On ne peut séparer l’islam de l’islamisme 2


FavoriteLoadingAjouter aux favoris

On ne peut séparer politique et religion... sans se mentir, sans se trahir, sans occulter leur intime imbrication... sans ignorer leur secrète prétention à l'universalité, à la totalité, à l'unité parfaite.

On ne peut séparer politique et religion. Elles sont inséparables !

C'est le judaïsme qui est à l'œuvre ou à la manœuvre en Israël.

C'est le christianisme qui opère ou sert de repère aux grandes puissances.

C'est l'islamisme qui fonde ou sert de toile de fond dans la plupart des pays musulmans.

 

On a beau contourner Dieu, il reste incontournable dans nos cités et à travers nos adversités.

Seul le communisme a vraiment essayé de vider les cieux et séparer les hommes de Dieu, mais il a échoué, lamentablement ou tragiquement.

D'aucuns diront que c'est la raison même de son insuccès. De son échec cuisant.

 

Quant au laïcisme, à la prétendue laïcité qui s'efforce depuis la Révolution de séparer impunément l'église et l'État, elle n'a fait que renforcer leur union sacrée, leur secrète connivence.

Il suffit de bien relire les droits de l'homme pour constater que ce que l'on appelle à tort et à travers une sécularisation n'est qu'une régularisation formelle de notre rapport au sacré, en somme, un dieu caché... un droit divin déguisé en droit humain.

Tout État, prétendument laïc, ne cherche à se séparer que de l'autre religion, la religion de l'Autre... puisque c'est à travers le Dieu de la sienne qu'il veut ce qu'il veut.

Le Moyen-âge, décrié par tous les éclaireurs mal éclairés, l'avait pressenti, anticipé même : qu'il y a une contigüité essentielle entre la lumière naturelle et la lumière surnaturelle.

La raison humaine si bornée soit-elle, finit toujours par chercher et trouver sa raison d'être dans une raison supérieure... transcendante... nécessaire et suffisante.

Aucune politique ne peut survivre longtemps, si elle en fait abstraction.

On dit quand on ne sait plus quoi dire qu'il ne s'agit, ni plus, ni moins que de séparer la sphère publique de la sphère privée et que c'est même le fondement de la République. Mais toute l'histoire le dédit ou le contredit.

En Iran, il y a une République islamique.

Ce qu'on oublie de dire, c'est que nos trois religions monothéistes ont une vocation politique et ne séparent qu'en apparence la cité des hommes de la cité de Dieu... Appel et rappel des hommes à Dieu.

Et quand on exige aujourd'hui de l'islam de renoncer à son islamisme ou à sa mission politique, cela revient à exiger des musulmans de renoncer à l'islam tout simplement.

Mine de rien, c'est ainsi que l'on mine le terrain et que l'on se déclare la guerre mutuellement.

Guerre de religion sous couvercle de guerre au terrorisme.

Et qu'est-ce qu'on attend pour la gagner ou ne pas la perdre ?

Deux ou trois grands attentats, simultanés pour fermer toutes les mosquées et dire définitivement non à la religion des autres, la religion de ceux qui ne font pas partie des nôtres, qui ne boivent pas de notre vin, ne mangent pas de notre pain et ne glissent pas leurs vœux sous un sapin !

Share Button


2 commentaires sur “On ne peut séparer l’islam de l’islamisme

  • avatar
    jacou

    Deux affirmations pertinentes :

    – On ne peut séparer politique et religion. Elles sont inséparables !
    – La raison humaine si bornée soit-elle, finit toujours par chercher et trouver sa raison d’être dans une raison supérieure… transcendante… nécessaire et suffisante.

    Toutes les deux sont l’origine et la conséquence de l’effroyable bourbier dans lequel nous pataugeons : les croyances , les idées, les concepts philosophiques ne peuvent en aucun cas résoudre le dilemme , même la raison supérieure ne peut amener à la transcendance pour la « simple raison » que la transcendance est AU- DELA de toute raison fut- elle supérieure .

