Le funeste débat des De Funes 7


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À chaque fois que j'ai corrigé des copies, j'ai toujours été rongée par le même souci :
Est-ce que je dois faire ressortir le réel ou le possible, le visage ou le masque, l'être ou la valeur ?
Tout citoyen devrait s'il en est un, se soumettre à cet exercice de haute voltige qui consiste à lire avant délire ses futurs dirigeants.
C'est la note qui remplira le bulletin de vote.

Hamon :
Il n'était pas utile du tout de nous rappeler tes quatre vérités... tout le monde les connaît : ton futur désirable n'est plus désiré, ton revenu universel n'est pas toujours le bienvenue, ton burn-out assuré ne rassure plus, ton 49-3 citoyen est très moyen... c'est surtout la répétition qui est lassante et embarrassante... une Miss France qui ne cesse pas de dire qu'elle a un beau nez, finira par sentir mauvais. Même si son nez n'est pas faux, mais vrai.
Tu me rappelles Louis de Funès dans "Le gendarme se marie" qui au matin de son concours, au lieu de réfléchir sur le sujet posé, étale tous ses stylos de toutes les couleurs sur la table comme pour dire qu'il a tous les outils pour concourir, mais on ne peut pas s'empêcher d'en douter en se disant :
a-t-il vraiment la capacité d'utiliser ses outils ?
On ne te demande pas ce que tu as comme chaussure mais ce que tu as sous le pied : de la présence, de la prestance, de la puissance de conviction.
On cherche un homme qui a du cœur et non pas quelqu'un qui a appris sa leçon par cœur. C'est trop récitatif.
Tu as d'ailleurs réussi ton entame de match en interpellant le peuple et en lui disant : avant de choisir celui qui va vous rassembler, choisissez d'abord à quoi vous, peuple, vous voulez ressembler.
C'est excellent, bien trouvé mais surtout inattendu, mais vous avez perdu par la suite toute espèce de créativité, toute ingéniosité.
J'ai mis zéro, pour t'inciter à repartir de zéro.

Macron :
Ça me peine de te faire de la peine. Parce que j'ai la ferme conviction que tu es très fragile.
Corneille disait que la valeur n'attend pas le nombre des années. Je crois qu'il n'a pas raison, en politique du moins, on sait que ce n'est pas une science, mais elle a néanmoins besoin d'expérience.
On peut se faire renverser si on n'a pas déjà traversé la réalité, compté les difficultés, essuyé les échecs. Tu as beaucoup réussi pas assez échoué. Trop mignon pour t'occuper de nos oignons.
J'ai coutume en tant qu'institutrice de mettre les premiers de la classe derrière pour qu'ils ne perdent pas de vue les tarés que je place toujours devant parce que ce sont ces derniers qui déterminent le véritable niveau de la classe.
On t'a reproché avec malice de ne pas savoir sur quel pied danser, de pomper tantôt à droite, tantôt à gauche l'air qui te rend si fier...
Il fallait leur répondre comme Socrate, pour les confondre en disant :
que tu prenais la vérité, là où elle est, sans te soucier de son locataire, ni de sa position dans l'atmosphère.
Ce n'est pas parce que tu as choisi d'être nulle part que tu es partout !
Parce que tu es forcément quelque part, et tu es le seul à ne pas le voir, ou à nous le faire croire.

Quand on t'écoute, on entend un tout autre que toi.
On a l'impression que tu ne t'appartiens pas, que tu dépends d'un système dont tu reprends tous les thèmes à nos dépends. Tu n'es pas électron libre, mais électron adhérent, programmé pour notre électrocution.
Tu épates parce que tu appâtes. Tu es un appât... qui émeut même avec ses faux pas. Tant pis pour ceux qui te croient.
Zéro aussi parce que tu sais ce que tu fais !

Fillon :
Ton cas, Fillon, est synonyme aujourd'hui de l'art de s'écarter du sillon sans se faire du mouron.
La démission de Le Roux risque de compromettre toutes tes chances de te retrouver au second tour, sans parler des compléments d'information qui te rapprochent un peu plus chaque jour du trou.

