Personne ne me connait…
Je suis sa fille, sa dernière, sa préférée.
Oui, je me souviens encore de cette nuit
La nuit du Destin… Qui fuit.
Dans les sous-sols de Tripoli
Nous étions seuls, lui mon père et moi, sa fille
Cachés dans un trou de souris
Aménagé pour nous servir d’abri
Toute la famille avait quitté le pays pour l’Algérie
Excepté celui qui ne jure que par sa patrie
« patria o muerte » pas d’autre souci
Pas d’autre défi, sa terre c’est toute sa vie
À la lueur d’une bougie
Il a enregistré plusieurs messages pour embrouiller les mauvais esprits
Et puis, il a pleuré, il a ri
M’a pris dans ses bras et m’a demandé si j’étais vraiment sa fille ?
Ce n’était pas pour transgresser un interdit
Mais pour s’assurer qu’il lui reste encore un ami
C’est dur, dur, de durer m’a-t-il dit
Mais il voulait à tout prix reprendre le fil du récit.

Mon père avait brusquement vieilli
Mais sa folie avait rajeunie!
Les traitres c’est tout qu’il hait, c’est tout ce qu’il a toujours haï!
Et je me suis dit qu’il ne peut y avoir de fin à cette partie…
Je suis la poussière qui peut tout dissoudre, o Lubie !
Je suis la poussière qui peut tout absoudre… oh que si!
Et Je pris la décision de mettre fin à son dépit

Dieu, donne-moi la force de ne pas vous craindre …
Et j’ai versé une larme de poison
Dans sa coupe à moitié vide, ou à moitié pleine
Il l’a bu et aussitôt rendu l’âme.
Et je pleure, et je pleure
Pour me persuader que rien ne se meurt.
Bonheur …C’est fou ce que tu me manques!
Me pardonneras-tu? Dis… moi… dis… le…moi !
Abîme !
Je n’ai commis aucun crime.
Pas de coupable donc pas de victime.
Pour toi papa, ce sera la cime!
Les mortels ne t’auront plus jamais
Parce que tu es désormais hors de leur portée…
Immortalisé… immortel parmi les mortels
Une étoile qui s’apprête à se venger
Et voir sa vengeance se renouveler à l’infini…
Parce qu’ils ne retrouveront jamais le corps de leur ennemi.
Me pardonneras-tu, dis-moi, dis le moi.

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