La France n’est pas une bambola 7


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Électeurs, électrices

À la France, je ne crois pas... Je ne crois plus que vous puissiez rendre encore le moindre service

Permettez-moi de vous rappeler que la politique est un art, pas un artifice !

Je ne sais pas avec quelle main vous accomplissez votre devoir civique ou cynique ?

La main gauche ou la main droite ?

Peut-être même avec votre pied ? Quel pied !

Je vais vous faire une confidence :

Vous m'avez ôté à tout jamais tout envie de voter

Parce que vous ne vous rendez même pas compte que le bulletin que vous glissez dans l'urne en vous disant : "il faut que ça change" ne contribue pas le moins du monde à nous rehausser mais à nous rabaisser... au plus bas niveau de l'être.

Parce que vos élus déçoivent, décevront, ont toujours déçu, avant, pendant et après.

Et qui paye les pots cassés ? Tous ceux qui ne peuvent faire autrement que d'avaler vos couleuvres par vertu républicaine ou par vanité démocratique.

Et je me mets à rêver d'un coup d'état pour remettre les choses en bon état de fonctionnement. Oui j'ai envie que ça change pour de vrai ; qu'on révolutionne le mode de représentation, les représentants et peut être même les représentés... qui mettent notre destin entre les mains de n'importe quel demeuré.

Et si vous me dites qu'ils ne peuvent faire autrement, je changerai le peuple... je changerai de peuple... s'il ne change pas.

Vous voulez vraiment que la France renaisse de ses cendres ? Alors renoncez à l'espérance démocratique.

 

Celui qui a voté pour celui-ci... est le même que celui qui va revoter pour celui-là et le même que celui qui pourrait voter pour celle-là...

C'est cet abruti qu'il va falloir empêcher de voter la prochaine fois. Et cet abruti c'est toi, c'est lui. Mais ce n'est pas moi.

 

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7 commentaires sur “La France n’est pas une bambola

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    izitso

    bravo ! je connais ce lieu à ces briques rouges réfractaires faisant office de mur , pas très loin de là où vous étiez assise , Cat Stevens avait chanté « don’t be shy » .dans un drôle de studio d’enregistrement ………..plus sérieusement …faites un coup d’Etat ….mais ne changez surtout pas de peuple . ceux qui pourraient prendre la place des initiaux voteront avec leurs pieds ……..à la mode de chez nous ………………….

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    Pascal

    Mouche. Touche le point sensible du papier dans l’urne, avec un certain humour qui fait réfléchir, réfléchit le système représentatif. L’art de cristalliser.

    « Changer le peuple » chiche :D, ou pas :o. ‘fin, les outils médiatiques, éducation populaire, cultures, permettent d’agir sur les opinions, de les brasser, ce qu’on peut considérer y participer d’un certain point de vue.

    Toujours est-il que plusieurs « outils » pourraient être, peuvent être envisagés (référendum d’initiative populaire, mandat impératif, fin des sondages qui influencent etc.), pour modifier le mode de représentation, la liste de choix des représentants (tirage au sort et/ou établissement d’une liste d’experts ou pas, suivant la fonction, si elle s’exerce à l’échelle nationale ou local – sachant qu’à l’échelle local le « contrôle » et la possibilité de connaître la liste des prétendants sont facilités -, ou autre, sans qu’ils cherchent à conquérir le pouvoir etc.). Y a notamment l’idée des fédérations, de plus de possibilités à l’échelle locale pour plus ou moins inverser la pyramide des pouvoirs de décision.

    A propos du mandat impératif :

    «  L’importance du mandat impératif pour les anarchistes

    Dans la théorie anarchiste.

    La mise en avant par les anarchistes de l’expression « mandat impératif » paraît relativement tardive (XXe siècle). Les premières évocations du mandat semblent d’abord renvoyer aux notions de contrôle et de révocabilité du mandataire (ou mandaté) par les mandants, dans les cas où le mandataire ne respecterait pas évidemment son mandat.

    En 1930, Pierre Besnard, anarcho-syndicaliste français, cofondateur en 1926 de la CGT-SR (syndicaliste révolutionnaire), écrit ainsi à propos du fonctionnement des organes politiques qui subsisteront après la Révolution : « Comme tous les régimes, comme toutes les formes sociales, l’ordre qui surgira de la Révolution possédera des rouages politiques. Ils n’auront, bien entendu, rien de commun avec ceux qui existent en régime capitaliste. […] plus de ces députés n’ayant de comptes à rendre à personne, nommés pour un temps déterminé, mais […] des délégués directs, des travailleurs comme les autres, siégeant pour un temps indéterminé – d’une manière générale, très court – révocables à tout instant, placés sous le contrôle permanent de leurs mandants, comme sur le plan économique. » 2

