Comment se débarrasser de ses « mots » de tête ? 2


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Que faire pour se tirer d'affaires ?

Pour retrouver son éclat ou son rayonnement ?

Pour se débarrasser des humeurs malsaines et de tout ce qui est obscène ?

La vieille pub ne s'y est pas trompée : il faut éliminer, liquider, évacuer tous les déchets.

Les grecs avaient un mot sublime pour l'exprimer : La catharsis... la solution cathartique... L'absolution cathartique.

 

En français, j'opterais pour une traduction qui me semble très appropriée puisqu'il s'agit de "purification" avec l'image religieuse de quelqu'un qui se lave de la tête aux pieds pour effacer toute trace de péché, toutes les souillures du passé.

Plus prosaïquement, on se débarrasse de toutes les saletés... physiques et psychiques...

Par exemple : les migraines, les nausées, les préjugés, les mauvaises pensées.

 

La catharsis éloignerait de nous tout ce qui s'apparente à un vice, de forme ou de fond... Ce qui cloche à l'intérieur et rend moche à l'extérieur.

Pour Hippocrate, il s'agit d'une véritable épuration.

C'est à dire d'un processus psycho-physiologique qui nécessite un soin particulier, une médication, une thérapie.

 

C'est cette thérapie qu'il appelle cathartique.

C'est cette catharsis qu'il estime thérapeutique : libératrice.

On vide, on fait le vide, on fait table rase de ces insanités pour bien se porter.

Une purge, une purgation, un purgatoire pour purifier l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, le fruit que nous avalons, mais surtout les idées qui nous traversent l'esprit ou les affections qui nous transpercent le cœur.

La fille de Freud a une jolie expression : elle parle de ramonage psychique comme pour inciter le commun des mortels à se nettoyer de temps en temps, le plus souvent... pour ne plus avoir cette gueule d'enterrement ou ces idées noires.

 

À chacun de se faire sa propre cure, même les moins avisés sont capables de se nettoyer l'âme et le corps en mettant un terme à leur tension, à leur conflit, à leur pathologie.

Oublier le mal qui fait du mal...

Et préserver le bien qui fait du bien.

La catharsis est à la portée du premier venu

Il faut juste le prévenir : qu'il est lui-même son propre psychologue et son propre pharmacologue.

 

J'ai eu plusieurs fois l'impression que ceux qui vont le plus chez le médecin sont ceux qui n'ont pas envie de guérir, mais c'est juste une impression.

En tout cas sur moi, elle a un effet cathartique.

Je suis moins malade depuis que j'ai cessé de croire à la maladie.

 

J'ai failli négliger le moins négligeable dans l'histoire.

Platon, pour lequel il n'y a qu'un mot pour désigner la catharsis, celui de spiritualisation... opération grâce à laquelle, l'âme renonce à ses attaches, se détache du corps et s'élève jusqu'au ciel des idées... pourquoi faire ?

Pour les contempler... parce qu'en réalité c'est la seule chose qui lui corresponde vraiment, cette sublime sublimation.

 

Mais la catharsis qui m'impressionne le plus c'est celle que je découvre sous la plume d'Aristote au sixième livre de sa poétique.

Puisqu'il s'agit là de théâtre, de drame, de tragédie.

Selon Aristote, le tragique a un véritable effet cathartique sur l'âme du spectateur.

 

Pour les parents qui craignent les films de violence ou d'horreur, n'ont selon Aristote, rien à craindre.

Il n'y a pas mieux que l'effroi ou la frayeur pour évacuer notre laideur.

La violence rend le spectateur moins violent.

C'est cela le paradoxe cathartique ou la catharsis paradoxale.

Tout comme la pitié inspirée par les personnages qui subissent le malheur de plein fouet, ne rend pas débile ou infantile mais élève l'âme et lui apprend la compassion.

Pour Aristote, l'art dramatique est le remède à tous les maux, le meilleur débarras pour les rats de la conscience malheureuse.

