Samedi… quelque chose. 2


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On n'a pas attendu longtemps pour voir les urnes nous uriner dessus.

Tous les déçus de la démocratie indirecte s'apprêtent à descendre dans la rue... parce que leur liberté est désormais sans objet, abjecte.

Ni contre Macron qui se délecte, ni pour Mélenchon que je respecte, mais je manifeste. Parce que c'est tout ce qui me reste comme geste pour lutter contre l'inceste au pouvoir. Voir l'enfant violer ses parents sous prétexte que les temps ont changé. Viol suivi d'un vol qualifié au nom du progrès !

La France est déshéritée par ses propres héritiers, vidée de ses saveurs et de ses valeurs par un petit pédant qui prétend à la modernité, lui et ses amis encore plus incompétents.

Leur capitalisme a atteint des sommets, plus cyniques que jamais : chronique d'une capitulation annoncée.

Le drame, paraît-il figurait déjà dans son programme : la flexibilité, la précarité, l'éphémérité, la fluidité, la mobilité du mobilier et de l'immobilier.

Plus de citoyens que des coursiers où chacun s'efforce d'arriver le premier.

Gloire à l'avidité !

Le problème n'est plus d'exister mais d'être connecté... constamment porté ou déporté avec son portable. Plus besoin de cartable. Le désir n'est plus de se mettre autour d'une table mais de renverser toutes les tables, surtout celles de la Loi. On décode au lieu d'appliquer les codes.

On détricote tous nos pull-overs, pour être nus pour le turnover.

Pour avoir la cote, il faut avoir un certain nombre de potes qui vous look ou vous like sur Facebook ou qui vous twittent pour louer vos mérites.

La conversion est abyssale : moins de droits pour les démunis, plus de munitions pour les nantis !

Parce que c'est la richesse qui crée la richesse. Retour à la noblesse. C'est le peuple qui est obligé de changer d'adresse.

Il y a un mot savant pour décrire cette situation : la désubstantialisation.

Le peuple n'a plus de substance, il est en instance de divorce avec le monde. Pire, avec lui-même.

Vérifiez... Falsifiez... mais in fine, vous ne trouverez pas d'autre application sur votre portable pour vous rappeler tous les jours que vous êtes "jetables", denrées périssables. Pire, vous êtes périmés, c'est imprimé ?

Ça vous dit quelque chose ? Samedi, rien !

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2 commentaires sur “Samedi… quelque chose.

  • avatar
    Pascal

    Très joli billet pour les manifs, réflexion sur leur capitalisme, l’état de citoyens et cætera.

    D’aucuns considèrent que pour être citoyen, il faut être vigilant sur les lois, possibilité d’un référendum d’initiative citoyenne et compagnie. Pourrait considérer que le fonctionnement en Suisse se rapproche en partie de l’idée au niveau des rouages politiques. Un avis sur le sujet : Techniques simples pour passer d’électeur à adulte bien constitué – citoyen : https://www.youtube.com/watch?v=5nJztS0vtxE

    « Parce que c’est la richesse qui crée la richesse. »

    Me fait penser que dans un système fonctionnant avec l’argent, l’importance de l’investissement n’est pas négligeable pour la réalisation de divers projets, mais outre le pouvoir qu’ont une poignée avec de l’argent dette ex nihilo, la création, la richesse créative est du fait de ceux qui y travaillent et non de l’argent. Et en tout cas, peu probable que les modifications par Macron de l’Isf pour les ultra riches serve vraiment l’investissement dans les start-up et cie, comme il le souhaiterait. Et même si, il n’en reste pas moins qu’à la base, il y a la création, ou que cela devrait l’être.

