La petite vendeuse de scénarios 5


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Mon Dieu, suis-je obligée de mendier ?

Il fait froid et mon amour propre est à l'étroit.

Je ne crois pas que la précarité puisse être surmontée une bonne fois pour toutes...

La charité est passagère mais non salutaire, elle étanche la soif mais ne la retranche pas... elle panse la plaie mais ne compense pas la douleur... elle remonte le moral mais ne démonte pas le mal !

 

Je crève l'œil de mon orgueil et je frappe à une première porte.

On m'ouvre. On me découvre, gênée, gênante, navrée, navrante... je me réinvente et je deviens mendiante, et je demande :

 

-puis-je vous échanger un ou deux billets rédigés de ma propre main contre un peu de pain de seigle et de la vache qui rit ?

L'homme de derrière ne me claque pas la porte au nez, comparé à moi, il n'a pas l'air désemparé, apparemment il sait qui je suis.

Il connait mes maux d'esprit mais il ne sait pas de quoi je vis...

 

Il n'a pas hésité un instant :

- désolé mais je n'ai pas ce que vous demandez... en revanche, j'ai du pain de mie et du gruyère râpé, si ça vous dit ?

J'ai dit non, merci... parce que je tenais à mon pain de seigle et ma vache qui rit... et je me suis éclipsée en disant : pardon, comme à chaque fois que je fais appel aux dons.

 

Et moi qui comptais sur le ciel, pour des dons substantiels.

Et pourtant, je mets le plus grand soin à réaliser une petite représentation par jour mais ce que je reçois ne suffit pas à couvrir mes besoins... loin s'en faut.

L'art enragé, engagé n'est pas fait, je le crains, pour avoir de quoi vivre décemment.

Un petit cours-métrage par jour ne vaut apparemment pas le détour.

 

Mais j'existe... donc je persiste et frappe à une deuxième porte, immense, géante :

Et je reformule ma demande devant la dame qui a eu l'amabilité de m'ouvrir.

 

- Puis-je madame, et en échange de trois ou quatre petits scénarios publiés sur le web, avoir de votre part, un peu de vache qui rit.

J'ai renoncé au pain de seigle pour diviser par deux ma sotte exigence !

La dame me dit :

- j'ai du fromage, mais pas de vache qui rit. Et puis, entre nous, je vous le déconseille pour une question d'hygiène de vie... il n'y a que les arabes qui croient que c'est un fromage !

Vous voulez un conseil, me dit la dame condescendante :

Si vous voulez bien gagner votre vie et ne plus être réduite à la mendicité... encensez les gagnants et oubliez les perdants !

Plaidez la cause des oiseaux de proie, au lieu de vous ranger du côté des moutons qu'on égorge dans les baignoires... ce ne sont pas les infortunés qui vous aideront à faire fortune !

Le diabétique qui a besoin d'insuline ne se rend pas en Palestine...

Vos causes perdues vous ont fait tout perdre. À chaque fois que vous défendez l'islam ou les musulmans on vous crame, vous vous cramez l'âme parce qu'ils sont indéfendables ! Entre eux, ils sont insupportables... c'est votre ligne éditoriale qu'il faut revoir de fond en comble.

Les black-blancs-beurs ne font pas l'histoire...

Dans la vie il n'y a que deux solutions pour s'en sortir :

se prostituer ou s'aligner pour se payer sa vache qui rit. Trump, Poutine l'ont bien compris, y compris nos singes français : Macron ou Wauquiez... ce n'est pas dans le grenier que l'on se fait du blé.

Avec votre dernier billet à 130 000 vues sur FB vous avez récolté combien de dons, si ce n'est pas indiscret ? Parce que je précise, ce n'est pas le Qatar ni les émirats arabes qui vous lisent ou élisent, mais des gens qui cherchent comme vous des devises, autrement dit de l'argent...

 

Abasourdie, j'ai frappé à une troisième porte, plus insignifiante...

Et comme j'étais secouée, je ne me suis pas rendue compte que c'était la mienne.

