Sommes-nous intelligents ? 3


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L'intelligence.
C'est notre nouveau paradigme.

Mais on ne sait toujours pas
ce que c'est que : l'intelligence ?
Et on sait encore moins
ce que c'est qu'un paradigme ?
On sait juste
qu'il faut avoir une vue d'ensemble
pour voir à quoi ça ressemble...

Il nous suffit aujourd'hui
de faire un saut dans un réseau
pour cesser d'être un sot ;
Pour saisir le sens de l'intelligence ;
pour le capter ou l'adopter.

Parce que figurez-vous que,
dans un réseau,
on prend et on est pris.
On prend quand on comprend.
Et quand on ne comprend pas,
on est pris ou surpris.

Et qu'y-a-t-il à comprendre
pour ne pas se méprendre ?
Que dans un réseau,
tout est lié pour celui qui sait lire
sans délirer.

Tout est compris
pour celui qui cherche à comprendre.
Pas d'élément isolé, ni d'être désolé.
Toutes les particules
agissent et interagissent ensemble...
les unes ne vont pas sans les autres...
leur énergie est synergique.
Leur logis, cinétique.
Leur puissance, dynamique.
Leur existence, magnétique.

C'est la définition même
de l'intelligence :
notre faculté, notre capacité de voir
jusqu'à quel point :
tout est lié, relié,
heureusement et dangereusement.
Le petit caillou et le grand astre.
Une scène de ménage
et une bombe atomique,
le battement d'aile d'un papillon
avec toutes ses répercussions
sur le petit écran de notre ordinateur.

Tout est désormais traçable...
Plus rien ne s'efface,
parce que le moindre de nos gestes
laisse des traces.

Il n'y a plus ni mal, ni bien
mais des liens que notre intelligence
retient et n'est intelligente
que si elle y parvient,
que si elle arrive à les retenir
et à les entretenir.

Intelligere,
ça veut dire en latin :
digérer le lien qui existe entre A et B...
et du coup gérer tout l'alphabet.

C'est cette intelligence
qui lie en liant et relie en reliant,
qui fait de chacun d'entre nous :
un être dans le monde
qui ne peut se comprendre
sans ces liens
et sans cette liaison fatale.

Comprendre que tout est compris.
En extension et en compréhension,
c'est rendre le monde sensible
un peu plus compréhensible...
un peu plus intelligible .

On peut maintenant se le dire
sans aucune désobligeance :
pour nous en sortir,
il nous faut brandir
l'arme de l'intelligence.
"Soyons intelligents"!
Retrouvons le lien
pour toute quête
et toute conquête de sens.
C'est le nouveau modèle
pour toute pensée.
Pour toute action.
Le nouveau paradigme
qui nous relie les uns aux autres.

En guise d'exercice,
je vous propose de revoir
les mots d'ordre
de nos candidats
à l'élection présidentielle
pour mesurer
leur part d'intelligence.
Le mot d'ordre le plus pertinent
est celui bien entendu
qui comporte le plus
de sous-entendus...

Marine dit :
On vote pour ou contre la France.
Hamon dit :
Il y a un futur désirable
Fillon dit :
Je suis le système de l'anti-système
Macron dit :
Ils sont en panne, je suis en marche
Mélenchon dit :
L'état ce n'est pas moi, c'est toi.

Pardonnez-moi
si j'ai un peu forcé le trait,
mais c'est pour vous signifier
que votre préféré,
c'est forcément votre portrait !

Personne

 

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3 commentaires sur “Sommes-nous intelligents ?

  • avatar
    Pascal

    Très joli billet-réflexion sur le paradigme de l’intelligence, les bases d’un paradigme avec réseaux.

