de manière offensive et crédible une proposition alternative.

    Il n’y a pas eu de grandes mobilisations spontanées car une majorité du peuple de gauche qui avait mené le combat principalement entre 2010 et 2012 faisait confiance à Tsipras et celui-ci n’appelait pas le peuple à se mobiliser. Les forces de gauche hors du parlement qui appelaient à la mobilisation étaient quant à elles trop faibles.

    Les facteurs qui ont conduit au désastre sont bien identifiés : le refus de la confrontation avec les institutions européennes et avec la classe dominante grecque, le maintien de la diplomatie secrète, l’annonce à répétition que les négociations allaient finir par donner de bons résultats, le refus de prendre les mesures fortes qui étaient nécessaires (il aurait fallu suspendre le paiement de la dette, contrôler les mouvements de capitaux, reprendre le contrôle des banques et les assainir, mettre en circulation une monnaie complémentaire, augmenter les salaires, les retraites, baisser le taux de TVA sur certains produits et services, annuler les dettes privées illégitimes…), le refus de faire payer les riches, le refus d’appeler à la mobilisation internationale et nationale,… Pourtant comme nous le verrons dans la partie qui suit, le dénouement tragique n’était pas inéluctable, il était possible de mettre en œuvre une alternative crédible, cohérente et efficace au service de la population.

  • avatar
    Tony

    Notes

    [1] Y. Varoufakis, Conversations entre adultes, chapitre 14, p. 383-384. Voir également Viktoria Dendrinou and Eleni Varvitsioti, The Last Bluff. How Greece came face-to-face with financial catastrophe & the secret plan for its euro exit, Papadopoulos publisher, Athens, 2019, 195 pages, page 84.

    [2] Audition de Philippe Legrain, ex-conseiller de Barroso, au Parlement grec (11 juin 2015) : « le gouvernement grec a tout intérêt à ne pas céder aux créanciers » http://www.cadtm.org/Audition-de-Philippe-Legrain-ex

    [3] Audition de Panagiotis Roumeliotis (15 juin 2015), ex-représentant de la Grèce au FMI de mars 2010 à décembre 2011 : « Il faut que les créanciers reconnaissent leurs responsabilités » http://www.cadtm.org/Audition-de-Panagiotis-Roumeliotis

    [4] Y. Varoufakis, chapitre 14, p. 399.

    [5] Communiqué d’Éric Toussaint suite à la rencontre avec le ministre Dimitris Stratoulis qui a en charge les retraites, le 15 mai 2015, http://www.cadtm.org/Communique-d-Eric-Toussaint-suite, consulté le 28 juillet 2019

    [6] L’édition grecque a été publiée en 2013 par la maison d’édition Alexandria à Athènes. J’en ai offert un exemplaire à Alexis Tsipras en octobre 2013.

    [7] A la suite de l’accord du 20 février, les amendements de la Plate-forme de gauche recueillaient plus de 40 % des voix au comité central, au-delà des 30 % des membres élus de la Plateforme de gauche. Un bloc « rupturiste » s’était formé dans Syriza qui incluait, outre la Plateforme de gauche (c’est-à-dire le courant Lafazanis et l’organisation trotskyste DEA), Zoé Konstantopoulou, les ex-maoistes du courant KOE, un groupe issu du PASOK, auxquels s’ajoutaient Manolis Glezos et Yanis Milios.

    [8] Costas Lapavitsas, Heiner Flassbeck, Cédric Durand, Guillaume Elevant, Frédéric Lordon, Euro, plan B. Sortir de la crise en Grèce, en France et en Europe, Editions du Croquant, Paris, 2016, p. 25 à 114.

    [9] Voir l’avant-propos de Stathis Kouvelakis et d’Alexis Cukier à Costas Lapavitsas, Heiner Flassbeck, Cédric Durand, Guillaume Elevant, Frédéric Lordon, Euro, plan B. Sortir de la crise en Grèce, en France et en Europe, Editions du Croquant, Paris, 2016, p. 14.

    [10] J’ai présenté Daniel Munevar dans le chapitre 4.

    [11] Voir la vidéo : Intervention d’Éric Toussaint à la présentation du rapport préliminaire de la Commission de la vérité le 17 juin 2015, publié le 11 août 2015, http://www.cadtm.org/Intervention-d-Eric-Toussaint-a-la-presentation-du-rapport-preliminaire-de-la, consulté le 3 août 2019

    [12] Voir Viktoria Dendrinou and Eleni Varvitsioti, The Last Bluff. How Greece came face-to-face with financial catastrophe & the secret plan for its euro exit, Papadopoulos publisher, Athens, 2019, 195 pages, page 112.

    [13] Y. Varoufakis, chapitre 16, p. 426.

    [14] Y. Varoufakis, chapitre 16, p. 426.

    [15] Y. Varoufakis, chapitre 16, p. 437.

    [16] Remarquons que « annoncer l’intention » de ne pas rembourser pendant deux ans la BCE est ambigu car ce n’est pas la même chose que mettre en pratique la suspension de paiement. Annoncer l’intention, cela peut vouloir dire « Retenez-nous avant que nous ne procédions à la suspension, faites-nous une nouvelle proposition ». D’ailleurs, Varoufakis écrit « Inutile de se précipiter, ai-je poursuivi. Pour le moment il suffit de signaler notre intention. » p. 442.

    [17] Y. Varoufakis, chapitre 17, p. 443.

    [18] Stathis Kouvelakis, La Grèce, Syriza et l’Europe néolibérale, Entretiens avec Alexis Cukier, La Dispute, Paris, 2015, p. 145.

    [19] Kouvelakis, op. cit. , p. 145.

    [20] Voir Viktoria Dendrinou and Eleni Varvitsioti, The Last Bluff, page 139-140.

    [21] Y. Varoufakis, chapitre 17, p. 446.

    [22] Stathis Kouvelakis, La Grèce, Syriza et l’Europe néolibérale, Entretiens avec Alexis Cukier, La Dispute, Paris, 2015, p. 148. À noter que le parti communiste (KKE) avait appelé à voter nul, prenant le risque de faire gagner le « Oui » (Voir Kouvelakis, p. 165).

    [23] Voir la Déclaration du sommet de la zone euro Bruxelles, le 12juillet 2015, GEN – 20150712-eurosummit-statement-greece_fr.pdf accessible sur le site officiel du Conseil de l’UE : https://www.consilium.europa.eu/media/20339/20150712-eurosummit-statement-greece_fr.pdf

    [24] Commission pour la vérité sur la dette grecque, « Analyse de la légalité du mémorandum d’août 2015 et de l’accord de prêt en droit grec et international » publié le 5 octobre 2015, http://www.cadtm.org/Analyse-de-la-legalite-du-memorandum-d-aout-2015-et-de-l-accord-de-pret-en consulté le 8 août 2019. Voir également : « Le troisième mémorandum est aussi insoutenable que les deux précédents », publié le 1 octobre 2015, http://www.cadtm.org/Le-troisieme-memorandum-est-aussi consulté le 8 août 2019

    [25] Y. Varoufakis, chapitre 17, p. 467-468.

    ______________________________________________________________________________________________________________

    https://www.mediapart.fr/journal/international/030719/christine-lagarde-la-bce-une-femme-sous-allegeance?onglet=full

    Bouquine point com lol

    https://www.youtube.com/watch?v=vAc4q1YqdOU

  • avatar
    Tony

    Christine Lagarde à la BCE: une femme sous allégeance

    3 juillet 2019 Par Martine Orange

    Christine Lagarde a été jugée comme la candidate idéale pour succéder à Mario Draghi. Un choix dangereux, au moment où les politiques monétaires menées depuis dix ans sont à bout de souffle et où il va falloir autorité intellectuelle et audace pour trouver d’autres chemins.

