L’islamo-gauchisme 2


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Ce n'est pas du tout évident d'associer deux concepts antithétiques, de composer avec deux figures opposées : l'islamisme et le marxisme.

Les médias les médiatisent sous le nom : d'islamo-gauchisme.

Je me suis amusée à envisager tous les rapprochements suggérés entre ces deux systèmes de pensée en me disant que l'analogie entre les deux ne relève pas seulement de la démagogie.

Il doit y avoir quelque passage secret, quelque lien de parenté, quelques atomes crochus qui justifient leur trait d'union... car il n'y a pas de fusion sans confusion.

 

Premier élément : LA FIN

Toute politique serait déficitaire si l'éthique n'est pas totalitaire.

Pour l'un, c'est la dictature du prolétariat, pour l'autre, la dictature de la charia.

Pour l'un, comme pour l'autre, c'est le passage obligé pour ne plus considérer l'homme comme un moyen mais comme fin... de race ou de destination divine.

 

Deuxième élément : LA LUTTE

La lutte permanente pour l'un, la permanence de la lutte pour l'autre. Praxis pour Marx, Exis ou Djihad pour l'autre.

Lutte quasiment similaire même si elle n'en a pas l'air. Pour les deux, il s'agit de réformer la conscience et de transformer le monde.

Le premier en expliquant le haut par le bas et le second, le bas par le haut.

L'immanence est réconciliée avec la transcendance.

 

Troisième élément : L’ALIÉNATION

Il s'agit d'un combat mené de front contre toutes les sources d'aliénation qui nous empêchent d'accéder dans un cas à l'humanité de l'homme et dans l'autre à la divinité de Dieu.

Pour les deux, l'aliénation idéologique est la pire de toutes : les hommes ne voient les choses qu'à l'envers... jamais à l'endroit en prenant le haut pour le bas.

Pour l'un il faut retrouver le ciel, pour l'autre trouver l'essentiel.

 

Quatrième élément : L’ÉTAT

Pour les deux, l'État est un monstre froid qu'il faut impérativement combattre... avant de l'abattre.

C'est la loi du plus fort, de la classe dominante dira le marxiste.

C'est la loi du plus fourbe, de la force trompeuse, dira l'islamiste.

Soleil illusoire pour les deux car il ne s'agit plus d'être vrai mais d'être dans le vrai.

 

Cinquième élément : LA VÉRITÉ

Si le statut de la vérité pour les deux n'est pas le même... ils stigmatisent et atomisent le même système... celui qui assure le règne des apparences.

Les ombres flottantes qui nous font rêver, ne les font pas rêver.

Tous les signes extérieurs de richesse et de prospérité ne font vibrer qu'un monde dégénéré ou dénaturé.

Pour les deux, quelque chose comme le rap passerait à la trappe !

 

Sixième élément : LA MARCHANDISE

Pour les deux versions, c'est la société de consommation qui nous consume sans sommation.

La marchandise est placée sur un piédestal, sacralisée, divinisée pour faire du monde un système où tout est monnayable et interchangeable.

Les deux s'élèvent contre cette fiction mensongère en proclamant que les vraies valeurs n'ont pas de prix comme la dignité, la fidélité ou l'absoluité...

 

Septième élément : LE RÉFÉRENT

Le différent entre les deux reste bien entendu le référent.

Pour l'un c'est le CORAN, pour l'autre le CAPITAL.

Pour l'un ce sont les hommes qui défont l'histoire, pour l'autre ce ne sont pas les hommes qui la font.

À la base ce sont les forces productives... au sommet la force de Dieu. Pour les deux, quelque chose au dessus agit par en-dessous. Pour l'un, l'esprit, pour l'autre, la matière.

 

Et puis... et puis... et puis il s'agit au fond d'un puits sans fond puisqu'il s'agit de la même tentation pour l'extrême.

Pour les marxistes ce qui est tentant ou fascinant dans l'islamisme c'est précisément son radicalisme : ne pas faire la moindre concession au néo-libéralisme. Dire non systématiquement au monde comme il va... qu'importe le flacon pourvu que l'on crève le plafond... de verre !

Ce n'est pas du délire, mais du désir... tonneau percé des Danaïdes... toujours plein, toujours vide... mission impossible à remplir.

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2 commentaires sur “L’islamo-gauchisme

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur l’islamo-gauchisme, la recherche d’atomes crochus entre les deux.

    Sur le monde comme il va – société de consommation, direction prise par le néo-libéralisme, même si des « ajustements » et que des « innovations » peuvent aider, d’aucuns considèrent que c’est tout aussi extrême, d’autant que ça ne se fait pas dans un tout de lui-même. ‘fin, des partisans du néo-libéralisme partent du principe que c’est l’histoire en marche dans une forme de consensus dans le grand tout, qu’il n’y aurait pas d’alternative, mais me semble que les décisions éco-politiques pourraient être autre, qu’il y a des exemples d’alternatives avec d’autres civilisations. Sans compter qu’il y a beaucoup d’investissements (en terme d’argent, mais aussi de propagande, travail de l’opinion publique), autant pour faire vendre des produits que des politiques. Et si un philosophe qui se revendique de la pensée de Marx, Rosa Luxembourg et cie, mais non marxiste (en considérant, de ce que j’ai compris, que Marx n’était pas non plus marxiste, du moins pas de la même interprétation que des courants qui se revendiquent comme tel), parlait aussi de cours de l’histoire, d’étapes théorisées comme plus ou moins inévitables dans les cultures avec système économique depuis le processus de sédentarisation et de ce fait l’échec des néo proudhonistes dans la volonté réformiste (qui est autre que les réformes évoquées), il évoquait en quelque sorte la possibilité d’influer par des « îlots de radicalité » pour un autre système qui finira(it) pas se généraliser. Bon, il peut se tromper, cela reste théorique, de quoi penser que la société idéale qu’ils imaginent ne se réalisent pas avant des décennies, siècles, voire pas, mais je pense qu’il y a le potentiel pour certaines idées qui pourraient être des paliers. Dans une conférence Friot-Lordon évoquaient du « déjà-là » dans ce qui pouvait permettre de la subversion du capitalisme, l’avènement d’alternatives. Bon, ceci dit, c’est à faire / tenter de faire sur la scène éco-politique, et à côté / pendant ce temps, voies à tracer / chemin à parcourir.

