Les sans-toit n’ont plus froid… aux yeux 3


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Dans la vie, on est parfois tenus d'avoir un avis et de devoir l'exprimer, l'imprimer ou le publier, précisément lorsque la vie d'autrui est en jeu.

Mon souci qui est sans doute le vôtre aussi : c'est le souci qui concerne les sans-abri.

Avec cette vague de froid, il y a de quoi reprendre ce chemin de croix en reposant la question du pourquoi ?

Pourquoi on les laisse mourir de froid ?

Ce n'est pas aux sans-abri d'y répondre. C'est à nous autres abrités d'apporter une réponse.

Cela relève de notre responsabilité, de notre devoir-être-ensemble. Responsabilité morale, responsabilité civile et responsabilité pénale.

-->Il ne suffit pas de dire que ça nous empêche de dormir pour remplir son devoir moral

-->Il ne suffit d'écrire un article alarmiste pour accomplir son devoir civique

-->Il ne suffit pas de recourir aux pouvoirs publics pour rendre ce mal moins banal et la mort moins fatale.

 

Notre responsabilité à tous est totale... s'il y avait une justice, nous aurions tous droit à une sanction pénale !

Notre État n'assure pas. C'est le moins qu'on puisse dire. Pire, l'État n'assume pas.

Je veux parler de notre fameux état de droit qui est censé protéger les plus démunis, leur fournir un toit, c'est dans l'esprit de nos Lois.

Mais ce n'est pas le cas.

Sommes-nous devenus la proie d'un État irresponsable ?

Coupable de ne pas appliquer la loi ?

Puisqu'on continue de mourir de faim et de froid, non pas à cause d'un quelconque dérèglement climatique, mais à cause d'un dérèglement moral, éthique et politique.

Et si le pouvoir n'a pas assez de pouvoir, qu'il le donne à ceux qui ont le sens du devoir... à des hommes responsables.

Mais le sujet le plus préoccupant, selon les médias qui s'autorisent des propos qui ne devraient pas être autorisés... le plus préoccupant ce sont les sans-abri qui refusent d'avoir un abri et préfèrent continuer de courir le risque de mourir dans la rue. Ils refusent d'être secourus... qui l'eut cru ?

On se dit que rien n'explique, rien ne justifie ce refus qui nous paraît absurde ou tordu.

Et pourtant ce refus ne manque pas de hauteur de vue. Il est très clair et non point confus.

 

Il signifie en premier : que les sans-abri sont libres. Ils ont choisi la liberté jusqu'à braver toutes les intempéries.

En deuxième : ce refus signifie qu'ils placent leur dignité ailleurs que sous un toit. Ils n'ont pas froid aux yeux.

En troisième : ce refus exprime la plus belle forme d'insolence : dire non à toute espèce d'assistance. Ils veulent être reconnus et non secourus, estimés et non méprisés. Admirés et non emmurés.

En dernier : les sans-abri protestataires ont un message très clair : c'est le système qui est à la rue... système d'objets qui ne convient plus à ceux qui continuent de croire qu'ils sont avant tout des hommes... et non des déchets qu'on se baisse pour ramasser. Pour eux, le système n'est pas un refuge mais un subterfuge pour promouvoir le vol, le viol et le ras-le -bol.

Doit-on les empêcher de mourir comme ils meurent ?

Ou les empêcher de vivre comme ils vivent ?

Ce n'est pas l'une et l'autre en même temps mais ni l'une, ni l'autre, monsieur le Président.

 

Auteur interprète : Emeline Becuwe
Scénario : Emeline Becuwe
Actrice : Emeline Becuwe

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3 commentaires sur “Les sans-toit n’ont plus froid… aux yeux

