ABDESLAM : HANTISE ET MUTISME 3


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Salah Abdeslam : C'est ce spectre qui hante aujourd'hui tous ceux qui ont survécu aux attentats du vendredi 13... et qui assistent, impuissants au spectacle d'un procès qui fait la plus belle part à son cynisme et à son mutisme !

Et tout le monde en parle de ce monstre qui ne parle pas et qu'on ne peut pas faire parler.

C'est une impasse d'essence dramatique : où se joue la comédie de celui qui n'a rien à démontrer.

Le coupable se dit la même chose que la victime : moi c'est Dieu, toi, c'est le diable. Il n'y a pas de morale à ce genre de fable !

Ou plutôt si : il y en a une : dans l'Odyssée qui permet de percer le secret de celui qui dit : je n'ai pas peur de vous en sous entendant que nous avons peur de lui.

 

La légende raconte, que fut un temps où les dieux vivaient harmonieusement au paradis, les forces de l'Ordre l'avaient emporté sur les forces du désordre, le cosmos sur le chaos, l'être sur le néant.

Et les dieux régnaient en paix : Gaïa avec sa terre, Poséidon avec sa mer, Hadès avec son enfer et le roi des dieux : Zeus ou Jupiter avec son grand air !

 

Seulement voilà, tous dieux qu'ils furent, ils finirent par se lasser du bonheur, ils en avaient assez, ils s'emmerdaient divinement. Ils s'ennuyaient prodigieusement... ils avaient besoin de problème, d'un Salah Abdeslam, d'un golem pervers pour jeter sur lui leur dévolu ou leur anathème.

D'un Djinn ou d'un D.J. pour leur crever le tympan ou leur rincer l'œil !

Rien de mieux que le mal pour se faire du bien. C'est odieux mais c'est comme ça !

Un peu d'Hybris, de démesure pour battre la mesure !

Les créateurs avaient soif de créatures. Rien ne vaut une bonne rature.

 

La mission fut confiée aux fils des titans, Prométhée et Épiméthée.

Prométhée le surdoué et Épiméthée le sous doué.

Avec un peu d'argile et beaucoup d'imagination, ils ont ainsi créé le monde : celui des plantes, des animaux et des hommes.

 

C'est beau mais avec une ombre au tableau : le sous doué Épiméthée a épuisé tout le stock de qualités sur les animaux en oubliant les hommes.

La rapidité pour le lièvre, la carapace pour la tortue, la force pour le lion et le camouflage pour le caméléon... pour l'homme... rien... de chez rien !

Il sera nu, vulnérable, fondamentalement faible et toujours mécontent. Mais pas seulement... il sera bête et méchant... bête comme nous, méchant comme Salah Abdeslam.

On le dit intelligent mais c'est lui qui le dit ! En réalité, il n'est intelligent que sous le regard de sa propre intelligence !

Pour réparer cet état de fait, Prométhée vola le feu aux dieux pour améliorer la condition humaine. Mais on en a pas toujours fait un bon usage.

Les uns l'utilisent pour nous réchauffer le cœur, les autres pour nous brûler la cervelle.

Salah Abdeslam est le spectacle de cette débâcle.

Ça parle en nous même si ça ne nous parle pas !

Auteur interprète : Emeline Becuwe
Scénario : Emeline Becuwe
Actrice : Emeline Becuwe

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3 commentaires sur “ABDESLAM : HANTISE ET MUTISME