    Le casting est parfait. En apparence. Après trois jours de désaccords et de querelles, les dirigeants européens semblent avoir trouvé la réponse idéale en proposant la nomination de Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne (BCE). C’est une femme. Après avoir passé huit ans à la présidence du Fonds monétaire international (FMI), elle est devenue une star de la finance internationale, faisant aussi bien les unes du Wall Street Journal que de Vogue.

    Parlant parfaitement anglais, elle passe pour une habile oratrice et négociatrice, même si elle a commis parfois de superbes bourdes. De surcroît, elle est française mais n’a pas l’arrogance des élites françaises ; elle est soutenue par Angela Merkel, qui l’apprécie depuis de nombreuses années, et souhaitait depuis des mois l’imposer à la présidence de la Commission européenne. Que demander de plus ?

    Mais même si Christine Lagarde coche toutes ces cases, a-t-elle les qualités requises pour être propulsée à la présidence de la BCE en remplacement de Mario Draghi ? La question mérite d’être posée car, au cours de ces dernières années, la présidence de la BCE est devenue le poste le plus politique, le plus essentiel en Europe, portant l’euro à bout de bras, seule.

    Au moment où la politique monétaire non conventionnelle menée par la BCE semble à bout de souffle et de moyens pour soutenir une croissance anémiée et une zone euro en pleine fragmentation, il va falloir montrer beaucoup d’autorité d’intellectuelle et d’habileté pour prendre la suite de Mario Draghi. La conduite de l’institution monétaire va demander beaucoup d’imagination et de connaissances pour inventer un chemin permettant de se frayer dans les eaux tumultueuses qui s’annoncent.

    Or Christine Lagarde n’est pas économiste et n’a aucune expérience de banque centrale. Elle n’a pas cette connaissance des marchés et des mécanismes monétaires et bancaires, aujourd’hui indispensable pour tous les banquiers centraux. Elle ne s’est jamais distinguée par ses prises de position économiques, jamais révélée comme une penseuse de l’économie. Elle est avocate de formation, a travaillé dans le cabinet américain Baker McKenzie comme avocate d’affaires et lobbyiste à ses heures, avant de devenir ministre puis directrice générale du FMI.

    Ses défenseurs soulignent que cette absence de formation ne l’a pas empêchée de diriger le FMI. Sous sa direction, elle a su apaiser l’institution en pleine crise, après l’affaire DSK et surtout la Grèce, lui redonnant son influence, soulignent-ils. « Elle a su démontrer un vrai leadership à la tête du FMI. Quelqu’un qui a fait cela peut aussi diriger la BCE. Beaucoup de choses arrivent une première fois », a répliqué Angela Merkel, irritée par la question de la compétence de Christine Lagarde, qu’elle perçoit comme un procès machiste.

    Ce qui n’est pas totalement faux. Personne n’a soulevé le sujet de la compétence de Jerome Powell lorsqu’il a été nommé à la présidence de FED. Lui aussi est avocat de formation et a été banquier d’affaires, avant d’accéder à la Réserve fédérale américaine.

    Un autre facteur aurait aussi pu amener les dirigeants européens à s’interroger sur l’opportunité de cette nomination : le devoir d’exemplarité. Christine Lagarde a été condamnée en 2016 par la Cour de justice de la République pour « détournement de fonds publics commis par un tiers et résultant de la négligence » dans le cadre de l’arbitrage Tapie, qui a coûté 403 millions d’euros aux finances publiques.

    Mais comme pour la ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, cernée par les affaires et pourtant choisie pour devenir présidente de la Commission européenne, cette condamnation du CJR semble n’avoir jamais existé pour les responsables européens : elle ne méritait pas en tout cas que l’on s’y attarde un instant.

    Il est vrai que la CJR, signant ainsi sa vacuité, avait elle-même tracé le chemin de cette amnésie. Elle avait exempté Christine Lagarde de peine et avait même accepté de ne pas inscrire cette condamnation à son casier judiciaire, au vu de sa personnalité et de sa « réputation nationale et internationale », accordant ainsi à Christine Lagarde une totale impunité, tant au FMI que maintenant à la BCE.

    Tout au long de sa carrière, Christine Lagarde a cultivé, avec un art consommé, cette faculté de gommer les traces gênantes, de faire oublier les liens embarrassants, d’être là sans avoir l’air d’y toucher. Tout le monde se souvient qu’elle a été ministre des finances. Mais c’est à peine si l’on se rappelle qu’elle l’a été sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Elle n’avait pourtant pas manqué de lui faire allégeance, dans des termes rarement vus pour un ministre.

    Lors d’une perquisition à son domicile, les juges avaient retrouvé une lettre manuscrite de Christine Lagarde adressée au président de la République. Ils en étaient restés cois.

    « Cher Nicolas, très brièvement et respectueusement, écrivait alors la ministre des finances. 1) Je suis à tes côtés pour te servir et servir tes projets pour la France. 2) J’ai fait de mon mieux et j’ai pu échouer périodiquement. Je t’en demande pardon. 3) Je n’ai pas d’ambitions politiques personnelles et je n’ai pas le désir de devenir une ambitieuse servile comme nombre de ceux qui t’entourent dont la loyauté est parfois récente et parfois peu durable. 4) Utilise-moi pendant le temps qui te convient et convient à ton action et à ton casting. 5) Si tu m’utilises, j’ai besoin de toi comme guide et comme soutien : sans guide, je risque d’être inefficace, sans soutien je risque d’être peu crédible. Avec mon immense admiration. Christine L. »

    « Elle ne décide jamais »

    Les témoins de cette période gardent de Christine Lagarde le souvenir d’une ministre effacée, dépassée par son sujet. En août 2007, celle-ci assure avec aplomb que la crise des subprimes n’est pas un krach. En novembre 2007, elle soutient : « La crise de l’immobilier et la crise financière ne semblent pas avoir d’effet sur l’économie réelle américaine. »

    Le 20 septembre 2008, cinq jours après l’effondrement de Lehman Brothers, elle insiste : « Le gros risque systémique qui était craint par les places financières et qui les a amenées à beaucoup baisser au cours des derniers jours est derrière nous. »

    Une photo de l’époque illustre son ministère. Elle fut prise un dimanche d’octobre 2008 à Bercy, au moment où la crise financière se déchaînait. Après Lehman Brothers, ce sont les banques européennes, à commencer par Dexia, Fortis – rachetée à vil prix par BNP dans les semaines qui suivent – et Royal of Scotland, qui menacent de s’effondrer.

    Sur la photo, ils sont tous là, la ministre des finances Christine Lagarde, le directeur du Trésor, le secrétaire général de l’Élysée, les membres des cabinets. Tous debout, ils écoutent un homme assis, de dos. Michel Pébereau, PDG de BNP Paribas, leur explique ce qui se passe, et sans doute ce qu’il convient de faire.

    « Elle est avocate. Elle explique. Elle conseille, mais elle ne décide jamais », confiait à l’époque un responsable bancaire, comme le rappelle aujourd’hui le Financial Times. Christine Lagarde s’est faite dans ces moments-là la fidèle porte-parole des milieux bancaires français, répétant sans relâche que « les banques françaises n’avaient rien coûté aux finances publiques, que le modèle de la banque universelle [défendu par le monde bancaire – ndlr] avait prouvé sa résistance pendant la crise ».