  • avatar
    Dan ARDUYNNA

    Ceux qui choisissent d’être des  » sans abri « , ont les ressources mentales et physiques pour assumer leur choix.
    Quand il s’agit d’accidentés de la vie, l’empathie naturelle et la morale incitent à trouver des solutions.
    Mais lorsqu’il s’agit de travailleurs pauvres, et que leur nombre augmente, c’est un vrai problème moral et politique.
    Lorsque les choix politiques hypothèquent l’avenir, ils deviennent éthique, et le RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE causé par le pillage des ressources fossiles terrestres et qui hypothèque l’avenir du Vivant, pose un problème ETHIQUE
    Pour illustrer l’importance de l’éthique, une perte annuelle de 5% de la population, en seulement 100 ans, amènerait la démographie mondiale de 7,5 milliards à 47 millions d’individus. ( Progression géométrique de raison 0.95 ). Au lieu d’avoir un équilibre de 750 milliards de décès naturels compensés par le même nombre de naissances, il n’y en aura que 149 millions, ce qui signifie que, si cette perte de 5% annuelle est d’origine anthropique, nous sommes, dès à présent, responsables de la non existence future de 600 milliards d’humains et peut être de 20 000 milliards d’êtres dont nous dépendons, ressources alimentaires ou compagnons de vie… Cette société préoccupée par la proximité, les bilans mensuels et les mandatures, croit s’adresser à une population de 60 millions d’individus, alors qu’elle met en, jeu celle de 7,5 milliards d’êtres humains sur l’instant et de 150 milliards d’humains sur 100 ans, pour ne parler que des humains.
    Quant à l’échelle de temps choisie de 100 ans pour l’exemple, une contamination nucléaire nous impactera pendant 20 000 ans, le réchauffement climatique pendant 5 à 8 cycles de Milancovitch de 100 000 ans chacun…
    Le petit colibri par son petit geste éthique, qui vous apprend à pécher, à prendre soin de notre environnement, pèse plus lourd que le moraliste qui vend son poisson au juste prix.
    En restant gentil, merci pour l’ ETHIQUE, le CLIMAT et l’ ENVIRONNEMENT, merci pour NOTRE CONSCIENCE individuelle et collective.
    Penser que celui qui souffre dans la rue, pourrait être moi, est en fait très égocentrique et marchand.
    Penser qu’il pourrait être un autre que moi, est un bon début empathique et moral.
    Mais penser sur le plan éthique, qu’il pourrait être celui qui sauvera notre espèce, alors vous êtes dans l’AMOUR OFFRANDE, et j’en suis alors très heureux… Je peux partir rassuré. La Terre peut encore devenir notre Paradis.

  • avatar
    Pascal

    Superbe, oui, une perle sur les sans-toit, responsabilité face à la vague de froid et plus généralement du système éco-politique. Je vous souhaite d’avoir suffisamment – pléthore de dons, reconnaissance qui vous permettra de vous y retrouver.

    Pour ce qui est des sans-abri, de tous ceux qui sont en précarité, je pense que la dignité – reconnaissance – estime pourrait passer par « économie » qui leur permettrait de développer une certaine autonomie, assurer les bases pour tous sans que doive concerner un statut social en particulier. La soupe populaire, les resto du coeur, l’idée des cafés suspendus, lois obligeant les supermarchés à ne plus jeter comme ils le faisaient, à réduire le gaspillage alimentaire, peut faire « patch », mais un certain nombre peuvent préférer ne pas en bénéficier. C’est comme le RSA, certains reprennent les réflexions sur les abus – fraudes pour critiquer « l’assistanat » en oubliant que si peut manquer des sous, c’est pas tant du fait de ces fraudes, que des montants plus important passent à la trappe avec les paradis fiscaux et cætera, que beaucoup de potentiels bénéficiaires du RSA n’y font pas appel du fait du système, et que dans tous les cas, pourrait théoriquement faire mieux, question de pouvoir, de décisions éco-politiques.

    Alors c’est sur que comme ce n’est pas Emmanuel Macron, Marine Le Pen et cie qui vont faire évoluer le système, en attendant un certain seuil de population d’hommes responsables qui pourrait faire bouger les choses / le feront, faut bien des actions de ceux qui en ont l’élan / le peuvent comme offrir des couvertures chaudes à des sans-abri qui semblent en avoir besoin, mettre en place des coins feu pour se réchauffer ou autres idées, mais bref. ‘fin, dans les idées en attendant évolution du système, pour de la dignité, pourrait réfléchir à / mettre en place système d’emploi, genre association qui ferait un site pour vendre créations de sans-abri, en leur fournissant de la matière première au cas par cas, mais peut être compliqué à mettre en place.
    Et euh, vu le nombre de logements libres en France, j’avais vu à une époque certains « indignés » encourager à l’ouverture de squat, fournir une marche à suivre pour ouvrir des squats plus ou moins durables, et il y a l’idée de développer des Zads, et communautés autour de l’autonomie, mais peut être délicat, question de choix perso, pas forcément évident de motiver à le faire.

    Et le besoin d’estime me fait penser à l’introduction au film documentaire « Autonomies » : https://www.youtube.com/watch?v=h6GlA113HOE

    « Autonomies » : Synopsis – l’histoire du film : http://autonomies.fr/le-film/synopsis/

    Bref, pourrait sûrement imaginer plusieurs idées – alternatives qui permettrait d’éviter les drames d’hiver et faire que chacun trouve de l’estime de soi / de la part d’autres. Je crois assez en l’efficacité de l’idée de Friot, qui pourrait être mis en place sans attendre une ou plusieurs décennies si volonté populaire pour : Conquérir la souveraineté populaire, sur la valeur et sur la monnaie : http://www.dailymotion.com/video/x27bph2_bernard-friot-et-frederic-lordon-chez-tropiques_news

    Et peut pas dire que c’est infaisable, y a eu époque où certains ont mis en place des alternatives du genre avec certain succès : Vivre l’utopie : https://www.youtube.com/watch?v=-wLH8veaVrw

