La planète juive : Internet 2


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Parle pour toi. Ne parle pas pour les autres.

Parce que toute parole ne relève plus désormais que de l'esthétique, d'un jugement de sentiment. Ce n'est plus qu'une question de goût. Et si tu t'en doutes, n'en dégoûtes pas les autres."

Tu me diras que ce n'est pas le sujet ! si justement, il n'y a plus rien d'autre comme objet... tout mène ou ramène au sujet, à la subjectivité, à un être si particulier... même s'il prétend toujours à l'universalité ou à l'objectivité.

Et chacun se croit artisan et partisan de sa propre loi... autrement dit : autonome.

Atome indivisible ou électron libre. C'est d'une banalité affligeante et désobligeante : parce que chaque sensibilité cherche désespérément à prendre le dessus sur la sensibilité d'autrui quand elles ne sont pas du même avis... ou que leur émoi ou leur désarroi ne sont pas partagés.

"Les choses sont comme je les ressens". Il suffit de parcourir le web pour en avoir le cœur net : nous sommes de plus en plus naïfs, crédules, pathétiques.

Il suffit d'arpenter les sites, d'escalader les blogs, de déconstruire les tweets pour y découvrir les visages de l'ego, un concentré de narcissisme, un mélange d'amour et de mépris de soi.

Feuilletez... parce qu'il s'agit d'une infinité de feuilletons qui alterne la pathologie ordinaire du mytho avec la pathologie extraordinaire du parano.

Avec les mêmes professions de foi : être soi, devenir maître de soi, se sentir chez soi sous le regard médusé ou abusé des autres, des fameux témoins, amis lorsqu'ils vous reconnaissent, trolls ou intrus lorsqu'ils vous méconnaissent. Étrange théâtre où les protagonistes sont tour à tour acteurs et spectateurs. Parce qu'il s'agit bel et bien d'un spectacle, celui qui nous projette notre débâcle. Il n'y a plus de rideau... mais un monde sur le dos.

Le pire c'est qu'on y croit même quand on n'y croit pas.

L'attrait l'emporte sur le retrait. Et si tu ne le fais pas toi-même ; d'autres feront ton portrait. La machine est infernale. Progrès qui ne laisse aucune place au regret... parce que ça se pratique de gré à gré, même les mécontents finissent par être consentants.

 

Parle pour toi, ne parle pas pour les autres. C'est ce que je fais.

C'est devenu un tic, sans rien d'éthique. Je ne m'impose désormais que des trucs qui me reposent. Plus d'impératif catégorique, parce que chacun estime ne rien devoir à personne.

Que des impératifs hypothétiques :

Si tu fais ci, tu obtiens ça comme effet. Parce que tous les échanges dits "gratuits" sont intéressés et donc rarement intéressants.

Le tout c'est d'avoir le moral, d'être épanoui ; au diable, la morale !

Grammaire des subordonnées relatives : qui veut voyager loin, ménage sa monture... si A alors B et c'est pareil pour tout l'alphabet.

L'enchainement des sensibilités, qui sont elles-mêmes enchainées à elles-mêmes.

 

Parle pour toi, ne parle pas pour les autres : cette recommandation signe la mort de toute parole politique. Tu l'as sans doute remarqué mais, plus aucun discours politique n'est recevable ou redevable.

Quand ça sonne, personne ne décroche, en se disant que si jamais il y a quelqu'un à l'autre bout du fil, il s'est certainement trompé de numéro.

Enfin, ça tombe sous le sens : c'est le triomphe du chacun pour soi et de Dieu pour personne.

C'est l'âge le plus ingrat qui soit, pour l'homme. L'âge du numérique où nous sommes devenus joignables et en même temps négligeables. Un récent ouvrage américain intitulé : "le siècle juif " de Yuri Slezkine, soutient mordicus que c'est l'âge judaïque "celui des hébreux". Si c'était le cas, ça expliquerait le comment du pourquoi de toutes les démissions catholiques et de toutes les révolutions islamiques.

Je parle pour moi, pas pour les autres. Cela va de soi.

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2 commentaires sur “La planète juive : Internet

  • avatar
    Pascal

    Une perle de réflexion sur de l’utilisation d’internet et cætera.