    Autre exemple, en 1969, Nicolas Walter écrit de son côté : « [L]es anarchistes […] [ne] craignent ou [ne] haïssent [pas] le gouvernement du peuple, mais […] croient que la démocratie n’est pas le gouvernement du peuple […]. Ce qu’on appelle démocratie et dont on prétend que c’est le gouvernement du peuple par lui-même, c’est en fait le gouvernement du peuple par des gouvernants élus, et on devrait plutôt l’appeler  » oligarchie consentie « . Le gouvernement par des chefs qu’on a choisis est différent et généralement meilleur que celui où les chefs se sont choisis eux-mêmes, mais c’est encore le gouvernement de certains sur d’autres. […] La plupart des gens admettent que ceux qui sont concernés par un changement devraient être consultés avant qu’une décision soit prise ; les anarchistes vont plus loin et soulignent qu’ils devraient prendre la décision eux-mêmes et la mettre en application. Les anarchistes rejettent donc l’idée […] de la délégation des pouvoirs. Sans aucun doute, en pratique, la plupart des choses seront toujours faites par peu de monde – par ceux qui sont intéressés par un problème et sont capables de le résoudre – […]. L’important est que les leaders et les experts ne soient pas forcément des chefs […]. Il peut arriver que la représentation soit utile ; mais le vrai représentant est le délégué ou le député qui est mandaté par ceux qui l’envoient et qui peut être révoqué immédiatement par eux. » »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Mandat_imp%C3%A9ratif#L.E2.80.99importance_du_mandat_imp.C3.A9ratif_pour_les_anarchistes

    A propos de référendum, y a eu dernièrement l’Ecosse qui a voté non pour son indépendance. Certains pensent que c’est pas plus mal, car sinon ils considèrent qu’elle aurait été récupérée par l’Europe. Je n’ai pas étudié le « dossier », les divers arguments, mais par contre, lu qu’il y a des soupçons de cas de fraude, et puis de ce que je comprends, y a aussi le jeu des influences pour faire pencher la balance avec des outils qui influencent le choix, pour peser sur les indécis.

    Écosse – Le « no » l’emporte sous le signe du doute et de la peur : http://actualites.sympatico.ca/nouvelles/blogue/ecosse-no-doute-peur-fraude

    Fraude de votes en Écosse – Preuves visuelles : https://www.youtube.com/watch?v=4aAnWAACF4Q

    Mais sur l’indécision, sur le vote en lui-même, me fait penser que j’avais entendu le témoignage, le bref interview de quelqu’un qui expliquait qu’il pensait voter non avant d’aller devant l’urne, pour finalement déposer un oui. Ce qu’on peut corréler avec les indécisions lors du choix des programmes, et le pouvoir de l’importance de l’image, du pouvoir médiatique. Déjà qu’on est bien peu de choses, comme l’a dit l’amie la rose, alors quand beaucoup de bulletins sont en balance… Bon, en même temps, quand c’est pour des programmes formatés pour le paradigme, tenter de susciter l’envie du plus grand nombre sans trop d’engagement que celui de ne pas trop multiplier les rages de dents de ceux qui en ont au moins quelques-unes…

    Enfin, toujours sur le vote, sur le vote des têtes, des programmes, sur le système politique, pas encore vu, il est sur ma « pile de docs à voir », mais un film sur le sujet, au cas où ça intéresse :

    Film J’ai pas voté https://www.youtube.com/watch?v=uzcN-0Bq1cw

    http://wiki.gentilsvirus.org/index.php/Plan_d%C3%A9taill%C3%A9_du_film_%22j%27ai_pas_vot%C3%A9%22

    *

    Des cendres dans l’urne
    Sèment les germes de voies,
    Fi d’infortunes

    Montent les paliers,
    Brassent papiers créatifs,
    Écoute d’encres

    Portes ouvertes
    Sur balance commune,
    Aux poids partagés

    Sans tremper les mains
    Dans les marées provoquées,
    Les vagues dorées

    Des bouées de trônes
    Reliées en points proches,
    Sauf quelques errants

    Devant la foule,
    Mèmes sillons, choix soufflés,
    Éloignés du ciel

    Tombe à l’ouvrage,
    Jusqu’à nouvelle vague,
    Des germes biens fleuris.

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    jacou

    ÇA PIQUE – L’attaque de Michèle Delaunay contre ses anciens « camarades »

    « Ils apprennent à tuer le père. » Michèle Delaunay, ancienne ministre socialiste, est incisive à l’encontre de ses anciens collègues du gouvernement. Dans un billet réprobateur publié sur son blog, « ils » en prennent pour leur grade, tous ceux qu’elle accuse de « faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie »
    Les personnes visées, ce sont tous ces élus coincés « dans le tunnel », selon les mots de la députée de la Gironde. Par cette métaphore, elle vilipende vertement tous les élus qui « n’ont jamais connu la vie réelle. Entrés tôt dans le tunnel, ils n’en sont jamais ressortis », tonne-t-elle. »…

    http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/09/15/ca-pique-lattaque-de-michele-delaunay-contre-ses-anciens-
    camarades/

    On ne peut jamais changer les autres, on ne peut que se changer soi-même et plus qu’un petit bulletin de vote , c’est l’état des consciences individuelles qui détermine l’état de la conscience collective et, de celle-ci peut émerger une « figure » représentative . Aucun des grands dictateurs n’auraient pu voir le jour s’il n’y avait eu l’assentiment conscient ou….inconscient d’une majorité « silencieuse ». La voix des « consciences avancées » n’a jamais pu se faire entendre de la conscience collective , celle-ci , supportant difficilement d’être dérangée n’est sensible qu’à ce qui la brosse dans le sens du poil de l’habitude . La conscience humaine évolue petit à petit ou bien de façon radicale par un brusque changement de paradigme

    Message de Sanat Kumara reçu par Agnès Bos-Masseron le 11-5-14

    « Chaque être contient la totalité de la mémoire de perfection.
    Se nourrir à la mémoire de la simple grandeur de l’humain.
    Vous le savez, l’on peut parler sur deux plans. Sur le plan du temps linéaire, à l’origine, l’harmonie parfaite. A travers toute la terre, une civilisation fraternelle, unifiée, honorant la perfection de la vie à travers son incarnation, honorant la perfection de la vie à travers la perfection de sa structure physique. La fraternité des Immortels.