 

 

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2 commentaires sur “Comment se débarrasser de ses « mots » de tête ?

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur la catharsis.

    Me fait penser que j’avais lu que le théâtre avait une place très importante en Grèce, pour les débats, dans la vie des citoyens.

    Il me semble aussi que le théâtre, le ciné-films, les chansons ainsi que les livres, du moins selon que l’histoire du livre nous parle, qu’ont peut considérer alors en faire partie, et cie, sont un remède, l’art dramatique sûrement le meilleur, mais je me demande pour l’effet de la quantité de médias violents en simple consommateur. C’est à dire genre films + séries + jeux vidéos. Quand mes deux petits neveux viennent à la maison, ils sont assez demandeurs en dessins animés plus ou moins violent sur youtube, et essaye de les encourager à s’occuper autrement, mais regardent quand même un certain nombre avant et me semblent plus turbulents après. Bon, ça vient ptêtre de l’énergie qu’ils ont à revendre, et si ça peut leur donner envie de se « chamailler » à reproduire des scènes, ça reste plus bon enfant que quand ils se disputent pour raison x ou y, mais me fait penser à quelques expériences qui ont été menées, où les gens sont plus disposés à aider d’autres suivant leur exposition ou non exposition à ceci ou cela. Ceci dit, si je ne me souviens plus exactement des types d’influence dont il était question, je crois qu’il y avait pas de rapport avec les films d’horreur et compagnie, si ce n’est que pour ce qui favorisait l’aide dans une expérience, y eu le coup d’être d’abord spectateur d’une scène éveillant la compassion.

    Bref, une perle sur la catharsis.

    Un drôle de voyage

    A la porte du langage, un homme en costume noir et blanc invita à rentrer dans une pièce qui se construisit à mesure que les idées se formèrent : « Oyez, oyez, venez par ici, mon brave, monter dans cette rame ! »

    « Euh, vous savez, je ne suis pas très montagne russe ! Il paraît que sauf souci particulier sur l’équilibre, on peut habituer le corps à ce genre d’exercice, et si je l’avais fait, j’y prendrais ptêtre un certain plaisir, mais euh, c’est pas vraiment mon truc ! »

    « Non, du tout, d’abord c’est vous qui choisissez le rythme auquel défile le… paysage, et puis si vous aurez des sensations, ce n’est pas tant par le véhicule mais par ce que vous y vivrez en spectateur ! »

    « Je sais pas trop, je peux passer mon tour ? »

    « Vous pouvez rester planter là, mais vous ne pouvez pas non plus. »

    « Euh, j’ai ou je n’ai pas le choix ? »

    « Les instants passent, dans l’incarnation, vous ne pouvez choisir de rester dans l’instant écoulé. »

    « Je suis pas certain d’avoir compris, ça veut dire que pour rester planter là, je dois le faire à chaque moment ? »

    « Même dans un arbre la sève s’écoule, la vie est comme un souffle qui compose avec la part d’inconnu, de mystère de l’intérieur et de l’extérieur. »

    « Euh, bon, d’accord, allons-y ! »

    « Je vais être votre conducteur durant ce voyage, prêt ? c’est parti ! Moteur, action !!! »

    Le véhicule démarra doucement, passa dans une prairie devant une personne assaillie par une horde de trolls.

    « Euh, on peut aller lui prêter main forte ?! »

    « Tout dépend des mots que vous mettez sur la situation ! »

    « Euh, même si je considère ces drôles de créatures comme prêts à aider la dame en détresse, le lui proposant, et qu’ils ont juste pas compris qu’elle veut pas, souhaite se débrouiller toute seule, ou je ne sais, ça ne changera pas le fait qu’elle semble bien en difficulté ! »

    « Et si vous vous y preniez mal ? »

    « Au moins j’aurais essayé, c’est déjà pas si mal, non ? »

    « Trop tard, nous devons passer à la zone suivante ! »

    « J’aimerais retourner en arrière ! »

    « Désolé, le moment est écoulé ! »

    La rame entra dans une zone de turbulence, au-dessus des flots, non loin une barque en difficulté, un homme tomba à l’eau, des serviettes apparurent sur les genoux du conducteur.

