PARADIGMES 4


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Comment va le monde ?
- comme on va
Où va le monde ?
- où on va

Autrement dit, cela dépend de nous et de notre vision du monde.
S'il va mal, c'est peut-être aussi parce que nous le voyons mal.
Il nous faudrait peut-être changer de lentilles pour voir et savoir ce qu'il en est.
Changer de mode d'interprétation.
Changer de modèle de représentation pour bien voir les choses comme elles sont.
Il nous faut un mot clé pour résoudre ce genre d'énigme.
Les Grecs l'ont trouvé, il s'appelle : paradigme.
Qu'est-ce qu'un paradigme ?
C'est notre champ d'interprétation de la réalité à un moment donné.
L'antiquité en avait un : la sagesse, la modernité en a un autre : la vitesse et toute époque a le sien, son paradigme, son modèle de représentation du monde.
Le paradigme est une logique socio-économique et culturelle qui correspond au niveau de conscience des hommes à un moment donné de leur histoire. Et nul n'ignore que notre conscience évolue au cours de l'histoire. Mais elle n'évolue pas sans peine, sans crise et sans souci.
Elle évolue en renonçant à son état antérieur et en annonçant son état ultérieur. C'est ainsi qu'elle progresse en surmontant ses propres contradictions, en assumant ses ruptures avec ses vieilles moutures.
Et si nous avons du mal avec le monde actuel, c'est parce que nous traversons justement une phase conflictuelle, très cruelle, phase de rupture réelle avec le monde et avec nous-mêmes.
Certains auteurs, physiciens ou métaphysiciens ont tenté de mettre sur pied une grille de lecture du monde tel qu'il est, pour nous épargner une vraie déconfiture.
Ils ont détecté le poison et prescrit le remède à notre sommeil dogmatique ou idéologique :

Le poison écologique qui décrit dans l'histoire le passage d'une logique d'abondance à une logique de dépendance.
L'eau et l'air se raréfient.
L'inépuisable est épuisé parce que nous sommes plus nombreux à tirer sur la même corde, de préférer être pendus avec plutôt que perdus sans.
Parce que l'homme est ainsi fait, il ne sait pas s'empêcher.
De remède, il n'y en a qu'un : substituer la qualité à la quantité : faire moins mais mieux ce qu'il fait.

Le poison technologique : parce que le mal n'est plus mécanique mais numérique... cybernétique... robotique...
Ce n'est plus l'homme qui invente la machine, c'est la machine qui réinvente l'homme et l'alimente désormais ! Votre patron n'est plus dans son bureau mais dans votre poche... c'est votre Smartphone.
C'est lui, l'espion. C'est vous, le pion.
De remède : il n'y en a qu'un : rendre à l'intelligence humaine toute son intelligence et soumettre l'intelligence artificielle au lieu de s'y soumettre.

Le poison économique : ça va de l'erreur à l'horreur économique. Avant pour exister le petit se faisait gros et pour le rester, il était condamné à avaler tous les plus petits. Mais ça, c'était avant !
Aujourd'hui, il y a une véritable mutation qui rend tous les acteurs quasiment équivalents ou dignes d'être pris en considération.
De remède, il n'y en a qu'un : mettre l'accent sur la qualité, sur la valeur, sur l'authenticité. On privilégie les hommes et non les choses... vivement les échanges symboliques.

Le poison organique : on est habitué à voir des organes créer des fonctions. On va devoir s'habituer à des fonctions qui créent des organes.
Le vieux modèle pyramidal, hiérarchique n'est plus fonctionnel du tout... ça va de haut en bas et rarement de bas en haut.
On va lui substituer un modèle plus complexe où il y a une interaction entre des éléments plus vivants, plus organiques, plus dynamiques... où tout le monde agit et réagit à la vitesse du son... parce que tout le monde fait partie de la représentation.
Le contrôle est continu : on ne laisse plus le temps au temps... plus rien n'est figé, tout est mobile. Tout est dans votre mobile.
De remède, il n'y en a qu'un : de ne plus attendre un ordre mais se le donner. Aller plus vite que la musique quitte à passer son temps à changer la partition.

Le poison éthique. C'est la métamorphose totale, royale, impériale.
Le poison c'est le progrès. Le remède sera le regret si on ne fixe pas soi-même les termes du progrès.
Avant on se demandait : comment faire. Mais ça, c'était avant...
Maintenant on se demande pour quoi faire, dans quel but et pour quelle fin on fait ce qu'on fait... on cherche un sens et on le trouve. On exige une valeur et on l'érige.
On ne vise pas de but, on vit comme s'il était déjà atteint.