    Et selon la courbe du temps, sont entrées les croyances dans les différences. Et l’humanité a oublié que l’unicité peut être vécue au sein du un, et que l’humanité peut être une race unie, la race du cœur, chacun exprimant l’unicité de son lieu de vie, de sa culture, tout en préservant cette évidence que l’humanité est une seule race. La fraternité du vivant, chacun honorant cet autodépassement naturel à la vie.
    Au fil de cette apparence du temps, l’humanité a commencé à placer ses croyances sur les divergences, et à perdre l’évidence de la perfection de la vie. Voulant conquérir l’évidence, l’ego s’est cristallisé, et est née la croyance de devoir conquérir ce qui semble l’impossible. Et au fil des croyances, se sont cristallisées les énergies et la mémoire fut perdue.
    Au fil de ces temps, la fraternité des Immortels, du Un, a murmuré l’évidence. Au fil du temps, leur voix s’est fait toujours plus entendre. L’heure est venue du grand retour. Retrouver cet art de l’incarnation. Tout est ouvert, tout est offert. »…

    En attendant , pour faire la Bamboula ….. -:)
    http://www.bamboula.com/

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    jacou

    Dans la série : « coïncidence et corrélation » voici un lien sur la « mémoire de l’eau » la théorie et la pratique dans de vastes implications médicales, de même que les misères faites au VRAIS scientifiques qui en dé-couvrant certaines lois subtiles de la nature indisposent fortement l’establishment scientifique encagé dans des habitudes dorées.

    https://www.youtube.com/watch?v=37zau7BcGZA

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    Tony

    La Politique de par essence est de savoir , le savoir est de conscience et de l information aussi , on est pâs obliger de connaitre les formats a donf et les convenances pour prendre en main les destiner des communautés , cites
    sa reste des rapports de forces aussi , pour germé la graine doit percer la taire
    si la politique est a faire évoluer ses a chaqu ‘un de trouver l ‘égalité et de la porter , si on veut laissez spécialisez alors laissons les spécialistes nous parler des pistes
    le bulletin n est rien l engagement est tout mais avec rien on peut aussi tout faire ou tout défaire ses tout
    un passage , sa l était avant nous , plus de sages il nous faut aujourd huit pour demain
    des projets pour faire évoluer il faut les porter , comme pour l ‘eau / haut
    on continue a nous parler des politique , des gens formater , éduquer , conditionner et non des projets , normal puisque le but est le pouvoir et de l assoir
    a chaqu’ un de levers et de porter des projets pour évoluer dans l ‘humaine idée
    pour ma part ses faits et ya déjà beaucoup a faire et ya pas que la politique , j aime les étoiles même si j aime la justice
    ya pas a choisir je prend tout
    le grand manie de toute façon me ferra quand il veut des guy lie dans le troue lol

    Des anarcho-punks aux finances publiques… à Reykjavík
    http://www.autrefutur.net/Des-anarcho-punks-aux-finances

    Fête de l’Huma : Kerviel loue Mélenchon qui l’a « ramené à la vie »
    http://www.lepoint.fr/politique/fete-de-l-huma-kerviel-loue-melenchon-qui-l-a-ramene-a-la-vie-13-09-2014-1862888_20.php#xtor=CS1-32

    LQR – La propagande du quotidien
    https://www.youtube.com/watch?v=BEYrB_NUpfs

    https://www.facebook.com/video.php?v=10204775063321413

    La France est comme le reste des nations désunies ou pas , des rations de terre chez grand mère
    une tombe holà , on a tous ce même numéro

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    Pascal

    * Pourquoi je n’irai pas voter

    « Ce post est long, très long. Je vous encourage à ne pas le lire si vous ne comptez pas le finir. Mais si vous souhaitez émettre un jugement sur cette opinion, il serait judicieux de l’analyser, de prendre le temps nécessaire pour la comprendre avant d’émettre un jugement hâtif. Bonne lecture aux courageux !

    Pour commencer, voter est un acte qui implique votre responsabilité. Si je ne vote pas, ma part de responsabilité n’est pas inexistante mais s’exprime sous une autre forme.