    « Un homme à l’eau ! Euh, il va pouvoir nager ?! Il faudrait ptêtre lui apporter une serviette ? »

    « D’autres gens vont déjà l’aider, mais regardez, je crois que c’est pas le seul qui aurait besoin d’aide ! »

    Une sirène sur la berge sembla pas trop dans son élément, comme cherchant quelque chose, ou quelqu’un, sans trouver.

    « Madame ? Qu’est-ce qu’il vous arrive, je puis vous aider ?! »

    « Elle ne peut vous entendre, nous pouvons la voir grâce à la magie de cette pièce, mais elle est dans une autre dimension, un autre espace temps ! »

    « Si je suis condamné ici à voir des gens en difficulté sans pouvoir aider, c’est pas glop ! »

    « Cela vous aidera à composer votre attitude dans d’autres situations ! »

    Ils accélérèrent et la rame traversa bientôt une zone urbaine, où des chats avaient en bouche des oiseaux et d’autres des mulots, et où des hommes mangeaient dehors des lapins et buvaient de leur sang, pendant que d’autres, tout en ayant le même contenu dans l’assiette, étaient aux petits soins avec des lapins domestiques, des chiens et les chats leur offrant leur cadeau.

    « Gasp !!! Voir les chats ramener des animaux qu’ils ont rendu mourus me fait toujours un drôle d’effet, et les hommes en train d’en manger, j’ose pas leur faire la morale, mais euh, je crois que je devrais leur suggérer de manger autre chose ?! »

    « Vous pouvez essayer, mais je ne crois pas cela soit le bon moment, et puis vous seriez sûrement pas écouté ! »

    « Qu’est-ce que vous me suggérez ? »

    « Si ça vous touche, de vous abstenir d’en manger de vôtre côté ! »

    Une fois sorti de la zone urbain, la rame accéléra de nouveau, s’éleva sur une montagne et arriva bientôt dans une zone venteuse, avec des mots tourbillonnants, comme accrochés aux grains de poussière transportés par le vent, autour d’armées en pleine guerre apparaissant près de la falaise, et non loin des loups en train de grignoter des cœurs.

    « Ouh là là !!! Euh, j’imagine qu’il serait vain si je leur criais paix et amour ? »

    « Je pense ! Mais vous pouvez choisir des mots au vol ! Ou choisir d’aider un camp si vous voulez prendre parti. A vous d’y réfléchir ! »

    « Euh…

    Ciel !
    la vie,
    du circonstanciel,
    de l’éternel,
    de l’indivis
    de parvis,
    par les idées,
    potentiel de paix
    en soi
    et l’émoi,
    suivant le choix,
    la sculpture,
    la posture,
    les fenêtres sur les murs,
    dans la danse de l’acquis
    avec l’innée au cours du circuit,
    vers autrui,
    ciel
    de merveilles ! »

    A ces mots, des mots prirent une nouvelle tournure, d’autres mots formèrent des bribes d’idées, des paysages lettrés, eux-mêmes pouvant donner lieu à des constructions, dont des ponts de communication entre les êtres et des cieux, et le véhicule s’éleva vers les nuages qui s’évanouirent et le voyage parut sous un nouveau jour.

    « Vous voilou arrivé, à une prochaine fois ! »

  • avatar
    jacou

     » Plus prosaïquement, on se débarrasse de toutes les saletés… physiques et psychiques… »

    L’ encrassage psycho/mentalo/physico/emotionno est du à la stagnation des « impressions » dans les différentes parties du corps
    Le corps humain est une expression mini de l’univers il fonctionne comme lui, son évolution et sa régénération sont basés sur le même principe : la respiration . L’état ultime de la « matière » ( traces lumineuses de sillages énergétiques) se dissout et se régénère sans cesse du vide informationnel .

