L’obsolescence des Amours 4


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On peut le déplorer... on peut le regretter mais on aura du mal à le contester : l'éphémérité de nos amours est un fait incontesté... incontestable.

On l'a plus d'une fois éprouvé même si on s'évertue à le désapprouver...

Nos amours ont une durée limitée... quasiment mesurable... on est loin de l'incommensurable !

Ça commence bien et ça finit mal parce qu'on a du mal à le supporter. Supporter la dégénérescence, le déclin, la mort du sentiment.

le temps réduit tout au néant...

On a beau crier, le décrier, l'obsolescence est programmée.

La fin, la finitude est au cœur de chaque être... et le désir d'éternité n'est qu'un vague souvenir, une promesse qui ne peut être tenue.

Tous les amours y ont cru et ont fini par cesser d'y croire !

La chute est inévitable.

Le désir est une machine désirante qui commence par briller et finit par se rouiller... et cesser de fonctionner.

On sait comment ça commence, on sait ce que c'est que la croissance, puis la crise de croissance et enfin l'évanescence... notre énigmatique algèbre s'achève dans les ténèbres de l'oubli.

Un coup de foudre, le septième ciel, puis la descente en enfer.

C'est ce qui fait dire aux malheureux, qu'il n'y a point d'amour heureux.

Pourvu que ça dure, se dit-on, en sachant que ça ne dure pas !

Cette obsolescence est étroitement liée à l'essence même du désir.

Pour un matérialiste, c'est le cerveau qui n'est pas au niveau de notre romantisme de caniveau. Le moindre vœu dépend de notre système nerveux, d'une interaction entre des cellules qui agissent, pâtissent puis vieillissent.

Le désir qui s'en va, on ne peut le faire revenir... tout au plus l'entretenir, le retenir, l'attiser pour prolonger sa durée de vie, sa quantité ou son intensité.

Si le funeste destin ne s'était pas interposé entre Tristan et Ysolde, leur amour aurait été le plus court des amours.

Si la société n'avait pas tout fait pour séparer Roméo de Juliette, c'est la routine qui s'en serait chargée !

Il ne faut pas s'y méprendre pour autant, il n'y a pas d'amour "Duracell" qui dure plus longtemps, mais des tensions, des oppositions, des interdictions qui retardent la déchéance... en donnant aux amants une dernière chance.

Le pire, ce n'est pas la chute mais cette vaine lutte puisqu'on sait qu'on n'atteindra jamais le but... ni ensemble, ni séparément.

Le dur désir de durer ne peut pas durer. Ça nous gène mais c'est dans nos gênes...

Et puis, et puis il y a cette régression... cette progression vers le néant, qui nous fait le plus grand mal.

De voir l'autre, baisser le niveau de ses romances et de ses exigences. C'est insupportable... ce sourire qui s'éteint, cette bouche qui se plaint, ce cœur qui se vide au fur et à mesure ou du jour au lendemain...

Voir le désir à ce point vieillir... c'est mourir à petit feu.

Les esprits purs ou les sages qui ont la dent dure contesteront ce triste constat parce qu'ils ont eux la force du détachement, le cœur pur des amours désintéressés, l'âme favorisée par les dieux...

Mais ce n'est pas le cas de tous ceux que j'ai sous les yeux et qui n'ont jamais accédé au cœur de l'être, puisqu'ils vivent tous en banlieue... là où les amours réels ont lieu.

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4 commentaires sur “L’obsolescence des Amours

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    Revolta

    Encore une fois un texte énigmatique, mais bien vu sous ses diverses coutures dont on ne distingue jamais tout à fait chez Personne de quel fil il est cousu ; blanc pour les sceptique, point de chaînette pour les amoureux de cet esprit rare, bâti pour les bâtisseurs qui aiment y adosser leur échelle ; surjet pour les hors sujet, point de croix pour les conscients de l’autre, point final pour les obtus, etc etc…

  • avatar
    jacou

    Très très belle page sur l’amour et ses paradoxes .