Présumé innocent, tu vas à mon sens finir par y engloutir toute la droite avec toi. Après tout, c'est ton droit de faire valoir ton droit au suicide. Individuel mais peut être pas collectif... parce que la morale est de retour. Pour mettre les comptes à jour. Adieu la politique !
Tu as réalisé hier une très mauvaise première mi-temps. Opaque, tu as été transparent... quasiment absent.
La peur d'être relancé t'a peut être figé... tu avais du mal à ne pas te sentir coupable aux yeux de ceux qui étaient là pour nous ouvrir les yeux.
Tu rougissais de temps en temps, à défaut de rugir et même lorsque tes arguments étaient conséquents, tu t'empressais de ranger tout signe ostentatoire de fierté.
Je me vois mal te noter, ou t'ôter le peu d'orgueil qu'il te reste. Et je loue tes adversaires pour t'avoir épargné une honte programmée.

À suivre...

 

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7 commentaires sur “Le funeste débat des De Funes

  • avatar
    Pascal

    Très jolie scène de fée notes, avis sur les trois, avec variantes des De Funes bien trouvées, et l’art des formules.

    Ouch les 0.

    J’imagine bien Hamon De Funes, dans un sursaut, demander si par créativité il peut pas rajouter un 2 « couleur arc-en-ciel » (histoire d’utiliser tous les crayons qu’il avait dans la valise) à gauche du 0 ;

    Macron De Funes demander si peut pas être mis plusieurs 0 et il rajoutera un 1 à gauche, en guise de chèque en blanc pour se payer des cours de danse et aux cas où il n’arrive pas à se parfaire, toutes les places du canapé, et pour financer un labo qui lui inventera une tonne de colle ultra forte contre ses fragilités, histoire de pouvoir être élu président sans attendre la prochaine élection ;

    Et Fillon De Funes, euh, ben, remercier de ne pas l’avoir noté, qu’il mettra lui-même la note ultérieurement s’il réussit à pas passer par la case prison et à garder son tailor not too rich.

    Oui, bon.

    Sinon, je trouve dommage qu’Hamon ait revu plusieurs fois sa copie du revenu universel au cours de la campagne, pour finalement le rendre assez hypothétique. Si la mise en place par étapes peut paraître une bonne idée dans l’idée de voir l’effet de synergie et de mieux adapter en fonction de ce qu’il se passe çà et là, des économistes considèrent qu’il vaudrait mieux une mise en place immédiate, d’une réforme fiscale + le RUE. Ceci dit, je sais pas si d’ici 10 ans, les gens, le climat social sera plus propice à la mise en place d’une idée proche de celle du salaire à vie, mais je trouve dommage que beaucoup mettent leurs préjugés dessus. Bon, par contre, d’autres comme Friot estiment qu’un montant pas assez élevé peut finalement conduire globalement à une régression en terme d’acquis sociaux, ou du moins une fausse bonne idée, d’autant pour ses étapes. Et bref, de toutes façons, un programme est un tout et l’on ne peut voter pour une partie si on trouve que les idées pour la politique extérieure ou autre ne nous convainquent pas (bon, avec exception pour l’idée de nouvelle république de Mélenchon, qui englobe un tout pour l’après, car même si niveau économie me convainc pas, que je le trouve pas assez « radical » sur ça, il y a le niveau écolo et les changements de rouages politiques qui font que).

    Après, le coup de noter le débat, me fait penser que dans un système basé sur des notes, le résultat des élections pourrait être assez différent :

    Monsieur le président, avez-vous vraiment gagné cette élection ? : https://www.youtube.com/watch?v=vfTJ4vmIsO4

    Election.rm : https://www.youtube.com/watch?v=B2JvW8ma9Vc

    Introduction : « Il faudrait que nous ayons un système électoral juste, s’exclama Archiprime, l’élève d’Archipi, c’est-à-dire qui reflète au mieux les choix des électeurs.
    Hélas, gémit le professeur Archipi, cela est impossible. Le résultat du vote dépend du système utilisé. »

    Résumé : « En 5 minutes cette vidéo démontre comment 5 systèmes électoraux différents peuvent aboutir à 5 résultats totalement différents »