    Sur la citation d’Engels en introduction, suivant le contexte, ou disons un point de vue sur un contexte économique-politique, par rapports aux liens, de ce que j’ai saisi de la réflexion d’un Francis Cousin, de sa critique radicale / de celle qu’il relaie, si il se dégage au niveau planétaire un capitalisme que personne n’a voulu en soi, c’est du fait que la volonté individuelle et collective a peu d’emprise sur une façon de faire, que la volonté échappe / est instrumentalisée / transcendée à / dans / par un « mouvement » à l’œuvre qui prendrait racine dans le processus de marchandisation même. De ce point de vue, ce processus est daté de la transition des communautés de chasseurs cueilleurs à l’agraire, où l’on a commencé à stocker, et qu’à partir du moment où l’on stocke, mise en mouvement de la valeur d’échange au néolithique, la société humaine rentre dans un processus qui sous-tend l’organisation qui va se faire etc (qu’il considère une logique incoercible).
    Ceci dit, si dans sa grille de lecture des liens qui ont fait évoluer la société / dans sa critique je le trouve intéressant, de ce que j’ai zyeuté (loin d’avoir tout vu de son entretien avec Etienne Chouard) il me semble sous-estimer la volonté individuelle et collective, la capacité par l’intelligence, l’imagination (*), l’effet de la mise en réseau, et ptêtre surestimer une autre forme d’organisation ou éluder le fait que si une autre forme d’économie est possible, le brassage à l’œuvre peut difficilement faire retourner à son idéal communautaire globalement / au niveau planétaire / voire même d’un pays, et donc besoin, au moins pour l’ère actuelle, de tenter de faire pencher vers une autre république et un futur désirable (pour moi, ce serait Hamon + Mélenchon le portrait préféré parmi les aspirants à l’Élysée).
    (*) Parce que même si l’histoire a attesté de l’échec de réformistes, dans son opposition de la radicalité / efficacité des mouvements radicaux face à ce qu’il appelle les néo proudhonistes, il me semble passer à côté de l’intérêt d’une transition qui pourrait dépendre du « vouloir éveillé » d’un peuple, parce que pourrait y avoir « une exception qui confirme la règle ». Bon, c’est pas un argument en soi, mais qui sait ? D’autant qu’il me semble ignorer certaines idées / capacités.

    D’ailleurs, la conclusion du billet me fait penser au fait que quelque soit les liens que l’on fait « en intelligence », il est difficile de se soustraire à notre propre point de vue, de transcender notre interprétation. En zyeutant la vidéo de leur entretien, je suis tombé sur une de Soral donnant son avis sur Cousin, le critiquant tout en le louant pour certaines qualités, avis que donne Soral sur sa pensée qu’on peut aussi critiquer etc. Dans la même idée, j’ai zyeuté des réflexions sur un fil de discussion autour d’une vidéo faisant la promo de l’Upr partagée sur un groupe Fb : François Asselineau répond aux calomnies du pro-FN, Alain Soral sur France24 : https://www.youtube.com/watch?v=Q4F-vNlfaNg

    où les adeptes de Soral-Marine ont traité Asselineau de possible « agent du Mossad, un Sayan, pour prendre les voies à Marine », d’autres avoir des suspicions du genre sur Marine, voire Soral, des de Mélenchon considérer qu’Asselineau est d’extrême droite, d’autres du FN considérer que c’est « Mélenchon qui récupère les déçus du système afin que Macron passe face Marine ». Une des réflexions que j’ai trouvé des plus « bancales » étant donné que c’est occulter une vraie différence de programme et que c’est pas tant lui qui ne permettra pas à Marine de réussir à gagner au second tour, et qu’à l’inverse, si les déçus de la 5ème république (certains ont écrit être prêts à voter pour Marine uniquement pour vote de protestation contre l’Umps, pas pour son programme) votaient plutôt pour Mélenchon, il y aurait ptêtre une vraie chance qu’il remporte au second tour. Bon, j’ai ptêtre tort sur la possibilité que lui l’emporte au second tour face à Macron, probablement, n’empêche que voilou.
    Et bref, toujours est-il que chaque adepte d’un parti / tête de parti considère faire certains liens pour essayer de comprendre au mieux les forces à l’œuvre dans la société, et si j’ai trouvé des conférences d’Asselineau intéressantes, malgré le fait qu’il dise que contrairement à d’autres partis, lui et d’autres de l’Upr éveilleraient le sens critique de leurs membres, son parti me semble pas pour autant être la « solution », qu’il y a matière à critiques / ou bémols sur ce qu’il propose, et si on écoute un Francis Cousin ou autres critiques du système politique, aucun ne peut totalement l’être parce que ceci ou cela. Ce qui peut donner une impression d’impasse sur le plan collectif, d’autant qu’au final, quel que soit la pertinence des propos des uns ou des autres, la « doxa » fait que ce sera sûrement Macron. Je serais curieux de voir ce que donnerait l’orchestration d’un débat entre tous.