  • avatar
    Tony

    Il refuse de revenir a sont procès , a quand les procès des bush , blair , sarkosy etc.. toute la clique pour génocide , terrorisme en bande la mieux organisez du monde qui a annihilez toute vélité de l Organisation des nation unie pour installer une paix durable sur une terre , guerres ou plus de 4 millions d humain sont mort depuis plus de 16 ans et pas un mot des média et des gens pignon sur rue qui pousse nos foret a crever pour l argenterie de quelques tarés , qui est le pire ou est le meilleur , pour la faim dans le monde ou toute les minutes des dizaine d enfants en meurt , par spéculation sur matiere premiere et indifférence , avis ya pas de benefice a tirer ni d armes ni de spectacle a écoulé , l ennemi numero 1 , avant s était mesrine mais jamais un systeme qui produit temps de haines et de peine a regarder dans les pret des banques les enclaves de tout esclave sur les rivages de concurence acharmé
    prometez qu ils disez vi , promettre que plus un humain dormirez dehors , sacré jupiter divan colona , et toutes c est colonnes de gens d armes partout sur terre avec les épee de damocles comme bombes nucleaire au dessus de toutes les tetes , non de zeus des tas de cupides stupides au dela des dons de gaia
    ya pas de secret ses parsque la société est en partie malade avec des maladie chronique comme le capitalisme outrensier qui seme colere , guerre , miseres divers qu on se recolte se genre de timbré comme abeslam mais la aussi aucun procé meme pas une enquette appronfondie pour coriger les tares et virés les tarés ,les erreurs et les allinées ultra conditionner , sur les pas sages d une humanité qui en aurez bien besoin , comme la neige pour nos enfans ,l humain a ce besoin de se rappelez les sens premier , mais gagner se genre de procé n est pas jouer , tenez le jawad il comparer aussi , il parer qu ils n on aucune preuve , mais faut pas s inquieter il trouverons , ils on bien trouver les meme tactique , et pratiques, facon ;maniere pour docilliez les gens comme bush l avez fait en sont temps , des coupables , aux bars apres avoir trinquer les centaines de millard d armement et d argent pourri dans ce monde
    https://www.youtube.com/watch?v=25MoY4KMow8
    la course contre la honte……
    vous parler des dieux grecs mais qui s en soucis dans cette europe qui prospere youbla boum , enfin prospere toujours pour les bons partenaire financiere pas trop pour l ensemble de la société créantiere et tirer en arriere par des idéologies outranciere
    enfin c est comme sa dans les galerie sous territoire et pouvoir , ils ne prevoit rien pour en sortir reelement tout c est clampins , ni de changer de strategie ni de dépose les armes et d arreter de toute détruire , les transport en commun sont bloquer , du jamais vue en france 2 jours de neige , c est magique mais tout les comiques on oubliez l erre nouvelle !! faut dire qu il manque pas de grande air avec leur sérieux miteux c est vrai , mere terre recouvre les pares terre et les pares feu de sont grand mentaux blanc , cela doit faire 9 ans qu on a pas eu de neige ici
    https://www.youtube.com/watch?v=8ZOL5hk6r0w
    salutation fraternel .

  • avatar
    Pascal

    Très joli billet sur le procès de Salah Abdeslam, la hantise et le mutisme, la faiblesse des hommes avec la légende Prométhéenne.

    « Mais on en a pas toujours fait un bon usage. »

    Clair que… Mais on arrivera ptêtre à faire globalement meilleur usage, ou disons à l’améliorer ? Je le considère de manière collective, parce que c’est ptêtre le plus compliqué. Je pense à Noam Chomsky qui dans un article évoquait le fait qu’il est plus facile de faire en sorte qu’un individu en particulier se remette en question / remette en question de son point de vue, que pour les institutions, mais aussi avec souci que les institutions avec le néolibéralisme peuvent plus facilement impacter les aspirations des individus que l’inverse.

    Me fait penser que l’on pourrait voir l’homme comme un animal de culture par excellence, influencé par son environnement, ayant développé une certaine forme d’intelligence pour survivre du fait de ses faiblesses, et grâce à la transmission des connaissances, savoir faire, développement des pensées, avec le langage, l’écriture. Ou au contraire considérer que l’homme serait plus fait pour vivre sous un climat tropical, ou disons un climat où il ferait suffisamment chaud toute l’année, mais pas trop ? Même si les deux ne sont pas antinomiques, sous un climat favorable à la faiblesse de l’homme, que la nourriture soit abondante ou non, qu’il y a des défis pour assurer la survie, restent plus proche de la nature, me semble, de ce que j’ai vu. Mon frère cadet m’avait offert « Planète des hommes » il y a 2-3 ans, série de docs, avec presque un épisode par type d’environnement et climat (un pour les plaines, fleuves, océans, déserts, montagnes, jungles, villes, arctique), qui illustre l’influence de l’environnement et aussi où l’on peut considérer que l’homme serait le plus en harmonie avec la nature. Après, dans les exemples, j’ai vu aucun « Rendez-vous en terre inconnue » où il y a découverte de populations dont les traditions sont menacées par le « mode de vie moderne », mais dans ma famille sont assez amateurs et on m’a un peu parlé du plus récent, chez les Suri, où si j’ai bien compris, ils auraient pas vraiment développé de croyances religieuses, vie très sobre / spartiate, pouvant dormir à la belle étoile à même le sol, et cultivent des champs de maïs pour la nourriture, tenter d’éviter famine, élèvent des troupeaux plus pour le lait, pas tant pour les manger, et si pas forcément développé d’astuces pour être totalement à l’abri de risques de famines, z’ont développé traditions pour assurer au fil des générations.

