L’ Algérie : non ce n’est pas fini ! 1


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L'algérien dispose d'un joli dicton qui l'empêche aujourd'hui d'être content : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. C'est violent, d'où la nécessité d'être prudent.

Dans sa tête bien remplie d'émotions, un autre dicton fait irruption : il ne faut pas lâcher le poisson après l'avoir pêché... d'où la nécessité d'être méfiant...

Un avertissement de plus parmi ceux qui se bousculent au portillon d'un pays qui se dit renaissant ou rajeunissant... Le gil est jeune. "Gil" en arabe signifie : génération. La nouvelle a vingt ans et une aversion sans nom pour la corruption.

Un troisième dicton restitue bien son niveau de conscience actuel : quelqu'un qui se prépare pour le combat, ne devrait pas se vanter comme quelqu'un qui en est revenu. D'où la nécessité pour tous ces jeunes, d'être résilients, c'est à dire d'avoir la capacité de surmonter les chocs qu'ils provoquent... choc avec l'histoire, choc avec le pouvoir.

L'ancien ne s'est pas retiré du jeu. Il a fait seulement semblant pour se donner le temps de reprendre du poil de la bête. Il n'est pas abattu, mais il bat en retraite. Il s'avoue vaincu pour ne pas être vaincu et reprendre incessamment sous peu, le chemin de la reconquête du pouvoir, le chemin de la victoire. C'est ce que les militaires appellent : un repli stratégique. Autrement dit, une manœuvre, celle de la pieuvre qui jette de l'encre pour aveugler mais qui réapparaîtra une fois ce nuage dissipé... Pour répondre à la pression de la rue par la plus sanglante des répressions. On connait tous la chanson.

Ce que Moubarak n'a pas cru bon de faire, ce que Ben Ali n'a pas pu faire, Bouteflika a su le faire : reporter l'état de guerre. Prendre le temps de se refaire. Il n'a pas fixé de date pour les futures élections, pour mieux noyer le poisson. Le jeune algérien le sait. Il ne le sait que trop... car il y a toujours un risque à pratiquer la pêche au gros parce que les petits ne sont jamais à l' abri d'un retour de bâton... Et pour ne pas mordre à l'hameçon, l'algérien doit faire comme si de rien n'était et continuer à réclamer son bien : la liberté de vivre... et de ne pas mourir pour rien.

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Commentaire sur “L’ Algérie : non ce n’est pas fini !

  • avatar
    Pascal

    Une perle sur la prudence des Algériens, la nécessité d’être résilients, et cætera.

    Vive Algérie

    Vive Algérie,
    génération actuelle
    d’étudiants entre les parvis,
    de jeunes à user des semelles
    pour la vie, une aspiration,
    l’ancrage d’une idée de liberté,
    d’une éthique, transcendant un système d’élections ;
    Bouteflika manœuvre pour tenter de continuer,
    tente de composer avec les oppositions,
    lance ses hameçons,
    mais la sensibilité des poissons
    est hors de portée du pêcheur,
    un grand nombre ne s’arrêtent de manifester,
    s’accrochent à leur diapason,
    cheminent, en chœur,
    prêts à continuer,
    à danser vers l’horizon,
    l’histoire en création
    dans le tout,
    au fil des remous,
    ainsi en vie,
    vive Algérie.


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