    Si ce n’est ptêtre l’importance des apparences qui reste valable. Je sais plus pour quel président américain, ah, je crois que c’était Kennedy versus Nixon, mais c’était le premier débat télé de la présidentielle, et ceux qui l’auraient écouté à la radio n’auraient pas eu la même impression qu’à la télé, et d’aucuns ont attribué à la télé la victoire de Kennedy. Bon, d’autres relativisent l’importance de la télé lors de ce débat, lu un article qui relativise l’importance qui y a été plaqué / interprété, considèrent des sondages biaisés (impressions de certains de ceux qui ont écouté à la radio rapports comme différents de ceux ayant vu à la télé), mais pourrait considérer que même à la radio apparaît une certaine forme d’apparence, sur les tirades. Au sens que les médias ont un rôle sur l’opinion. Et que donc, en mettant en avant les 5 candidats qui sont devant dans les sondages (même si ça peut être en défaveur de ceux qui convainquent moins, comme cela est le cas pour Hamon et Fillon), qui favorisent eux-même la mise en avant des candidats à leur façon, avec un système qui le favorise au lieux des idées, avec le choix entre des programmes et leurs grandes lignes et non de voter entre les idées etc. Tout ça me donne l’impression d’un mécanisme qui fait qu’un Macron sera / serait probablement élu dans différentes variantes, et lui qui se présente comme un changement de tête dans la façon de faire de la politique fera finalement le jeu d’un « PS » toujours plus « droitisé ».
    ‘fin, on verra, les opinions sur les candidats et leur programme peuvent encore évoluer avant le premier tour.

    Vers une élection

    Ils étaient là, sur scène,
    Chacun ses papiers en tête
    Pour défendre sa capacité, ses épithètes,
    Tel des gladiateurs dans l’arène
    Avec la grâce des sénateurs
    Et les armes de la plume et des reflets,
    – Face à de la plèbe et des fées, sur place et ailleurs -,
    Transformés en ondes retransmis
    Par des ondes et / ou des fils jusqu’aux parvis
    Des regards plus ou moins affûtés,
    Des idées, des aspirations et des ouvertures
    Prêts à voir se dérouler les voies, les propositions
    Dans un festival d’escarmouches, de ferrades et d’estocades,
    Pour mûrir leur bulletin, la direction de la voilure.
    Petit à petit, des avis et des positions
    Se sont gravés, ancrés, jusqu’à la parade,
    Puis, sur le chemin des urnes, des impressions se partagent,
    Une notation contée cristallise une analyse,
    Fait résonner des réflexions, l’horizon de la frise,
    A chaque citoyen de choisir son halage au-delà des sondages.

  • avatar
    jacou

    Les compétiteurs

    Fillon : le Bourgeois  » gentil-hôme »
    Macron : le Petit Marquis
    Hamon : le Sapeur du fond des tranchées
    Lepen : La Jehanne à la francisque
    Mélanchon : Z le Vengeur sans masque

  • avatar
    Gaëlle

    question : pourquoi faire des vers quand on est nul en poésie ? est-ce que c’est un peu comme faire de la politique quand on est nul pour le bien commun ? rire quand on n’a pas d’humour ? pleurer sans sensibilité ? bref se faire semblant qu’on est vrai ? pouark, grande fatigue du vivant ce soir, aussi pour d’autres raisons, mais celle-là c’est la cerise sur le pompon…

  • avatar
    Tony

    Faite ce que vous s avez faire , le Naturel
    le reel est en partie une illusion scynté de conditions
    Le Possible oui quand il c est etre beau dans les valeurs de la vie essenciel
    bienvenue Ballantine , je connaissez avec le v mais pas avec le b , vous entrée en scene comme un Vb , Véhicule Blinder lol
    que de coup de balai , c est le printemps qui arrive a grande roue lol , sa me fait penser a Maryline , pas la chanteuse et actrice , la fille de Jlm , elle fait aussi le ménage , sur et sous les stands
    apres les tirs en rafales et aussi quand trop de maladroit , ses une famille ainssi blinder , question d habitudes et d huile de coude sous oliviers
    heu j ai pas regarder encore le débat lol , désoler et je me permet de commenter , j en direz quelques ligne de quelques signes percues
    apparament s était assez chiant lol d apres les ont dit , dite maitresse vous avez virer une partie de la classe vous n avez citer que 3 affeux , vous oubliez 2 autres et moi je rajouterez que Jlm a raison , cas 5 pour débatre ses pas evident mais a 11 sa doit etre encore plus chiant , mais sous cette forme il rajouta , car en général les débats a la télé ses tres centrés , sa tourne en rond et ya peu de place pour l imagination , la réalisation de concept bein étaillés
    en gros on regarde pas mal comment les gens sont sapés :

