SAMU : Je suis malade ! 2


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Des appels, le monde en reçoit à la pelle...

Mais c'est de plus en plus rare qu'il vous rappelle... ou qu'il s'en rappelle...

Il vous entend... mais il ne répond pas... il ne répond plus...

Il n'a pas le temps de vous répondre... vous n'avez plus qu'à aller vous faire pendre...

Camus appelait absurde, ce divorce entre l'homme et le monde.

Divorce entre la question et la réponse.

Allo... c'est le SAMU ? Je suis la fille sur le pont... il y a quelqu'un au bout du fil ?

Personne ne répond... ou alors c'est Dupont qui décroche pour vous dire qu'il n'y a personne pour vous empêcher de vous jeter... il y a juste quelqu'un pour ramasser les morceaux. Parce que le service public est en pleine mutation... ça mue et ça évolue...

Plus personne ne répond de personne... l'éthique de conviction s'est substituée à l'éthique de responsabilité...

Nous sommes de plus en plus libres et de moins en moins responsables.

Aussi libres de mourir que de se donner la mort... aussi libres de souffrir que de laisser souffrir... libres de donner mais aussi libres d'abandonner.

Nouvel emblème : à chacun selon ses problèmes... Démerdez-vous ! Merde !

Vous vous dîtes : sommes-nous devenus sourds les uns aux autres ?

Je dirais plutôt : sans recours... sans porte de secours... on s'entend mais on ne s'écoute pas...

On s'écoute mais on ne se comprend pas... on s'en branle... parce que ça nous ébranle pas ! C'est sans effet parce que ça ne nous affecte pas... les infections n'infectent que ceux qui en sont infectés... c'est direct.

Et on nous rassure par dessus le marché en nous attestant un peu plus chaque jour :

Qu'il n'y a pas de progrès sans indifférence... marchons... marchons vers l'indifférence.

C'est le sens de la marche... la marche qui a un sens... la marche qui ne fait pas de différence entre les gènes qui courent et ceux qui sont à cours d'oxygène !

C'est le temps qui court qui nous impose cette démarche... ce marathon.

C'est la loi de vivre... la joie de puer en courant derrière ceux qui ont un déodorant.

Un peu de baume du tigre et c'est reparti pour un tour... ça vaut ce que ça vaut mais le monde achève bien ses chevaux...

Allo! Oui... Qu'est-ce que tu veux que je te dise, petite sœur, rappelle-moi si tu meurs ! Ça pue... le SAMU... et tous les secours peu catholiques ne sont plus absurdes comme l'a cru Camus... mais tragiques... tragique du quotidien... tragique de ces liens qui raccordent le tout avec rien... le mal, c'est bien.

Ce matin, je me suis levée du mauvais pied, une angoisse inexprimable m'étreignait... Tous les vices et tous les services m'ont paru sans raison, sans but... Je ne reconnaissais plus rien, plus personne. C'est comme si la réalité s'était diluée, évadée de tous ces objets, de tous ces gens... j'avais une chanson plein la tête, celle de Serge Lama... et pour ne pas sombrer dans cette rupture de contact avec la réalité, j'ai appelé le SAMU et je les ai branché dessus... non pour décroître mais plutôt pour accroître mon sentiment d'irréalité...

Je suis malade... complètement malade !

Auteur interprète : Emeline Becuwe
Scénario : Emeline Becuwe
Actrice : Emeline Becuwe

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2 commentaires sur “SAMU : Je suis malade !

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur l’histoire de l’appel au Samu, la tragédie, très touchante.

    J’espère qu’arriveront à faire en sorte qu’il y ait pas d’autres tragédies du genre, et que vous finirez pas vous y retrouver et tout.

    Allo ?!!

    « Ah, madame, si vous saviez comme je suis désolé !!

    Nous n’avons pas assuré avec Naomi. Nous pourrons peut-être jamais nous-même nous pardonner de n’avoir pu éviter un tel drame. Comme nous ne pouvons revenir dans le passé, nous pouvons tout au plus tenter d’apprendre de nos erreurs.

    Que pouvons-nous faire pour vous ?

    J’entends, oui, j’ai compris, vous êtes malade. J’en suis désolé. Qu’est-ce que vous ressentez, vous avez mal où ?

    Un mal de désespoir ?

    Euh… Donc un mal d’âme ? Je ne sais pas si je saurais vous aider comme il faut, vous orienter vers le bon service. Et à ma connaissance, personne n’a encore inventé une technologie pour détecter les zones où y a mal à l’âme, ni pour y remédier simplement et rapidement.

    Vous résidez où ? Vous voulez venir passer quelques temps ici ?
    Les jeux de société peuvent aider à changer les idées, à défaut de soigner immédiatement. Mais si vous avez besoin d’un peu de baume au cœur tout de suite, je vous propose… euh, un cadavre exquis ?! Et euh, n’y voyez pas de l’humour noir ou une moquerie, non, c’est le nom d’un jeu, c’est pas ma faute si il a été nommé ainsi ! C’est un jeu inventé par des surréalistes. Vous devez connaître un peu le principe ? L’idée de base est de composer des phrases à deux ou plus, où chacun donne un bout de phrase sans savoir ce que l’autre a écrit. Pour le faire par téléphone, on peut se donner 2 minutes pour penser alternativement à un début et fin de phrase ? Vous, vous commencez par le début, et moi la fin, et cætera ? Puis on met ensuite le tout bout à bout ? Pour que les phrases soient bien complémentaires, je propose le schéma nom-adjectif-verbe-COD-adjectif, avec la partie nom-adjectif-verbe ou adjectif-nom-verbe en première partie, et COD-adjectif en deuxième. En pouvant un peu broder, mais en tenter de rester dans l’idée qu’il faut y avoir complémentarité au moins dans la forme.