    Et quant au souci écologique-climatique, il va de pair avec de ces idées, et je pense que ce qui doit être mis en question ici, dans le problème évoqué, n’est pas tant le risque de dérèglement climatique, plus ce qu’il serait possible de faire éco-politiquement pour éviter la mort des gens en hiver / du fait de l’hiver en respectant leur dignité / « liberté », si un autre système serait-il ou non viable, et si oui, lequel, et ce qui pourrait / peut être fait à titre individuel en attendant, comme évoqué tel que je le comprends avec :

    « Puisqu’on continue de mourir de faim et de froid, non pas à cause d’un quelconque dérèglement climatique, mais à cause d’un dérèglement moral, éthique et politique. »

    Des hommes à la rue

    Des hommes à la rue,
    affrontent souffle d’hiver,
    organisation

    Soif de dignité,
    d’une liberté saveur de ciel,
    d’une belle humanité

    De la neige à terre
    comme des armées en guerre,
    chacun à son « faire »

    Des souffles expirent
    le corps enveloppé de gelures,
    pour tenter de l’éviter, s’allument des feux

    Dans un tout, le système,
    les hommes de pouvoir ont pouvoir,
    mais citoyens témoins peuvent du flambeau

    Des hommes à la rue,
    l’humanité à sa conscience,
    résonnent des voies, des horizons

    Dans un tout, s’évolue,
    réflexions, actions, créations,
    société des hommes

  • avatar
    jacou

    – Beau et difficile sujet sur la/les responsabilités

    Réflexions d’un camarade humain anonyme :
    – Le droit, la morale , l’éthique
    < < Le droit décide, la morale commande, l'éthique recommande. >>?
    Cette expression distingue les 3 forces qui déterminent la légitimité d’une action.
    Le Droit décide : le droit a force de loi ultime. Quelles que soient les 2 secondes forces, c’est le droit qui déterminera la légitimité ou non d’une action.
    La morale commande : c’est la force de ce qui est considéré comme le bien par la collectivité et son poids historique. La nation ou de la religion. Elle supplante souvent ton éthique car elle porte le poids du « groupe ».
    L’éthique représente au final ce que toi tu penses être juste. C’est la morale personnelle de l’individu conforme à ses propres valeurs. elle n’a de valeur qu’à titre personnelle et pour ceux qui partageraient les mêmes valeurs que toi.
    L’expression donne donc une hiérarchie des forces.
    Ton éthique est plus faible que la morale qui elle, se couche devant le droit, qui est la force définitive.

    Ces réflexions sont celle d’un être d’une conscience humaine certaine; mais au-dessus de toutes considérations philosophiques il y a la suprême réalité qui est celle du libre arbitre absolument nécessaire pour exprimer pleinement notre filiation divine . Les animaux n’ont pas le choix , l’homme si .
    Ce qui implique la responsabilité individuelle dans les choix conscient et inconscient ; certes il y a une responsabilité collective mais il ne faudrait pas que celle-ci soit entretenue afin de masquer que la cellule de base d’une communauté harmonieuse est l’individu pleinement épanoui .

     » Le libre arbitre est une grande responsabilité qui représente à la fois un fardeau et un bienfait : le choix est entre nos mains. Et notre futur dépend en grande partie des choix que nous faisons dans le présent. Même si nous n’avons pas toujours le contrôle sur les circonstances de notre vie, nous avons la capacité de choisir nos réactions face aux événements qui se présentent. En nous réappropriant le pouvoir de choisir, nous trouvons le courage de vivre totalement dans ce monde… ( Dan Millman , auteur du Guerrier Pacifique )

     » Nous passons tous par des moments de lutte dans la vie. Certains combats sont capitaux, d’autres semblent de peu d’importance. Mais, quels qu’ils soient, ils représentent les leçons que nous devons tirer de l’existence, si telle est notre volonté. Pour avoir une belle vie – et donc une belle mort – je vous demande instamment de faire vos choix dans la perspective de l’amour inconditionnel, en vous posant chaque fois cette question : « Quel service vais-je ainsi pouvoir rendre ? » La liberté de choisir est la liberté que Dieu nous a donnée – la liberté d’évoluer et d’aimer.
    Élisabeth Kübler-Ross , Mémoires de vie mémoires d’éternité,

     » Comprenez, plus que jamais, l’heure est au choix délibéré, car la contagion, la contamination par ce collectif qui se croit perturbé, ne peut être évitée que par le choix délibéré, par le fait d’être posé dans un rythme juste et de se nourrir dans la simplicité…
    Et toujours, au sein de ce qui semble le grand passage, gardez votre attention sur l’immuable. Cela est la base et le fondement même de ce passage.
    Il ne s’agit pas là d’améliorer la condition humaine mais de basculer dans l’évidence de l’harmonie naturelle à l’être humain divin, et de retrouver l’harmonie de toutes ces sociétés que l’on dit lumineuses qui inspirent et qui maintenant rayonnent. ( St – Germain le 17-6-17 )


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