    Ceci dit, en dehors du fait qu’il y a plusieurs formes d’intelligence, que ceux qui jugent l’homme intelligent c’est par rapport aux critères humains (comme le coup du QI qui ne refléterait pas tant, plus astuces / façons de penser d’une « norme de hors normes ») ;
    que l’humain, même si ptêtre besoin idéalement de certaines « habitudes », est ptêtre le plus adaptatif, pouvant ptêtre potentiellement évoluer le plus rapidement en fonction du changement de l’environnement ;
    la considération des « atouts humains » qui compenseraient ses faiblesses « se discute », l’homme n’est pas le seul animal de « culture », ni le plus intelligent. J’avais vu des thèses autour de la culture animale, pas retrouvé celles que j’avais lues, du fait de crash de disque dur, mais je viens de trouver un article qui aborde la même idée : Les animaux ont-ils une culture ? : https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/zoologie-animaux-ont-ils-culture-1525/

    et puis le mode de vie industriel, avec les élevages de masse et façon de produire / utiliser les ressources / répartir / faire tourner la machine du néolibéralisme, met en danger les écosystèmes et tout, ce qui n’est pas un des meilleurs emplois de la « connaissance », du feu de Prométhée.

    Pour ce genre de raison que d’aucuns considèrent que le « féminin », harmonisation avec la « facette sensible », le respect de la terre, de l’environnement, aura un grand rôle à jouer pour la sur-vie de l’humanité ce siècle et après : https://www.revue-ballast.fr/nord-sinspire-sud/

    Bref, c’est loin d’être gagné, de quoi douter avec les attentats, les guerres au Moyen-Orient, la dominance du modèle éco-politique impérialiste, mais il y a quand même des chemins de vie / tentatives de développement de « bon usage » qui alimentent de l’optimisme :

    * « Vers un monde altruiste ? » : http://www.franceculture.fr/emissions/le-monde-selon-caroline-eliacheff/vers-un-monde-altruiste

    Introduction : « Il ne faut pas désespérer des êtres humains quand les neurosciences démontrent que l’empathie – qui ne se réduit pas à la capacité à se mettre à la place d’autrui et l’altruisme – cette propension désintéressée à se consacrer aux autres – ont des bases biologiques universelles. Dans les laboratoires américains et allemands où les réalisateurs ont enquêté, les chercheurs mettent expérimentalement en évidence que des enfants très jeunes, des grands singes mais aussi des souris ont spontanément des comportements d’entraide non associés à une récompense. On voit notamment des bébés à partir de l’âge de trois mois à qui on présente une petit spectacle de marionnettes mettant en scène un ours en peluche aidant un congénère en difficulté et un autre disons plus méchant, choisir de garder l’ours coopérant. Cette compréhension morale élémentaire, s’il s’agit de cela, mérite de réviser ce qu’on croit savoir sur le psychisme des tout-petits et même d’enfants de 18 mois : ceux-ci arrêtent de jouer pour aider un adulte à ramasser le crayon qu’il a laissé tomber sans en avoir la moindre gratification. Qui plus est, en poursuivant l’expérience avec deux groupes distincts, ceux qui ont reçu une gratification pour cet acte altruiste finissent par aider moins que les autres ! Les psychanalystes sont toujours contents quand les neurochercheurs apportent la preuve scientifique de ce qu’ils ont constaté à savoir qu’un enfant, aussi jeune soit-il est capable, avec les moyens dont il dispose, de prendre en charge celui dont il perçoit la détresse sans rien attendre en retour. Une autre expérience fait réfléchir sur ce qui serait un trait fondamental de la nature humaine : elle montre que très précocement, les enfants divisent le monde entre ceux qui sont « comme eux » et qu’ils préfèrent et ceux qui sont différents d’eux et qu’ils excluent. »