    « Le sort de la République ne dépend pas du papier que vous mettez dans l’urne, une fois l’an, mais de l’homme que vous décidez d’être chaque matin en sortant de votre chambre. »
    H.D Thoreau

    « Je connais deux espèces d’hommes. La grande majorité sont des hommes du monde. Ils vivent en surface ; ils s’intéressent à ce qui passe, à ce qui change, ils sont pareils au bois à la dérive sur le fleuve. Ils ne demandent jamais que les nouvelles, écume et rebut de la vie éternelle, et les demanderont toujours. Ils usent de civilité ; ils rachètent le manque de fond par les manières. Ils ont beaucoup de lettres à écrire. La richesse et la louange des hommes constituent pour eux le succès. Les entreprises de la société leur suffisent et leur semble une fin en soi. Le monde les conseille et ils écoutent son conseil. Créatures des circonstances, la vie qu’ils mènent est évanescente. Il est d’une haute importance pour eux de savoir qui est aujourd’hui président. (…)

    Ce qui intéresse une ville, une cité, un grand nombre d’hommes est toujours quelque chose de médiocre, comme la politique. Il m’est impossible de m’intéresser à ce qui intéresse d’habitude les hommes. Leurs recherches et leurs buts me semblent frivoles. C’est dans les moments où je suis le plus moi-même et où je vois le plus clair, que les hommes me sont le moins visibles. »
    Avril 1852, journal d’Henry David Thoreau

    ——————————————————————————

    « Si cela s’appelle un métier que de gouverner, je demande à voir les produits de ce métier, et si ces produits ne sont pas à ma convenance, je déclare que me forcer à les consommer est le plus étrange abus d’autorité qu’un homme puisse exercer sur un autre homme. Il est vrai que cet abus s’exerce par la force et que c’est moi qui entretiens, de mes deniers, cette force dont je me plains. Cela considéré, je me replie sur moi-même et je reconnais qu’en même temps que je suis une victime, je suis un sot aussi.
    Mais ma sottise tient à mon isolement, et c’est pour cela que je dis à mes concitoyens : Redressons la tête ; n’ayons confiance qu’en nous-mêmes ; disons : que la liberté soit, et la liberté sera. »

    Anselme Bellegarrigue – Au fait ! Au fait ! Interprétation de l’idée de démocratie

    « Mais voici ce que j’entends dire: L’unanimité est, sur toute question comme dans tout pays, irréalisable. Cependant, tout gouvernement venant du vote, il ne faudrait rien moins, pour empêcher un gouvernement de naître, que l’abstention unanime; car, en supposant que neuf millions d’électeurs sur dix millions s’abstinssent, il resterait toujours un million de votants pour faire un gouvernement, auquel la nation tout entière serait forcée d’obéir; or, il y aura en tout temps en France un million, au moins, d’individus qui auront intérêt à faire un gouvernement; donc la proposition est absurde.

    Je réponds:

    Il n’est même pas nécessaire de trouver un million d’hommes pour faire un gouvernement; cent mille, dix mille, cinq cents, cent, cinq individus peuvent le faire, un citoyen tout seul peut le constituer. Lafayette fit seul, en 1830, Louis-Philippe roi; et pendant les 18 années qui suivirent cet événement, le pouvoir parlementaire s’est fait, dans un pays de 35 millions d’âmes, par, le simple concours de 200 mille censitaires. Quelque restreint que soit le nombre des citoyens qui concourent à faire un gouvernement, qu’importe! Ce que je tiens à constater ici, c’est que nul gouvernement ne saurait vivre contre le gré des majorités nationales.

    Dites-moi si vous pensez qu’un gouvernement qui aurait été fait par un million, ou moins, d’individus pût être plus mesquin, plus dépopularisé, plus perplexe que celui auquel huit millions d’individus ont donné l’être.

    Je m’obstine à croire que les électeurs ne savent pas qu’ils se suicident civilement et socialement en allant voter; un vieux préjugé les tient encore loin d’eux-mêmes, et l’habitude qu’ils ont d’être chez le gouvernement les empêche de voir qu’il ne tient qu’à eux d’être chez eux. Mais en supposant que, par impossible, les électeurs qui quittent leurs affaires, qui négligent leurs intérêts les plus pressants pour aller voter, soient pénétrés de cette vérité, à savoir: qu’ils se dépouillent, par le vote, de leur liberté, de leur souveraineté, de leur fortune en faveur de leurs élus qui, désormais, sont substitués de fait à eux-mêmes; en supposant qu’ils sachent cela et qu’ils consentent librement mais follement à se mettre sous la dépendance de leurs mandataires, je ne vois pas que leur propre aliénation puisse entraîner celle de leurs semblables. Je ne vois pas, par exemple, comment ni pourquoi les trois millions de Français qui ne votent jamais sont passibles de l’oppression légale ou arbitraire que fait peser sur le pays un gouvernement fabriqué par les sept millions d’électeurs votants. Je ne vois pas, en un mot, comment il arrive qu’un gouvernement que je n’ai pas fait, que je n’aie pas voulu faire, que je ne consentirai jamais à faire, vient me demander obéissance et argent, sous prétexte qu’il y est autorisé par ses auteurs. Il y a évidemment ici un leurre au sujet duquel il importe de s’expliquer, c’est ce que je vais faire.

    Que l’électorat n’est et ne peut être actuellement qu’une duperie et une spoliation

    Cela dit, j’aborderai la question et, sans me préoccuper des sentiments de crainte ou des rêves d’espérance qui pourraient pousser tour à tour à mon aide ou à mon encontre les évocateurs de la monarchie et les prophètes de la dictature. Usant de l’inaliénable faculté que me donnent et mon titre de citoyen et mon intérêt d’homme, raisonnant sans passion comme sans faiblesse; austère comme mon droit, calme comme ma pensée, je dirai :

    Tout individu qui, dans l’état présent des choses, dépose dans l’urne électorale un bulletin politique pour l’élection d’un pouvoir législatif ou d’un pouvoir exécutif est, sinon volontairement, du moins à son insu, sinon directement, du moins indirectement, un mauvais citoyen.