    Quête

    Des aspirations dans le monde,
    En soi et face aux populations,
    Aux pays et leurs organisations,
    Et une théorie sur le chemin, les ondes
    A faire pour l’avènement d’un idéal humain ;

    L’Histoire de la civilisation ayant son cours, son horizon,
    Des efforts à déployer de l’instant aux demains,
    A y revenir, approfondir, résonnant saison après saison
    Pour servir des tripes aux cimes et susciter,
    Sculpter, bâtir, souffler de l’effet papillon ;

    Les politiciens élus dans l’intrication idéologie-doxa,
    Avec l’organisation des forces qui alimentent une direction,
    Se centre sur de l’essentiel, du sens, de la foi,
    Se crée du lien entre l’individuel et du commun, des ponts,
    Des brins d’autonomie à prendre soin chaque jour ;

    Contre les programmes des places boursières,
    De l’encre des convictions, vient et revient, parcourt
    En conservant au cœur de l’aspiration pour la terre,
    Dans les pages d’histoires d’humanités, s’ancre des valeurs,
    Suit le flot de la force, oscille entre du rêve et l’état veilleur.

  • avatar
    jacou

    Très brillant exposé sur ce qui est le semblable et le dissemblable de l’islamisme et du capitalisme , en réalité ce sont les deux faces d’une même fausse pièce , celle de l’ego créateur ; l’une des faces promeut la création de la pensée , l’autre celle de la matière , cette monnaie de « singe » a un seul but : asservir l’individu afin qu’il soit manipulable , taillable et corvéable à merci .

     » Lutte quasiment similaire même si elle n’en a pas l’air. Pour les deux, il s’agit de réformer la conscience et de transformer le monde.
    Le premier en expliquant le haut par le bas et le second, le bas par le haut.
    L’immanence est réconciliée avec la transcendance. »

    La conscience ne peut -être fabriquée par le mental mais les pensées, les idées, les concepts , oui ; transformer le monde à partir de la réformation de la pensée est une utopie , l’indigence et la faiblesse de l’une ne pourra que continuer à créer un monde de tribulations oiseuses aux regards de désirs profonds . La Conscience Universelle est éternellement omniprésente , c’est le degré de notre « auto-imprégnation » avec elle qui nous permet d’être les co-créateurs les plus médiocres ou les plus géniaux . Tant que les êtres humains ne sauront pas débrider , transcender les limites étroites de la machine mentale, ils ne pourront progresser .

     » Kenneth Chandler, professeur de philosophie, a étudié les philosophies occidentales et orientales pendant des décennies. Pour lui, le secret de la grandeur de la civilisation grecque antique était l’expérience directe de la transcendance, de la pure conscience.

    Le professeur Chandler a établi des critères permettant de reconnaître les expériences de pure conscience décrites par les philosophes. « J’ai trouvé au fil de 30 ans de recherches qu’environ 325 des personnes les plus fameuses d’Orient et d’Occident ont décrit l’expérience directe de la pure conscience, à différents degrés de clarté et de pureté — Platon, Aristote, Spinoza, Kant, Hegel, Whitehead, etc. »

    Le professeur Chandler s’est penché en particulier sur les textes de la Grèce antique, et analyse en détail les très belles descriptions de l’expérience de la pure conscience chez Platon et Aristote. Les raisons de la grandeur et de l’avancement exceptionnels de la civilisation grecque n’ont jamais été clairement élucidées, remarque-t-il. « Quel était le secret de la Grèce antique ? Il y avait un secret, et il est très simple. Les Grecs avaient appris comment transcender. Et ils le pratiquaient. »

    Les Grecs apprenaient à transcender lors d’initiations ou d’assemblées appelées « Mystères, » dont les plus fameux étaient les Mystères d’Eleusis, une petite ville au sud d’Athènes. Selon les érudits, ces Mystères avaient été introduits en Grèce au début du 6e siècle avant JC et venaient de l’Orient (l’on ne sait pas d’où exactement). Il est dit que des processions initiatiques avaient lieu chaque année en septembre, d’Athènes à Eleusis, menant environ 25 000 personnes à une grotte près d’Eleusis, où les gens restaient longtemps assis les yeux fermés à sonder leur pure conscience illimitée.

    PlatonAristote
    Dans l’un de ses fameux dialogues, Le Banquet, Platon décrit ainsi l’expérience de la pure conscience, ou « science unique » : une beauté « qui existe en elle-même et par elle-même, simple et éternelle, de laquelle participent toutes les autres belles choses ….»

    Aristote décrit à sa façon cette même expérience sublime dans La Métaphysique : « C’est cette réalité qui est consciente d’elle-même … Sa conscience est une conscience de la conscience. »

    Ce sont donc en partie des technologies du développement intérieur qui ont donné naissance au glorieux âge de Périclès, à l’apogée de la civilisation de la Grèce antique. Bien traduits et bien compris, les textes fondamentaux des grands philosophes grecs ne sont pas des textes uniquement spéculatifs, il ne s’agissait pas pour eux simplement de « penser au fait de penser,» mais de décrire et de transmettre une expérience profonde de la réalité de l’unité de toute la création.


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