    * En quête de sens : http://enquetedesens-lefilm.com/

    * « Autonomies » : Synopsis – l’histoire du film : http://autonomies.fr/le-film/synopsis/
    Intro au film documentaire « Autonomies » : https://www.youtube.com/watch?v=h6GlA113HOE,
    Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=3ks8eY7XUjE

    Il était une fois un homme caméléon

    Sur une planète en proie aux guerres incessantes entre orcs, nains, elfes et humains, un seigneur humain du nom de Caméléon rouge vint rendre visite à une reine, après des cycles lunaires d’échanges de messages, portés par des pigeons voyageurs la plupart du temps, et parfois par des serviteurs lorsque envoi d’un convoi de sacs de farine pour aider au moment d’une saison difficile.

    La reine : « C’est bien vous que l’on nomme le Caméléon rouge ? »

    Le seigneur Caméléon : « Oui ! Enchanté ! J’ai parcouru maintes et maintes contrées, continents, sans voir de royaume aussi bien organisé que le vôtre, ni surtout reçu de messages aussi bien écrits ! Et vous me semblez très intelligente ! J’espère que nos deux royaumes resteront en paix, et que nous saurons nous allier si jamais d’autres seigneurs devaient attaquer !  »

    La reine : « Vous pourrez compter sur moi pour ne pas lancer mon armée sur votre royaume, mais comme je vous disais dans mon précédant message, il y a déjà des armées d’autres seigneurs qui viennent faire siège ! »

    Le seigneur Caméléon : « Je suis venu pour ça avec mes meilleurs chevaliers ! »

    La reine : « C’est gentil, mais je me demande si ça sera suffisant ? »

    Le seigneur Caméléon : « Croyez-en mon expérience, j’ai déjà conquis et pacifié tout un continent qui était en guerre perpétuelle. A la fin, mon armée était assez puissante pour que je sois seul à régner sur toutes les terres, mais j’ai préféré faire la paix avec les deux autres ! Puissions-nous pouvoir faire de même ! »

    La reine : « D’accord. Pardonnez cette question, mais votre nom me semble étrange, c’est un surnom qu’on vous a donné, ou ? »

    Le seigneur Caméléon : « Je me le suis moi-même donné ! Ou si vous y croyez, le dieu qui m’a donné vie et me l’a soufflé un jour. Le caméléon est une petite créature qui vit sur le continent de ma naissance, nommé ainsi car pour certains ils ressemblent à un petit lion qui se traîne par terre, et il a la particularité de pouvoir se camoufler, se fondre à son environnement en changeant de couleurs ! »

    La reine : « Euh, mais, pourquoi rouge, alors ? Ce n’est pas un peu contradictoire ? Et puis je veux pas vous vexer, mais même avec votre armure et votre cape rouge, dans un environnement rouge, je doute que vous passiez inaperçu ! A moins que cela soit parce que vous vous adaptez aux circonstances de l’environnement, êtes arrivé à survivre aux guerres en vous adaptant à vos adversaires et alliés ? Que vous le considérez comme une qualité que vous auriez ? Mais pourquoi rouge ? »

    Le seigneur Caméléon : « Pour qu’on me pose la question et entamer la conversation ! »

    La reine : « Si vous avez besoin de ça pour l’entamer, c’est pas très caméléon dans l’esprit, non ? »

    Le seigneur : « Hu hu, touché ! C’était une pointe d’humour, parce qu’en fait, pas vraiment de réponse rationnelle à vous donner en lien avec l’idée d’être caméléon. ‘fin, on peut tenter de trouver diverses raisons, comme le choix de la couleur de la cape et de l’armure, et que dans l’esprit c’est pour s’adapter aux circonstances de la guerre qui fait couler le sang, sang qui est rouge chez nous autres humains, après, euh… »

    La reine : « D’accord, mais à propos de guerre… Je suis ravie que vous soyez sur ce continent, que vous soyez un allié, prêt à m’aider, mais pourquoi passer d’un continent où vous auriez peut-être pu finir vos jours en paix, à un nouveau en guerre, en recommençant tout depuis le début, sans emmener beaucoup plus de votre armée, risquant votre vie ? »

    Le seigneur : « Par goût de l’aventure, pour ne pas trop m’ennuyer ! Et puis je m’y sentais un peu seul malgré toute la population contente de pouvoir vivre enfin en paix ! »