Derrière, la vache qui rit a avalé tout mon pain de seigle... minée, je me suis remise comme elle à ruminer...

en attendant le père Noël.

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5 commentaires sur “La petite vendeuse de scénarios

  • avatar
    jacou

    La seule façon d’être abondamment heureux c’est d’être en accord avec son chemin de vie : le « dharma » en sanscrit, c’est celui qu’a choisi notre âme pour continuer et approfondir son expérience terrestre , le dharma est très personnel et ne se révèle qu’a l’écoute de notre intériorité, l’âme n’a que faire des critiques et comparaisons d’autrui .

     » L’Âme nous fait signe lorsqu’elle est dans la situation de pouvoir expérimenter une chose dont elle a choisi et fait le choix. Si nous nous laissons ressentir et que nous l’écoutons, nous agirons en interaction avec notre Âme. Il est ensuite normal que nous ressentions du plaisir, de la joie, du bonheur à vivre cette expérience, car c’est l’Âme qui a fait ce choix, et elle est comblée de pouvoir la vivre ! Lorsque nous ressentons cette grande intensité de bonheur, de vérité avec nous-même, c’est que nous agissons en accord avec Soi, avec son Âme. Dans de nombreuses situations de notre existence, durant ces instants où l’Âme nous appelle à vivre une expérience, où nous sentons un engouement provenant du cœur, l’Ego perturbe notre ressenti et nous commençons à entrer dans le doute . »

    – La Loi du « Dharma » ou le but de la vie
    « Tout le monde a une mission dans la vie… un don unique ou un talent spécial à offrir à autrui. Et lorsque nous mettons ce talent particulier au service des autres, nous connaissons l’extase et l’exultation de notre propre esprit, qui est le but ultime de tous les buts.

    Lorsque tu travailles, tu es une flûte au cœur de laquelle les heures se changent en musique…Qu’est-ce que travailler avec amour ? C’est tisser un vêtement avec les fils tirés de ton cœur, comme s’il était destiné à ton bien-aimé…

    Khalil Gibran, « Le Prophète »

    La septième loi spirituelle du succès est la Loi du Dharma. « Dharma » est un mot sanskrit qui signifie « le but de la vie ». Nous avons pris une forme physique pour réaliser un objectif : c’est ce qu’explique la Loi du Dharma. Le champ de pure potentialité est la divinité dans son essence et le divin prend forme humaine dans un but bien précis.

    Selon cette loi, chacun de nous possède un talent particulier, ainsi qu’une manière unique de l’exprimer. Il existe quelque chose que chaque individu peut accomplir mieux que n’importe qui d’autre dans le monde entier. Chaque talent particulier, comme chaque expression unique de ce talent, répond aussi à des besoins spécifiques. Et lorsque ces besoins rencontrent l’expression créative de notre talent, il en surgit l’étincelle génératrice de l’abondance. Le fait d’exprimer son talent pour répondre à ces besoins crée une richesse et une abondance illimitées. »….
    https://www.saimersoimeme.com/la-loi-du-dharma/

    – Pour moi, vous êtes une enseignante !? …

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    Revolta

    Je vous envoies un pain de seigle et une boite de vaches qui rit, plus quelques papillottes pour les enfants. Embrassez-les bien pour moi. Ca m’enrage que rien ne change pour vous, vous ne méritez pas ça. Si les 130 000 voyeurs facedebouc n’avaient donné ne serait-ce que 10 centimes, il y aurait du feu dans la cheminée. Qu’ils crèvent, ces connards.

    Quand à votre passion pour la cause palestinienne, elle est infiniment respectable. Vous en avez fait des chef-d’oeuvres. Votre amour du monde arabe et des musulmans est tout à votre honneur, et qu’importe que je ne partage pas votre passion. Vous ne partagez pas la mienne, pour la nature et les bêtes, cela ne fait pas de nous des adversaires que je sache. Je vous respecte infiniment Personne, et j’admire votre pugnacité face à cette perpétuelle adversité qui n’a d’autre mot et maux que l’égoïsme du genre humain.