    Et pour bien montrer sa grande attention au monde bancaire, elle accepta , avant tout enquête judiciaire, de rétrocéder 2 milliards d’euros d’impôts à la Société générale, afin de compenser ses « pertes » liées à l’affaire Kerviel. Cet argent fut reversé dans l’année aux actionnaires de la banque sous forme de dividendes et de rachats d’actions, au moment même où il n’était question que de la sous-capitalisation du système bancaire dans la crise financière.

    Aujourd’hui, ses défenseurs assurent que Christine Lagarde s’est affirmée, a gagné son indépendance et son autorité pendant ses huit ans à la tête du FMI. Cette période a-t-elle été une vraie prise d’autonomie ou un changement d’allégeance ?

    À Washington, la directrice générale du FMI a entretenu une proximité étroite avec l’administration Obama en général, et le président Barack Obama en particulier. La période compliquée de la crise financière rendait ces relations suivies nécessaires avec le pouvoir américain. Mais Christine Lagarde semble y avoir aussi cherché « guide et soutien ».

    Est-ce l’effet de cette influence ? Une réelle ouverture d’esprit et de vrais changements d’approche au sein du FMI ont eu lieu pendant sa direction. Des économistes de la maison n’ont pas hésité à critiquer les fondements de l’institution, à reconnaître des erreurs théoriques et de mise en œuvre de leur politique, à reconsidérer les axes de l’économie mondiale. Des dizaines de paperboards – ces études réalisées par les économistes maison qui n’engagent pas formellement l’institution – sur l’organisation ont alors fleuri.

    C’est à cette époque qu’Olivier Blanchard, alors économiste en chef du FMI, reconnaît s’être trompé sur les effets du coefficient multiplicateur dans les politiques d’austérité : réduire les dépenses publiques de 1 % n’avait pas un effet récessif de 0,5 % sur le PIB, mais plutôt de 1 à 2 %.

    C’est à ce moment-là aussi que des économistes, outrés de l’intervention du FMI imposée par DSK aux côtés de l’Europe dans la crise grecque, ont établi une critique au vitriol des politiques imposées par la troïka, des impasses dans lesquelles se trouvait Athènes.

    Plus généralement, de nombreuses voix se sont élevées pour remettre en cause le « consensus de Washington », qui sert de paradigme à toutes les politiques néolibérales d’ajustement prônées par le FMI. Des études récentes défendent aujourd’hui les bienfaits de l’investissement public comme facteur de stabilisation et de développement de l’économie, de taxer les riches pour réduire les inégalités.

    D’autres en arrivent à poser la question d’un retour au contrôle des capitaux, au moins dans les pays émergents, afin d’éviter les déstabilisations injustifiées provoquées par les retraits massifs et instantanés des capitaux étrangers à la moindre fluctuation du dollar.

    Mais toutes ces réflexions, tous ces questionnements sont-ils le fruit de remises en cause théoriques par des économistes bousculés par la crise financière de 2008 et tous les désordres économiques mondiaux consécutifs ? Christine Lagarde y a-t-elle eu sa part ? Qu’a-t-elle retenu de ce débat d’idées ?

    Les discours de la directrice générale ont évolué dans le temps. Elle insiste beaucoup désormais sur la nécessité de faire de la place aux femmes. Elle parle volontiers de l’importance de mener « une croissance inclusive », de « combattre les inégalités croissantes », « d’engager une transformation énergétique pour lutter contre le changement climatique ».

    Elle n’hésite pas à s’en prendre « aux élites ignorantes du déclassement » à l’œuvre dans les économies occidentales, ou même à attaquer l’Allemagne pour ses excédents commerciaux gigantesques, facteurs de déséquilibres mondiaux, ou encore à s’en prendre à la politique de Donald Trump, fauteur de troubles mondiaux.

    L’Allemagne tire les ficelles

    Mais dans les faits, sous sa conduite, le FMI poursuit les mêmes politiques qu’auparavant. Même si elle tente de le faire oublier, Christine Lagarde est, depuis 2011, comptable du dossier de la Grèce au même titre que les autres responsables européens. Pas une seule fois, elle ne s’est élevée contre les mesures d’austérité et de dérégulation imposées par la troïka.

    Au contraire, le FMI en a été le rédacteur, pesant sur tous les autres pays européens pour obtenir le remboursement des crédits qu’il avait consentis. Christine Lagarde a participé activement à faire plier le gouvernement de Syriza en 2015 pour l’obliger à accepter les conditions européennes. Pas une seule fois elle n’est revenue sur cette expérience, considérée par les économistes de tous bords comme une des plus désastreuses de l’histoire économique, pire que la grande dépression des années 30.

    La Grèce n’a même pas servi de leçon au FMI et à Christine Lagarde. Lorsque l’institution a été appelée au chevet des économies africaines ou au Maghreb, ce sont les mêmes politiques d’ajustement qui ont été prônées. En 2018, volant au secours de l’Argentine en pleine déroute monétaire, le FMI a tordu tous ses principes, acceptant d’accorder au gouvernement libéral de Macri un prêt de 57 milliards de dollars. Le plus gros risque jamais pris par l’institution.

    Ce prêt a naturellement été accompagné de conditionnalités : réformes structurelles, baisse des services publics, diminution des prestations sociales, diminution de salaires, austérité budgétaire afin de stabiliser les finances publiques. Les mêmes mesures portant les mêmes effets, quelques mois après, l’économie argentine sombre dans la récession. Et les observateurs se demandent si le pays n’est pas en train de prendre le même chemin que la Grèce. Partie avant, Christine Lagarde n’aura pas à en porter la responsabilité.

    « Je ne suis candidate à rien. Je ne suis pas intéressée par un emploi européen, ni à la BCE ni à la Commission… », affirmait Christine Lagarde à l’automne. Aujourd’hui, se disant très sensible à cette nomination à la BCE, elle fait savoir qu’elle y va « par devoir. Parce qu’elle est inquiète de l’effacement de l’Europe dans le monde ».

    Sur quel « guide » et quel « soutien » va-t-elle s’appuyer une fois arrivée à Francfort ? Les analystes financiers font le pari qu’elle va mettre ses pas dans ceux de Mario Draghi et poursuivre sa politique monétaire non conventionnelle.

    D’une certaine façon, l’actuel président de la BCE est déjà en train de préempter la suite, en décrétant que la Banque centrale ne bougerait pas ses taux au moins jusqu’à la mi-2020. Il a aussi évoqué la possibilité de reprendre les achats de titres obligataires (quantitative easing) si c’était nécessaire. Des propos qui ont valeur d’obligations aux yeux des intervenants financiers, prompts à réagir très vite si les engagements ne sont pas tenus.

    Pourtant rien n’est assuré, d’autant que nombre des promoteurs de la politique monétaire actuelle, à commencer par le vice-président Benoît Cœuré – le seul qui était de taille à succéder à Mario Draghi – sont partis ou vont partir en même temps que le président de la BCE. Ne resteront comme poids lourds au conseil des gouverneurs que le nouveau chef économiste, ancien gouverneur de la banque centrale d’Irlande Philip Lane, et le président de la Bundesbank, Jens Weidmann.