    « Parle pour toi, ne parle pas pour les autres : cette recommandation signe la mort de toute parole politique »

    Me fait penser à un extrait de vidéo sur des indiens d’Amazonie à qui il a été montré des images de notre civilisation, et où un jeune prend à un moment donné la parole pour les autres jeunes. Ah, voilou : Des indiens d’Amazonie découvre les images de notre civilisations : https://youtu.be/EzozezsVGIw?t=7m40s

    bon, il me semblait que c’était introduit autrement, passage plus long dessus pouvant laisser entendre que c’était lié à culture lorsqu’il annonce prendre la parole, ptêtre recoupe pour l’extrait, et euh, en cherchant si une personne aurait mis extrait sans recoupe, je viens de lire sur autre version de l’extrait (https://www.youtube.com/watch?v=p95JJebqjLY ) que TF1 et prod auraient inventés des rituels, que le reportage fait polémique, mais j’imagine que même si, surtout les plus jeunes, ont déjà vu des images de notre civilisation (le laisse d’ailleurs entendre à un moment donné), leurs réactions dans cet extrait représente quand même bien leurs avis, mode de fonctionnement.

    Et bref, en tout cas, me fait aussi penser que dans des variantes de la « démocratie participative », il y aurait une forme de représentativité sur certains sujets / domaines / rouages, que si une parole n’engage que nous / concerne notre opinion, en matière éco-politique, y a implication qui concerne d’autres, mais ptêtre pas jusqu’à généraliser comme doit le faire Yuri Slezkine en occultant que pas que. ‘fin, si faudrait que je lise son livre / sa thèse, c’est ce qu’il me semble par rapport à de ce que j’en comprends.

    Allo ?!

    Oui ?!

    Ceci est un message répondeur
    d’un habitant de la planète terre,
    qui parle pour lui depuis son air,
    en mode pointe d’humour pour l’heure,
    avec réflexions en suite sur les gentes dames et messieurs,
    théoriciens des grandes lignes du monde,
    universalitéralistes des ondes,
    aventuriers des ères, curieux,
    les matériaux lettrés et vidéos
    voguant sur les remous des flots,
    et qui vous souhaite que le meilleur se réalise pour vous,
    bel horizon, très bonne santé et tout.

  • avatar
    jacou

     » Parle pour toi, ne parle pas pour les autres. C’est ce que je fais. »
    Très bonne mise au poing
    Mais allons encore plus loin détricotons toutes les identifications qui nous ont amenées là où nous en sommes : un état de guerre permanent §

    L’excellent sujet de Laura Marie :
    – La Spiritualité dans l’inconscient collectif

    La Spiritualité dans l’inconscient collectif est désormais synonyme de « secte » ou d’une énième religion. A tort, et à raison… A tort, car la spiritualité c’est simplement se reconnecter à sa vraie nature, multidimensionnelle, existant sur différents plans, physiques et invisibles, tangibles et intangibles; c’est se débarrasser de tous nos schémas destructeurs et basés sur l’ego « négatif », c’est s’ouvrir à d’autres réalités, c’est tout simplement élargir son champ de conscience. Et à raison, car une fois qu’on a mis le pied dedans, on se rend vite compte des nouveaux « codes » qu’il faut adopter si l’on veut être considéré comme véritablement « spirituel » auprès de ceux qui sont déjà présents dans cette communauté… On s’aperçoit rapidement qu’il faut à nouveau correspondre à un « moule », à une autre forme de formatage, avec de nouveaux codes de conduite, de façons de parler, de styles de musiques à écouter, de façons de s’habiller, d’alimentation, d’endroits où partir en voyage, d’activités à faire, de livres à lire, de guru à suivre.. et que toute personne ne correspondant pas à l’un de ces critères sera jugée négativement voire exclue de cette nouvelle «matrice».

    N’ayons pas peur de le dire, le domaine de la « spiritualité » s’est tellement démocratisé et est devenu tellement populaire ces dernières années que maintenant il est devenu également une « mode », un autre moyen de ressentir son appartenance à quelque chose, en dehors de la matrice et des religions, mais sans se rendre compte que l’on applique les mêmes systèmes, jugements et comportements destructeurs que dans les deux autres… Encore une fois, ne quittons pas une matrice pour entrer dans une autre, et surtout, ne reproduisons pas les mêmes erreurs que nous effectuons ailleurs !

    Non, « être spirituel » cela ne veut pas obligatoirement dire s’habiller en guenilles, ne plus s’épiler, ne plus se maquiller, ne plus prendre soin de soi, faire du yoga, se nourrir de prana, faire des calins aux arbres, dire Namasté, boire de la spiruline, faire des retraites où l’on ne parle pas pendant 3 semaines, faire voeu de chasteté, être pauvre, sentir le patchouli, mettre de l’encens chez soi, méditer, dire « ommm », et utiliser les termes « amour inconditionnel », « égo », « lâcher-prise », « enfant intérieur », et « focalises-toi sur le positif » à chaque fois qu’on le peut, peu importe la question posée ou le sujet évoqué. Pendant combien de temps encore allons-nous subir cette image dans l’inconscient collectif ? A partir du moment où l’on répète les mêmes choses que les autres et que l’on fait les choses pour correspondre à un « moule », alors on sait qu’on est entré dans une autre matrice, on a été à nouveau formaté, on répète les mêmes erreurs, on s’éloigne à nouveau de qui on est vraiment, et on va totalement à l’encontre de la VRAIE spiritualité, qui est celle de l’authenticité et non de l’apparence. C’est tout à fait OK pour ceux qui aiment réellement cela, mais il ne peut y avoir qu’une seule façon d’incarner sa spiritualité (la reconnection avec soi), et il y en aura forcément autant que d’êtres humains.

