L’intime conviction 2


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Tous les dimanches le journal de Personne présente l'extrait d'un film à voir ou à revoir

 

Il n'y a pas plus puissant qu'une image, lorsqu'on s'identifie à un personnage... c'est en général tout ce que l'on retient d'un long métrage...

Pour ce dimanche, j'ai choisi "Chacun sa vie",

le dernier opus de Claude Lelouch...

Et je vais autant que faire se peut, tenter de vous restituer le message qui m'a semblé en même temps vrai et invraisemblable... c'est à vous de voir... Ce sera selon votre intime conviction...

L'accusée : Je voudrais d'abord remercier monsieur l'avocat général pour son réquisitoire magnifique, dans lequel, malheureusement, je me retrouve complètement. Mesdames et Messieurs les jurés, j'ai pas grand chose à ajouter, je ne suis qu'une coupable. J'ai brisé des vies à commencer par la mienne, mais ça, ça n'a pas beaucoup d'importance. J'ai perdu ce que j'avais de plus cher au monde... mon homme... je me suis réfugiée dans l'alcool pour fuir ce que j'étais ou ce que j'ai vécu, je ne dis pas ça pour chercher des excuses, je ne suis pas un assassin mais je suis une véritable criminelle.

Vous avez devant vous une menteuse, une tricheuse et une voleuse de vies. J'aimerai bien qu'on soit dans les années 70, car je vous demanderais la peine de mort... je demande donc que ma peine soit exemplaire, exemplaires comme le sont toutes les personnes qui me jugent aujourd'hui... je réclame la prison à perpétuité pour réfléchir au mal que j'ai causé... alors s'il vous plaît, débarrassez-moi vite de moi... vite !

Auteur interprète : Emeline Becuwe
Scénario : Emeline Becuwe
Actrice : Emeline Becuwe

 

 

 

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2 commentaires sur “L’intime conviction

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur l’intime conviction, d’invitation à découvrir ou revoir à un film à travers « extrait » incarné.

    Pas – encore – vu, je l’ajoute à ma liste des films à voir un de ces jours.

    Pour ce qui est de : « « Je préfère encore être injustement jugée que devoir me justifier »- Personne »

    il faut beaucoup de force.
    J’aime pas en général devoir me justifier, j’ai souvent l’impression que quand je me justifie peut y avoir un « arrangement avec la réalité » même en essayant d’être le plus honnête avec soi / l’autre / les autres, ou disons plusieurs versions qui s’imbriquent, emmêlées, dont il n’est pas évident de tout bien restituer / expliquer, sans compter que dans tous les cas chacun peut trouver matière à interpréter suivant son prisme, et puis que cela peut être vain de se justifier même si on arrive à bien se faire comprendre, ne rend d’ailleurs pas forcément les jugements plus justes, mais pas toujours facile de s’en empêcher. Quoique ça dépend des instants et tout, mais bon.

    Enquête

    « Je réclame la prison à perpétuité pour réfléchir au mal que j’ai causé… alors s’il vous plaît, débarrassez-moi vite de moi… vite ! »

    « Ah ! Mais… Madame ! Il faut pas dire des choses comme ça ! Je veux dire… Loin de moi la volonté de vouloir vous dire ce qu’il faut et ne faut pas dire, non, ce que j’entends par là, c’est que c’est bien dommage si vous deviez le penser. Une personne charmante comme vous devrait pouvoir savourer sa vie, euh, je veux dire, de base, toute personne devrait pouvoir savourer, mener sa vie sans passer par la case prison. Alors certes, dans certains cas, peut se justifier, mais…

    En tout cas, cela fait de la peine que vous soyez en peine !! »

    « Je suis une véritable criminelle ! »

    « En êtes-vous certaine ? Non que je veuille mettre en doute votre parole, mais quelles sont les preuves ? Êtes-vous certaine que l’homme que vous avez tué est bien mort, et puis si c’est le cas, que c’est de votre faute ? Même si vous n’avez aucun doute sur l’impact de cause à effet, ne pouvez-vous pas vous tromper ? Peut-être qu’il y a eu un facteur inconnu que vous ignorez ? Et qui vous dit que ce n’est pas un phénix ?

    Alors vous me direz, ou pas, un homme n’est pas un phénix et les phénix sont des créatures qui n’existent pas dans notre dimension, et il y a bien l’histoire de Jésus, mais même si on devait croire à l’histoire de la résurrection, c’est peu avant l’Ascension, donc il revient pas à la vie comme un phénix, il ne le fait pas pour continuer de vivre dans le corporel.
    Ah, il y a le coup de Lazare, lève-toi et marche !, qui si je me souviens bien, mène ensuite de nouveau sa vie, mais c’est grâce à la force du verbe de Jésus, si l’on peut dire, alors y a un facteur externe.