    https://www.facebook.com/MisterZorluOfficiel/photos/a.231959560194490.59888.224282684295511/1402985726425195/?type=3&theater

    j ai quand meme noter que Jlm était tres gentil , vi lol tres gentil , quand les 2 clochards néo conserviteur libéral , fillon et macron on vendue leurs systeme allemand comme répondant a ce conditionement du pleine emploie , je me suis dit Jlm va leur mettre le nez dans la réalité , ba non il ses abstenue , ses la ou l on voit qu il était enfant de coeur lol
    non je déconne , ses une autre image , ses pas plus mal , faut de tout pour tout ce beau monde lol
    m enfin j aurez fait avalez quelques bulletin aux 2 ivrogne sans vergogne de l idéologie de l argent roi et du tout et n importe quoi , en rappelant que déja l Allemagne ses pret de 15 Million de pauvres , plus de 17 % de la population , que cette polution idéologique pyramidale qui crée des creves la dalle sans arret non rassassier d un coter et de l autre des meurtres , vi je dit bien des meurtres et prémidités car les causes on les connais et les effets mais on continue comme sa a condamner des millions de gens a etre les damnés de systeme voir de la terre , car la plupart on perdu foi en leur terre et n on pas truver les mystere pour percer au dela du systeme , ou alors ses le manque d humanité dans ces idéologie suicidaire , je sait pas , sa ne marche pas , sa les fait jouir que 7 millions de travailleurs pauvres touche 450 e par mois en allemagne pour 60 h par semaine ? on est des objet peut etre , pour des désires a dominer
    bon , pas m enerver ,,,,,,, mhhhmmhhmmhhm Jlm lol
    enfin voila leur mettre le nez dedans , ravalez quelques bulletins ses pas plus mal tout sa lol
    bon , quelle thon elle a bradée llol ? j aime bien moi les plat thon lol au plat pays qui est

    https://www.youtube.com/watch?v=-5-N4Dbok34

    qui est le vent dans tout l essence
    ses fait expres c est zero ou quoi lol , vous vous fouter de la ……… lol

    https://www.youtube.com/watch?v=lBiBhoDlSRM
    &
    https://www.youtube.com/watch?v=YKTnwYvR6XY

    Les aventures de Pierro sans la lune et Gonzague le chomeur dans l’infra monde
    episode 6

    https://www.youtube.com/watch?v=Jrlye2hneKA

    a propos sur les 11 la plupart sortes de l Ena , meme format :p

    c est le printemps , les giboulet de marx s amene

    http://www.ina.fr/video/I05278593

    l eau c est cool et c est la vie qui pousse en ses dessus dessous
    salutation fraternel

  • avatar
    jacou

    @ Sieur Ballantine
    Indubitablement je vous reconnais l’habilité du maniement des mots que je n’ai pas , mais je compense ce « manque » par la capacité de chercher et de trouver de fraternels érudits à qui j’emprunte leurs plumes pour exprimer en mots choisis le mieux de ma pensée ;