    Je maintiens le mot sans en retrancher une syllabe.

    La question étant formulée de cette sorte, je me débarrasse tout à la fois et des royalistes qui poursuivent la réalisation du monopole électoral, et des gouvernementalistes républicains, qui font de la formation des pouvoirs politiques un produit du droit commun, je tombe, par le fait, non pas dans l’isolement, ce qui, d’ailleurs, m’inquiéterait peu, mais dans le sein de ce vaste noyau démocratique – plus du tiers des électeurs inscrits – qui protestent, par une abstention continue, contre l’indigne et misérable sort que lui font, depuis deux ans, la délétère ambition et la non moins délétère duperie des partis et des badauds.

    Sur 353.000 électeurs inscrits dans le département de la Seine, 260.000 seulement ont pris part au vote du 10 mars dernier; le personnel de l’abstention a même été moins nombreux à cette époque qu’aux élections antérieures. Paris étant un foyer politique plus intense que les autres centres électoraux et renfermant, par conséquent, moins d’indifférents que la province; il est exact de dire que les pouvoirs politiques se forment en dehors du concours de plus d’un tiers des citoyens du pays. Or, c’est à ce tiers que je me rattache; car là, on en conviendra, il n’y a ni la peur qui vote sous prétexte de conserver, ni l’ambition qui vote pour conquérir, ni l’ignorance moutonnière qui vote pour voter; il y a là cette sérénité philosophique que puisent dans une conscience placide le travail utile, la production non interrompue, le mérite obscur, le courage modeste.

    Les partis ont qualifié de mauvais citoyens ces sages et graves philosophes des intérêts matériels, qui ne se mêlaient pas aux saturnales de l’intrigue; les partis ont horreur de l’inertie politique, métal sans pores sur lequel nulle domination ne peut mordre. Il est temps de tenir compte de ces légionnaires de l’abstention, car c’est dans eux que siège la démocratie; c’est chez eux que réside la liberté, si exclusivement, si absolument, que cette liberté ne sera acquise à la nation que le jour où le peuple entier imitera leur exemple.

    Pour élucider la démonstration que je poursuis, j’ai deux choses à examiner:

    Premièrement, quel est l’objet du vote politique?

    Secondement, quel doit être inévitablement son résultat?

    Le vote politique a un double objet: l’un direct, l’autre indirect. Le premier objet du vote politique est de constituer un pouvoir; le deuxième, c’est – le pouvoir une fois constitué, – de rendre les citoyens libres et de réduire les charges qui pèsent sur eux; c’est, en outre, de leur faire justice.

    Tel est, si je ne me trompe, l’objet avoué du vote politique, quant à l’intérieur. L’extérieur n’est pas ici en question.

    Déjà, donc, en allant voter et par le fait seul de son vote, l’électeur avoue qu’il n’est pas libre et il adjuge à celui qu’il nomme la faculté de l’en rendre; il confesse qu’il est grevé, et il admet que le pouvoir élu a la puissance de le dégrever; il déclare vouloir l’établissement de la justice et il concède à son délégué toute autorité pour le juger.

    Fort bien. Mais reconnaître à un ou plusieurs hommes la puissance de me rendre libre, de me dégrever et de me juger, n’est-ce pas placer, en dehors de moi, ma liberté, ma fortune, mon droit? N’est-ce pas admettre formellement que cet homme ou ces hommes qui peuvent me libérer, me dégrever, me juger, non seulement restent maîtres de m’opprimer, de me ruiner, de me mal juger, mais sont même dans l’impossibilité de faire autrement, attendu, qu’étant substitués à tous mes droits, je n’ai plus de droits et qu’en protégeant le droit, ils n’ont qu’à se protéger eux-mêmes?

    Si je demande quelque chose à quelqu’un, j’admets que ce quelqu’un a ce que je lui demande; il serait absurde que je fisse une pétition pour obtenir ce qui serait en ma possession. Si j’avais l’usage de ma liberté, de ma fortune, de mon droit, je n’irais pas les demander au pouvoir. Que, si je les demande au pouvoir, c’est probablement parce qu’il en est possesseur, et, s’il en est possesseur, je ne vois point quelles leçons il a à recevoir de moi touchant l’emploi qu’il juge à propos d’en faire.

    Mais comment le pouvoir se trouve-t-il possesseur de ce qui m’appartient? De qui le tient-il? Le pouvoir, en prenant pour exemple celui qui est devant nous, se compose de M. Bonaparte qui hier encore, était un pauvre proscrit sans trop de liberté et sans plus d’argent que de liberté.

    De sept cent cinquante Jupiter-tonnants qui, vêtus comme tout le monde et pas plus beaux certainement, parlaient il y a quelques mois, avec nous et pas mieux que nous, j’ose le dire; de sept à huit ministres et de leurs dérivés dont, la plupart, avant de tirer la queue du budget, tiraient celle du diable, avec au moins autant d’opiniâtreté que le premier venu d’entre les écrivains linéaires. Comment se fait-il que ces pauvres hères d’hier, soient mes maîtres d’aujourd’hui?