    Bref, désolé pour la digression, mais pour dire qu’on peut se sentir coupable, pour autant, qui sait ? »

    « Puisque je vous dis que je suis une véritable criminelle ! Si je le dis, il faut me croire ! »

    « Je veux bien vous croire, mais… Peut-être est-ce l’œuvre d’un malin génie ? Ou mauvaise blague de celui qui a voulu vous faire croire que vous l’avez tué, et qu’il est tellement idiot qu’il a trouvé le moyen de se faire littéralement tuer pour rendre ça plus crédible ? »

    « Vous me traitez de menteuse, et maintenant vous traitez en plus feu mon homme d’idiot ? Vous n’avez pas honte d’insulter les morts ? »

    « Non mais… euh… joker ? Euh, ben, en tant que juré, je m’efforce d’imaginer toutes les éventualités, je ne veux pas me tromper ! Et vous n’avez pas dit vous-même que vous pouviez être menteuse ? Et puis votre homme vous a ptêtre bêtement poussé à être une criminelle ? Loin de moi l’idée de vouloir justifier les crimes par l’attitude du tué, mais ne dit-on pas qu’il faut être deux ou plus pour se disputer ? Et je dirais bien aux autres jurés, que celui qui n’a pas fait de fautes me jette la première pierre ou vous laisse en liberté. Mais ils ont tellement d’humour qu’il faudrait probablement que je m’équipe d’une armure avant de prononcer cette phrase. »

    « Bah, à propos de pouvoir se tromper et de vérité, en fait, il ne me semble pas vous avoir vu dans les jurés au moment de l’audience filmée ?! »

    « Ben, euh… En voyant votre témoignage, je me mets à la place d’un juré tentant de bien comprendre toute l’histoire ! »

    « Bah ! Si vous n’êtes pas vraiment dans les jurés, que vous deviez tout bien comprendre et ne pas me juger pareil, qu’est-ce que ça change sur mon sort ? »

    « Bon, d’accord, je ne peux refaire l’histoire déjà écrite et je n’ai pas de machine à remonter dans le temps. Je peux tout au plus rembobiner des vidéos. Néanmoins… »

    « En fait, vous ne seriez pas ma peine de prison ? »

    « Je suis si ennuyeux que ça ? »

    « Bah… »

    « En tout cas, si il y a des tragédies dans la vie, et qu’il pourrait être considéré inconscient de laisser des criminels prêts à récidiver en toute tranquillité dans les rues, je dirais que vous auriez surtout besoin non pas d’être débarrassée de vous, mais de la peine qui vous mine.

    Ah, puis-je tenter de faire une séance d’exorcisme sur vous ? Non pas pour vous débarrasser de vous-même, encore moins de votre souffle de vie, mais peut-être êtes vous possédée par la peine et que je pourrais vous aider ? »

    « Et puis quoi encore ! »

    « On peut pas vous condamner à vivre des moments de bonheur ? »

    « Pfff… Vous êtes drôle, vous, si c’était… »

    « C’est un bon début, non ? »

    « Non, j’ai pas fini ma phrase, si c’était si simple… Et puis bon, comme vous êtes pas vraiment juré… »

    « Bon, ben… J’aurai une conversation imaginaire avec vous tous les jours jusqu’à ce que vous renonciez à êtes débarrassée de vous-même, qu’une telle peine s’évapore ! »

    « Vous risquez de renforcer ma volonté ! »

    « Pfff… »

    « Et puis bon, imaginez tant que vous voudrez, comment voulez-vous que cela ait de l’effet sur moi ? »

    « Bah, euh… L’âme de votre homme, si il devait bien être mort, survit sûrement quelque part dans votre cœur ou dans votre esprit ? Qui nous dit que ce n’est pas une forme de connexion avec l’au-delà ? »

    « Vous ne seriez pas un peu nigaud sur les bords, voire plus que sur les bords ? »

    « Bah ! Il y a des théories comme quoi nos peines et nos joies et nos pensées peuvent avoir une incidence sur l’environnement, du moins sur un certain plan, d’une certaine façon, non que j’y crois particulièrement, mais peut-être que de la même façon, l’on peut envoyer des ondes positives pour soulager la peine de gens, converser avec eux d’une certaine façon ? »