    La reine : « N’avez-vous pas peur de prendre goût à la guerre ? Que ça vous transforme ? Parce que même si tous les continents de notre planète doivent être pacifiés un jour ou l’autre, qu’il en faut bien pour s’y coller, le goût du conflit peut créer le conflit, et si un certain nombre de seigneurs conquérants – pacificateurs passent de continent en continent comme vous, cela pourrait être sans fin, non ? »

    Le seigneur : « Je n’y avais pas pensé en ces termes, vous devez avoir raison. »

    La reine : « Et personnellement, si nous avions suffisamment de bateaux, que toute la population de mes terres était prête à aller sur un autre continent déjà pacifié, que le voyage n’était pas trop risqué, que l’on pourrait nous y accueillir, accorder des terres à nous occuper, j’accepterais ! Malheureusement, ce n’est pas le cas, le voyage sur les grandes eaux peut engloutir des bateaux et cætera. »

    Le seigneur : « Vous êtes très sage ! Et euh, ben, euh… »

    Un paladin de la garde royale : « Alerte, ô notre reine ! Des troupes ennemies convergent bien vers ces terres, ils ne sont plus qu’à une demi journée à course de chevaux ! »

    Le seigneur : « Même pas peur ! Je vais envoyer quelques messages pour la diplomatie, quelques ordres à mes troupes, et… »

    Le paladin : « Euh, sauf votre respect seigneur, vous devriez craindre ! Il y a péril, nous avons reçu tout à l’heure des messages d’observateurs visitant d’autres royaumes, et en ce cycle, il y a des flux d’armées dans diverses directions, des seigneurs vont sûrement aussi attaquer votre royaume, et si c’est pas pour tout de suite, pour bientôt ! Il y a un seigneur orc, un seigneur elfe et un seigneur humain qui ont opté pour l’attaque rapide plutôt que pour le développement des bâtiments de leur royaume, et les quelques succès qu’ils ont eu leur ont permis d’acquérir un trésor qu’ils ont utilisé pour développer encore plus leur armée, compenser largement les pertes, et si y a bien la grande forêt qui les sépare de chez vous, et le fleuve qui peut rendre délicat l’attaque, quand ils le planifieront, ils sauront sûrement faire fi de ces obstacles, alors euh… »

    Le seigneur, sortant de sa sacoche une sorte de longue-vue, se rapprochant d’une fenêtre : « Attendez, je vais sortir les verres qui me permettent de voir à plusieurs lieux… Oups, au temps pour moi, euh, euh… »

    La reine : « Je crains que votre art d’être caméléon ne vous serve pas sur ce coup ! Ou en tout cas, pas pour venir en aide à moi et mon peuple ! »

    Le seigneur : « Je ne sais pas trop. Cela va être délicat. Peut-être qu’avec de la diplomatie, nous pourrons nous allier avec eux ? Ou d’autres seigneurs plus ou moins aussi puissants ? »

    La reine : « Si les dieux avaient insufflé ce qu’il faut dans les orcs et les humains, nous n’en serions pas à guerroyer ainsi ! A croire qu’ils aiment voir des créatures se faire la guerre ! ah là là ! »

    Le seigneur : « Ben, c’est sur que ce serait mieux si tous les dirigeants de royaumes avaient votre façon de considérer l’existence, après euh, rien n’est encore totalement perdu. Peut-être que nous pourrions tous deux tenter d’inviter tous les seigneurs à se faire la paix ? Un message de paix universel pourrait être dans vos cordes ?! »

    La reine : « Nous arriverions à faire ce que les dieux ne sont pas arrivés à faire ? »

    Le seigneur : « Peut-être qu’ils vous ont insufflé la sagesse, une compréhension sur les trames de l’existence hors du commun pour ça ? Il faut essayer pour le savoir ! »

    La reine s’approchant de la fenêtre à son tour : « Je suis prête à essayer, mais comment je fais avec ces armées prêtes à assiéger ? Avec ces seigneurs belliqueux ? Avec tous ceux qui ont soif de conquérir des territoires, de ne pas trop s’ennuyer, comme vous, comment épancher leur soif ? »

    Le seigneur : « La mienne m’est ptêtre bien passée, alors pourquoi pas les autres ? »