    La transcendance se VIT quand le mental est silencieux et que le sentiment du coeur est océanique

     » En métaphysique (wiki.)
    Le transcendant est ce qui est au-delà, ce qui dépasse, surpasse, en étant d’un tout autre ordre. Par exemple, certains considèrent que l’esprit transcende la matière, d’autres que la matière est au-delà de l’esprit (et donc inconnue).
    Le terme est particulièrement, mais pas toujours, utilisé pour discuter la relation de Dieu au monde. La conception d’un Dieu par définition transcendant ne signifie pas, pour les croyants, qu’il serait totalement en dehors et au-delà du monde, ces notions d’en dehors et d’au-delà étant, elles, de ce monde – mais bien que sa nature n’est pas limitée à l’en dedans ou l’en deçà et qu’elle les inclut et les dépasse, que Dieu se manifeste ou non. Elle naît de la conception aristotélicienne de Dieu.
    À l’inverse, les philosophies de l’immanence, comme le stoïcisme ou le panthéisme de Spinoza maintiennent que Dieu se manifeste dans le monde, et est présent dans celui-ci et dans les choses qui le composent.

  • avatar
    Pascal

    Perle – cristallise très bien un point de vue sur la politique et religion, guerre au terrorisme qui sert la guerre de religion, sur le laïcisme et cætera.

    Difficile de nier que la guerre au terrorisme participe de la guerre de religion, surtout en France ou la laïcité est considérée extrême, où y a la laïcisme. Et où des intellectuels comme Finkielkraut craignent l’islam. Et quand des musulmans parlent eux-mêmes du problème de l’islamisme en occultant la culpabilité politique / problèmes du système éco-politique de nos pays, je me dis qu’ils peuvent faire le jeu des laïcs, guerre contre leur religion. Le mieux est ptêtre de considérer que les terroristes dévoient.

    Ceci dit, si y a des religions dans les divers pays va-t-en-guerre, comme le coup de God Bless the United States of America, il me semble que c’est surtout la « religion du libéralisme » qui fait le plus de dégâts, est à la manœuvre dans diverses guerres. J’ai pas retrouvé l’article où son rédacteur a pour thèse qu’il n’y a pas eu tant de guerre de religions mais des guerres économiques-stratégiques, et il met ptêtre un peu trop en arrière plan les divisions religieuses qui ont partie liée, je me souviens d’ailleurs d’un doc’ qui expliquait qu’à une certaine époque, au début de l’islam, il pouvait y avoir entente entre des tribus de diverses religions contre des de leur même (genre judaïsme + islam contre de l’islam ou du judaïsme), pour des histoires de ressources, que la religion n’était alors pas tant un mobile de division, et qu’ensuite ça a ptêtre pris plus d’importance, en premier plan comme pour le mobile d’Israël et républiques islamistes. De la même façon, lu un article où la thèse est qu’une grande partie des pères fondateurs du projet sioniste sont athée, et que par la suite des religieux y auraient vu une opportunité de rédemption du peuple juif (mais en contradiction / désaccord avec d’autres religieux, dont ultra orthodoxe juifs, qui sont contre la colonisation des Palestiniens).
    Toujours est-il qu’il y a les moyens. La situation au Myanmar – Birmanie me semble être un cas d’école. De ce que j’ai compris, les bouddhistes ont vécu en paix avec les Rohingya (de religion musulmane) pendant longtemps, puis il y a eu conflit, musulmans opprimés, puis il y a eu des groupes armés et du terrorisme en réponse, mais dont les moyens proviendraient de l’Arabie saoudite, et qui ne représenteraient pas les Rohingya, pas une une «réaction» légitime contre la violence anti-Rohingya, et qui serviraient des intérêts américains contre le projet chinois de nouvelle route de la soie. Alors cela reste une lecture théorique, mais l’origine du soutien – financement serait sourcé, et si y a des oppositions religieuses, que les bouddhistes ont aussi leurs extrémistes avec part d’intolérance : Cas de violence dans des pays et régions bouddhistes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouddhisme_et_violence#Cas_de_violence_dans_des_pays_et_r.C3.A9gions_bouddhistes

    et que l’on pourrait considérer qu’il y a du mobile religieux avec le financement de la part de de ceux de l’Arabie Saoudite, je pense qu’il y a le coup des conflits économiques, pour les ressources qui y participe grandement.