    Très critique sur la politique menée par Mario Draghi tout au long de son mandat, ce dernier a fini par lui reconnaître quelques mérites. Beaucoup se sont demandé si la brutale conversion de ce défenseur d’une stricte orthodoxie monétaire était liée au fait que Jens Weidmann était candidat à la présidence de la BCE ? Sa candidature n’étant pas retenue, cela permettra peut-être de savoir si ce changement d’appréciation est durable ou s’il n’était que d’opportunité…

    Quoi qu’il en soit, le président de la Bundesbank risque de beaucoup peser sur les choix à venir : parce qu’il est président de la Bundesbank, qu’il est un banquier central de longue date, qu’il en connaît les ressorts et les techniques sur le bout des doigts.

    Et ce n’est pas le gouverneur de la banque de France, François Villeroy de Galhau, qui est de stature à faire contrepoids. Lui non plus n’est guère expert en matière de politique monétaire – il n’est là que depuis trois ans – et sa préoccupation est d’abord d’assurer la stabilité financière et de veiller aux intérêts du monde bancaire, français de préférence.

    Même si Christine Lagarde veut affirmer son autonomie, ses choix passés ne risquent guère de l’inciter à l’audace ni à sortir de la doxa. Son absence de connaissance du monde des banques centrales va la pousser à s’appuyer sur l’administration de la BCE. Or celle-ci est majoritairement allemande, formée à l’école de l’orthodoxie monétaire, biberonnée au mythe de la neutralité de la monnaie.

    Tout risque donc de se passer comme lors du mandat de Jean-Claude Trichet : avec un président de la BCE tellement désireux de plaire au pouvoir allemand, qu’il n’a cessé de se conformer voire de précéder les volontés et les vues de Berlin, se montrant plus royaliste que le roi. La suite de cette surenchère, ce fut la crise de l’euro, dont les Européens n’ont pas fini de payer le prix.

    « L’Allemagne se cache derrière un projet national se résumant à assurer et à protéger sa prospérité économique bourgeoise, sans autre considération. Un tel objectif est de moins en moins tenable », prévenait l’ancien vice-président de la BCE, le Portugais Vítor Constâncio,

    La situation a toutes les chances de se perpétuer, puisque tout a été offert pour permettre à l’Allemagne de se retrouver à nouveau en coulisses, tirant toutes les ficelles, sans avoir à assumer la responsabilité politique de ses choix.

    Au-delà des problèmes de nationalité, la seule réflexion des responsables européens a été que la Banque centrale, depuis la crise, est vraiment un lieu de pouvoir qu’il convient de réinvestir. Après avoir nommé Luis de Guindos, ancien ministre espagnol des finances, tout aussi inexpérimenté sur les questions monétaires, ils amènent avec Christine Lagarde une autre politique. Ce qui prouve par parenthèse que l’indépendance de la Banque centrale est bien un mythe que l’on peut contourner quand cela convient.

  • avatar
    Tony

    Revue de presse hellénique

    21 août

    Retraites : conformément à une circulaire du secrétaire d’Etat au Travail, M. Notis Mitarakis, un plafond de 4 608 € par mois (3 725,11€ net) est instauré pour les retraites. Cette circulaire a un effet rétroactif à partir du 1er janvier 2019 et les retraités ayant perçu des montants supérieurs sont invités à les rembourser via des retenues mensuelles de 20% sur la pension désormais versée (Naftemporiki, Ta Néa, Kathimérini
    20 août

    Réfugiés : 21 550 réfugiés se trouveraient actuellement sur les îles du Nord de la mer Egée hébergés dans des installations d’une capacité inférieure à la moitié de ce chiffre. Du 5 au 11 août, 1 607 nouvelles arrivées ont été enregistrées, la plupart à Lesbos et Samos. Kathimérini note 407 arrivées le 14 août et 318 le 15 de ce mois. Depuis la mi-juillet, les flux sont les plus importants depuis la crise de 2015. Faisant état de données des autorités turques, le journal relève qu’en une semaine, les garde-côtes turcs ont arrêté 86 bateaux sur un ensemble de 132 qui transportaient au total 4 098 migrants. Ainsi, seuls 1 607 sont passés sur territoire grec.
    __________________________________________________________________________________________________________________

    https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/migrants/la-justice-italienne-ordonne-le-debarquement-des-migrants-de-l-open-arms-a-lampedusa_3584073.html
    Les migrants de l' »Open Arms » ont débarqué au port de Lampedusa

    Désapprouvant le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, la justice italienne a ordonné le débarquement des migrants sur l’île sicilienne.
    franceinfoFrance Télévisions

    Mis à jour le 21/08/2019 | 06:14
    publié le 20/08/2019 | 19:36
    Les passagers de l’Open Arms ont posé le pied sur la terre ferme. Les quelque 80 migrants restant sur le navire humanitaire espagnol ont débarqué à minuit, dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 août, sur l’île sicilienne de Lampedusa. L’accostage met fin à trois semaines passées en mer.

    Dans l’impasse depuis plusieurs jours, la situation s’est débloquée mardi soir, lorsque la justice italienne a ordonné le débarquement des migrants la mise sous séquestre du bateau. « Après 19 jours, nous débarquerons aujourd’hui à Lampedusa. Le navire sera temporairement immobilisé, mais c’est un coût qu’Open Arms assume pour assurer que les personnes à bord puissent être prises en charge », s’était alors réjoui le fondateur de l’ONG, Oscar Camps.
    Scènes de liesse sur le bateau

    Après une inspection de la police judiciaire et de deux médecins, le procureur d’Agriegente, Luigi Patronaggio, a décidé que compte tenu de la situation difficile à bord, les rescapés devaient être débarqués sur la petite île sicilienne de Lampedusa. L’annonce a suscité des explosions de joie sur le bateau, selon des vidéos diffusées par des personnes présentes à bord.

    Le procureur a également pris la décision de mettre préventivement sous séquestre le navire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, dans le cadre d’une enquête contre X pour séquestration de personnes, omission et refus d’actes officiels, dont le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a affirmé, sur Facebook, qu’elle le vise directement.
    Matteo Salvini réagit sur Facebook

    « Si quelqu’un pense me faire peur avec la énième plainte et demande de procès, il se trompe. Ce serait une blague d’être parvenu à convaincre l’Espagne d’envoyer un navire [pour récupérer les migrants] et maintenant d’oeuvrer à les faire débarquer en Italie et faire juger le ministre de l’Intérieur qui continue de défendre les frontières du pays », a-t-il dit sur Facebook.

    La décision du procureur a été annoncée peu de temps après le départ d’Espagne d’un navire militaire sur lequel étaient censés être transbordés la centaine de migrants encore à bord de l’Open Arms. Madrid avait pris cette décision après qu’une dizaine de migrants se sont jetés à l’eau dans un geste désespéré pour rallier à la nage l’île italienne.

    _______________________________________________________________________________________________________________________
    http://blogyy.net/2019/08/20/la-navigatrice-et-sauveteuse-en-mer-pia-klemp-refuse-la-medaille-de-la-ville-de-paris/

    La navigatrice et sauveteuse en mer Pia Klemp refuse la médaille de la ville de Paris !!!

    par Yannis Youlountas · Publié 20/08/2019 · Mis à jour 20/08/2019

    [English below] [Aidez-nous à partager massivement]

    LA NAVIGATRICE ET SAUVETEUSE EN MER PIA KLEMP REFUSE LA MÉDAILLE DE LA VILLE DE PARIS !!!