    Vous êtes un verseur d’eau, une fée des fontaines, qui abreuve un monde qui n’a pas soif, sauf de lui-même. C’est à pleurer.

  • avatar
    le journal de Personne Auteur de l’article

    @Revolta

    Vous êtes un cœur… Je n’ai pas réussi à vous réconcilier avec l’homme, mais vous avez réussi à me réconcilier avec la Nature.
    Les enfants ont deux chatons, en plus de Sango !
    Ils sont étonnants… plus humains que beaucoup d’entre nous… Je veux dire « chaleureux et généreux ».
    N’oubliez jamais, mes enfants sont aussi les vôtres.

    Personne

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur la difficulté de s’y retrouver malgré vos talents, courage, créativité, fait d’être prolifique. Les causes y font ptêtre – sûrement, et ce serait certainement plus facile de servir les « puissants » – leurs idées, mais je vous souhaite de finir par donner tort à la dame de la porte géante, que les soutiens finissent par affluer en nombre de dons en plus des généreux donateurs pour lui donner tort (et pour ce qu’elle dit sur l’indéfendable, elle devrait ptêtre faire comme cette dame : Etats-Unis : Une manifestante passe d’islamophobe à amie des musulmans : http://www.yabiladi.com/articles/details/39527/etats-unis-manifestante-passe-d-islamophobe-amie.html) .

    Pour ce qui est du « fromage », de la vache qui rit, si vous deviez recevoir assez de dons, que vous seriez prête à essayer un « fauxmage » végétal, que vous pouvez vous procurer les ingrédients facilement, voilou trois recettes :

    Fromage de Noix de Cajou aux fines herbes : https://www.lacuisinedejeanphilippe.com/recipe/fromage-de-noix-de-cajou-aux-fines-herbes/

    En dehors du temps de trempage des noix de cajou, cette recette est assez rapide à faire (mais si vous manquez de temps pour, que Amadeus a envie de s’y essayer, j’imagine qu’il pourra ? ainsi que Narimane ?).
    A noter que le sirop d’érable peut être remplacé par un autre, tel que sirop d’agave,
    et que la fécule de maïs peut être remplacée par fécule de pomme de terre ou autre,
    et que vous pouvez faire avec les herbes séchées que vous auriez à disposition,
    et que peut ajouter des morceaux de noix ou autre (en fin de cuisson).

    A Better Buffalo Mozzarella : https://www.artisanveganlife.com/a-better-buffalo-mozzarella/

    Cette recette est en anglais, mais avec google trad, la traduction permet de suivre la recette facilement, et euh, les noix de cajou (« crues », non salées) peuvent coûter très chères le kg, mais une tasse fait genre 200 g, et avec les autres ingrédients on obtient une bonne quantité qui revient ptêtre moins cher que la vache qui rit (bon, après, peut être tenté d’en manger plus, donc tient pas plus longtemps, vu que pas conditionné en petites parts, ceci dit, peut faire des repas / plats principaux genre salades ou pizzas).

    – Et euh, y a pléthore de diverses autres recettes de fromages (méritant plus ou moins le nom parce que lait végé coagulé) / fauxmages végétaliens, certaines avec des ingrédients plus ou moins spé que j’ai pas essayées et que j’essayerai probablement jamais, mais une que je testerai ptêtre pour les fêtes de fin d’année : Fromage frais aux herbes ou « cream cheese » : http://www.veganbio.com/fromage-frais-ou-cream-cheese-veganvegetalien-sans-soja/

    Au fil du temps

    L’hiver s’approche
    sur la pointe de l’automne,
    avec, les soucis

    lot du quotidien,
    prix de l’alimentation
    et du foyer et cie

    de porte en porte,
    chacun sa considération,
    façon de le vivre

    face, sous la neige,
    des êtres en difficulté,
    une flamme en survie

    souffle sur les braises
    selon un tout en mouvement,
    les ef-forts et dons

    dont quelque part sur terre,
    une artiste de talents
    avec sa matière à réflexion

    et si en France, aux USA,
    de partout dans le monde,
    des puissants en fourmis

    d’autres font de leur mieux,
    au jour le jour, en accord,
    en évolution

    s’ouvrent aux instants,
    passé l’état des cendres,
    advienne qu’adviendra

    sur flot du social,
    et si l’hiver en emportera,
    un jour le printemps.