    N’ayant pas le clavier alerte et suffisant je me permets de me référer à l’écrit sur le sujet de Paule Salomon

    Interview de Paule Salomon sur le couple
    POUR ENTRER DANS L’ESSENTIEL DE LA RELATION HOMME-FEMME

    L’un de vos livres s’intitule  » La Sainte Folie du Couple « . Que voulez-vous dire par  » sainte folie  » ?

    Paule Salomon – Plus le temps passe et plus ce titre me plait. Je viens d’écrire un livre sur l’amour qui s’appelle  » La brûlante lumière de l’Amour  » et je me rends compte à quel point l’amour est aussi une sage folie et à quel point c’est un paradoxe. Le couple est aussi un paradoxe et ce n’est pas à confondre car le couple est un mode relationnel entre deux personnes et l’amour est un sentiment. Mais, dans l’un et l’autre cas, il y a un élan magnifique, un élan qui est du domaine de l’être. On peut considérer cet élan comme de la sagesse ou comme de la sainteté. C’est ce qui nous raccorde à une nostalgie profonde, la nostalgie de l’unité, la nostalgie d’avoir appartenu à tout ce qui existe ou d’avoir été uni à tout ce qui est vivant.

    Et aussi, par le fait de s’incarner dans un seul sexe, on est un homme ou on est une femme, on porte en soi une sorte de nostalgie, de coupure, certains disent même de blessure, qu’au cours de sa vie on voudra réparer. Quel est le sens de la vie ? Au coeur du sens de la vie, il y a cette demande de retrouver quelque chose qui est perdu, certains le nomment Dieu, d’autres le nomment réalisation personnelle. Quoi qu’il en soit, il y a un élan et cet élan on peut l’appeler sainteté, mais en même temps on s’apercoit que c’est une folie de s’élancer vers l’autre avec ses désirs d’unité. Folie, car au fond de chacun, il y a le désir d’apprendre qui il est de devenir qui il est. S’élancer vers le  » nous « , c’est se dépasser, mais en même temps c’est se quitter. Je me trouve donc tiraillé entre ce besoin d’appartenir à ce  » nous  » du deux qui veut faire un, je veux avec l’autre personne ne faire qu’une personne, qu’un objectif qu’un désir, et le fait que je ne me connaisse même pas et que quelque part, je voudrais bien devenir ce moi-même, un moi-même inconnu. En somme, il y a un paradis à vouloir s’aimer et ce paradis risque de se transformer rapidement en enfer ; il y a un désir de s’aimer et puis rapidement il peut y avoir une guerre…..
    …lire la suite
    https://www.meditationfrance.com/tantra/salomon.htm

  • avatar
    Pascal

    Très joli billet sur l’obsolescence des amours. Que je trouve aussi assez énigmatique, empreinte de mystère.

    L’amour, les amours font couler beaucoup d’encre, peuvent faire vire des ascenseurs émotionnel, faire rêver, faire avancer, faire plonger, faire s’élever, et cætera.

    Les romans, pièces de théâtre et cie sur le sujet peuvent servir de matière à méditation sur le genre d’amour que l’on souhaite vivre, et le côté négatif est ptêtre que certaines histoires peuvent dresser de l’idéal pour certains en faisant oublier la difficulté du quotidien, que dans une histoire d’amour il y a des hauts et des bas, des moments d’abîmes et de cimes, que cela peut dépendre de notre façon d’y réagir, de le « gérer ». L’on peut imaginer une scène de ménage entre Roméo et Juliette ou Tristan et Ysolde au paradis en train de se reprocher de pas avoir pu finalement vivre plus longtemps, ou autre, et s’éloigner l’un de l’autre.

