Syrie : La divine Tragédie 1


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La mauvaise santé politique est souvent compensée par la bonne santé éthique. Et la réciproque est vraie. Les malpropres prétendent à l'efficacité et les inefficaces à la propreté.

Conclusion : politique et morale ne vont pas de pair. Quand l'une est sur le terrain, l'autre reste au vestiaire.

 

D'abord les faits :

  • Le leader syrien a fait usage d'armes chimiques contre sa propre population. (ça reste à prouver)
  • L'opinion internationale s'émeut et condamne à l'unanimité cette barbarie. (c'est éprouvé)
  • Trump frappe la Syrie d'une manière unilatérale et fait courir au monde le risque d'une escalade de la violence à l'échelle planétaire. (c'est réprouvé)

 

Ces faits comportent trois étonnants forfaits qui s'apparentent à des énigmes sans solution possible.

 

La première énigme :

Qu'est-ce qui a pris à Assad de recourir à la chimie alors qu'il n'était pas loin de la fin du conflit, grâce à l'aide conjuguée de l'Iran et de la Russie ?

 

La deuxième énigme :

Qu'est-ce qui a pris à Poutine de continuer de prendre la défense d'un allié fou à lier qui vient de faire preuve d'inconséquence en franchissant la ligne rouge ?

 

La troisième énigme :

Qu'est-ce qui a pris à Trump de se prendre pour le gendarme du monde et de réveiller la vieille hostilité entre l'Est et l'Ouest ?

 

Pas de thèses, mais des hypothèses :

 

L'hypothèse la moins probable :

C'est de prétendre qu'ils ne savent pas ce qu'ils font. Que ce sont trois pervers narcissiques qui sont prêts à tout pour asseoir leur pouvoir.

L'hypothèse probable :

C'est de prétendre que celui qui a mis le feu aux poudres a été téléguidé par une puissance occulte pour faire exploser toute la région. On peut tous deviner qui c'est.

L'hypothèse la plus probable :

C'est qu'il y a un pôle politico-financier qui ne voulait pas d'une convergence d'intérêts entre ces trois entités et qu'il vient de la compromettre en sous main à la suite de ce triple forfait.

 

Qu'en résulte-t-il ?

Les conséquences les plus redoutables sont redoutées.

Car si cela ne fait aucun doute que chacun des protagonistes a agi ou réagi selon son point de vue, l'issue fatale, aucun des trois ne l'aurait voulue,

ni Bachar, ni Donald, ni Vladimir...

Leur sort est du même ressort qu'une tragédie :

Où les acteurs font exactement ce qu'il faut pour que le drame soit irréversible...

comme s'ils étaient les jouets du destin.

 

Mais il est tout aussi vraisemblable qu'il s'agisse d'une comédie.

D'une divine comédie qui veut nous faire croire à une passe à trois entre un débile, un versatile et un habile.

Mais dans quel but et pour quelle fin ?

Liquider Al Assad, ridiculiser Trump et diaboliser Poutine avec la bénédiction de l'opinion internationale...

 

Lorsqu'il y a autant d'inepties dans l'air, il y a forcément une intelligence derrière !

 

 

 

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Commentaire sur “Syrie : La divine Tragédie

  • avatar
    Pascal

    Cristallise très bien une analyse, des questionnements sur les attaques chimiques et le rôle des 3 forces.