    De qui ces messieurs tiennent-ils, s’il vous plaît, le pouvoir dans le sein duquel vous avez toute liberté, toute richesse, toute justice? À qui faut-il s’en prendre des persécutions, des impositions et des iniquités dont nous gémissons tous? Aux votants, évidemment.

    La Constituante qui a commencé à nous donner la danse; M. Louis Bonaparte qui a continué l’instrumentation, et la législative qui est venue renforcer l’orchestre, tout cela ne s’est pas fait tout seul. Non, tout cela est le produit du vote. À ceux qui ont voté la responsabilité de ce qui s’est fait et de ce qui suit. Cette responsabilité, nous ne l’acceptons pas, nous, démocrates du travail et de l’abstention; allez chercher ailleurs que chez nous la solidarité des lois oppressives, des règlements inquisitoriaux, des égorgements, des exécutions militaires, des incarcérations, des transportations, des déportations, de la crise immense qui écrase le pays. Allez, maniaques du gouvernement, frapper votre poitrine et vous préparer au jugement de l’histoire! Notre conscience est en paix. C’est bien assez que, par un phénomène qui répugne à toute logique, nous subissions un joug que vous seuls avez fabriqué; c’est bien assez, qu’avec la vôtre, notre liberté se soit enfuie; c’est bien assez que vous ayez livré, avec ce qui vous appartenait, ce qui ne vous appartenait pas, ce qui devrait être inviolable et sacré: la liberté et la fortune d’autrui!

    Le droit d’aînesse et les lentilles du peuple français

    Vous avez fait tout dernièrement un gouvernement blanc dont l’objet unique, – et vous ne sauriez l’en blâmer – est de se débarrasser des rouges. Si vous faites un gouvernement rouge, son objet unique – et il serait plaisant que vous le trouvassiez mauvais, – sera de se débarrasser des blancs. Mais les blancs ne se vengent des rouges et les rouges des blancs qu’à coups de lois prohibitives et oppressives; or, sur qui pèsent ces lois? Sur ceux qui ne sont ni rouges, ni blancs, ou qui sont, à leurs dépens, tantôt blancs et tantôt rouges, sur la multitude qui n’en peut mais; si bien que le peuple est tout meurtri des coups de massue que les partis se donnent sur son dos.

    Je ne critique pas le gouvernement; il a été fait pour gouverner, il gouverne, il use de son droit, et, quoi qu’il fasse, j’affirme qu’il fait son devoir. Le vote, en lui donnant la puissance, lui a dit: Le peuple est pervers, à vous la droiture; il est emporté, à vous la modération; il est stupide, à vous l’intelligence. Le vote, qui a dit cela à la majorité actuelle, au président de céans, le dira aussi (car il ne peut dire rien de plus, rien de moins) à une majorité quelconque, à un président quel qu’il soit. Donc, par le vote, et quoi qu’il retourne, le peuple se met, corps et biens, à la merci de ses élus pour qu’ils usent et abusent de sa liberté et de sa fortune; nul n’ayant fait de réserves, l’autorité n’a pas de limites.

    Mais la probité, dit-on! mais la discrétion! mais l’honneur! … fumée! Vous faites du sentiment quand il faut faire des chiffres; si vous placez vos intérêts sur les consciences, vous placez à fonds perdus; la conscience est un ustensile à soupape.

    Réfléchissez un instant à ce que vous faîtes. Vous vous pressez autour d’un homme comme autour d’une relique; vous baisez le pan de son habit; vous l’acclamez à l’assourdir; vous le chargez de présents; vous bourrez ses poches d’or; vous vous dépouillez, à son profit, de toutes vos richesses; vous lui dites: Soyez libres au-dessus des libres, opulent au-dessus des opulents, fort au-dessus des forts, juste au-dessus des justes, et vous vous avisez ensuite de contrôler l’emploi qu’il fait de vos présents? Vous vous permettez de critiquer ceci, de désapprouver cela, de supputer ses dépenses et de lui demander des comptes? Quels comptes voulez-vous qu’il vous rende? Avez-vous dressé la facture de ce que vous lui avez remis? Votre comptabilité est en défaut? Eh bien! vous êtes sans titres contre lui; le bordereau que vous voudriez présenter n’a pas de base; on ne vous doit rien!

    Maintenant criez, tempêtez, menacez, c’est peine perdue; votre obligé est votre maître: inclinez-vous et passez.

    Dans les contes bibliques, il est dit qu’Esaü vendit son droit d’aînesse pour des lentilles. Les Français font mieux que cela, ils donnent leur droit d’aînesse et les lentilles avec.

    Que démasquer la politique c’est la tuer

    Je m’explique, et, dussé-je me répéter, je poserai ici cette question:

    Que dit l’électeur en déposant son bulletin dans l’urne ? Par cet acte, l’électeur dit au candidat: je vous donne ma liberté sans restriction ni réserve; je mets à votre disposition, je livre à votre discrétion mon intelligence, mes moyens d’action, mon capital, mes revenus, mon industrie, toute ma fortune; je vous cède mes droits et ma souveraineté. Subsidiairement, il reste entendu que la liberté, l’intelligence, les moyens d’action, le capital, les revenus, l’industrie, la fortune, les droits, la souveraineté de mes enfants, de mes proches, de mes concitoyens, tant actifs que passifs, tombent, avec tout ce que je vous transmets de mon chef propre, dans vos mains. Le tout vous est remis afin que vous en fassiez tel usage qui vous semblera bon; ma garantie, c’est votre humeur.