    C’est dans la nature profonde de l’être humain que de vouloir se sentir appartenir à une communauté, et la communauté spirituelle semble être la communauté « idéale » puisqu’elle nous promet « amour inconditionnel », « compassion », et « absence de jugement »: l’opposé de tout ce que nous avons fuit de l’autre « matrice » et espérions ne jamais plus revoir. Normal que nous soyons séduits ! : « Enfin, tous mes soucis vont disparaître, tout le monde va me comprendre et m’aimer, je vais me faire plein d’amis, je vais être dans le rire et la joie et l’innocence tous les jours et ne plus jamais rencontrer quoi que ce soit de « négatif » ou de contrariant car tout le monde est beau et gentil ! Et puisque tout est paix et Amour, Namasté ! » 🙂

    Oui, vous venez certainement de sourire car vous êtes peut-être passés par là et vous vous reconnaissez, ou vous avez été témoins de personnes étant tombées dans le « panneau ». La vérité est que les mêmes schémas humains existent dans ce domaine, simplement ils sont plus durs à repérer car ils sont plus « édulcorés » et « enrobés ». On se juge non seulement encore sur nos apparences, mais en plus sur notre « niveau d’éveil », « niveau spirituel », « capacités extra-sensorielles », en clair, on recommence encore et encore les mêmes erreurs… Au final, on se perd à nouveau dans une seconde matrice qui chaque jour nous formate un peu plus pour enfin ne plus savoir du tout qui nous sommes… ne plus savoir ce que l’on aime, n’aime pas, ce que l’on ressent, veut, ne veut pas, pour être devenu si neutre, invisible et faible psychologiquement que nous ne sommes pour le coup plus du tout une menace pour le système, ni pour la 1ère matrice, ni pour la 2ème, car nous sommes tout simplement et clairement : désactivés. Au lieu de s’être reconnectés à la Source (notre conscience supérieure) nous nous sommes au contraire totalement déconnectés pour suivre des enseignements extérieurs au détriment total de nos propres ressentis, mais surtout, pour correspondre à un moule, pensant que ce que nous étions n’était pas ok. Autrement dit, on en revient toujours au même, nous tentons de « paraître spirituel » pour être accepté par la communauté spirituelle, car nous ne voulons pas risquer d’être aussi rejeté que nous l’avons été dans la 1ère matrice… Car si nous ne sommes pas non plus acceptés dans la communauté spirituelle, où irons-nous ?…

    Cela demande un courage énorme d’oser être pleinement soi, être assez fort mentalement et émotionnellement pour être totalement différent surtout dans une communauté aussi « formatée » que la communauté spirituelle (idem pour les religions). Je pense que si les enseignants spirituels / Emblèmes de Dieux du passé pouvaient revenir et nous parler aujourd’hui (cette fois-ci directement, sans que leurs paroles soient détournées), la première chose qu’ils nous diraient serait : « Mais pendant combien de temps encore allez-vous essayer de nous ressembler ou de vouloir que tout le Monde nous ressemble, au lieu d’être pleinement VOUS et de les laisser être pleinement EUX, et de remplir le rôle que VOUS êtes sensés remplir sur Terre ? Pendant combien de temps encore allez-vous chercher à vous noyer dans une masse, à être le plus neutre et invisible possible, d’aduler des personnages externes et de leur donner tout votre pouvoir, au lieu d’explorer votre propre grandeur ? Pendant combien de temps encore allez-vous cultiver l’idée que nous avons besoin d’être adulés et servis, au point de renier vos propres semblables et même votre propre personne ? Pendant combien de temps encore allez-vous maintenir l’idée que vous devez rester petits, si petits, pauvres et misérables comparé à la grandeur de Dieu au lieu d’INCARNER la grandeur de Dieu ! Pendant combien de temps allez-vous condamner la beauté et la féminité sous prétexte que certains humains ont décidé, pour pervertir et détruire votre société, qu’elles n’étaient pas pures ou pas « spirituelles » ?

    Pendant combien d’années encore allez-vous encourager tous ces dogmes et toutes ces croyances qui détruisent des millions de gens ? Pensez-vous réellement, que c’est cela, la VIE ? La Spiritualité ? La spiritualité doit être l’expansion de la vie en vous… son exacerbation… sa libération, et non sa restriction !

    Laura Marie


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