    « Peut-être, mais en attendant, même si, autre improbabilité, ça pouvait traverser l’espace-temps, pour éviter les paradoxes temporels, l’histoire écrite serait déjà la somme des possibilités d’influence par le futur, non ? Et comme l’histoire a son cours et que vous n’êtes pas un juré… »

    « Certes, mais euh, bon, j’aurais essayé et j’essayerai ce que j’ai évoqué, après, d’accord, faites comme vous le sentez ! »

  • avatar
    jacou

    En résonance avec le thème du jugement , une mûre réflexion :

    – « LE JUGEMENT, UN FLÉAU
    Je pèse mes mots quand j’écris cela, vraiment. C’est fou de voir le nombre de gens qui jugent sans cesse, et le plus fou c’est que j’étais exactement pareille ! Parfois c’est devenu tellement naturel, genre réflexe sans réflexion, qu’on ne s’en rend plus compte.

    Aujourd’hui je réalise à quel point j’étais aveuglée par mes jugements, envers tout et tous, et enfermée dans une réalité bien triste.

    Je ne vous parle pas ici du jugement comme d’une mauvaise action, genre « c’est pas bien de juger », parce que ça va tellement plus loin que ça. Même si fondamentalement le jugement reste une attaque il est vrai.

    Mais allons voir au-delà ce qui s’y cache…

    DERRIÈRE LE JUGEMENT
    1. Quand vous jugez, vous mettez tout ce que vous jugez dans des cases. Bon, pas bon, bien, pas bien. Donc vous aussi par la même occasion. À votre avis, d’où vient la culpabilité ? De votre jugement. Si vous voulez être en paix avec vous-même, arrêtez de juger.

    2. Juger tout et tous voudrait dire que vous connaissez la vérité sur tout et tous. Votre propre opinion serait une réalité, la réalité de la vie. Juger, que ce soit de manière négative ou positive d’ailleurs, c’est déclarer une échelle de valeurs qui n’existe que dans votre tête. Ben oui, personne ne pourrait avoir exactement la même que vous. Par définition, cette échelle de valeurs est donc faussée par vos croyances et vos propres perceptions. Elle repose alors sur des facteurs individuels qui ne peuvent pas être une vérité universelle n’est-ce pas ? Il est donc fou de se baser sur des fausses vérités, que ce soient les vôtres ou pas.

    3. Le jugement nous coupe des autres. Comment voulez-vous être en paix avec le monde et les individus qui vous entourent si vous vous coupez d’eux ? Car juger c’est se positionner comme différent, penser que l’on vaut mieux ou moins. Comme je l’explique dans l’article « La dualité n’existe pas », nous naissons tous pareils et une fois adultes nous recherchons tous la même chose : la paix. Nous sommes intrinsèquement identiques et non dans une compétition. Il ne s’agit pas de vivre comme des Bisounours, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, mais bien de porter son regard plus haut (ou plus profondément) sur la nature humaine.

    LE JUGEMENT DERNIER
    Je ne pourrais vous dire à quel moment j’ai arrêté de juger, je crois que cela s’est fait plutôt progressivement et au fil de mes découvertes spirituelles. Bien sûr parfois j’ai des petites rechutes, surtout avec mes proches, mais je me « détecte » illico et souris devant mes vieux réflexes… sans les juger !

    Certains pensent que d’arrêter de juger c’est ne plus avoir d’avis, être insipide. Je ne me pose même pas la question pour tout vous dire car une chose est certaine : je m’aime plus qu’avant et surtout, je me sens libre ! Quand on est exigeante et dure avec soi, on s’étouffe.
    https://entrepreneures-spirituelles.com/le-jugement-dernier/

    – Sur le jugement dernier :
    Il n’y a pas de jugement dernier au « tribunal céleste », car il n’y a pas de tribunal céleste sinon celui créé par les religions en mal de pouvoir ; qui dit tribunal dit juges et quels sont les meilleurs magistrats auto-proclamés que les « détenteurs de la foi » ?
    Par contre ce qui existe lorsque l’on décède c’est « l’examen » en conscience de ce que fut notre vie en relation avec notre intention avant l’incarnation, ce formidable jeu de rôles dans le but d’accroître et d’approfondir éternellement notre union et identification avec le Créateur que Nous Sommes. Jeu particulièrement complexe et difficile dans un corps restreint de chair, avec tous ses aspects , contraintes et désirs et qui se révèle au fur et à mesure de l’éveil de sa conscience et de son coeur .


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