     » Socrate, c’est assez original pour que l’on s’y arrête, ne nous paraît pas philosophe parce qu’il proposerait un savoir de plus, un savoir plus prétentieux que les autres, une doctrine ésotérique qui prétendrait à elle seule tout expliquer. Il est philosophe dans sa remise en question du savoir et dans son exigence de justification. En face de Socrate, il y avait les Sophistes, ceux-là qui allant de ville en ville prétendaient justement pouvoir tout enseigner. Socrate est philosophe dans cette étrange affirmation : il a conscience qu’il ne sait rien. La philosophie commence dans le non-savoir. Socrate explique que ce qu’il ne sait pas, il ne prétend pas non plus le savoir, comme ceux qui vendent si cher des leçons sur tout, sur la rhétorique, la vertu ou la justice. Un esprit qui commence par la vacuité libère immédiatement son intelligence. Il ne s’appuie pas sur un savoir entendu, il exige en toutes choses une justification. Il est mûr pour une compréhension juste. Comprenons bien le tour du dialogue socratique. Ce n’est pas un jeu gratuit qui viserait à dérouter simplement l’auditeur. Le philosophe n’est pas une sorte de discoureur vicieux qui ne chercherait qu’à embarrasser les autres. La philosophie n’est pas l’éristique. L’entretien philosophique est sincère parce qu’il vise la vérité, il est porté par une invincible confiance dans la vérité qui se montre au cours d’une mise en question inflexible. Accepter avec loyauté de ne rien savoir, ce n’est pas se décider pour le « rien », et jouer des grands airs sur le néant des choses humaines et du savoir humain, ce n’est pas tout nier, tout critiquer. C’est plutôt rechercher la totalité de ce qui est, affirmer ce qu’il en est de la vérité de ce qui est. Socrate semble dans cette démarche ne pas reconnaître d’autorité extérieure, que ce soit dans l’opinion ou dans la référence à des auteurs célèbres qui font autorité. Qu’importe l’opinion, ce que l’on peut dire, et même ce que l’on pense de moi, dira-t-il au procès. Qu’importe ce que disent les accusateurs et leurs mensonges. La vérité seule a autorité. Socrate ajoute que la voix intérieure, le daimon, ne l’a pas arrêté et seule cette voix est une autorité . La conscience intérieure est la seule autorité, parce qu’en matière de vérité l’esprit ne doit s’incliner que devant l’évidence.

    La sophistique contre laquelle se bat Socrate bien au contraire suit le pli de la démagogie et n’accorde pas à la vérité toute son importance. La rhétorique des sophistes est un art de la persuasion qui peut se détourner de la vérité, puisque ce qui importe c’est que le rhéteur parvienne à ses fins. La rhétorique permet à l’orateur de parler au niveau du pathos, de l’affectivité immédiate, le résultat recherché étant un pouvoir, un empire sur l’auditoire. Le rhéteur construit son discours sur l’intention de commander aux hommes. Les sophistes savent qu’il y a une magie des mots et une élégance du discours qui fait mouche, pour peu que l’on sache l’employer avec habileté. Dès le début de L’Apologie de Socrate, Socrate se défend de cet usage de la parole et il explique qu’il n’a pas de mots fleuris à offrir, qu’il ne sait pas manier la parole pour émouvoir à la manière des Sophistes, qu’il se contentera de dire la vérité avec les premiers mots venus. Ce n’est pas un hasard si cela apparaît dans la première page de L’Apologie de Socrate. C’est un enjeu que nous retrouverons constamment dans l’histoire de la philosophie, parce qu’il est présent ici et maintenant dans notre rapport à la Parole. Il est remarquable que Socrate, dans le bouillonnement de la pensée antique, se présente sans apporter une doctrine nouvelle. Il n’oppose pas une doctrine à une autre. La philosophie peut être considérée comme un exercice de lucidité, nu et sans présupposé. Socrate constate l’effondrement de la Cité grecque, la corruption des mœurs dont le ferment semble être la sophistique elle-même. Il avoue que devant un tel problème, le savoir de son époque, la philosophie de la Nature d’Anaxagore, n’apporte guère de solutions. Accumuler un savoir ne construit pas l’homme intérieur. L’accumulation du savoir ne nous aide pas, quand est en jeu le salut de l’homme et celui de la Cité. Alors que faire ?

    Il ne reste que la libre recherche capable de déraciner l’erreur, le souci de placer l’âme devant elle-même, pour lui redonner le désir du Vrai. Réduit à très peu de mots cela tient à une formule très dense : Connais-toi toi-même !

    Serge Carfantan ( L’image du philosophe )


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