J’aime le noir
J’aime le blanc
Cela dépend des jours
De la couleur qui me fait la cour
Très peu portée sur le gris
Je ne suis pas un être de compromis
Les yeux peut-être verts
Peut-être bleus
N’ont jamais vu la vie en rose
Avec le sang déversé je vois rouge
L’habit noir
C’est mon parfum
Trop épicé… trop sucré
Exotique à l’extrême… mais j’aime
J’aime les amours asexuées
Les relations scénarisées
Les bonheurs prémédités
En un mot : l’art le plus sophistiqué
Je ne me connais que deux ennemis : le hasard et la nécessité
Entre le très haut et le très bas la roue tourne
Le valet qui devient roi et redevient valet
Et le roi qui devient moins que rien et redevient moins que moins que rien
Au royaume des aveugles les borgnes sont rois
Non, au royaume des aveugles les rois doivent être aveugles
Que la lumière soit… mais elle ne fut pas
Que la lumière se fasse… et dans ce cas il faut la faire
Avec les organes du dedans
Pas les vannes du dehors
On voit la paille dans l’œil de l’autre
Pas la poutre dans le nôtre
Peut-être parce que la paille est pire que la poutre
Je ne vois que des coupables aux bras longs
Et des innocents auxquels on a coupé les bras
Aucun procès ne tranchera jamais
Entre le mensonge et la vérité
Parce que nous sommes de la même veine que les songes
La même sève que les rêves
Ni marteau… ni enclume
Je n’ai que mon masque et ma plume

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