    Sur ça, un avis : « Nous n’avons besoin ni d’employeurs, ni d’actionnaires pour produire » : https://www.revue-ballast.fr/bernard-friot/

    Intro : « Économiste et sociologue, Bernard Friot défend depuis de nombreuses années une alternative au capitalisme, qu’il a théorisée à partir de son sujet de prédilection : la sécurité sociale. Contrairement à la proposition du revenu de base qu’il qualifie de « roue de secours du capitalisme », la solution du salaire à vie s’inscrit autant dans une refonte complète de notre rapport à la propriété que dans une démarche de suppression de notre aliénation au marché de l’emploi, au profit de la valorisation du travail. Car, pour ce professeur émérite de l’université de Nanterre, c’est très clair : nous travaillons tous, même si nous n’avons pas d’emploi. Au sein de l’association d’éducation populaire Réseau salariat dont il est cofondateur, Bernard Friot déconstruit méthodiquement la rhétorique de ce qu’il appelle la « religion capitaliste », que nous avons intégrée jusqu’à en être prisonniers conceptuellement. »

    Et : Conférence gesticulée – Réseau Salariat : https://www.youtube.com/watch?v=EC0Cr2Yyqiw

    Un monde d’états

    Un monde en marche,
    sous la houlette du capital
    à la Macron, sans arche,
    des citoyens submergés
    par les courses d’étals,
    en état d’ubérisés

    Un monde d’opposés,
    marchant, manifestant
    pour une autre aspiration,
    ou en état de solidarité,
    dans l’esprit militant,
    œuvrant vers un horizon

    Un monde en création,
    d’instant en instant,
    d’individu en individu,
    bouillon de cultures en édification,
    autonomie des idées de printemps en printemps,
    et d’états aux sillons-révolutions, que se réalise une sociale mue.

  • avatar
    jacou

    L’atomisation de l’être :

    – La société dépressive ( Interview de Patrick Viveret )

    … »Le mimétisme par rapport à notre modèle, outre les effets destructeurs sur le plan écologique, participe aussi à l’effet destructeur sur le plan psychique. Il faut bien voir que le couple psychologique qui se met en place est le couple excitation-dépression. C’est ce qu’on voit par excellence sur les marchés financiers quand le Wall Street Journal dit textuellement que Wall Street ne connaît que deux sentiments : l’euphorie ou la panique. Mais c’est la même chose sur le plan médiatique, sur le plan sportif, sur le plan politique, etc. L’intensité de vie n’est connue qu’à travers l’excitation. Mais comme l’excitation crée une situation de déséquilibre, elle débouche sur des états dépressifs. On ne ressort des états dépressifs que par une excitation de niveau supérieur et du coup, c’est un cercle vicieux. Ce sont des sociétés toxicomanes, des sociétés dopées.

    Notre société française, même européenne, c’est-à-dire notre société d’après guerre, n’est-elle pas actuellement en dépression?

    Oui. En 1930, à la fin du livre Essais sur la monnaie et l’économie, dans un chapitre intitulé « Perspectives économiques pour nos petits enfants », Keynes livre une réflexion très étonnante: nous ne vivons pas une crise économique, mais une crise de l’économique. Un an après le déclenchement de la grande crise de 29, cela paraît culotté. Il précise sa pensée en disant: ce n’est pas une crise économique, une crise de rareté, mais une crise de surproduction; et si nous ne savons pas gérer autrement l’abondance, nous allons vers une dépression nerveuse collective. Il parle même de dépression nerveuse universelle. Et il décrit cela l’année où Freud écrit Malaise dans la civilisation.