    « Le mot d’ordre le plus pertinent
    est celui bien entendu
    qui comporte le plus
    de sous-entendus
     »

    Huhu, avec la conclusion, pour revenir à l’idée qu’il est difficile de transcender notre interprétation dans les liens de la trame gravés en nous, avec ce qu’on pense savoir sans occulter qu’il y a des trucs qu’on peut ne pas savoir, me fait penser que les « sous-entendus » d’un mot d’ordre font que chacun peut l’intégrer à son idée, mais qu’il peut malgré tout, suivant les cas / ce dont il est question, y avoir plusieurs interprétations possibles, et quand on pense ou tente de penser aux diverses interprétations possibles, être un peu perdu sur quelle est la lecture sur le fil d’une « cause à effets » la plus proche de ce qui rend le monde sensible plus compréhensible. Du moins, peut dépendre du sujet. Pour donner un exemple : quand on lance une pierre dans l’eau calme, ou voit une pierre ou objet tomber, et même si non, on sait que les remous proviennent de quelque chose ; alors que dans un océan, on ne peut savoir par la simple observation de notre point de vue toutes les forces à l’œuvre, il y a une connaissance à acquérir / approfondir.

    On pourrait résumer l’idée sur le fait qu’on sait ce qu’on sait, voire qu’on l’on pense savoir en fonction de notre interprétation, mais que dans tous les cas, on sait plus difficilement ce que l’on ignore.

    Et pour la conception politique, le choix du candidat / de la politique, je dirais que c’est comme si on se trouvait devant l’océan, et chacun pense son choix en fonction de ce qu’il comprend dans les forces à l’œuvre, avec en plus diverses aspirations / des aspirations différentes possibles sur la voie à suivre sur les eaux. ‘fin, ptêtre pas si compliqué à partir du moment où l’on s’intéresse aux divers points de vue des et sur les candidats / enjeux de société, mais reste l’idée de l’aspiration, du « votre préféré, c’est forcément votre portrait », qui fait qu’on peut considérer que c’est notre préférence / de ce qu’il y a en nous à un instant t qu’on projette.

    Bref, en tout cas, très joli billet-réflexion sur le paradigme de l’intelligence, les bases d’un paradigme avec réseaux.

  • avatar
    jacou

    Très intelligent …..

    Comprendre que tout est compris.
    En extension et en compréhension,
    c’est rendre le monde sensible
    un peu plus compréhensible…
    un peu plus intelligible .

  • avatar
    jacou

    Addendum :

    « Un chapitre pourrait être ouvert sur l’accélération dans tous les domaines. Les humains vivent à un rythme qui n’est plus le leur. Quand nous regardons nos frères animaux qui mangent quand ils ont faim, dorment quand ils en ont envie, vivent leur sexualité comme ils la sentent, (à condition que nous ne nous en mêlions pas…), nous réalisons un peu ce que nous avons perdu au cours de notre progression effrénée. D’ailleurs, nous en savons peu sur les différents animaux qui nous entourent. Nous pouvons les regarder, les observer, les étudier, en savoir beaucoup sur leurs us et coutumes, et même les aimer, sans pouvoir entretenir un échange approfondi avec eux. Sans même parler de quelques êtres vivants qui sont si différents de nous que nous ne pouvons même pas concevoir un mode de communication. Comment entrer en rapport avec un ver de terre, une sardine, voire un microbe ? Ce qui paraît essentiel dans notre attitude envers eux, c’est le respect dû aux autres vivants. Des micro-organismes qui n’ont pas tous nos dons peuvent être plus forts que nous. Que pèsent toutes nos belles inventions face à une épidémie de peste, de grippe espagnole, de sida ?

    Il semble que la seule façon pour l’humain d’assurer sa présence parmi les vivants est de retrouver sa place parmi les autres animaux et de réapprendre à vivre en harmonie avec la nature. Certainement pas en régressant à un stade antérieur de son développement, mais en inventant une nouvelle forme d’harmonie ou de solidarité tant entre humains qu’avec le reste de la création. Est-ce que la nature humaine sera suffisamment flexible pour permettre une telle évolution ? L’homme d’aujourd’hui, trop avide, trop agressif, trop incontrôlé ne semble pas en mesure d’inventer et d’intégrer une telle harmonie. Si rien ne change, la blague d’astronome proposée en exergue pourrait bien devenir une prophétie.

    « Deux planètes se rencontrent :
    – La Terre a bien mauvaise mine, tu ne trouves pas ?
    – En effet, elle est dans un état lamentable.
    – Oui, on dit qu’elle a attrapé l’homme.
    – C’est grave, mais ça finit par passer tout seul… »

    De l’amibe au robot. Éditorial – Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2013-4-p-7.htm


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