 

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4 commentaires sur “PARADIGMES

  • avatar
    Alain Benajam

    Belle introduction à mon émission sur Méta TV sur les nouveaux paradigmes.
    j’aimerais diffuser ce billet hors abonnement chère Madame.

  • avatar
    Pascal

    Superbe. Une perle sur les paradigmes.

    J’espère que vous serez bientôt rebranchée sur l’électricité normalement, que vous n’aurez plus de coupures du genre et tout, plus avoir à vous soucier du risque.

    @ ceux qui lisent ce commentaire
    Hésitez pas à vous abonner, et/ou soutenir l’Artiste : https://www.lejournaldepersonne.com/carte-dabonnement/

    Sinon :

    * En lien avec différentes facettes du paradigme, une vidéo qui aborde la place de l’éducation, qui rejoint l’idée de « vitesse » de notre modernité, évolution rapide et conception du rôle de l’école autour, de ce que je me souviens  : Du paradigme de l’éducation : https://www.youtube.com/watch?v=e1LRrVYb8IE

    * Pour l’économie : Conquérir la souveraineté populaire, sur la valeur et sur la monnaie : http://www.dailymotion.com/video/x27bph2_bernard-friot-et-frederic-lordon-chez-tropiques_news

    * Un réalisateur – militant américain qui a essayé de s’intéresser aux sujets économiques et compagnie, à divers auteurs abordant des facettes du paradigme a réalisé il y a quelques temps une sorte de web série avec chaque « épisode » sur une thématique, concluant sur un concept proche de ce que j’avais scribouillé une fois, sur de l’extrapolation explorative avec l’utilisation d’une sorte de machine à voyager dans le temps : Récit de deux mondes (vostfr, sous-titres à activer s’ils ne s’affichent pas, bas droite de la barre de lecture, à gauche du ptit engrenage) : https://www.youtube.com/watch?v=Lnnzt8O-0hU

    Ceci dit :

    « Et si nous avons du mal avec le monde actuel, c’est parce que nous traversons justement une phase conflictuelle, très cruelle, phase de rupture réelle avec le monde et avec nous-mêmes.
    Certains auteurs, physiciens ou métaphysiciens ont tenté de mettre sur pied une grille de lecture du monde tel qu’il est, pour nous épargner une vraie déconfiture.
    Ils ont détecté le poison et prescrit le remède à notre sommeil dogmatique ou idéologique.
     »

    « Le contrôle est continu : on ne laisse plus le temps au temps… plus rien n’est figé, tout est mobile. Tout est dans votre mobile.
    De remède, il n’y en a qu’un : de ne plus attendre un ordre mais se le donner. Aller plus vite que la musique quitte à passer son temps à changer la partition.
     »

    « Maintenant on se demande pour quoi faire, dans quel but et pour quelle fin on fait ce qu’on fait… on cherche un sens et on le trouve. On exige une valeur et on l’érige.
    On ne vise pas de but, on vit comme s’il était déjà atteint.
     »

    Si y en a qui craignent des crises qui mettent fin à la « civilisation », de quoi penser qu’au stade où nous en sommes, si ça sera pas globalement de tout repos, le potentiel de solutions est là, prêt à fleurir, s’épanouir, en s’ancrant dans l’idée du sens trouvé.

    Me fait penser à un passage de Dieu et la science, livre des controversés frères Bogdanov avec Jean Guitton.

    Extrait : « La nature façonne à même le chaos les formes compliquées et hautement organisées du vivant. Par opposition avec la matière inanimée, l’univers du vivant est caractérisé par un degré d’ordre croissant : alors que l’univers physique va vers une entropie de plus en plus élevée, le vivant remonte en quelque sorte ce courant contraire pour créer toujours davantage d’ordre.
    Dès lors, il nous fait réévaluer le rôle de ce que nous appelons « hasard ». Jung soutenait que l’apparition de « coïncidences significatives » impliquait nécessairement l’existence d’un principe explicatif qui devait s’ajouter aux concepts d’espace, de temps et de causalité. Ce grand principe, nommé principe de synchronicité, est fondé sur un ordre universel de compréhension, complémentaire de la causalité. A l’origine de la Création, il n’y a pas d’événement aléatoire, pas de hasard, mais un degré d’ordre infiniment supérieur à tout ce que nous pouvons imaginer : ordre suprême qui règle les constantes physiques, les conditions initiales, le comportement des atomes et la vie des étoiles. Puissant, libre, infiniment existant, mystérieux, implicite, invisible, sensible, il est là, éternel et nécessaire derrière les phénomènes, très loin au-dessus de l’univers mais présent dans chaque particule. »

    Dans un autre passage, il est question d’évolution par paliers, parallèle avec l’entropie, le fait qu’il y a des états de grandes agitations qui finissent par laisser place à une nouvelle phase, en gros, de ce que je me souviens.