  • avatar
    jacou

    Le don
    Auteur : Khalil Gibran

    Alors un homme riche dit, Parlez-nous du Don.

    Et il répondit :

    Vous donnez, mais bien peu quand vous donnez de vos possessions.
    C’est lorsque vous donnez de vous-même que vous donnez véritablement.
    Car que sont vos possessions, sinon des choses que vous conservez et gardez par peur d’en avoir besoin le lendemain ?
    Et demain, qu’apportera demain au chien trop prévoyant qui enterre ses os dans le sable sans pistes, tandis qu’il suit les pèlerins dans la ville sainte ?
    Et qu’est-ce que la peur de la misère sinon la misère elle-même ?
    La crainte de la soif devant votre puits qui déborde n’est-elle pas déjà une soif inextinguible ?
    Il y a ceux qui donnent peu de l’abondance qu’ils possèdent – et ils le donnent pour susciter la gratitude et leur désir secret corrompt leurs dons.
    Et il y a ceux qui possèdent peu et qui le donnent en entier.
    Ceux-là ont foi en la vie et en la générosité de la vie, et leur coffre ne se vide jamais.
    Il y a ceux qui donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.
    Et il y a ceux qui donnent dans la douleur, et cette douleur est leur baptême.
    Et il y a ceux qui donnent et qui n’en éprouvent point de douleur, ni ne recherchent la joie, ni ne donnent en ayant conscience de leur vertu.
    Ils donnent comme, là bas, le myrte exhale son parfum dans l’espace de la vallée.
    Par les mains de ceux-là Dieu parle, et du fond de leurs yeux Il sourit à la terre.
    Il est bon de donner lorsqu’on vous le demande, mais il est mieux de donner quand on vous le demande point, par compréhension ;
    Et pour celui dont les mains sont ouvertes, la quête de celui qui recevra est un bonheur plus grand que le don lui-même.
    Et n’y a-t-il rien que vous voudriez refuser ?
    Tout ce que vous possédez, un jour sera donné ;
    Donnez donc maintenant, afin que la saison du don soit la vôtre et non celle de vos héritiers.
    Vous dites souvent :  »Je donnerai, mais seulement à ceux qui le méritent ».
    Les arbres de vos vergers ne parlent pas ainsi, ni les troupeaux dans vos pâturages.
    Ils donnent de sorte qu’ils puissent vivre, car pour eux, retenir est périr.
    Assurément, celui qui est digne de recevoir ses jours et ses nuits est digne de recevoir tout le reste de vous.
    Et celui qui mérite de boire à l’océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre petit ruisseau.
    Et quel mérite plus grand peut-il exister que celui qui réside dans le courage et la confiance, et même dans la charité, de recevoir ?
    Et qui êtes-vous pour qu’un homme doive dévoiler sa poitrine et abandonner sa fierté, de sorte que vous puissiez voir sa dignité mise à nu et sa fierté exposée ?
    Veillez d’abord à mériter vous même de pouvoir donner, et d’être un instrument du don.
    Car en vérité c’est la vie qui donne à la vie – tandis que vous, qui imaginez pouvoir donner, n’êtes rien d’autre qu’un témoin.
    Et vous qui recevez – et vous recevez tous – ne percevez pas la gratitude comme un fardeau, car ce serait imposer un joug à vous même, comme à celui qui donne.
    Elevez-vous plutôt avec celui qui vous a donné par ses offrandes, comme avec des ailes.
    Car trop se soucier de votre dette est douter de sa générosité, qui a la terre bienveillante pour mère, et Dieu pour père


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