    Tel est le contrat électoral. Argumentez, controversez, discutez, interprétez, tournez, retournez, poétisez, sentimentalisez, vous ne changerez rien à cela. Tel est le contrat. Il est le même vis-à-vis de tous les candidats; républicain ou royaliste, l’homme qui se fait élire est mon maître, je suis sa chose; tous les Français sont sa chose.

    Il reste donc bien compris que l’électorat consacre et l’aliénation de ce qui est à soi, et l’aliénation de ce qui appartient aux autres. il est évident, dès lors, que le vote est, d’un côté, une duperie, et, de l’autre, une indélicatesse, tranchons le mot, une spoliation.

    Le vote ne serait qu’une duperie universelle si tous les citoyens étaient électeurs, et si tous les électeurs votaient; car, dans ce cas, ils resteraient quittes, les uns envers les autres, de ce que tous auraient perdu par le fait de chacun, mais qu’un seul électeur s’abstienne ou soit empêché, et la spoliation commence. Que sur neuf à dix millions d’électeurs, trois millions s’abstiennent, – ce nombre est aujourd’hui réalisé, – et les spoliés forment déjà une minorité assez imposante pour qu’il faille en tenir compte. L’antique notion de la probité dans le pouvoir est ébréchée; or, remarquez bien que la décadence du pouvoir est en proportion de la ruine de cette notion.

    Supposez que la moitié des électeurs inscrits reste à l’écart, la situation devient grave pour les votants et pour le gouvernement qu’ils auront fait; le scepticisme politique de toute une moitié du corps social doit visiblement gêner les vieilles croyances de l’autre moitié. Et si l’on considère que ce sera précisément du côté de l’inertie calculée, motivée, réfléchie que se trouvera l’intelligence ou la liberté, ce qui est tout un, tandis qu’il n’y aura du côté du vote que l’instinct moutonnier et traditionnel, l’ignorance ou l’abnégation, ce qui revient au même, on se fera aisément une idée de la prostration qui, dans un tel état de choses, doit gagner le vieux gouvernementalisme. Nous avons atteint dans ce moment même cette période: car, si quatre millions d’électeurs ne se sont pas encore abstenus, ce n’est pas qu’ils aient à se féliciter d’avoir voté. Or, tout repentir implique l’aveu d’une faute.

    Maintenant forçons l’hypothèse. Supposons que tous les adversaires du royalisme, convertis à la notion moderne que le pouvoir ne peut pas être honnête, désertent le scrutin en motivant leur désertion sur cette incontestable vérité que le vote est tout à la fois une duperie et une spoliation, et, tout aussitôt, les royalistes n’ont plus de complices; en dehors d’eux vous ne trouverez que des hommes lésés à bon escient. L’électorat, devenu un méfait par l’illumination de l’esprit public, ce méfait leur échoit directement et sans partage: les larrons sont connus. Ou plutôt, pour rendre hommage au sens commun, disons qu’il n’y a plus de larrons du tout; car, dès que la question se trouve réduite à ces termes sévères, mais simples et surtout vrais; dès que la politique, descendue de ses antiques et charlatanesques hauteurs, est restituée aux forfaits dont elle a toujours été le génie déguisé, mais réel, la fiction gouvernementale disparaît et la réalité humaine se dégage de tous les malentendus qui ont, jusqu’à ce jour, engendré la lutte et les déplorables événements qui en ont été la suite.

    Voilà la révolution! voilà le renversement calme, sage, rationnel de la notion traditionnelle! Voilà la substitution démocratique de l’individu à l’Etat, des intérêts à l’idée. Aucune perturbation, aucune secousse ne sauraient se produire dans ce majestueux déchirement du nuage historique; le soleil de la liberté se montre sans orages et chacun, prenant sa part de ses rayons généreux, se meut désormais en plein jour et s’occupe à chercher dans la société la place qu’il doit s’y faire par ses aptitudes ou son génie.

    Pour être libre, voyez-vous, il n’y a qu’à vouloir. La liberté, que l’on nous a sottement appris à attendre comme un présent des hommes, la liberté est en nous, la liberté c’est nous. Ce n’est ni par fusils, ni par barricades, ni par agitations, ni par fatigues, ni par clubs, ni par scrutins qu’il faut procéder pour l’atteindre, car tout cela n’est que du dévergondage. Or, la liberté est honnête et on ne l’obtient que par la réserve, la sérénité et la décence.

    Quand vous demandez la liberté au gouvernement, la niaiserie de votre demande lui apprend aussitôt que vous n’avez aucune notion de votre droit; votre pétition est le fait d’un subalterne, vous avouez votre infériorité; vous constatez sa suprématie et le gouvernement profite de votre ignorance et il se conduit à votre égard comme on doit se conduire à l’égard des aveugles, car vous êtes des aveugles.

