Procès inachevé 2


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La Justice. Je n'y crois pas. Je n'y ai jamais cru.

Aucun être au monde ne peut m'assurer ce qui est dû ou indu.

Là-dessus, on navigue à vue.

Les plus lucides savent qu'aucune Justice ne leur sera rendue.

Leurs plus belles causes sont d'ores et déjà perdues.

Tant que ce n'est pas un Dieu qui juge, tout jugement est mal fichu. Sans pourquoi. Quasiment inadéquat.

Kafka l'a bien perçu... la Justice n'est ni un sujet absolu, ni un sublime attribut... mais tout au plus une institution corrompue.

 

La faute demeure. C'est un mystère. Comme si elle était hors de portée de l'institution judiciaire.

Justice, où es-tu ?

Tes délits ou tes crimes sont-ils toujours punis ? Ou toujours assortis d'une peine de sureté pour nous indiquer que ton bâton n'est pas tordu ?

Quand je songe à toi, je songe à la cigarette du pendu. On lui accorde le droit de nous enfumer en se disant : c'est la der des ders.

Rassure-toi ! Ce n'est pas toi. C'est l'injustice qui m'exaspère.

Justice ! Tu n'es pas juste.

 

Justice,

- Tu es en premier, une Justice politique qui ignore la séparation des pouvoirs et qui juge en fonction des rapports de force.

- Tu es en deuxième, une Justice médiatique qui n'agit pas mais rétroagit, qui ne réfléchit pas mais se réfléchit dans le miroir des médias, et qui passe ses coups de balais en fonction des relais... style BFMTV.

- Tu es en troisième, une Justice mimétique, qui obéit à celui qui hurle le plus fort, qui opine avec l'opinion et mutine avec les mutins. Qui se prosterne dans la pénombre et se prostitue avec le plus grand nombre.

 

Je viens d'assister au procès du frère Merah.

J'ai pleuré avec les proches des victimes mais peut être pas pour les mêmes raisons.

Je me suis dit encore un procès inachevé qui n'a pas bien fouillé dans les poubelles des flics de la République... qui a inhumé le comique et exhumé le tragique en faisant l'impasse  sur ce qui s'apparente à une machination. Mais l'État a ses raisons que la Justice feint d'ignorer.

Parce que cela relève des secrets de l'instruction.

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2 commentaires sur “Procès inachevé

  • avatar
    Pascal

    Très jolie scène pour le procès Merah, la difficulté de la justice, avec l’aspect politique, médiatique, « populaire ».

    J’avais bien aimé Le château de Kafka, faudra que je lise un jour Le Procès.

    J’imagine bien la justice apparaître et vous faire sortir du « cercueil ».

    Des chemins

    Dans la société,
    selon l’impulsion à la naissance
    et les croisées du chemin,
    la conscience, les aspirations, les instants cultivés,
    les sillons en contingences
    des hiers aux demains
    sous la houlette d’un paradigme,
    des rouages, des énigmes,
    dont des trajectoires
    rendues au prétoire.

    Dans les tribunaux,
    soumis à la prolongation de rouages
    qui participent des flots,
    des sorts jusqu’à l’indicible rivage,
    ferraillent des hommes et des lois,
    des êtres et de la doxa,
    jugés selon des intérêts
    et un prisme d’effets,
    du commis pris à un instant t
    de toute une existence
    qui en a et en est empreintée,
    suit ensuite une voie
    décidée par les instances,
    creusée par la sentence,
    avec ses risques de renforcement d’abîmes
    et sans trop de possibilités de cimes
    autrement que par la transcendance,
    mais devenant dans tous les cas, pour la société,
    des châtiments pavés,
    dans l’histoire de l’humanité en évolution,
    ses trajectoires et ses horizons.

  • avatar
    jacou

    La justice humaine de même que la justice divine n’existent pas
    La justice humaine est une tentative de se substituer à la loi de causalité d’action/réaction ou karma déviée par la loi sommairement radicale de la loi du talion, hors, les causes et ses effets sont d’une telle complexité qu’il est impossible de rendre juste la justice selon les critères moraux du moment .
    Quand à la justice divine c’est une vision antropomorphique magnifiée de ce que pourrait être une justice ultime indiscutable selon un « code céleste » ?

    Une vision humaine/Divine ? :

    – L’action juste ( Claudette Vidal )

    L’ordre parfait

    L’univers manifesté est un tout cohérent où règne l’Ordre parfait. Dans une seule et même respiration, l’univers inspire et expire, c’est la respiration divine. En tant que personne, nous pouvons rythmer notre respiration sur celle de l’univers ou nous en couper et tenter de trouver notre propre souffle. Dans son infinie bonté, la Source permet que nous nous séparions d’Elle, que nous fassions nos propres expériences et que nous revenions à Elle lorsque nous avons compris qu’Elle est le Souffle. Coupé de notre essence, nous créons un immense chaos et nous souffrons. Même si nous arrivons à vivre en harmonie dans notre petite individualité, nous demeurons insatisfaits tant que n’avons pas intégré le rythme universel. En tant que conscience individuelle, nous pouvons faire bande à part et générer nos propres mouvements ou disparaître en tant que « je » et nous laisser animer par le Souffle divin.

    Chaque être humain est différent, chacun donne des fleurs et des fruits qui lui sont propres. Lorsque nous nous consacrons à notre véritable destinée, pas celle de notre ego, nous contribuons au plan divin. Il faut déjà beaucoup de sagesse pour comprendre cela. Le vivre est encore plus exigeant et exaltant.