    Et l’on pourrait considérer qu’il y a plusieurs types d’amour, que cela dépend de tellement de paramètres, que la théorie et la pratique peuvent difficilement devenir un, que cela se « vie », que chaque cas est différent. Et si forcément, quand on aime, on aimerait que l’histoire vécue avec l’autre ne cesse pas, qu’il me semble que c’est une aspiration universelle dans ces cas, qu’on peut évoluer ensemble sur le bout de chemin fait, chacun n’évoluant pas forcément de la même façon et cætera, la personne qu’on aimait et soi même n’étant plus forcément la même, sans compter diverses tensions, frictions avec les moments de pire, avec aussi le coup de l’habitude que des scientifiques considèrent que l’impact chimique s’altère, même si la flamme peut se raviver ; bref, y a tout un de trucs qui font qu’il peut y avoir l’obsolescence qu’on aurait jamais imaginé au moment du coup de foudre, les premiers jours, premiers mois.

    Ceci dit, pour certains ça dure.
    Dans divers corps de métiers, comme les politiciens, monde du show business, sportifs et cie, où les gens sont amenés à multiplier les rencontres et tisser des liens, peut favoriser le passage d’une histoire à l’autre, il est question de gens qui sont en couple avec une nouvelle personne toutes les quelques années, mais pas le cas pour tous.
    Et si je regarde les couples que je connais, dans la génération de mes parents, dans oncles et tantes, une bonne part a tenu, et devrait tenir comme les grands-parents, après, je peux pas dire quel amour il reste entre eux. Si ce n’est par contre pour mes parents, dont je dirais que si ils se sont souvent disputés, qu’il y a eu des moments où ça aurait pu « clashé », ils ont gardé vive de l’affection l’un pour l’autre, ptêtre mieux entre eux depuis un certain temps.

    Bref, certains, dont se revendiquant de la pensée de Marx, théorisent impact du système sur les êtres et donc la façon de vivre l’amour. Le bonheur que l’on souhaite pour l’autre. Mais là aussi, reste théorique – généraliste, chacun peut le vivre différemment, juste que je dirais que dans tous les cas, ça peut vraiment durer toute la vie, après, y a théorie et pratique.

    @ Revolta

    Bon retour ici !

    Au cœur

    Quand l’amour se re-lève à la source,
    Il s’imagine grand et se rêve fort sur le fleuve.
    C’est l’aube où l’on se sent paré à tout dans l’accourse

    Arrivent les ruisseaux et les premières épreuves,
    Nuages vont, viennent, le temps est incertain.
    L’amour sonde les pierres, il va sculpter ses preuves

    Il savoure l’instant, sans trop imaginer sort au lointain,
    Adaptant ses rames sur le radeau, mais craignant les ires,
    Puis vers fleuve mue, sans vraiment changer, se recouvre d’étain

    Ô ! Joie ! Au fil du temps, des cieux toujours à frémir,
    Malgré intempéries, l’amour se sent au printemps,
    Peut se couvrir, se découvrir comme se modèle la cire

    Ô ! Abîmes ! Par instants, tempête le vent,
    L’ancre ne retient, se perd du chemin, de l’élan hirondelle,
    L’horizon semble tomber, l’amour se sent évanescent

    Puis, des instants suivants, quand survit, redéploie ailes,
    S’ouvre à vie, se ressource parfois en se penchant au ruisseau,
    Soufflant les braises sous les cendres, antre de saison éternelle

    L’amour poursuit alors jusqu’à l’océan, restant vif sur les flots,
    Et si parfois peut s’abîmer à nouveau, deux accords attisent,
    Évitent l’effritement des falaises, d’être à court de fagots

    Ainsi, voile au vent, pour les chanceux, continue la frise,
    Et si les palpitations du séjour peuvent toujours – à la nuit – s’estomper,
    Qu’il peut faire des erreurs, garde potentiel qu’au jour rattise

    Ainsi, cheminant entre les cœurs, l’amour effleure les portes de l’éternité.


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