     » Les champs quantiques informationnels, substrats de l’univers
    La majorité des hommes vit dans l’illusion que seul le monde physique existe… car selon eux, tout ce qui n’est pas visible et démontrable relève du domaine de l’imaginaire. Or, plus la physique quantique explore la matière, plus l’on s’aperçoit que notre monde matériel et physique est bâti :

    1/sur le vide : l’univers et l’atome sont constitués à 99,99% de vide qui structure les espaces pleins représentés par 0,01%

    2/ sur des champs psychiques informationnels qui sont, au niveau quantique, des structures dynamiques formant une trame sous-jacente à notre continuum espace/temps et qui gèrent la matière physique.

    3/ sur son interconnexion avec des dimensions parallèles qui fonctionnent dans une densité quantique et gravitationnelle différente et qui contiennent également une organisation vivante de la matière biologique et/ou non-biologique aussi réelle que notre dimension 3D.

    Notre difficulté à admettre ces champs subtils d’information provient du fait que nous n’y sommes pas préparés. On nous a appris à penser à l’envers et pas à l’endroit. On nous a appris que le monde est avant tout fait de matière, et c’est FAUX ! le monde est d’abord fait de vide et d’information énergétique organisée… et ça, ça change tout ! ça change fondamentalement notre approche de la condition humaine, ça change notre approche des structures sociales, politiques, économiques ! ça change l’approche de notre corps, de notre esprit, de notre fonctionnement intellectuel et émotionnel !

    Notre éducation, notre formatage intel­lectuel nous persuade que dans notre monde physique tout est séparé : les mondes minéral, végétal et animal ne seraient que des couches biologiques sans conscience ni interaction, nos maux et maladies ne seraient pas liés à la fréquence de nos pensées, ni à nos problèmes psychologiques, nos comportements humains n’auraient aucun impact sur le conscient et l’inconscient collectifs, ni sur le formatage de notre ADN, ni sur nos voisins de vie, etc…  »

    – Ce va et vient sans cesse peut être assimilé à une respiration appelée ananda en science védique . La respiration consciente pratiquée avec intention dans les différentes parties du corps à pour conséquence de libérer les différents noeuds ( tensions ) accumulés dans les différents aspects du corps pour de multiples raisons dues principalement à une appréhension erronée de l’être humain .

     » Implications du souffle
    Le souffle est au centre des fonctionnements de l’être humain, il est impliqué dans le plan physiologique, le plan émotionnel, le plan énergétique et le plan mental. Toute modification a une incidence sur lui, un effort physique, une émotion, un changement dans l’énergie, une fluctuation mentale  »

    Sur la médecine holistique :
    http://formationquantique.com/nous-possedons-un-corps-quantique/

    Plaisir des larmes et plaisir de la représentation : d’un paradoxe à l’autre
    https://www.cairn.info/revue-poetique-2007-3-page-289.htm

    « Charles Batteux, Les Beaux-Arts réduits à un même principe, Paris, 1775, livre V, De la poésie dramatique, II, 1, p. 61 : « Il observa en troisième lieu, que parmi les passions, il y en avait qui étaient plus agréables, causées par des réalités, comme la joie et tout ce qui tient à la joie ; que d’autres au contraire étaient plus agréables étant causées par des objets feints, comme la tristesse et tout ce qui tient à la tristesse ; que d’autres enfin n’étaient agréables dans aucun cas, comme l’envie, la haine, l’horreur, etc. […] Par la raison contraire il a conclu 3° que la tragédie devait préférer la tristesse, qui vaut mieux dans l’art que dans la nature ; parce que dans l’art c’est un plaisir pur, de l’émotion sans douleur, de la crainte sans danger, de la compassion sans malheureux, katharsin phobou kai eleou. » Il faudrait citer tout le raisonnement, qui s’étend sur plusieurs pages. Voir Raymond Naves, « L’abbé Batteux et la catharsis », Société toulousaine d’études classiques, Mélanges, 1946, Toulouse, Privat, p. 285-300. »


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