    Menacée de 20 ans de prison en Italie pour avoir sauvé des milliers de migrant.es en Méditerranée à la barre du Iuventa puis du Sea Watch 3, la navigatrice et sauveteuse en mer Pia Klemp a décidé de refuser la médaille que voulait lui remettre Anne Hidalgo, maire de Paris. Après avoir évoqué cette intention à Athènes samedi soir, elle vient d’annoncer officiellement son refus sur sa page Facebook il y a quelques minutes.

    Voici la lettre magnifique qu’elle vient de publier, en français et en anglais :

    – – – – –

    COMMUNIQUÉ DE PIA KLEMP

    « Paris, je t’aime. Je t’aime pour tous les gens libres et solidaires qui vivent en ton sein. Des gens qui se battent pour la liberté chaque jour, debout, bras dessus bras dessous, distribuant des couvertures, de l’amitié et de la solidarité. Je t’aime pour ceux qui partagent leur logement, leur amour et leurs luttes chaque jour, sans se soucier de la nationalité des personnes ni de savoir si elles ont des papiers ou pas.

    Madame Hidalgo, vous voulez me décorer pour mon action solidaire en mer Méditerranée, parce que nos équipages « travaillent quotidiennement à sauver des migrants dans des conditions difficiles ». Simultanément votre police vole les couvertures de gens contraints de vivre dans la rue, pendant que vous réprimez des manifestations et criminalisez des personnes qui défendent les droits des migrants et des demandeurs d’asile. Vous voulez me donner une médaille pour des actions que vous combattez à l’intérieur de vos propres remparts. Je suis sûre que vous ne serez pas surprise de me voir refuser votre médaille Grand Vermeil.

    Paris, je ne suis pas une humanitaire. Je ne suis pas là pour « aider ». Je suis solidaire à tes côtés. Nous n’avons pas besoin de médailles. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs décidant qui est un « héro » et qui est « illégal ». En fait, il n’y a pas lieu de faire cela, car nous sommes tous égaux.

    Ce dont nous avons besoin, c’est de liberté et de droits. Il est temps de dénoncer les honneurs hypocrites et de combler le vide par la justice sociale. Il est temps que toutes les médailles soient lancées comme des fers de lance de la révolution!

    Papiers et logements pour toutes et tous!
    Liberté de circulation et d’installation! »

    Pia KLEMP, 20 août 2019

    – – – – –

    « Paris, I love you. I love you for all the free and solidarian people that live in you. Fighting for their freedom everyday, standing shoulder to shoulder, distributing blankets, friendship and solidarity. I love you for those who are sharing their homes, love and struggles everyday – regardless of their nationality, regardless if they have papers or not.

    Madame Hidalgo, you want to award me a medal for my solidarian action in the Mediterranean Sea, because our crews ‘work to rescue migrants from difficult conditions on a daily basis’. At the same time your police is stealing blankets from people that you force to live on the streets, while you raid protests and criminalize people that are standing up for rights of migrants and asylum seekers. You want to give me a medal for actions that you fight in your own ramparts. I am sure you won’t be surprised that I decline the medaille Grand Vermeil.

    Paris, I’m not a humanitarian. I am not there to ‘aid’. I stand with you in solidarity. We do not need medals. We do not need authorities deciding about who is a ‘hero’ and who is ‘illegal’. In fact they are in no position to make this call, because we are all equal.

    What we need are freedom and rights. It is time we call out hypocrite honorings and fill the void with social justice. It is time we cast all medals into spearheads of revolution!

    Documents and housing for all!
    Freedom of movement and residence! »

    Pia KLEMP

  • avatar
    Tony

    _________
    https://www.infomigrants.net/fr/post/18852/esclavage-moderne-quand-des-travailleurs-sans-papiers-se-mettent-en-greve-contre-chronopost

    « Esclavage moderne » : quand des travailleurs sans-papiers se mettent en grève contre Chronopost

    Par Leslie Carretero Dernière modification : 15/08/2019

    Heures supplémentaires, heures de nuit non-payées, pressions, menaces… Une quarantaine de travailleurs sans-papiers de Chronopost d’Alfortville, en région parisienne, ont installé depuis deux mois un piquet de grève devant l’agence affiliée à la Poste afin de dénoncer leurs conditions de travail. Ils réclament aussi leur régularisation. Chronopost renvoie la responsabilité du dossier à son sous-traitant.

    Il est 11h du matin et l’ambiance est encore calme devant le site de Chronopost d’Alfortville, en région parisienne. Quelques personnes prennent leur petit-déjeuner entre deux tentes, tandis que d’autres sortent tout juste une tête de leur logement de fortune, les yeux encore embués.

    Un peu plus loin, un groupe d’hommes discutent devant une enceinte qui crache de la musique africaine. À leurs côtés, trois personnes jouent aux cartes pour « tuer le temps ».À première vue, on pourrait penser qu’on se trouve dans un camp de migrants, comme il en existe des dizaines dans le nord de Paris. Mais les trottoirs du chemin de Villeneuve-Saint-Georges, à Alfortville, abritent en réalité depuis deux mois un piquet de grève de travailleurs sans-papiers.
    « Salaire de misère et conditions de travail dignes de l’âge de pierre »

    La majorité des grévistes est originaire d’Afrique subsaharienne, plus particulièrement du Sénégal et du Mali. Ils travaillent pour Chronopost depuis des mois, voire des années « pour un salaire de misère » et des « conditions de travail dignes de l’âge de pierre », signale Jean-Louis Berlatier du syndicat Solidaires Val-de-Marne, qui soutient, comme d’autres corporations, le mouvement des sans-papiers.

    Le camp-gréviste abrite une centaine de travailleurs en situation irrégulière, mais seule une quarantaine d’entre eux sont concernés par la situation au Chronopost d’Alfortville. « Au départ, il n’y avait que nous mais nous avons été rejoints par des travailleurs sans-papiers de toute l’Ile-de-France », explique Amadou Fofana, porte-parole des grévistes de Chronopost, présent en France depuis plusieurs mois après avoir traversé la Méditerranée via le Maroc l’année dernière.
    Les contestataires réclament depuis le 11 juin leur régularisation et de meilleures conditions de travail. Tous sont employés pour le déchargement des colis et le tri et effectuent « les travaux que les autres salariés refusent de faire », peste Amadou qui travaille depuis cet hiver pour la filiale de La Poste. Il faut dire que les conditions de travail sont à la limite de la légalité.

    « On travaille de 2h ou 3h à 7h30 du matin, sans pause et sans être rémunérés en heures de nuit pour un salaire d’environ 500/600 euros par mois », précise Amadou. « Si le travail n’est pas terminé et qu’on doit faire des heures supplémentaires, elles ne nous sont pas payées », continue le jeune homme originaire du Mali, qui précise que « seules des personnes sans-papiers sont embauchées pour cette tâche ».

    Pressions et menaces

    Les employés disent subir continuellement la « pression » et les « menaces » de leur direction. « On est surveillés en permanence. Quand je vais deux minutes aux toilettes, mon responsable toque à la porte en me demandant de me dépêcher », assure Mohamed qui travaille pour Chronopost depuis un an et demi.

    « On a 30 minutes maximum pour décharger seul un camion rempli de colis. Le chef vient régulièrement nous voir en nous disant d’aller plus vite sinon il nous ‘vire’ », grince Demba, un autre travailleur sans-papiers.
    Les salariés sans-papiers redoutent par-dessus tout de tomber malade ou d’avoir un accident du travail. Ils ont pourtant un contrat, censé les protéger, mais ce contrat n’est pas à leur nom. Pour signer des contrats de travail, les sans-papiers utilisent des « alias », les noms de proches en situation régulière.

