Tunisie : la RUMEUR en personne 1


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C'est la rumeur qui rend la Tunisie de bonne ou de mauvaise humeur.

Rumeur qui dit comment le pays se porte et toutes les contradictions qu'il supporte.

L'essence de la rumeur en Tunisie est sans plomb, elle ne tue pas mais dit comment on s'y entretue.

Contradiction informative et performative : la rumeur dit que tout ce qui se dit relève de la rumeur... ce n'est pas la vérité si je mens mais la vérité si et seulement si, je meurs... il n'y a aucun péril en la demeure, mais juste un leurre... qui définit cette métaphysique des mœurs, selon laquelle : Il n'y a pas de lot sans complot, ni de vice sans complice.

Et ce qui est stupéfiant : c'est que la Tunisie n'a jamais été dupe de son propre marché de dupes. Le dicton local raconte que le pays vend le singe pour se payer la tête de celui qui l'achète.

Dans tous les rôles joués, il y a quelque chose de drôle... même le nuisible s'avère parfois risible.

C'est l'un des seuls pays au monde où l'on estime ridicule même la physique des particules... point de logique sans intention démagogique... il faut réaliser que tout tunisien est politisé d'office... A travers le plus petit comme le plus grand service, il y voit l'amorce d'un rapport de force entre entubés et entubeurs, foireux et enfoirés, malins et pantins.

Même le plus atteint de surdité conserve sa part de lucidité.

Et tout le monde, qu'il le veuille ou non, est inscrit à cette mutuelle des leurres pour maudire le malheur et bénir le bonheur : ou le prédire en disant : inch'allah.

Et tout ce qu'il y a dans la valise, y compris mon analyse, n'échappe pas à la brise de la rumeur... ce vent léger qui rend l'été agréable et l'hiver sortable...

Sans compter qu'avec les réseaux sociaux et la multiplication des portables, il n'y a désormais plus rien sur la table, tout est en dessous, dissous ou en rapport avec de gros sous... car ici, l'argent ne fait pas la rumeur, c'est la rumeur qui se fait de l'argent en révélant tout ce qui est enfoui dans les cœurs, avec des compresses avalisées par toute la presse...

Aucun secret d'état que des secrets de polichinelle où l'on voit l'ami pousser son ami dans un puits juste pour voir comment il réagit.

Et comme surprise party, on me demande de me prononcer sur le dernier attentat en Tunisie... peut être parce que mes amis me prennent pour Agatha Christie...

Difficile de déterminer la part de rumeur parce que je suis limitée par ma part de pudeur.

Si je mesure toute la distance qui sépare le sommet de la base, est-ce que j'ai le droit de parler de kamikaze ?

Et même si je prends très au sérieux cet acte terroriste, je ne peux me l'expliquer d'une manière royaliste ou loyaliste ou même en tant que journaliste sans tomber dans le piège tendu par la RUMEUR en personne.

Disons que ses artisans et ses partisans ne me le pardonneront pas... parce qu'ils savent que je sais que nul ne peut faire abstraction de cette prison à ciel ouvert qu'on appelle : l'imagination... maitresse d'erreur et de fausseté.

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Commentaire sur “Tunisie : la RUMEUR en personne

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    Pascal

    Une perle sur la tragédie en Tunisie, l’attentat et le fait qu’on peut facilement se tromper, être dans l’erreur dans l’interprétation qu’on peut avoir, suivant notre imagination.

    Fiction

    Un rêveur : « Ciel ! Suis-je au paradis ? Dans un puits tapissé d’une lune et d’étoiles ? Au sommet de l’Olympe ? Dans les abysses d’un océan, sous une tombe ? »

    L’erreur : « Vous-êtes où vous imaginez être ! »

    La fausseté : « Je dirais même plus, vous êtes où l’imagination vous fait aller ! »

    Un rêveur : « Euh… J’imagine que vous devez avoir raison, un grand sage n’a-t-il pas dit un jour que ce n’est pas parce que ça se passe dans la tête que ce n’est pas réel ? Mais euh… j’ai comme un doute ! »

    L’erreur : « Croyez-nous ! Nous sommes allées à bonne école moi et mon amie, c’est l’Imagination elle-même qui a été notre maîtresse, notre professeure ! »

    La fausseté : « Oui, j’ai fait les 400 coups avec l’erreur, nous en avons fait voir de toutes les couleurs à beaucoup de gens, à notre déesse Imagination comprise, mais en matière d’imagination, croyez-nous, nous savons de quoi nous parlons ! C’est notre matière principale depuis la nuit des temps ! »

    Un rêveur : « Je veux bien vous croire, mais euh, votre amie se prénomme l’erreur ? »

    L’erreur : « Oui ! Présente, et elle c’est la fausseté ! »

    Un rêveur : « Euh, vu vos noms, euh, comment vous faire entièrement confiance ?! »

    La fausseté : « Ce n’est pas parce que j’ai ce nom, que j’ai toujours tort, il me semble ! »

    L’erreur : « Idem ! Mais si vous voulez, nous allons vous conduire à l’Imagination ! »

