MYTHIQUE 4


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Chaque mot que je prononce correspond à quelque chose qui a eu lieu dans le temps ou hors du temps. Chaque mot comprend, qu'on le sache ou non, un récit fabuleux. Il y a vraiment de quoi nous donner le vertige ; c'est vertigineux...

Les anciens avaient deux visions pour chaque mot :

Une vision logique : le logos ; et une vision mythique: le muthos.

La première est totalitaire, elle veut embrasser toutes choses.

Et la seconde exemplaire : elle voit toutes choses déjà enlacées et en train de s'embrasser les unes les autres. C'est embarrassant !

Mais notre esprit ne peut se satisfaire ou être pleinement satisfait que lorsqu'il accorde ou raccorde les deux valeurs de chaque mot : sa valeur logique et sa valeur mythique ; que si, et seulement si, il réconcilie en lui, sa volonté totalitaire et sa volonté exemplaire.

Depuis la nuit des temps, la science progresse en associant les deux à son process : le muthos et le logos... la Fable de la Raison et la Raison de la Fable.

Par exemple, la Raison qui raconte que le monde est né de la larme d'un Dieu et la Raison qui se demande pourquoi il a pleuré tout en essuyant cette larme sans lieu.

L'air serait un mot en l'air...

L'eau, un mot qui prend l'eau

Le feu, un mot qui met le feu

La terre, un mot qu'on enterre

Le logos ne serait rien sans ce muthos,

Un vide bien rempli où l'on ne distingue plus entre vivre et raconter.

Tout compte fait, on ne peut rien comprendre à rien, si on ne tient pas compte de cette puissance de symboliser, de mettre nos fables sur la table et de les examiner à la loupe.

Et on en est tous là, à chercher dans chaque chose visée, ce qui relève de la Raison (logique) et ce qui relève de la Raison (mythique) ;

Et dans chaque vision, nous avons toujours du mal à distinguer entre le mot histoire et l'histoire de ce mot.

Je prends au mot un certain Descartes, qui s'est payé le luxe de douter de tout jusqu'à douter de lui-même en train de douter, en se disant : suis-je en train de rêver ?

Et si tout ce qu'on appelle réalité, n'est qu'un rêve éveillé ? Et s'il n'y avait pour chaque mot aucune chose reliée... aucune réalité avérée ?

Que toute parole n'était que le fantasme d'un parolier ?

Parole dévoilée ( logos ) ou Parole voilée (muthos) ?

On appelle philosophie, toute activité de dévoilement, ce passage obligé et désobligeant de la parole voilée à la parole dévoilée.

Il n'y a pas plus redoutable que d'arracher le voile de tout ce qui est, pour révéler le vrai...

Le vrai visage du monde... c'est même très désagréable de faire sortir du rêve, de réveiller quelqu'un de son doux sommeil... et de lui dire : "Réveille-toi ! Nous sommes arrivés !" Alors qu'il croit que nous ne sommes même pas partis.

Mais nous sommes tellement inconstants, tellement inconsistants, que nous n'avons qu'une envie : reprendre le rêve de celui qui croit qu'il ne rêve pas, qu'il vit sa vie, ses songes sans mensonges.

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4 commentaires sur “MYTHIQUE

  • avatar
    jacou

     » Et si tout ce qu’on appelle réalité, n’est qu’un rêve éveillé ? Et s’il n’y avait pour chaque mot aucune chose reliée… aucune réalité avérée ?  »

    Sublime question car elle conditionne tout l’avenir de l’humanité et même… de l’univers . on dit que la réalité de l’existence est un rêve éveillé parce qu’à l’instar de l’homme qui peut rêver une multiplicité des rêves différents et qui projette sa propre vision, la puissance de l’Intelligence Créatrice Divine, Elle , est infinie et éternelle dans une infinité d’expressions plus ou moins voilées qui donnent des réalités plus ou moins denses tout en sachant que la matière en tant que réalité ultime immuable n’existe pas .

    Les mythes ont été créés afin d’essayer dans une approche poétique de décrire les errements de l’humanité :