    La direction est parfaitement au courant de ce tour de passe-passe administratif, assurent les grévistes. « Si on se plaint, ils nous disent : ‘Si vous ne voulez plus travailler pour nous ce n’est pas un problème, il y a plein d’autres sans-papiers qui le feront' », indique Amadou.
    Lors d’un déchargement, Mohamed raconte qu’il s’est retourné l’index et qu’il a demandé à son responsable de quitter « exceptionnellement » le travail plus tôt. « Il a refusé et m’a dit : ‘Si tu pars, ce n’est pas la peine de revenir demain’ », explique le jeune homme. « Ils profitent du fait que nous ne soyons pas en règle pour nous exploiter. Il savent très bien qu’on ne peut rien dire ».

    Chronopost renvoie la responsabilité à son sous-traitant

    Épuisés, les grévistes veulent obtenir leur régularisation. Pour ce faire, ils doivent obtenir des justificatifs de travail à leur nom. C’est là que les choses se compliquent. Chronopost refuse de prendre la responsabilité du dossier. Pour se défendre, l’entreprise, filiale de la Poste, se défausse sur son sous-traitant, l’entreprise Derichebourg qui elle-même sous-traite le recrutement de ses salariés à une agence d’intérim

    Contactés par InfoMigrants, Chronopost et Derichebourg se renvoient la balle.
    Chronopost assure que l’entreprise n’emploie pas de sans-papiers et qu’elle « est désignée à tort comme la fautive ». « La société Derichebourg se porte garante du respect de l’ensemble de ses obligations vis-à-vis de la législation. C’est elle qui recrute, encadre et gère au quotidien les salariés qu’elle emploie », se défend l’entreprise. Ce n’est donc pas à elle « d’assumer la prise en charge de cette régularisation ».

    Derichebourg, de son côté, estime « qu’aucun de ses collaborateurs n’est sans-papiers : ni les intérimaires, ni les employés de l’entreprise ».

    « Esclavage moderne »

    Les travailleurs sans-papiers ne veulent pas baisser les armes. « On continuera le mouvement le temps qu’il faudra », prévient Amadou.

    D’autant que les grévistes ont le soutien des syndicats, de plusieurs élus de la région et de la mairie d’Alfortville. « [Ce qu’il se passe], c’est de l’esclavage moderne et je pèse mes mots », dénonce Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne et ancien maire de la ville, contacté par InfoMigrants. « Ces entreprises font du profit sur le dos des sans-papiers, il faut que cela s’arrête ».

    Le député exhorte Chronopost à délivrer des certificats de travail aux personnes qui ont travaillé sur le site d’Alfortville. Il demande également à la préfecture de délivrer des titres de séjour de trois mois pour les grévistes afin de lever le piquet de grève et d’engager un dialogue avec les différentes parties.
    Amadou, qui est arrivé en France il y a quelques mois seulement, ne pensait pas que le pays d’accueil pratiquait de telles méthodes de travail. « J’ai fait des études de droit au Mali. Je suis parti car il n’y a pas de droit dans mon pays, mais en fait je remarque que c’est pareil ici », constate-t-il. « Je ne pensais pas que de telles choses pouvaient se passer en France », conclut le jeune homme. « Je regrette d’être venu, je déconseille à tout le monde de tenter sa chance ici ».
    ______________________________________________________________________________________________________________

    https://fr.express.live/pauvrete-infantile-royaume-uni/

    Dans la 5e puissance mondiale, des millions d’enfants sont affamés

    Audrey Duperron 16 août 2019

    3 minutes read

    Des chiffres de l’UNICEF montrent qu’au Royaume-Uni, 19 % des enfants âgés de moins de 15 ans vivent avec des adultes qui ont du mal à acheter de la nourriture. Les enseignants britanniques rapportent des cas d’enfants affamés ramassant les débris de fruits mangés par leurs camarades dans les poubelles de l’école, et des parents qui fondent en larmes quand on leur fait observer que leurs enfants n’ont rien apporté à l’école pour leur déjeuner

    Certains professeurs décrivent même des enfants présentant tous les symprômes de la malnutrition : une peau grise, une chevelure peu épaisse, et des dents en mauvais état. A 9H30 le matin, ils paraissent déjà épuisés, faute d’avoir pu prendre un bon petit déjeuner.
    Une réduction drastique de l’Etat providence britannique

    Le Royaume-Uni n’a pas échappé à la croissance des inégalités de revenus qui affecte la plupart des pays développés, et selon l’organisation caritative Child Poverty Action Group, 30 % des enfants britanniques, soit 4,1 millions, vivent dans la pauvreté. 67 % d’entre eux vivent dans un ménage où l’un des adultes travaille. C’est là tout le drame de cette situation : dans l’un des pays les plus riches du monde, avoir un emploi ne permet pas forcément de se nourrir correctement.

    En 2012, le pays a débuté la fusion de six aides sociales en une seule, nommée « Universal Credit », sous l’impulsion de son Premier ministre d’alors, David Cameron. Désormais, les bénéficiaires de ces programmes ne reçoivent qu’un seul paiement. En outre, le programme est assorti de sanctions pour les personnes incapables de justifier d’une recherche d’emploi active. Mais cette dernière n’est pas toujours évidente à établir, en particulier pour les mères célibataires qui représentent une grande partie de ses bénéficiaires.

    L’objectif de cette mesure était de simplifier la gestion des aides sociales, tout en incitant les gens à travailler. Mais les retards de paiement induits par sa mise en oeuvre, qui n’est pas encore achevée, ainsi que les réductions des aides correspondantes pour certaines familles, ont propulsé celles-ci dans des situations de précarité extrême.

    Ces difficultés se cumulent avec les réductions des programmes d’aide sociale décidées dans le cadre de politiques d’austérité menées au Royaume-Uni depuis 2010. Des travaux de l’ONG Human Rights Watch montrent qu’entre 2010 et 2018, l’aide publique aux enfants et aux familles a ainsi été réduite de 44 %. « En outre, le gouvernement a plafonné les prestations familiales, les a limitées à deux enfants par famille de manière arbitraire et discriminatoire et, ces quatre dernières années, a gelé les hausses annuelles des prestations sociales en dépit de la hausse des prix de la nourriture et de l’inflation générale », précise l’association sur son site.
    Des repas scolaires gratuits… mais pas pendant les vacances scolaires

    Le recours à des banques alimentaires et à des soupes populaires, autrefois une extrémité au Royaume-Uni, s’est banalisé pour de nombreuses familles, et désormais, une personne sur six qui les fréquente a un emploi.

    Le gouvernement britannique fournit des repas scolaires gratuits pour tous les enfants lors de leurs trois premières années d’école, soit jusqu’à l’âge de sept ans. Ces repas gratuits sont maintenus après ces 3 premières années pour les enfants indépendamment de leur âge, lorsque leur parent bénéficient d’aides sociales liées au revenu.