    Un regard sur le monde

    Je regardais des effets du monde
    Et des extrapolations,
    Suivais les traces dans la modélisation,
    Comme la trajectoire de vagues vagabondes,
    Avec les positions de récifs et d’un rivage incertaines,
    Dépendant de soi et de la somme,
    De la foi et de la force des axiomes,
    De l’éclairage des questions et des élans capitaines

    ô ! monde, vivement !
    A des maux de l’ère du temps,
    Des remèdes à portée,
    Comme en suspension dans le ciel,
    Prêts à être dévoilés et s’incarner
    En fonction de l’intensité et l’acuité des regards portés,
    De l’inspiration dans la spirale logicielle,
    De la conscience, l’intention et l’attention à œuvrer

    J’imaginais, au-delà des aléas, des crises, des usures,
    Des guerres, des tragédies, humaines et de nature,
    Les tableaux blanchis de solutions
    Appliquées, tel des explorateurs déjà au sommet de leur horizon,
    Les craies et les rames prêtes à toujours s’adapter,
    Et je regardais, par la fenêtre du rêve, l’humanité savourer,
    En harmonie avec la nature et les saisons,
    La vie dans un paradigme finalisé, une nouvelle phase, en évolution.

  • avatar
    jacou

    @ Personne,

    Sans vous tartiner desconfitures, vous êtes , pour moi, l’expression d’une conscience des plus éveillée qui s’exprime de façon précise et concise, loin du blablabla de ceux qui prétendent encore philosopher . Vraiment, je regrette que votre audience ne soit pas ce qu’elle pourrait être .

     » On ne vise pas de but, on vit comme s’il était déjà atteint. »
    – Cette affirmation est d’importance capitale, mais pour la comprendre il est nécessaire de connaître notre relation avec les lois créatrices de l’univers :

     » Tout ce qui existe a d’abord été potentiel

    Nous savons aujourd’hui que tout ce qui existe sur cette planète palpable ou impalpable est constitué d’énergie. Ces champs d’énergies possèdent une fréquence propre et se muent dans un sens ou dans un autre en fonction de l’impulsion créatrice. L’impulsion créatrice c’est la conscience du vivant sur cette planète (les hommes, les animaux, la nature). Puisque l’Univers est un champ de potentiels, tout y est, je dirais même «tout y est déjà», y compris ce que vous voulez vivre et que vous ne vivez pas encore.

    Pour bien comprendre comment ça fonctionne, imaginez une boule de pâte à modeler. Il y a tout dans une boule de pâte à modeler : une voiture, une maison, un éléphant, un escargot, ce que vous voulez… Elle n’attend que vous pour être modelée à partir de ce que vous imaginez. L’Univers, c’est exactement la même chose, tout flotte autour de nous, déjà disponible et prêt à prendre forme.

    La loi d’attraction….

    http://je-cree-mon-equilibre.com/la-loi-dattraction-tout-est-deja-la-sous-sa-forme-potentielle/

  • avatar
    Tony

    En toute conscience et dans les sens , faire vivre la Fraternité , en toute Égalités , ba vi d égos en égos ne pas oubliez ce numéro , cassée les inégalés indigne dans l humanité pour en Libérés plus de joies de voies pour plus de monde , dans ce monde brut
    remettre a l endroit ce qu est a l envers dans une justesse ou la justice n est plus un caprice
    il ya plusieurs réalités pour plusieurs particularités , parsque les particules et les idées sont emmêlé dans nos sens et nos émotions , nos expérience et des tas de transcendance dans cette essence qui pourtant na qu une vérité , cacher ou pas , nous somme tous liés et reliés , seul l états d esprit , la volonté peuvent modifier quelques réalités , pas la vérité , donc vouer a évoluer , en société comme dans chaqu un de nous
    de la nourritures pour tous il ya , de l eau pour tous , il ya des savoirs pour tous il ya , des toits pour tous il ya , de la médecine pour tous il ya ,c est le manque de volontés et d organisation qui manque donc un manque d amour pour tous , sans cela le nouveau paradigme ne serrez plus une énigme pour la majorité et quelques initiés plus ou moins a surfer sur plusieurs réalités
    elle est marrante celle si tiens :
    http://www.universcience.tv/video-vous-avez-dit-paradigme-3325.html
    salutation , fraternel !


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