La pensée inique 2


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On dirait que leur pensée est produite par la même usine et dispose de la même vitrine.

On dirait que ça pense en eux sans qu'ils y pensent.

Comme s'il y avait un inconscient collectif qui opère par en-dessous ou par derrière. Une matrice... une force motrice. Un vice.

Ce n'est pas si simple, c'est même fort complexe de savoir qui, comment et à quoi ça pense... même si cette pensée dite inique n'a rien d'unique, quand on y pense.

Ce qui la caractérise c'est son triple périple ; ses trois extases, si je puis dire :

La première extase : c'est une pensée savante. Celle qui a un projet de domination technoscientifique... celle qui nous met la puce à l'oreille. Cela va de la cafetière jusqu'à la bombe nucléaire.

La deuxième extase : c'est une pensée militante. Celle qui a un projet de domination politico-idéologique... celle qui nous met le pied à l'étrier. Cela va de la simple requête jusqu'à la conquête du pouvoir.

La troisième extase : c'est une pensée totalisante. Celle qui a un projet de domination théologico-politique... celle qui fait couler autant de sang que d'encre. Cela va du retour sur soi jusqu'au retour contre les autres, en passant par Dieu... ou par la banque.

Ces trois extases constituent la base de la pensée inique. Ce qu'elles ont comme dénominateur commun : c'est le même projet de domination.

Il n'y a que des dominants ou des dominés, quelque soit le sujet... que des gagnants et des perdants, quelque soit l'objet.

Le projet de domination non de soi mais des autres... individus, collectivités ou états, est toujours le même : inique et cynique à la fois. De gauche et de droite, en même temps.

Et pour cause, la pensée inique n'a pas d'autre ambition que de nous séparer de la substance des choses. Et toujours avec la même volonté :

La volonté d'être reconnu...

Voilà le mot clé : Hashtag #reconnaissance... Tout ce qu'on y cherche et tout ce qu'on y trouve c'est une volonté de reconnaissance. Point barre !

La science, la connaissance, on s'en balance... seule importe l'apparence.

Le Bling bling, le bang bang !!! Tout ce qui vous rend dingue !

Make-up or not make-up ? On a du mal à garder le cap !

Et les réseaux sociaux, loin d'enrichir notre champ de vision, l'ont réduit à néant... à un vulgaire désir de reconnaissance... partagé par le plus grand nombre de likes où les laquais se prennent pour des rois et les commères pour des lumières !

Et quelque soit le niveau de conscience et d'intelligence, chacun se croit unique en son genre... l'être le plus irremplaçable des êtres.

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2 commentaires sur “La pensée inique

  • avatar
    Pascal

    Très jolie scène qui cristallise très bien un avis sur la pensée inique.

    Pour ce qui de la volonté de reconnaissance, de la part de soi et des autres, c’est surement ce qui sert de moteur, y amène, y participe, compose, ce qui fait que la science et la connaissance y sont accessoires, mais euh :

    – si peut considérer que ceux dont le besoin de reconnaissance est assouvi ne vont pas adhérer à une pensée savante et cætera, que ce besoin de reconnaissance amène à ceci ou cela, il y a aussi le plaisir dans un « effort », que l’on peut voir comme lié à la volonté de reconnaissance, mais qui tient aussi du plaisir à ceci ou cela dans l’instant présent, je pense, et qui fait qu’on peut rester prêt à la re-mise en question fondée ;

    – la pyramide de Maslow est discutable dans sa hiérarchisation, mais pourrait considérer que la volonté de reconnaissance en fait partie, du moins fait partie de ce qui participerait de la voie des uns et des autres, d’une certaine façon ? ;

    – on pourrait considérer que ceux qui ont le plus de vergogne sont ceux qui ont la volonté de reconnaissance la plus importante, mais donc aussi qu’ils accordent plus d’importance que d’autres à la science et la connaissance que la reconnaissance ?

    Ceci dit, les réseaux sociaux peuvent nous conditionner à rechercher plus les manifestations de reconnaissance, influencer les partages et renforcer l’imprégnation de l’inconscient collectif en tout un chacun.