    Un battement de paupières plus tard,

    L’imagination : « Les enfants, quelle bêtise avez-vous encore commise ? Vous avez égaré ce monsieur ? »

    L’erreur : « Roh, tout de suite les grands mots ! »

    La fausseté : « Nous faisons une bonne action ! Il semblait avoir un doute sur là où il se trouvait, au point de ne pas savoir si il était encore vivant ! Et comme nous lui avons dit nos noms, il n’a pas trop eu confiance, vu le sens que leur donne les vivants ! »

    L’imagination : « Ah, bien, je suis fière de vous ! Bon, alors, euh, monsieur ? »

    Un rêveur : « Euh, qui me dit que vous êtes bien l’imagination et pas une farce de vos deux élèves ? Quoique à moins que vous ayez le don de télépathie, ils n’auraient pas eu le temps de vous demander de vous faire passer pour L’imagination, mais euh… Zut, flûte, nous ne somme plus au même endroit, comment puis-je vous demander où j’étais ? Il faudrait que nous puissions y retourner. Ceci dit, où nous-sommes, là ? »

    L’imagination : « Dans un entre deux mondes ! Vous n’avez pas encore formulé de pensée précise pour que le paysage se forme ! »

    Un rêveur : « Ah, d’accord, mais euh, même si je rêve d’un lieu de manière précise, si j’y suis en rêve, je n’y suis qu’en rêve, alors, où serais-je ? J’aurais pas bougé, je serais dans le lieu depuis lequel je rêve ? »

    L’imagination : « Je qui ? Votre esprit est-il localisé exclusivement dans votre corps ? Vous ne croyez pas aux décorporations, aux voyages astraux ? »

    Un rêveur : « Euh, j’ai vu un témoignage qui laisse songeur, j’ai fait déjà fait des drôles de rêves qui semblaient très réalistes, prémonitoires, et des drôles d’expériences, mais l’interprétation en est à prendre avec des pincettes ! Même sans être adepte de la zététique, peut imaginer plusieurs explications à des phénomènes, à ce qui est considéré comme tel, alors… »

    L’imagination : « Bon, d’accord, je n’ai pas de certitude toute faite à vous donner, et après ? Est-ce que cela change quelque chose à votre impression ? »

    Un rêveur : « Certes, mais euh, bref, au-delà de la question sur lieu, pour les faits ? Par exemple, quand il y a un attentat, beaucoup théorisent, nous pouvons avoir beaucoup d’imagination pour trouver des explications, comment savoir qui a raison ? »

    L’imagination : « Je sais, je suis très sollicitée, j’ai beaucoup de succès, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? C’est épuisant ! Heureusement que j’ai mes élèves pour vous et m’aider ! »

    Un rêveur : « Euh, fausseté et erreur ? Euh… »

    L’imagination : « Elles ne sont les seules ! Il y a aussi Hypothèse, Éclair de génie, Eurêka, et d’autres qui ont aussi pris des cours auprès de Réflexion. En fait, tout dépend de l’utilisation que vous en faites ! »

    Un rêveur : « Certes, nous pouvons tenter de recouper les sources d’informations et cætera, mais dans la traduction que nous avons, à moins d’être aux premières loges, que tout soit factuel ; et encore, j’ai vu un bout de conférence sur les médias et la science, d’un mouvement de zététique, qui explique que la méthodologie est de mettre dans une partie les données et l’autre l’interprétation, et que malgré tout, si nous pourrions penser que seules l’interprétation d’une expérience est sujet à débat, du fait qu’il y a part d’imagination – au sens de l’interprétation de données à l’œuvre – qui intervient, pourrions-nous sûrement considérer, même les données peuvent être sujet à caution. Bon, les données sujet à caution ont des raisons qui peuvent être liées aux lobbies pharmaceutiques, de ce que le conférencier disait si je me souviens bien, mais bref, pour dire qu’il est pas évident de savoir si nous avons raison ou non ! »

    L’imagination : « Euh, vous ne seriez pas en train de faire mon procès ? Dois-je vous rappeler que vous faites souvent appel à moi et parfois à mon ami humour pour exprimer ce que vous n’osez exprimer autrement ? »

    Un rêveur : « Ben, pas faux, mais euh… »

    L’imagination : « Et est-ce grave si vous avez tort dans ce que vous pensez avoir compris, interprétez, imaginez ? Et aurez-vous plus raison sans imagination ? »

    Un rêveur : « C’est que… En imaginant, nous pouvons nous méprendre, nous provoquer des sueurs froides, nous bercer d’illusions et cætera. »

    L’imagination : « Si vous ne pouvez être certain d’interprétation que vous avez sur des faits, des forces à l’œuvre dans l’attentat à Tunis et ailleurs ; face aux soucis du monde, aux vôtres, avec de l’imagination, vous pouvez aussi trouver de nouvelles voies, des astuces, vous relever, vous élever, réfléchir à ce qui pourrait éviter d’autres attentats, et cætera. Bon, j’extrapole, vous pourriez considérer que je suis du chemin et non la destination, et je peux me tromper, et vous pourriez sûrement cheminer, vivre sans imagination, en ne vous fiant qu’au factuel, mais voilou !!!! »


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