    Ceci dit, pour Trump, du mal à lui accorder du crédit, du moins pas moins qu’avant. ‘fin, Clinton était plus ouvertement du côté des néoconservateurs, mais même si il y a l’influence d’un pôle, du temps d’avant la campagne, il tenait des propos contre la politique d’Obama qui n’étaient pas moins va-t-en-guerre, et difficile de considérer qu’il y a infiltration qui l’auraient influencé pour des actions guerrières du genre, étant donné qu’il avait pris dans son gouvernement des néoconservateurs officiellement considérés comme tel et qu’il avait parlé d’investissements en faveur du complexe militaro industriel. Et puis il a en point commun avec Poutine d’être climato-sceptique, qui, si je sais pas trop pour Poutine, peut conduire à des politiques qui occultent le fait que le climat n’est pas le seul souci environnemental, renforcer des problèmes sur le dossier écologique, en gros.
    Bon, par contre, il y a le coup d’avoir attaqué au risque de « fâcher » Poutine qui laisse à penser l’influence du pôle, bien que la nomination en février d’un général conseiller à la sécurité nationale « qui considère Moscou comme la principale menace pesant sur les intérêts américains et la stabilité mondiale » pouvait laisser présager que le gouvernement de Trump n’allait pas tenir tout de suite parole pour le rapprochement avec la Russie.
    Et en fait, si c’est versatile, je me demande si c’est pas une façon de tenter de prendre l’ascendant sur Poutine. Extrait de l’article qui évoque la nomination du général plutôt anti Russie et qui date du 25 février : « S’appuyer sur des conseillers au positionnement anti-Russie pourrait paradoxalement permettre à Donald Trump de se retrouver en position de force vis-à-vis de Poutine. »
    Le réchauffement entre Washington et Moscou promis par Trump en attente : http://www.45enord.ca/2017/02/rattrape-par-la-realite-le-rechauffement-entre-washington-et-moscou-promis-par-trump-en-attente/

    D’aucune y voient une façon de montrer que le gouvernement Trump est prêt à user de forces contre le régime Nord Coréen : Comment les frappes en Syrie changent la donne en Corée du Nord : http://www.liberation.fr/planete/2017/04/07/comment-les-frappes-en-syrie-changent-la-donne-en-coree-du-nord_1561231

    D’autres que le président syrien avait voulu voir jusqu’où il pouvait aller avec Trump à la présidence, présentant cette action de Trump aussi positivement qu’ils l’auraient fait pour Clinton, j’ai l’impression.

    D’autres théorisent autour d’actions sans l’aval du président, ou de l’Iran, ou de la Turquie : Les raisons de l' »attaque chimique » en Syrie divisent les experts : http://www.lalibre.be/actu/international/les-raisons-de-l-attaque-chimique-en-syrie-divisent-les-experts-58e7c233cd70e80512b692f3

    Et sinon, Corée du Nord+Chine d’un côté et Russie+Syrie de l’autre, situation géopolitique semble mondialement de plus en plus tendue. Quoique en dehors de la Corée du Nord qui peut diviser Chine et US, semble que le discours virulent de Donald Trump a laissé place à une bonne entente, et des possibles accords, des articles titrent des « progrès spectaculaires ».

    Bref, en tout cas, pour la Syrie, difficile de ne pas croire qu’il y a une drôle d’intelligence à l’orchestration derrière ce qui se trame.

    Tragédie en trois actes

    Acte 1

    Une idée : « Haro sur des Syriens, action stratégique ! »

    « Boom »

    Bachar al-Assad : « Euh, les gars, qu’est-ce que vous avez fait ? On va encore me prendre pour un boucher ! »

    Un soldat : « C’est pas nous, c’est euh, ptêtre les Turcs ?! »

    Bachar al-Assad : « Dans tous les cas, c’est encore sur nous que ça va retomber ! »

    Un soldat : « Sauf votre respect, vous êtes encore en vie ! Et vous le serez sûrement encore après leur attaque ! »

    Bachar al-Assad : « Quand de nos citoyens meurent, ils laissent des cicatrices dans l’âme syrienne ! »

    Un soldat : « C’est émouvant, vous allez le ressortir pour la presse ? »

    Bachar al-Assad : « Il faut pas qu’on me prenne pour un sensible ! »

    Un soldat : « Alors, quoiqu’on fait ? »

    Bachar al-Assad : « Qu’importe ce que je dirais, ils croiront pas sans preuves ! Il nous faut des preuves ! »