     » Toujours il y a eu ce cri de l’amour défait devant la mort, ce Non de feu devant ce Non de pierre. Ce quelque chose dans l’Homme qui n’accepte pas – et c’est toujours l’amour qui a fait face à cette inexorable Négation. C’est devant cela que la brûlure est la plus intense, et la vieille blessure devient comme la Blessure même de la Terre. Les pleurs n’ont jamais servi, mais quelquefois une sublime volonté saisit un cœur. Ce sont nos plus beaux mythes et ils datent d’avant les ruines de Thèbes lorsque, Isis, indomptablement, descendait chez « les seigneurs de la nécropole » rapiécer le corps démembré de celui qu’elle aimait, Osiris. Toujours, il y a eu cette volonté de vaincre la mort, cet amour plus fort que la mort – nous disons des « mythes », et pourtant, dans ces rêves « inexistants » se cachent les plus puissants ressorts de la race humaine et sa prescience d’un pouvoir à venir. De l’union posthume d’Isis et Osiris est né celui que l’on appelait « l’Enfant », Horus, l’ancêtre des Pharaons, le Faucon d’or… Quel est ce mystérieux enfant né d’outre-tombe, de la mort vaincue ?
    Plus tard, il y eut Dèmèter, la « Grande-Déesse » de la Terre, épouse de Zeus, dont la fille, Korè, fut enlevée par Pluton, le « Seigneur infernal ». Ce fut la naissance des Mystères d’Éleusis qui répétaient l’union du Ciel et de cette Terre mortelle, donnant naissance à « l’Enfant divin » – cet enfant d’outre-terre, plus fort que la mort : notre âme… qui n’a pas encore conquis son pouvoir sur la mort. Déjà le mythe s’élargit. Mais l’Enfant, notre enfant, reste toujours outre-terre.
    Puis il y eut l’émouvante légende d’Orphée, le chantre « mythique » qui descendit aux Enfers pour arracher son Eurydice bien-aimée à la vieille mort – et ses chants, son amour, conquirent même le cœur de pierre de l’Hadès infernal. Il retrouva son Eurydice… un bref moment. Désolé de cette deuxième mort, Orphée se retire seul en compagnie des animaux sauvages qui le comprennent mieux, peut-être. Mais l’Homme essaye toujours, c’est ce qui le fait sublime parmi toutes les espèces sauvages.
    Avant même Éleusis, avant même Ménès, le premier Pharaon d’Égypte près d’Abydos, ou son contemporain, vers l’an trois mille avant notre ère des morts consentants, il y avait la légende de Savitri dont l’amour arrache à la mort son époux bien-aimé, Satyavane. C’est dans le Mahabharata que l’on retrouve cette légende, et c’est de là que Sri Aurobindo a tiré son épopée prodigieuse de quelques vingt-trois mille huit cent treize vers, mais en lui donnant un sens plus vaste, cosmique : la Terre arrachée à la mort. Car cette mort, elle est toujours chez nous, mais peut-être pas pour toujours.
    La vie que vous menez cache la lumière que vous êtes…
    Vous étiez faits de la substance de l’Immortel
    Vos actes peuvent être de rapides foulées révélatrices
    Votre vie, un moule changeable pour les dieux qui grandissent
    Un Voyant, un puissant Créateur est dedans…
    Auteurs des grandes métamorphoses terrestres c’est à vous qu’il est donné
    De traverser les dangereux espaces de l’âme…
    Et d’affronter l’infini dans sa demeure de chair
    Et que cette vie devienne les millions de corps de l’UN.
    https://flammedalterite.wordpress.com/

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    Tony

    La vie est faite de dimensions , ce n est pas que nous en voyageons , mais c est l état , cette liberté qui permet d allez de raison aux connexions en passant par le cœur
    chaque expérience est une danse dans cette transe et nous y cherchons au dela des symboles meme si tout doit être identifiable , sinon peu fiable dans l état de l autre , bon les minuit zero 6 , c est de bonne heurt , leur des cimes lol et des ouvertures :p
    salutation fraternel
    https://www.youtube.com/watch?v=KRZZL5saqSE

  • avatar
    jacou

    Pour éclairer encore un peu plus notre lanterne :

    – Le sacré voyage des neutrinos

    Il y a des nouvelles de taille – voire monumentales – qui passent parfois inaperçues du grand public parce que quelque rédacteur en chef a cru bon de les reléguer en xième page de leur magazine…exactement comme si elles tenaient du fait divers. Par bonheur, l’une de celles-là ne m’a pas échappé ces jours derniers. Il s’agit, dans le cas présent, d’une découverte en Physique qui nous est communiquée par l’Agence France-Presse. Elle a ceci de particulier qu’elle peut s’avérer extrêmement dérangeante pour les défenseurs pétrifiés d’une certaine orthodoxie en matière scientifique… ce qui, à mon avis, est plutôt bon signe puisqu’il n’y a généralement que les choses d’abord gênantes et non conformes à la règle qui font avancer le monde.

    Des travaux menés depuis plusieurs années par des équipes de physiciens viennent en effet de démontrer qu’une particule élémentaire de matière nommée « neutrino » (*) peut manifestement voyager à une vitesse dépassant celle de la lumière, vitesse pourtant déclarée infranchissable dans la théorie d’Einstein….
    …Et après, me direz-vous ?
    Après ? Eh bien, c’est là où cela devient spécialement intéressant et même fascinant car, selon les dires du Directeur du « Laboratoire Astroparticules et Cosmologie » de Paris, cela pourrait signifier que des particules de matière ont trouvé, pour voyager d’un point à un autre, un raccourci… par une autre dimension.
    Autrement dit, cela veut dire qu’il existerait dans notre univers au moins une dimension de plus que les quatre – dont le temps – auxquelles nous nous référons classiquement.
    Nous y voilà donc enfin
    C’est la porte ouverte à la possible acceptation officielle de l’existence d’une cinquième dimension, une dimension jusqu’ici étiquetée au rayon des fantaisies et abandonnée avec ironie à quelques « explorateurs de l’esprit » de mon genre ainsi qu’aux scénaristes de science-fiction….
    https://energie-sante.net/le-sacre-voyage-des-neutrinos/


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