    Exemple de première partie : Les employés du Samu sont

    Exemple de seconde partie : des être humains faillibles face au nombre d’appels, d’autant quand il y a beaucoup de mauvaise blagues et que comme dans la fable où à force de crier au loup il finit par y arriver de l’indifférence, à force de recevoir des appels canulars, certains appels ne sont pris pas au sérieux comme ils le devraient, même si quand même, il est vrai, d’accord, ça n’excuse pas la mauvaise – non assistance pour Noémie.

    Euh, oui, bon, pardonnez, mauvais exemple de seconde partie, mais bref, vous avez compris le principe ? Allo ?!!

    Oui, j’ai bien entendu, j’essaye de comprendre, je ne sais si je trouverai la bonne solution, mais voilou ! Et pour l’instant, prête pour ce que j’ai évoqué ? »

  • avatar
    jacou

    « Vous vous dîtes : sommes-nous devenus sourds les uns aux autres ? »

    La vase communicante, le coeur se vide , la tête se remplit, les « hommes » ne sentent plus ils pensent, à l’intelligence silencieuse du coeur s’est substitué le brouxhahaha du mental, toute la vie passe maintenant par des lois des décrets, des chiffres, des statistiques . Bien évidemment cela se retrouve dans les instances dirigeantes , peut-on encore parler d’êtres humains de ces abstractions sur pattes, aux melons surgonflés et au coeurs rachitiques . Fort heureusement , cela tire à sa fin par nécessité, l' »humanité » telle quelle n’est plus viable pour assurer sa progression évolutive, il faut qu’elle change et ça se produit , bien sûr , cela ne paraît pas encore évident aux regards des merdias programmés pour enfumer les consciences .

    Une étude très intéressante sur l’évolution de la conscience :

    – Une Revolution de la Conscience Humaine

    … » . Il est tout à fait vraisemblable qu’une forme de conscience émergera, d’abord en périphérie et sans doute chez les nouvelles générations, pour s’insinuer ensuite au cœur de toutes les sociétés futures.

    Le scientifique social Duane Elgin a représenté les changements d’état de la conscience humaine au fil de l’histoire de la façon suivante :

    1 La conscience contractée (les premiers humains)

    2 La conscience perceptive (les chasseurs-cueilleurs)

    3 La conscience émotionnelle (l’ère agraire)

    4 La conscience pensante (l’ère scientifique et industrielle)

    5 La conscience observatrice (l’ère de la communication)

    6 La conscience compatissante (l’ère du rapport affectif)

    7 La conscience fluide (l’ère du dépassement)

    Selon cette échelle, il apparaitrait que l’humanité globale soit en train de passer de l’ère de la communication (conscience observatrice) à l’ère du rapport affectif (conscience compatissante). Aussi pourrions-nous mettre l’accent de l’ère du rapport affectif de la « conscience compatissante » sur une « conscience empathique ». Passer d’une conscience observatrice à une conscience empathique revient à abandonner les énergies dites de « l’ancienne mentalité », qui nous ont menés à la mondialisation actuelle, pour accueillir les énergies correspondant à un « nouvel état d’esprit » et capables d’unir ce monde diversifié avec cohérence et équilibre.

    De la même manière, l’ère du dépassement pourrait être renommée « ère planétaire ». Elle représente non seulement l’émergence d’une prise de conscience du champ non-local mais également l’interprétation scientifique des forces subtiles de l’univers. D’ailleurs, l’ère de la « conscience fluide » appartiendrai à la prochaine étape de l’évolution de la conscience humaine qui semble présenter des éléments de nature intégrale et transpersonnelle.

    Pour autant, aucun de ces états n’est entièrement séparé des autres. Au contraire, ils se chevauchent et fusionnent alors qu’une ère s’efface et se mue en une autre. En général, la nouvelle ère (ou nouveau paradigme) commence à poindre en périphérie jusqu’à atteindre un point de non-retour pour être enfin acceptée comme le nouveau paradigme. La conscience fluide s’infiltre déjà lentement à travers nos perceptions. En effet, de plus en plus de personnes adhèrent et se fient d’instinct à des informations immatérielles. La vision du monde, à prédominance matérialiste, est passée au crible alors que les gens s’éveillent à la possibilité que leurs éclairs d’intuition (rêves, visions, prémonitions, etc.) puissent constituer des sources d’informations fiables obtenues de façon alternative. La recherche de pratiques autrefois considérées comme métaphysiques, voire étranges (pratiques spirituelles, yoga, méditation, psychothérapie, thérapie transpersonnelle, biofeedback, états de conscience altérés…), donne aujourd’hui accès au royaume des sens et de la connaissance de soi longtemps caché, ou plutôt négligé. »

    https://kingsleydennis.com/une-revolution-de-la-conscience-humaine/


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