    Mais pendant l’été, avec la fermeture des écoles, ces repas gratuits ne sont plus fournis. En conséquence, pas moins de 500 000 petits Britanniques risquent de se retrouver en détresse alimentaire, affirment des associations caritatives. Selon un député, des parents se retrouvent réduits à se contenter de céréales pour tout repas, afin de pouvoir nourrir leurs repas pendant les vacances scolaires.
    « Une honte, mais aussi un scandale et un désastre économique »

    « Le gouvernement n’a aucune idée de ce qui se passe sur le terrain. Ils ne voient pas les gens pleurer parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter un sachet de pâtes », explique Jo Millner, une habitante de la ville de York, qui vit avec son mari et leur garçonnet de 6 ans. Elle affirme qu’après avoir remboursé l’échéance de leur prêt immobilier, il ne reste souvent plus d’argent pour la nourriture. Pour survivre, sa famille ne peut compter que sur sa mère et les banques alimentaires. « Nous nous nourrissons essentiellement de pâtes et de riz », précise cetet Britannique qui est bénévole dans une banque alimentaire de son quartier.

    « Le gouvernement veut des gens qui travaillent, mais ensuite, il nous pénalise lorsque l’on a un emploi et alors, on perd les aides sociales. En ce moment, je travaille avec une femme qui vient de passer d’un contrat de 22 heures à un contrat de 30 heures, et qui est en réalité moins bien lotie, car elle ne bénéficie plus des repas scolaires gratuits ».

    Cette situation a incité une commission parlementaire à réclamer la création d’un « ministère de la Faim », qui se verrait confier la lutte contre l’insécurité alimentaire croissante.

    A la fin de l’année dernière, le rapporteur spécial des Nations Unies, le Professeur Philip Alston avait jugé lors d’une visite dans le pays que la pauvreté infantile au Royaume-Uni était « non seulement une honte, mais aussi un scandale et un désastre économique. »

    https://www.youtube.com/watch?v=r1RK25XleEE

    salutation fraternel .

  • avatar
    Tony

    Revue L’ECOLOGISTE

    L’Ecologiste. Trimestriel, en Angleterre depuis 1970, en France depuis 2000

    96% des Français sont favorables à l’interdiction de l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations, selon un sondage IFOP commandé par l’association Agir pour l’environnement qui vient d’être rendu public. Du pur bon sens ? Pas pour le gouvernement, vent debout contre cette mesure comme on le verra ci-dessous.

    Vous trouverez également dans ce courriel des idées de lectures, les 54 numéros de L’Ecologiste étant encore tous disponibles sur commande soit en collection complète soit à l’unité, frais de port offerts. Vous pouvez aussi vous abonner ou vous réabonner si ce n’est déjà le cas, en ligne ou par courrier – adresse au bas de ce courriel. Bonne lecture, l’équipe de L’Ecologiste.

    ACTUALITES. France. Pesticides : l’arrêté d’un maire devant le tribunal administratif. Le premier édile de Langouët, commune bretonne de 600 habitants, souhaite protéger ses administrés en interdisant l’usage des pesticides à moins de 150 mètres des habitations. Mais le gouvernement refuse et la préfète a déféré l’arrêté devant le tribunal administratif pour le faire annuler. La décision du tribunal est attendue jeudi 22 août.

    ACTUALITES. Pakistan. Objectif : plantation de 10 milliards d’arbres. Le 18 août, le gouvernement pakistanais d’Imran Khan a lancé un appel à la plantation massive d’arbres à toutes les institutions, collectivités, associations, particuliers… des pépinières étant créées à cet effet dans tout le pays.

    ACTUALITES. Le Kazakstan et ses mines d’uranium pour les centrales françaises. Fin juillet, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire s’est rendu en toute discrétion au Kasakstan pour la signature d’un permis minier majeur pour Orano (ex-Areva). Ce pays est désormais le premier producteur mondial d’uranium, devant le Canada, l’Australie, le Niger ou la Russie et assure 40% des approvisionnements d’Orano – toutes les mines d’uranium françaises étant fermées depuis 2001.

    LIBRAIRIE. Pour toute commande de livres, le port est de 1 euro (France métropole, Belgique), 2 euros (Suisse, Union européenne), autres destinations : barème de la Poste.

    Homo domesticus : comment est-on passé des sociétés de chasseurs-cueilleurs à l’Etat ? Une synthèse éblouissante sur les dynamiques écologiques et anthropologiques des dix millénaires avant notre ère, qui restitue toute la richesse des premières sociétés humaines. Par James Scott, professeur à l’université de Yale. 2019, 302 pages, 23 euros. Diffusé par L’Ecologiste, en ligne ou par courrier.

    Comment l’empire romain s’est effondré : pour la première fois, ce livre propose une synthèse passionnante des découvertes de ces dernières années sur les facteurs écologiques qui ont contribué à la chute de Rome. On redécouvrira dans ce livre l’histoire des cinq derniers siècles de l’Antiquité éclairés par le rôle de l’environnement. Par Kyle Harper, professeur à l’université de l’Oklahoma. 2019, 544 pages, 25 euros.
    Diffusé par L’Ecologiste, en ligne ou par courrier.

    Du nouveau en jardinage ? Oui. Voici la nouvelle Bible du jardinier : 500 plantes comestibles décrites, souvent méconnues. Légumes, herbes, arbustes, arbres et comment les agencer ensemble dans une « forêt comestible », ce maître-ouvrage grand format très bien illustré du britannique Martin Crawford est original, clair, précis. Indispensable. 35 euros. Commande en ligne possible sur le site de L’Ecologiste.

    Un livre majeur sur un sujet majeur: le transhumanisme. Ses promesses sont-elles à prendre au sérieux ? Que révèle-t-il de l’état de l’humanité d’aujourd’hui ? Quelle sont les modes de pensée qui l’ont rendu possible ? Une synthèse critique, claire et indispensable. Par Olivier Rey, déjà auteur du formidable livre Question de taille. (20 euros, diffusé par L’Ecologiste.) Son livre sur le transhumanisme vient de paraître, Editions DDB, 194 p., 16,90 euros. Diffusé par L’Ecologiste, en ligne ou par courrier.

    Attention, chef d’oeuvre. Voici la biographie du génie le plus célèbre au monde à son époque, l’un des pères fondateurs de l’écologie, presque inconnu aujourd’hui : Humboldt (1769-1859). Pour Goethe, passer quelques jours avec Humboldt équivalait à « avoir vécu plusieurs années ». Grand explorateur, de l’Orénoque aux steppes kazakhes, Humboldt voulait éveiller chez les autres « l’amour de la nature » qu’il concevait comme un tout organisé… et vulnérable. Il a inspiré les plus grands penseurs, artistes et scientifiques de son temps. Des dizaines de monuments, parcs, baies, lacs, montagnes portent son nom, tout comme 100 animaux et 300 plantes. Et des minéraux. Et même un cratère lunaire. Sa biographe Andrea Wulf a réussi un livre passionnant. 636 pages avec cahier d’illustrations, 28 euros, commande en ligne possible sur le site de L’Ecologiste.

    Un succès mérité : le livre de Fabrice Nicolino et François Veillerette « Nous voulons des coquelicots » décrit cette industrie folle qui produit une « véritable apocalypse » des coquelicots aux abeilles en passant par la santé humaine et propose une solution simple: l’interdiction des pesticides de synthèse. Un livre explosif sur un sujet vital. Vous pouvez le commander en ligne. Editions LLL, 128 p., 8 euros. Diffusé par L’Ecologiste, en ligne ou par courrier.

    La critique est unanime de Philosophie magazine à La Tribune ou aux Inrocks en passant par France Info, une pleine page du Monde, Libération et BFMTV : le livre de Tom Hodgkinson L’Art d’être oisif est à lire !