    Après, à la différence de chaque camp ayant adhéré à une pensée politique pouvant taxer les autres de faire dans la pensée unique sans trop argumenter de manière suffisamment convaincante sur le fond pour que les autres changent d’opinion (et où cela peut devenir argument d’autorité versus argument d’autorité) ou la fassent évoluer, il me semble qu’on peut argumenter sur ce qui pourrait ne pas faire partie de la pensée inique, ou moins que d’autres, dans les variantes autour des notions :

    – il y a divers projets / conceptions de la société via la technoscience. Il y a celle du transhumanisme, de celles pouvant augmenter la domination sur les vies et de la fracture sociale, où la technoscience serait un moyen pour développer la technoscience, et il y a celles où ce serait un moyen utilisé au service du vivant.
    A l’époque où je me suis intéressé à diverses pensées / utilisations de la technoscience, potentialité, j’ai appris qu’il y avait eu scission entre projet qui a fait l’usage de la technoscience une centralité et projet qui en fait un moyen. Par contre, si les deux ont de leurs détracteurs, ils n’ont rien à voir avec le transhumanisme et ce que pourrait craindre certains de l’impact du développement techno. Et paradoxalement, on a ptetre plus à s’inquiéter de certaines inventions développées dans le paradigme actuellement dominant, dans le libéralisme, que si on arrivait à faire que ça change et où l’utilisation de la technoscience pourrait aussi changer de ce fait. C’est certes théorique, mais je crois toujours au potentiel des deux. Et en matière de « like », et nombre de vue des vidéos, du moins en Français, et de jouer sur l’inconscience collectif, ils sont ptetre plus minoritaires dans le paysage politique-médiatique des réseaux sociaux (en partie sûrement du fait de la crainte suscitée par l’utilisation de la technoscience, théories du complot autour, qu’il y a dans divers groupes, et où tout est un peu rangé / considéré pareil / avec la même crainte), et puis surtout y a invitation à penser par soi-même d’une certaine façon, sur la société et compagnie. A la différence de ce qui est proposé dans d’autres alternatives à base de techno, tel que dans le doc’ Thrive, qui si – si je me souviens bien – au final ne propose pas tant un modèle cherchant à s’imposer à tous, en se basant sur du développement d’autonomie, il y est vanté un modèle de civilisation avec une technoscience basée sur une théorie présentée à coup d’arguments d’autorités qui serait pourtant fondée sur des « erreurs – méconnaissances scientifiques – de lois » (du moins, de ce que j’ai compris de docs).

    Et sinon, point de vue sur la technoscience que je viens de zyeuter sur la fiche wiki : « L’approche des rapports « science-technique » par Ellul est originale mais reste assez peu connue, elle est condensée dans Les nouveaux possédés. Reprenant les analyses de Georges Friedmann, Ellul avance que la technique est sacralisée parce qu’elle est devenue « le nouveau milieu de l’homme » et que, (pour des raisons qu’il analyse en détail), « il est dans la nature de l’homme de sacraliser son milieu ». En d’autres termes : la technique s’étant peu à peu substituée à la nature en tant que milieu (pour les jeunes générations, elle est un « déjà-là »), elle l’a désacralisée (profanée, polluée…) et, par là-même, elle a récupéré à son profit le sacré qui était auparavant transféré sur elle. Quant à la science, elle constitue, avec l’histoire, l’un des deux plus grands mythes de l’ère contemporaine. Car, avance Ellul, il est faux d’imaginer que, sous prétexte que la civilisation s’est sécularisée, les humains se sont départis de toute religiosité. Les historiens et les scientifiques peuvent mener leurs études de manière rigoureuse et rationnelle, cela n’empêche pas que l’histoire et la science, dans l’ensemble, sont vécues comme des récits explicatifs : ils exercent la fonction qu’assurait autrefois exactement les grands récits. Sous un angle ellulien, les thèses de la postmodernité ne sont donc absolument pas fondées pas plus que l’on ne peut pas dire que le monde est devenu « désenchanté » : il le reste tout autant qu’avant, à la différence que ce n’est plus sous l’angle de la nature mais sous celui de la technique. Sans minimiser le rôle du capitalisme, Ellul le relativise : « Le capitalisme est une réalité déjà historiquement dépassée. Il peut bien durer un siècle encore, cela n’a pas d’intérêt historique. Ce qui est nouveau, significatif et déterminant, c’est la technique ». »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Technoscience#Une_analyse_originale