    Un soldat : « Elles sont parties en fumée, je crois que ça va être dur ! »

    Acte 2

    Une idée : « Montrons que nous n’avons pas peur de sortir l’artillerie lourde ! »

    Trump : « Poutine risque d’être fâché ! »

    Un conseiller : « Il vous fera pas la guerre ! Profitez-en pour lui montrer que vous êtes pas un pleutre ! Que vous êtes un chef ! »

    Trump : « Et si vous vous trompez ? »

    Un conseiller : « Vos investissements pour le complexe militaro industriel auront servi à quelque chose ! »

    Trump : « Mouais, je préférerais quand même éviter ! »

    Un conseiller : « Il prendra pas ce risque. Nous ferons publier des articles à charge contre le président syrien, même si au fond nos services secrets ne pensent pas qu’il est fautif sur ce coup ! L’opinion internationale sera de notre côté ! Du moins en partie, pour l’action. Et ce que vous perdrez en crédit auprès de certains, vous le gagnerez en tant que président à craindre ! En force potentielle, c’est bon pour la diplomatie, en imposer ! »

    Trump : « Ils savent qui c’est ? Pourquoi on en profiterait pas pour pacifier une bonne fois pour toutes ? Cela ferait-il pas une meilleure image pour ma présidence et l’image diplomatique ? »

    Un conseiller : « Nous n’avons pas de preuves ! Et puis nous avons un certain intérêt à la guerre, tant qu’elle n’est pas importée ! »

    Trump : « Nous pourrions conclure des accords commerciaux avantageux en temps de paix, non ?! »

    Un conseiller : « Ce que vous gagneriez avec Al Assad vous le perdriez avec d’autres ! Et c’est surtout des Russes dont ça ferait les intérêts ! »

    Trump : « Bon, alors, go ?! »

    « Boom »

    Acte 3

    Une idée : « Alors ?! »

    Poutine : « Nom d’un ours ! Mais qu’est-ce qui leur a pris ? »

    Un agent : « C’est une question, ou pour la forme ? »

    Poutine : « C’est tendu pour Bachar, je vais devoir encore prendre sa défense et passer pour un cornu. »

    Un agent : « Une caricature de vous avec des cornes vous ferait sûrement plus plaisir que l’affiche que nous avons fait interdire et qui est devenue virale, non ? »

    Poutine : « Da ! Bon, faut aussi qu’on contacte Trump, qu’il bombarde un peu pour l’exemple, mais pas trop, qu’il puisse faire genre qu’il est aux commandes ; et Bachar pour qu’il accepte les pertes sans trop broncher ! »

    Un agent : « Et si Trump devenait incontrôlable contre nos intérêts ?! Il a des conseillers qui sont contre nous ! Et puis si nous donnons à nos ennemis ce qu’ils attendent, cela ne risque-t-il pas de compliquer les relations avec les occidentaux ? »

    « Boom » de Poutine tapant du poing sur la table.

    Poutine : « Il y a le petit Kim Jong-un qui rentrera en piste ! Et puis au final, ils auront pas notre peau si nous nous y prenons bien ! Et de toutes façons, ce serait trop risqué pour eux. Obama, avec son gouvernement, a déjà menacé, mais il ne pouvait pas passer à l’acte ! »

    Un agent : « Cela m’embête toujours de me dire que de la population peut trépasser, pris sous ces conflits de puissances. »

    Poutine : « Et moi donc ! Mais nous devons faire avec ! »

    Un agent : « Je rêve d’une autre voie, d’une voie diplomatique où la paix serait sur terre ! »

    Poutine : « Et moi donc ! Mais nous devons composer avec ce qui est à l’œuvre de par le monde ! Et pour l’heure, il faut que je fasse résonner le désaccord de la Russie sur les bombardements et les éventuelles autres actions de Trump en Syrie ! »

    Des Syriens assistèrent et applaudirent à la scène depuis les cieux.


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