Je ne pleure pas, je t'implore
De ne pas succomber devant l'ironie du sort.

Tu t'en souviens.
Peut-être encore
Que quand on est fort
On est plus fort que la mort
Et quand on est plus fort que la mort
Il n'y a pas plus fort que soi

Tu t'en souviens.
Peut-être encore
De la venue de Bourguiba
De la fin du protectorat
De Ben Youssef, de son assassinat
De la politique des étapes vers le bas
De Ben Salah
De la difficulté de mener le bon combat
La Tunisie cède mais ne rompt pas
Elle résiste aux aléas.

Tu t'en souviens.
Peut-être encore
Du 7 novembre, du coup d'état
De Ben Ali, des Trabelsi, de Leïla
Qui ont vidé le pays de tout, sauf de sa baraka
C'est la révolution du Jasmin qui sonnera leur glas.
La théocratie, tu n'y crois pas
La démocratie non plus d'ailleurs
Mais tu sais jouer à ce jeu-là
Et vint Ghanouch
Avec sa mauvaise Foi
Parce que ton Dieu, tu sais où il est
Tu n'as pas besoin qu'on te le montre du doigt.

Tu t'en souviendras.
Peut-être encore et encore
Juste la veille de ton indépendance
De ces êtres sans défense
Qu'on a assassiné dans ton musée
Pour te faire offense. La pire des offenses
20 mars signifie qu'on peut rater 20 marches
À condition de ne pas rater la 21ième !

Tu t'en souviendras.
Encore et encore
De ton combattant à l'astuce suprême
Qui t'a désappris la peur
Et appris à terroriser les terroristes.
Parce qu'il a compris sans l'aide de Caïd Essebsi
Que la Tunisie n'a qu'un seul amant
Qu'un seul ami
La liberté... qui coule dans ses veines
Et qui ne dira jamais à aucun homme : Amen

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