Êtes-vous devenus bourgeois ? 2


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On rêve et on crève pour un complément d'avoir et un supplément d'être...

C'est notre histoire, toute notre histoire, l'histoire d'un embourgeoisement.

Que nous le voulions ou non, nous vivons sous le diktat, la dictée, la dictature de la bourgeoisie, la rampante comme la triomphante.

Le drame est, a toujours été, non pas, comme on le croit, l'œuvre des riches, mais la manœuvre des pauvres qui veulent devenir riches...

Enrichissez... enrichissez vous ! Renchérissait déjà Guizot... à l'intention des porcs et des pourceaux.

Nous sommes des moins que rien qui aspirent à devenir plus que tout.

Et ce que nous croyons être vital s'avère souvent trivial.

Amer ou chimère... dans l'air des temps, anciens et nouveaux.

L'homme ne se renouvelle pas, la nostalgie l'a toujours remis sur le chemin du paradis perdu...

Non, celui qu'il avait mais celui qu'il n'aura jamais désormais.

Pas de vie, sans ce désir inassouvi. Vive la bourgeoisie.

L'auxiliaire avoir et non l'auxiliaire être.

Elle veut avoir des auxiliaires et non être l'auxiliaire de qui que ce soit.

Avoir l'être à son service... pour l'asservir ou s'en servir...

Pour elle, le prolétariat a toujours été sans portée et l'aristocratie, hors de portée, l'embourgeoisement seul est réel ou essentiel...

Avoir, avoir... avoir l'être à ses pieds ... sous son toit !

Voilà ce que c'est qu'être bourgeois !

Les exemples ne manquent pas de sel :

Vouloir perdre du poids est un désir bourgeois.

Vouloir atteindre le sommet de l'Himalaya est un plaisir bourgeois...

Vouloir réussir sa vie est une ambition bourgeoise.

Et quelle ambition ne l'est pas ?

Et quelle tentation ne l'est pas ?

Et quelle compétition ne l'est pas ?

La bourgeoisie a tout confisqué sous prétexte que c'est la seule à tout risquer, à courir des risques en investissant et en pariant sur l'avenir...

Pour bien être, il faut avoir un bien...

C'est cette Foi qui sauve le bourgeois et grâce à laquelle il entrevoit son salut.

Même la science s'est embourgeoisée. On le perçoit à travers la plus haute technologue qui a rendu utile, l'inutile et fondamental, le superflu.

Goût de riches, dégoût de riches. Aux chiottes !

À part la santé, la sécurité et la spiritualité, tout le reste est addiction bourgeoise !

Enrichissez-vous... Enrichissez-vous !

Mais en renonçant à toutes les richesses.

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2 commentaires sur “Êtes-vous devenus bourgeois ?

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur l’embourgeoisement.

    Sur la manœuvre des pauvres qui veulent devenir riches, me fait penser à un article de Frédéric Lordon qui critiquait la politique-éco dont Macron serait le chantre, le macronisme, relativisait de son succès aux élections, y explique que si y a l’attrait de la réussite par la même voie que les autres pour une part de ce qu’il appelle la « classe éduquée », y a quand même un certain nombre parmi eux qui aspirent – pour lui – à la tangente, ne serait-ce que du fait de l’ambivalence du néolibéralisme qui à côté des places pour la réussite donne du « diplômé débouté de l’emploi, de l’intellectuel précaire et caetera », et que la difficulté réside en mobilisation avec la classe ouvrière qui serait / devrait être affranchie des directions confédérales pour être efficace. Il voit des opportunités de solutions avec crise, via la rue, et s’il a sûrement raison sur le fait qu’il y a pas de « parfait verrou de l’ordre social capitaliste », depuis que l’article a été écrit, Macron a su diviser les syndicats en impliquant les plus réformistes, et puis y a la division par les corps de métier.

    Et euh, faudra que je lise un de ces jours le dernier livre de Bernard Friot, mais de ce que j’ai retenu d’une conférence, si Lordon et lui ont fini par être raccord sur l’intérêt de son idée, si lui aussi participe à des manifs, dans l’intro d’une autre où il est tout seul, dans sa conférence gesticulée : https://www.youtube.com/watch?v=ZuZz9NSOh10

    il invite les retraités à aider les jeunes, les aider par leur expérience, pour des entreprises non capitalistes (c’est à dire dans son idée, où les moyens de production n’appartiennent pas aux capitaux, pour essayer de ne pas être dépendant des marchés des capitaux / des prêts bancaires).

    Enquête

    « Peau, dis-moi, es-tu moi ?
    Bourgeois, bobo, pas bobo,
    Étiquette sur le manteau ?
    Non plus, et un instant, en soi ?
    Alors ? Le suis-je devenu ?
    Telle une trajectoire cherchant une avenue ?

    Miroir, mon bon miroir, dis-moi
    suis-je devenu bourgeois ? »

    « Tu aimerais bien maigrir, non ? »

    « Ben, j’ai des kilos à fondre, je devrais en suer,
    Et pas que suivant des canons,
    Ce serait sûrement mieux pour ma santé ! »

    « Sauf que tu ne les aurais pas pris
    Si tu avais un autre rythme de vie,
    Ta préoccupation devrait être ailleurs ! »

    « Sûrement, mais euh, donc, tendance ?
    Plus à l’extérieur qu’au cœur ?
    Parce que quand même, plus qu’en résistance ! »

    « Si y avait que ça, regarde un peu mieux ton fatras !
    Mais peut-être que tu devrais plutôt songer à l’instant et à un horizon ? »

    « Bah, euh, y a matière à réflexion,
    Je vais y réfléchir, me cultiver, on verra ! »

  • avatar
    jacou

    « Pas de vie, sans ce désir inassouvi. Vive la bourgeoisie.
    L’auxiliaire avoir et non l’auxiliaire être. »

    Nous avons tous quelque chose de la bourgeoisie de nos classiques revisités : « Le Bourgeois gentilhomme »

    « Le Bourgeois, une comédie de mœurs ( Cie Roumanoff )
    Un bourgeois  » snob « , se donne beaucoup de mal pour avoir l’air distingué, et se contente en fin de compte d’une jolie mascarade à peine plus illusoire que le but qu’il poursuit: faire partie des « gens de qualité ».
    L’idée de fond de la mise en scène c’est que nous sommes tous des  » bourgeois gentilshommes  » dans notre désir d’être autre que ce que nous sommes. S’accepter soi même n’est pas une donnée de départ mais le fruit d’un long et patient travail, qui ne peut venir que de l’observation des choses comme elles sont. Molière est un grand maître de vie. Il nous montre comment tout un chacun n’est préoccupé que de lui-même, se moque éperdument des autres et de ce qu’ils peuvent ressentir, ou attendre de lui.
    Le comique naît naturellement du décalage entre les paroles et les actions, entre les désirs et les réalités. C’est en cela que Molière est toujours d’actualité, son regard lucide et bienveillant est une invitation à mieux voir et comprendre les petits et grands drames de la vie.
    Le bourgeois finit heureux dans le mensonge parce qu’il préfère l’illusion à la vérité, il croit être devenu lui-même une personne « de qualité » grâce à la cérémonie turque. Comme toujours, Molière nous donne un mode d’emploi des relations humaines : pour communiquer efficacement avec celui qui est aveuglé par sa passion, il faut inventer un langage truqué, et la morale n’a rien à voir la dedans. »


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