    « Revigorant », « Très drôle », « prend tous les concepts à rebrousse-poil », « tellement malin »… Nos dirigeants aimeraient nous faire croire, nous dit l’auteur, que la vie est affaire de compétition et de profit alors que nous, les philosophes, savons qu’elle est une histoire d’amour, de livres et de vin. 24 chapitres – un pour chaque heure de la journée – tissés de références historiques et littéraires. L’ouvrage d’un révolté, provocant et stimulant. Diffusé par L’Ecologiste, en ligne ou par courrier. Editions LLL, 334 pages, 22 euros.

    Du même auteur, avec la même force de vie, le livre L’Art d’être libre a également connu à juste titre un très grand succès. Diffusé par L’Ecologiste, en ligne ou par courrier. Editions LLL, 334 pages, 22 euros.

    Une plante sur cinq est menacée dans le monde. Le métier de Carlos Magdalena, botaniste et horticulteur au jardin botanique de Kew, est de les sauver ainsi que leurs milieux naturels. Son livre est paru le 25 avril : il raconte ses aventures scientifiques et humaines de l’Australie au Pérou en passant par l’océan Indien ou l’Angleterre. Passionné, l’auteur veut engager son lecteur à l’action en commençant… près de chez lui. Un livre bien écrit, d’une énergie communicative, souvent très étonnant, sérieux malgré un titre un peu fantaisiste : Le Messie des plantes, 304 pages avec un cahier d’illustrations couleurs. Diffusé par L’Ecologiste, en ligne ou par courrier, 20,90 euros.

    Si vous n’êtes pas encore abonné, c’est le moment de souscrire un abonnement. Voyez nos offres en ligne simples, ou avec livre ou hors-série. Les abonnement simples pour particuliers et associations sont : 4 numéros 1 an 22,50 euros ou 8 numéros 2 ans pour 43 euros.

    La collection complète de L’Ecologiste du n°1 au n°54, pour 99 euros port offert seulement.

    Librairie. Frais de port pour toute commande de livres :
    1 euro pour la France métropolitaine et la Belgique,
    2 euros pour l’Union européenne et la Suisse,
    le barème de La Poste pour le reste du monde.
    Commande et/ou don en ligne possibles, paiement sécurisé.

    Abonnements / commandes / dons sur papier libre à adresser avec votre règlement à :

    L’ECOLOGISTE
    Bureau B 1397
    60643 Chantilly

    L’Ecologiste
    Rédaction : BP 1 – 03160 Ygrande.
    Tél. 04 70 66 25 43.

    faut la rafraîchir mère terre lol

    https://www.youtube.com/watch?v=u68cEzOyLhs

    Salutation Fraternel.

  • avatar
    Tony

    Cher(e)s Désobéissant(e)s,

    Plusieurs évenements désobéissants dans les jours et semaines à venir, dans toute la France et au delà:

    1) Formation à la Désobéissance civile, les 24 et 25 août à Genève (Suisse).
    Plus d’informations / Inscriptions.

    2) 25 août à Bayonne, dans le cadre du contre-G7: Appel à une « Marche des portraits »
    Action de désobéissance civile non-violente organisée par ANV COP21, Alternatiba et Bizi.
    S’inscrire.

    3) Formation au clown activisme, les 31 août et 1 septembre à Martigny (Suisse).
    Plus d’informations / Inscriptions.

    4) Formation à la Désobéissance civile, le 1 septembre à Chaville (92).
    En savoir plus.
    Pour s’inscrire: remifilliau@hotmail.fr
    Prix libre (prix indicatif 30€)

    5) 2 septembre à Lyon: Procès des décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron.
    RENDEZ-VOUS à 10h-00h Place Guichard Lyon 3
    Evènement Facebook.
    S’inscrire en tant que bénévole.

    6) Formation à la Désobéissance civile, le 8 septembre à Lille.
    Evènement Facebook.
    Pour s’inscrire: marianna.pastore01@gmail.com
    Prix libre (prix indicatif 30€)

    7) 11 septembre à Paris: Procès des décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron.
    Evènement Facebook.
    ► Rendez-vous dès 8h devant le Tribunal de Paris pour un rassemblement, une série de conférences/débats, et une soirée festive (plus de détails très bientôt…)
    ► En amont ou le jour-j ton aide sera précieuse, inscris-toi des maintenant pour faire partie de l’équipe bénévole.

    8) 13 septembre à Orléans: Procès des décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron.
    Rendez-vous dès 8h pour un rassemblement de soutien au Tribunal de Grande Instance : 7 rue des Huguenots – Orléans
    Evènement Facebook.
    ► Tu veux nous filer un coup de main et devenir bénévole pour cet événement ?
    Inscris-toi via ce formulaire.

    9) Formation à la Désobéissance civile, le 15 septembre à Paris.
    Pour s’inscrire: remifilliau@hotmail.fr
    Prix libre (prix indicatif 30€)

    10) Formation à la Désobéissance civile, les 21 et 22 septembre à Zûrich (Suisse).
    Plus d’informations / Inscriptions: manifeste@desobeir.net

    11) Formation à la Désobéissance civile, le 22 septembre à Laval (Mayenne).
    Evènement Facebook.
    Pour s’inscrire: camillep53@protonmail.com
    Prix libre (prix indicatif 30€)

    12) Formation à la Désobéissance civile, le 29 septembre à Saint-Malo.
    Evènement Facebook.
    Pour s’inscrire: gautier.romain@protonmail.com
    Prix libre (prix indicatif 30€)

    13) A partir du 7 octobre (Paris): Posez des congés, la Rebellion Internationale d’Octobre est lancée!!
    Rejoindre la Rebellion.
    Des blocages massifs sont à prévoir à Londres, Paris, Berlin, New-York, Los Angeles …

    14) Formation de formateurs à la Désobéissance civile, les 19/20 octobre à Lausanne (Suisse).
    En savoir plus et s’inscrire.
    Prix indicatif 100€.

    15) Du 19 au 22 novembre, à Paris: Action de désobéissance civile contre le salon Milipol (business des armes de répression des populations à destination des polices du monde entier).
    En savoir plus.
    S’inscrire: remi.filliau4@protonmail.com

    Bonne soirée,
    L’équipe des Désobéissant(e)s
    http://www.desobeir.net

    https://www.youtube.com/watch?v=EaDjbmWTjy8

  • avatar
    Tony

    email envoyé aux 1330 signataires de la pétition
    P3335 – PETITION pour CHARLENE et ses filles, St Omer
    http://resf.info/P3335

    Bonjour à tous,

    Bonne nouvelle : Charlène a été régularisée, avec un récépissé de
    titre vie privée et familiale. Elle est allée au bout de ses recours
    contre l’OQTF sans succès mais le préfet du Pas-de-Calais l’a tout de
    même autorisée à demander un titre de séjour. Elle pourra donc rester
    en France et pousuivre ses études. Sa première année de CAP APH s’est
    très bien passée ; elle a été première de sa classe sur tous ses
    bulletins. Les petites sont allées à l’école maternelle où elles se
    sont bien épanouies.

    Charlène et le comité de soutien remercient tous les signataires de la
    pétition ; vos commentaires ont aussi été très touchants et
    réconfortants.

    RESF Audomarois


Pour participer, vous devez vous connecter, au préalable vous enregistrer puis vous abonner si vous n'avez pas de compte. Les explications sont données sur la page de présentation que nous vous invitons à consulter. Au plaisir !

CONNEXION        S'ABONNER