    Un autre cas, celui de l’Égypte. J’ai vu passer article qui fait mention de massacre dans mosquée. Un évoque fait que pas encore revendiqué. Mais ça rappelle que les musulmans sont une bonne part des victimes du terrorisme dans le monde.
    Quand j’étais allé faire un tour dans librairie le mois dernier pour trouver petit cadeau pour mon père, je suis passé par curiosité dans rayon où y avait publication de livres de journalistes abordant de la géopolitique, et un évoquait évolution et crise politico-religieuse au Qatar (et / ou Arabie Saoudite, j’ai un doute), et fait que la jeunesse se cherchait, soucis rencontrés du fait évolution économie un peu comme en Occident mais avec des répercussions différentes, favorisant oppositions et terrorisme contre aussi d’autres branches de l’Islam.

    Et puis si on peut voir le coup de « Tout État, prétendument laïc, ne cherche à se séparer que de l’autre religion, la religion de l’Autre » et cætera, certains considèrent qu’en France, même si peut y avoir connivence, qu’il y a le coup des présidents qui ont des titres de chanoine d’honneur, le problème viendrait en partie du fait que « l’état laïc » aurait plutôt réussi en terme de mise à l’écart de la religion, aussi bien dans la sphère publique que privé. Le pays serait un des moins religieux au monde, et si dans les chiffres avancés le christianisme serait encore majoritaire sur ceux se déclarant « sans religion », c’est une estimation qui n’indique pas forcément la pratique. Et en fait, si ça n’a pas forcément d’incidence sur la sphère du pouvoir politique et du pouvoir religieux sur le pouvoir politique, ça en a ptêtre sur les aspirations politiques du peuple ? Je pense notamment à une conférence sur l’autorité qui expliquait l’incidence de la séparation officiel du pouvoir de l’église et de l’état, avec, si je me souviens bien, emprise que ça a donné au capitalisme – consumérisme – néolibéralisme dans les foyers.

    Bref, des estimations donnent une France de 2050 où y aurait 44,1 % de « sans religion », 43,1 % de Christianisme, 10,9 % d’Islam et 1,9 % de Autres religions, en gros perte de 20 % pour le Christianisme par rapport aux estimations de 2010 qui profiterait surtout au camp des « sans religion », avec croissance de 3 % pour l’Islam (estimation de 7,5 % en 2010).

    Je sais pas si les attentats et diverses affaires sur la scène politico-médiatique ont eu de l’incidence-influence sur les pratiques religieuses / conversions, probablement, mais je pense qu’il y a potentiel de paix entre les religions. Comme des variantes du communisme non étatique peuvent s’accorder avec de la religion.

    Et je dirais que le meilleur moyen de ne pas perdre la guerre de religion, c’est ptêtre de le vivre sans chercher à faire la guerre aux autres religions, de transmettre la culture aux générations suivantes en essayant de faire en sorte qu’ils aient envie de la pratiquer ?

    Mes deux défuntes grand-mères ont beau toutes deux avoir été des chrétiennes pratiquantes, l’une ptêtre un peu plus prosélyte que l’autre, réussissant à motiver à aller à la messe quand on allait la voir, et de ses enfants ont été pratiquants, elle a pas trop réussi avec ses petits fils et petites filles une fois partie sur la rive de l’au-delà. Je crois que dans mes cousins et cousines, aucun n’est pratiquant. Et en fait, j’ai beau avoir fait du catéchisme, la communion et tout, il m’en est pas resté grand-chose, juste des bribes, et si je crois en « quelque-chose avec une part d’immanence et une de transcendance qui nous échappe », qu’il y a les rites, traditions que je suis (sapin avec crèche, galette des rois véganes et tout), je me vois mal défendre le christianisme dans un débat théologique, d’autant que j’aurais tendance à partager la philosophie de Tolstoï.

    Au final, je dirais que si y a guerre de religion qu’il me semble devoir gagner, c’est celle contre de ce qui favorise le terrorisme de mon point de vue, contre le néolibéralisme. Vaste chantier.

    Il était une Foi

    Du regard sur le monde, la vie,
    D’en soi à l’extérieur,
    Cultivé petit à petit, par cœur,
    Sous l’influence des ancêtres et leur état d’esprit,
    Puis sculptant de son avis,
    Avec du temps face aux parvis,
    Des croyances forgées
    Au fil des années,
    Des remous et des croisées,
    De la Foi, fait vibrer,
    Défend, partage, transmet,
    Du souffle, une idée résonnée.


Pour participer, vous devez vous connecter, au préalable vous enregistrer puis vous abonner si vous n'avez pas de compte. Les explications sont données sur la page de présentation que nous vous invitons à consulter. Au plaisir !

CONNEXION        S'ABONNER