    Ce fait dépressif avait déjà été analysé dès 1848 par John Stuart Mill1 dans ce qu’il avait appelé « notre problème de l’état stationnaire ». Que se passe-t-il dans une société quand elle arrive à une saturation de la croissance matérielle ? La progression de la croissance matérielle est maintenue à bout de bras par des procédés artificiels, par exemple la publicité, l’obsolescence programmée des produits, etc. Les sociétés qui sont organisées essentiellement autour de la course vers l’avoir ont un fort déficit du côté de l’être et effectivement elles basculent dans des dépressions. L’excitation, qui est liée à la croissance matérielle, à la consommation, n’a plus de moteur. Le moteur du développement dans l’ordre de l’être n’ayant pas suffisamment été activé, à ce moment-là, un moment dépressif advient.Le mimétisme par rapport à notre modèle, outre les effets destructeurs sur le plan écologique, participe aussi à l’effet destructeur sur le plan psychique. Il faut bien voir que le couple psychologique qui se met en place est le couple excitation-dépression. C’est ce qu’on voit par excellence sur les marchés financiers quand le Wall Street Journal dit textuellement que Wall Street ne connaît que deux sentiments : l’euphorie ou la panique. Mais c’est la même chose sur le plan médiatique, sur le plan sportif, sur le plan politique, etc. L’intensité de vie n’est connue qu’à travers l’excitation. Mais comme l’excitation crée une situation de déséquilibre, elle débouche sur des états dépressifs. On ne ressort des états dépressifs que par une excitation de niveau supérieur et du coup, c’est un cercle vicieux. Ce sont des sociétés toxicomanes, des sociétés dopées.
    Tout l’enjeu du bien vivre est à la fois une question personnelle et une question sociétale…

    ….La dépression actuelle est-elle due au fait que ce nouveau modèle est encore trop lointain, pas encore assez concrétisé dans la société ?
    Il est lointain et même, il a tendance à s’éloigner du point de vue de la logique régressive et du vieux monde qui tarde à disparaître, pour reprendre une phrase fameuse de Gramsci3. Mais du côté de la germination du monde qui est en train de naître, il peut aussi être plus proche et concret. Un film comme Demain4 en est l’illustration. Tout d’un coup, le grand public découvre que les éléments qui étaient portés ces dernières années par des groupes relativement marginaux sont au contraire une voie essentielle de progression. Comme dans toute période de mutation historique, deux éléments se côtoient: d’un côté, la polarisation régressive, qui du coup est aussi dépressive parce que ce monde qui meurt n’arrive pas à embrayer sur le réel, et de l’autre la polarisation créative qui est effective et enthousiasmante.

    Ce modèle est-il à l’échelle de la civilisation ?

    Oui. C’est vrai aussi dans le sens de nos vies personnelles. La dépression, c’est un manque d’énergie, un manque de valeur au sens fort du mot latin valor qui veut dire « la force de vie ». Si, par exemple, tu choisis de vivre ta vie personnelle organisée autour de l’argent, de la carrière, des honneurs, etc., tu vas être complètement dans le couple excitation-dépression. Comme il y aura inévitablement des moments d’échec, ta modalité de vie, d’intensité de vie est trop pauvre, trop superficielle. Et cela appellera la dépression. Tu ne ressortiras de la dépression que par une excitation de niveau supérieur. Donc, c’est comme cela que des tas de gens peuvent être non seulement dopés aux drogues et aux stupéfiants au sens classique du terme, mais dopés à l’argent, aux honneurs, à la gloire, au pouvoir. C’est le même phénomène qui se produit à l’échelle personnelle. C’est un principe fractal. Cette piste est intéressante parce que, si c’est vrai dans ce sens-là, cela signifie qu’à partir du moment où un certain nombre de personnes ont elles-mêmes bougé dans leur vie personnelle, – suffisamment pour porter témoignage d’un axe de vie centré sur la joie de vivre et la sobriété -, la force virale, la force d’irradiation de ces acteurs-là peut aussi devenir très importante. Les grands bouleversements dans l’histoire ont été initiés par des groupes qui à l’origine paraissaient totalement marginaux. Si tu regardes les débuts du christianisme comparés à l’Empire romain, il n’y avait pas photo en termes de rapport de force. Mais, le minuscule germe chrétien avait une force de vie supérieure à cet Empire qui n’arrivait plus à trouver suffisamment de force de vie intérieure. Des exemples historiques de ce type se rencontrent un peu partout….


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