    – dans la pensée militante, il y a des plus « participatives » et moins dans la recherche de tracer d’avance que d’autres, où il ne s’agit pas tant de conquérir le pouvoir mais de s’impliquer en « citoyen ». Des autoproclamés « antifa » du net (pas vu le même état d’esprit / raisonnements / mauvaise foi avec des antifas dans réunion d’indignés en ville à l’époque où j’y allais) qui sont ptetre parmi les plus critiqueurs des projets technoscientistes et autres alternatives ou parfois juste les théoriciens et non les théories-alternatives sans forcément vraiment bien les connaître / comprendre, me semblent tout autant dans l’attitude dominatrice que ce à quoi ils s’opposent en premier lieu (la droite). J’ai lu divers articles où ils fondent / justifient en quelques sortes leur stratégie de com’, qui se tient ptetre pour une partie de leur point de vue par rapport à leur idéal de société, mais d’une autre, j’ai rarement vu aussi inique / de mauvaise foi (si ce n’est ptetre de leurs antagonistes) que la façon dont ils stigmatisent des pensées politiques ou surtout certains penseurs en mettant avec à la marge les pensées / les freinant, dont des que l’on peut aussi considérer de gauche, comme si la connaissance et potentialités importaient pas trop. Après, pourrait ptetre reprocher ça aux pensées militantes de divers partis, qui ont adhéré à une conception, une aspiration, s’opposent et rejettent des thèses sans trop d’examen, par principe, dans une vue de prise de pouvoir à l’échelle d’un pays (je pense notamment à la façon dont le communisme par le haut, dans soif de pouvoir, s’est opposé en Espagne à l’époque vers la 39-45, à une forme de communisme d’anarchistes mis en place dans divers lieux).

    Et ceci dit, dans un projet de domination de soi et non des autres, me fait penser à la pensée de l’anar Tolstoï : L’éthique de Léon Tolstoï : http://liberationanimale.com/2010/07/19/vegetalisme-ethique-leon-tolstoi/

    et : https://www.revue-ballast.fr/nord-sinspire-sud/

  • avatar
    jacou

    La pensée inique y nique l’évolution de la conscience humaine et sa plénitude

    Un apprenti sorcier redoutable s’agite dans les think tank et les salles de conférences , Laurent Alexandre est la parfaite représentation de l’aveuglement du « savoir » bien que bardé de ses diplômes il est barré de la connaissance holistique celle qui allie l’intellect le plus fin , la conscience la plus expansée, le coeur le plus développé ; il est la résurgence de ce qui à déjà conduit plusieurs fois à l’extinction de l’humanité . Il a une vision mécaniste de la vie qu’elle soit de matière métallique , électronique , biologique . Il fascine les foules qui ont tellement peur de la mort et s’accrochent à n’importe quel prix à leurs états végétatifs inconscients ignorants que les êtres humains sont d’essence immortels et qu’ils voguent vers toujours plus et plus . Notre époque est infiniment plus dangereuse que les aléas climatiques , politiques, économiques peuvent laisser craindre ; L.A. fait ouvertement l’apologie des cyborgs ,des humains connectés au sert-vice d’une nouvelle « élite » .

    La mort de la mort » : des perspectives incroyables
    Le livre de Laurent Alexandre a été publié il y a 4 ans, mais l’actualité scientifique et politique lui donne un intérêt brûlant.

    … » Thème

    La mort de la mort est un essai documentaire sur la révolution biotechnologique qui est en passe de bouleverser l’humanité. Laurent Alexandre explique comment la convergence de ce qu’il est convenu d’appeler maintenant les « NBIC » (pour Nanotechnologies, Biologie, Informatique et sciences Cognitives) va profondément transformer la médecine dans un futur relativement proche, mais surtout notre rapport à la mort, donc à la vie. Ces nouvelles « biotechnologies », séquençage de l’ADN, thérapies géniques, nanotechnologies réparatrices, intelligence artificielle, vont en effet permettre selon lui, dès le XXIè siècle, de doubler l’espérance de vie, voire d’atteindre l’immortalité au siècle suivant, d’où le titre de son livre. Laurent Alexandre donne des pistes de réflexion pour nous préparer au mieux à ces changements profonds, non sans égratigner au passage la passivité de la classe politique qui apparaît comme complètement déconnectée des enjeux éthiques et économiques des trente prochaines années.

    http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/thinkerview-intelligence-75049

    – Un autre risque potentiel :le développement croissant de l’Intelligence Artificielle qui pourrait vite surpasser l’Homme…

    selon Hawking. Un autre thème cher à la littérature de science-fiction que le célèbre physicien juge parfaitement crédible (et pour tout dire, menaçant) est la domination de l’humanité par l’intelligence artificielle, dans le cas où des machines échappent au contrôle de leurs créateurs.

    Pour Stephen Hawking, c’est une hypothèse tout à fait crédible et possible. Ainsi, lors d’une conférence à l’Université de Cambridge il y a quelques semaines, le chercheur a déclaré que l’intelligence artificielle sera « soit la meilleure, soit la pire chose jamais arrivée à l’Humanité ».


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