    La reine : « Vous dites ça maintenant, mais qui sait ? Et puis dans tous les cas, nous pouvons tenter d’envoyer des scribes porter des messages aux seigneurs prêts à attaquer mon château, juste de fortes chances qu’ils le prennent comme une tentative désespérée pour sauver notre peau, avec pour idée stratégique de nous renforcer pour les attaquer un jour ou l’autre… Et même si c’est pas le cas, ils le penseront, alors ? »

    Le seigneur : « Oui, c’est vrai qu’ils devraient raisonner de la sorte, vous avez raison, et euh, hum, reste la possibilité de contacter d’autres seigneurs. Je vais essayer de vous soutenir de sorte à qu’on réussisse à limiter les dégâts jusqu’à ce qu’il y ait de nouveaux soutiens ! »

    La reine : « Si vos chevaliers sont prêts à servir sous mes ordres le temps de cette bataille, je préférerais que vous retourniez sur vos terres par le passage souterrain, une fois les messages envoyés. Votre épée et votre arc ne seraient pas de trop, mais il faut limiter les risques. Si vous y passez là, vous ne pourrez plus rien pour les miens, ni pour les vôtres, alors que de votre royaume, vu que vous ne devriez pas être attaqué avant un certain temps, vous pourrez tenter de sauver certains ! »

    Le seigneur : « Je… Cela m’embête fortement de vous laisser ainsi, pour ne pas dire que cela me fend le cœur, et si je les sous-estimais, qu’ils venaient à bout de tous les défenses, et que… ils ne laissaient aucun prisonnier, nul en vie ? »

    La reine : « Nous nous reverrons peut-être dans une autre vie ? »

    Le seigneur : « Je… Bonne chance ! »

    Quelques temps plus tard, après avoir pris congé de la reine, celle-ci perdit son royaume, et si elle fut faite prisonnière dans un premier temps, que le seigneur qui l’avait enfermé fut à son tour attaqué et qu’elle put sortir de sa prison, elle fut conduite ailleurs, ou mourut quelque part, le seigneur qui s’était baptisé Caméléon ne put en savoir plus, ne put retrouver sa trace dans cette vie, ayant lui-même fini par perdre son royaume et forcé à l’exil, soutenu par de nouveaux alliés mais trahi par un, puis ne pouvant de toutes façons plus grand-chose face aux trois seigneurs dont les armées avaient fini par dominer toutes les autres, qui étaient assurés d’une victoire sur tout le continent et ne voulaient aucune autre alliance. Il ne resta plus qu’à Caméléon la possibilité de changer de nom, à prier pour qu’un jour les dieux insufflent aux créatures de sa planète ce qu’il faut pour de la paix, et de pouvoir retrouver la reine dans une autre vie. Ainsi fut-il.

  • avatar
    jacou

    Le vide sidérant et abyssal d’une conscience aliénée , bien qu’au fond du fond soit une petite étincelle divine …

    Une p’tite dose de :
    Le terme « aliénation » (« entfremdung ») et ses dérivés au début de la section B du chapitre 6 de la Phénoménologie de l’esprit de Hegel

     » Il y a aliénation lorsque nous ne pouvons plus nous reconnaître pleinement dans notre activité, qui pourtant exprime les richesses dont nous sommes porteurs, lorsque les résultats et les produits de cette activité nous sont volés, lorsqu’ils alimentent un être anonyme et abstrait qui paraît vivre de sa vie propre au-dessus de nous et aux dépens de nous, bien qu’il ne vive en réalité que de notre fait. De cette manière, l’illégitimité qu’il y a à prêter à Dieu des propriétés qui ne reviennent qu’aux hommes tend à se transformer en pensée de la force de travail dépossédée de ses produits. Le démontage de l’illusion théologique dérive, sans remaniements conceptuels majeurs, vers la critique sociale des rapports sociaux de domination et de dépendance.

    Mais le problème, ajoute Althusser, provient de la surcharge ontologique qui alourdit immédiatement ce dispositif critique tenable en principe, fût-ce à titre provisoire : dans les Manuscrits de 1844, comme pour Hegel et pour Feuerbach, aliénation signifie bien, en plus de dépossession des produits de l’activité propre, dépossession d’une nature, d’une essence ; et la perte de l’autonomie, de la puissance d’agir de soi-même en bénéficiant des produits de l’expression de ses richesses intérieures – perte qui constitue la manifestation sociale la plus évidente de l’aliénation –,
    http://journals.openedition.org/philosophique/96.


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