    L’action juste se révèle d’elle-même. Elle surgit comme un éclair. Elle est vive et étonnamment pertinente. Ce mouvement prend naissance dans le non-mouvement, Être. Elle est une pure expression de la Source se manifestant à travers soi. La paix intérieure précède l’action juste qui découle de façon fluide et naturelle d’une vision claire. L’action juste n’est pas le fruit d’un effort volontaire, ni d’une analyse. Elle ne provient pas d’un conditionnement et n’est pas liée à des expériences passées. Elle est en parfaite harmonie avec ce qui est, ici et maintenant, souvent caché sous les apparences. C’est votre essence qui s’exprime en symbiose avec le Tout. Dans la plus grande harmonie, les actions à réaliser se présentent avec cohérence.

    L’action juste est une célébration de la vie.

    L’action juste s’exécute dans le détachement. Sans ego, personne ne s’approprie son accomplissement ou ses résultats.

    L’action qui n’est pas une réaction possède sa propre autonomie. Sans mémoire, elle répond à la nécessité de l’instant et n’est pas encombrée par le poids d’un ego en attente de compensation.

    L’action juste procède de l’amour, est engendrée par l’amour et diffuse l’amour. Elle est le lien entre le Créateur et sa création. Sans action, il n’y a pas de création. L’action juste conduit au divin. Elle n’est pas le résultat de tergiversations ou de manipulations psychologiques, elle jaillit de l’Unité. C’est l’énergie du coeur versus celle du mental si couramment utilisée.

    L’impulsion précédant l’action juste est vive comme l’éclair, c’est un jaillissement, ici et maintenant. C’est une perception directe accompagnée d’une certitude, sans inquiétude pour l’avenir. Elle est parfaitement adaptée. C’est un don de l’amour universel qui tient compte de tout. Elle n’est pas motivée par l’obtention d’une récompense ni par l’évitement d’un ressenti désagréable. Cette impulsion est intemporelle et se distingue par sa fraîcheur et sa spontanéité.

    La vision précède souvent l’action juste. Lorsque je vois qu’une tâche doit être effectuée, je l’effectue ; lorsque je vois que quelqu’un a besoin de mon aide, je l’aide. Il est naturel d’exécuter les tâches qui se présentent à moi et dont je peux m’occuper. L’ego paresseux ou calculateur aura tendance à se soustraire à ces invitations de la vie.

    L’action juste brille par sa simplicité. Elle s’exécute sans anticipation et ne requiert pas de récompenses. Une identité peut surgir pour quémander de la reconnaissance et corrompre l’action désintéressée. Voir cette corruption est une grâce pour celui qui utilise chaque situation pour éveiller sa conscience.

    L’action née de l’ego

    L’action née de l’ego n’est pas mauvaise ou incorrecte. Elle est dénaturée. L’action qui émerge de l’ego est engendrée dans la souffrance, contient de la souffrance et y conduit. Elle trouve sa raison d’être dans le simple fait qu’elle fait partie de la divine comédie. Il n’y a pas de dualité entre la Source et l’ego. La Source crée et contient l’ego. En tant que créateur, vous avez la possibilité d’être vigilant au sujet de la source de vos actes. C’est vous qui, de toute façon, devrez en assumer les conséquences.

    L’ego est animé par une volonté d’atteindre un résultat dans le futur. Volonté et ego sont indissociables. La volonté est le moteur de l’identité personnelle, du héros de votre histoire. La particularité de ce fonctionnement est qu’il donne naissance à un devenir.

    Les crises, les tragédies et la souffrance ont leur place dans la comédie divine. Derrière l’apparent chaos humain se dissimule un amour inconditionnel qui accueille le fait que l’homme a besoin d’aller au bout de ses possibilités pour accepter de s’effacer et de se consacrer entièrement à Le servir.

    L’ego se vit comme un sujet séparé qui mène une action de son propre chef. Enfermé dans son univers étroit, il tente tout ce qu’elle peut pour accéder à un peu de bonheur. Il veut sortir de sa prison où il se protège d’un monde menaçant. Isolé dans son habitacle, il se fie à ses propres moyens pour survivre. Il se démène et ne néglige aucun effort pour arriver à vivre une vie « pas trop mal ». Il ne sait pas que sa souffrance vient du fait qu’elle est coupée de la Source.

    Le « je » se renforce au fur et à mesure qu’il réalise ses intentions. Chaque succès renforce l’illusion. Réussir est un piège.

    L’ego a aussi une forte propension à s’attribuer les bénéfices d’une action juste. S’il n’est pas intervenu au moment de la décision ou de l’accomplissement de l’action, il peut intervenir à la fin. Il voudra s’approprier ou s’auto-glorifier d’un résultat positif ou se détacher faussement d’un résultat qui n’est pas à la hauteur de ses espérances.

    L’action, tout comme la parole, prend sa source dans la Présence ou dans l’ego, une création de la Source.

    Si l’action juste est une réponse appropriée à une situation donnée, l’action qui n’est pas juste est une réponse à un conditionnement qui engendre parfois une compulsion à reproduire le même scénario en dépit du fait qu’il soit, à chaque fois, inapproprié. Il peut s’agir de boire, manger, être agressif ou victime. L’action qui n’est pas accomplie dans la présence est une action vide. Vidée de son contenu, elle est automatique, sans vie. L’action automatique n’est pas inspirée. Elle engendre une réaction mécanique, systématique.

    Vivre sans but et accomplir l’action juste est une façon de vivre, c’est vivre dans la présence. Nous parlons d’une vie vécue dans le don de soi et l’accueil, dans l’amour. L’amour ne calcule pas, son geste est gratuit. L’action et la parole qui jaillit du cœur est sans motif et sans attente. La présence n’impose rien, mais invite avec respect.

    L’action juste n’est pas un acte d’exception, c’est une réponse juste et spontanée à ce qui est. C’est une création libre d’attachement qui nait et meurt dans l’instant.

    Claudette Vidal
    Extrait de « Chemin d’éveil »


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