L’Algérie défie le mort 1


Le vieux est mort. Mais on a fait disparaître son corps. Et sans l'ombre d'un remords. Pour que ses lieutenants puissent respirer encore. En sachant pertinemment que leur sort est étroitement lié au contenu d'un coffre-fort que nul n'a encore le droit d'ouvrir sous peine d'étaler au grand jour tous leurs torts... toutes les raisons d'État qui les ont maintenu à bord.

Ce n'est pas une farce macabre mais l'usage désespéré et préféré du sabre pour trancher toutes les têtes qui dépassent.

Habileté à laquelle nous sommes habitués, des deux côtés de la Méditerranée sous prétexte de stabilité... de maintien de l'ordre. Quitte à tordre le cou de la vérité.

Certains fins gourmets épicent leurs salades pour illustrer cette mascarade puisque tout le monde sait ce que tout le monde fait semblant de ne pas savoir : qu'il ne faut surtout pas toucher au décor sous peine de réveiller tout un pays qui dort... et auquel on a dû jeter un sort.

Entre les vielles colonies et les jeunes vilenies, il a battu tous les records : de vieillissement, de renoncement, de pourrissement.

Non, ce n'est pas le vieux, c'est le peuple qui est mort, nous disent tous ses matadors et le peuple rétorque :

ET ALORS ! On va choisir parmi les morts, ceux qui veulent vivre leur âge d'or. L'âge d'or d'une Algérie qui n'a jamais su vivre sans défier la mort.

Vous ne les entendez pas tous ces algériens, crier d'une seule voix : Algérie, lève-toi... et marche !

 

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Commentaire sur “L’Algérie défie le mort

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    Pascal

    Une perle sur la défiance d’Algériens, les raisons d’État, et cætera.

    J’avais vu passer dans l’après-midi article où il était question de juges manifestant contre le 5ème mandat de Bouteflika et de la solidarité envers manifestants et étudiants par rapport à des décisions qui avaient été prises. Je m’étais demandé si c’était parce qu’ils n’avaient pas le même devoir de réserve qu’en France, mais en fait, de ce que je viens de lire, en théorie semble que si. Maintenant que « Bouteflika » a annoncé avoir renoncé à son mandat même si reporté les élections sin die, comme question de revoir système politique, réforme de la constitution qui sera soumis à référendum (un article datant de 2014 évoquait déjà réformes politiques, il en avait appliqué, ou en fait, il va finalement appliquer ce qu’il avait prévu alors ?), j’imagine que va y avoir moins de manifestations. Quoique dépendra ptêtre du temps qu’ils prendront, et beaucoup y verront sûrement tentative de jouer la montre.

    Si beaucoup d’Algériens acceptent les « modalités » et qu’arrive à faire traîner sur plus de deux ans, au final, je me dis que c’est un peu comme si Bouteflika avait été réélu dans l’idée d’organiser des présidentielles anticipées au cours de ce qui aurait été son 5 ème mandat / comme si ses lieutenants avaient réussi à obtenir du rab’ de temps, un peu comme si l’élection avait été gagnée. Ptêtre que manifester pour un changement de rouages politiques n’aurait pas été plus efficace, mais pour ce qui est d’évincer Bouteflika et ses lieutenants, je me dis que y avait ptêtre petite chance plus importante via les élections de cette année, si ce n’est que aurait ptêtre pas apporté plus de « solution » de ce fait, et les Algériens n’ont sûrement pas dit leur dernier mot, manifesteront ptêtre encore, l’Algérie remarchera sûrement encore. Je leur souhaite d’y arriver. Verra bien.

    Algérie, lève-toi… et marche !

    Condoléances
    d’un coin de France
    pour les soucis
    de l’Algérie,
    et sûrement
    de divers lieux
    sous et dans les cieux ;
    s’encourage dans l’élan,
    des Algériens manifestent,
    expriment leur requête
    pour qu’un jour
    il y ait du changement
    dans le système politique ;
    le long du parcours,
    le pouvoir tente de jouer la montre,
    de bien tendre tout des otiques,
    de planifier pour et contre,
    du Bouteflika à la capitulation
    et à la prolongation ;
    dans la rencontre des voies,
    se renforce le convoi,
    des Algériens, en synergie,
    exhortent leur pays
    à se lever et marcher,
    à marcher et à s’élever,
    en vie, au fil d’aujourd’hui
    aux demains, ravie.


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