    Ceux qui chaque jour, dans leurs feuilles, demandent en votre nom des immunités au gouvernement font, – tout en vous laissant croire qu’ils le ruinent et l’affaiblissent, – la force et la fortune du gouvernement, force et fortune qu’ils veulent conserver, parce qu’ils les veulent atteindre un jour, avec votre concours, peuple dupé, abusée, nargué, volé, mené, roulé, attelé, chargé, fustigé par des intrigants et des crétins qui vous font faire le gros dos en vous disant des flatteries, en vous courtisant comme une puissance, en vous surchargeant d’étiquettes pompeuses comme un roi de vaudeville et en vous exposant ainsi, prince des cabanons et de geôles, monarque de la corvée, souverain de la misère, à la risée du monde!

    Je n’ai pas, pour mon compte, à vous flatter ; car je ne veux vous rien prendre, pas même la part qui me revient de vos misères et de vos hontes. Mais j’ai à vous demander, à vous, entendez-vous bien, et non pas au gouvernement, que je ne connais pas, que je ne veux pas connaître, j’ai à vous demander ma liberté que vous avez empaquetée dans le don que vous avez fait de la vôtre. Ce n’est pas à titre onéreux que je vous la demande, car pour que je sois libre, il faut que vous le soyez. Sachez l’être! Il ne s’agit pour cela que de ne plus élever personne au-dessus de vous. Séparez-vous de la politique qui mange les peuples et appliquez votre activité aux affaires qui les nourrissent et les enrichissent. Souvenez-vous que la richesse et la liberté sont solidaires comme sont solidaires la servitude et l’indigence. Tournez le dos au gouvernement et aux partis qui n’en sont que les porte-queue. Le dédain tue les gouvernements, car la lutte seule les fait vivre. Soyez enfin ce souverain qui ne discute pas avec ses gens et riez des menées ridicules du royalisme blanc et du gouvernementalisme rouge. Aucun obstacle ne saurait résister devant sa manifestation calme et progressive de vos besoins et de vos intérêts.

    «Tant que le sire de Tillac ignora qui il était, dit une légende gasconne, l’intendant le rudoya fort; mais quand dame Jehanne, sa nourrice, lui eut fait connaître ses titres et qualités, les gens du château, l’intendant en tête, vinrent s’humilier devant lui.»

    Que le peuple montre à ses intendants qu’il ne s’ignore plus; qu’il cesse de se mêler aux querelles d’antichambre, et ses intendants feront silence, tout en prenant vis-à-vis de lui l’attitude du respect. Il se doit à lui-même d’être libre, il le doit au monde qui attend, il le doit à l’enfant qui va naître.

    La politique nouvelle est dans la réserve, dans l’abstention, dans l’inertie civique et dans l’activité industrielle, en d’autres termes, dans la négation même de la politique. J’aurai à développer plus amplement ces propositions. Qu’il me suffise de dire aujourd’hui que si les républicains n’avaient pas voté aux dernières élections générales, il n’y aurait pas eu d’opposition à l’Assemblée, et s’il n’y avait pas eu d’opposition à l’Assemblée, il n’y aurait pas eu, à vrai dire, d’Assemblée. Il n’y aurait eu qu’un tohu-bohu entre les légitimistes, les orléanistes, les bonapartistes qui se seraient ruinés, les uns par les autres, à grand renfort de scandale et qui seraient tombés tous les trois, à l’heure où j’écris, sous les sifflets exhilarants de la liberté. »

    Anselme Bellegarrigue – « Manifeste de l’Anarchie »

    « J’aime bien mieux, pour ma part, nier la souveraineté du peuple et croire à la souveraineté du gouvernement qu’il m’est prescrit de respecter.

    Je dis que j’aime mieux croire à la souveraineté du gouvernement ; je suis bien forcé d’y croire ; tout le monde est bien forcé d’y croire comme moi ; Je n’existe pas, nul ici n’existe par lui-même : notre existence ne nous est point propre. Nous ne vivons civilement, commercialement, industriellement, religieusement, intellectuellement que par le gouvernement !

    Voyageons-nous sans un sauf-conduit signé de lui ? Achetons-nous une propriété, faisons-nous une transaction où il ne vienne s’interposer ? Professons-nous un culte qu’il n’ait validé ? Nous instruisons-nous ailleurs que dans les écoles et dans les livres approuvés par son université ? Publions-nous autre chose que ce qu’il nous permet de publier ? Et, pour pousser l’examen de cette tyrannie réglementaire, jusqu’aux infimes détails de la trivialité fumons-nous un cigare qu’il ne nous ait lui-même vendu ? Sommes-nous avocats, médecins, professeurs, marchands, artistes, facteurs, crieurs publics, sans qu’il nous en ait donné licence ? Non ! Nous n’existons pas, vous dis-je, nous sommes des objets inertes, des pièces d’adhérence d’une machine savante et compliquée dont la manivelle est à Paris…

    Eh bien, je dis que c’est là une situation irrégulière une situation aussi embarrassante pour le gouvernement que fatale pour la nation.

    Je comprends qu’il fût possible à Richelieu de gouverner ainsi, la France des derniers siècles était tout entière et de son plein gré sous la couronne du roi. Mais malheur à ceux qui ne tiennent pas compte de la différence des temps ! Aujourd’hui, chaque citoyen se palpe et délibère, et le contrôle des actes officiels est partout ! »

    Anselme Bellegarrigue – Au fait ! Au fait ! Interprétation de l’idée de démocratie

    —————————————————————————————

    « Les gens poussent des hauts cris parce qu’un homme est né qui ne pense pas comme eux, qui n’agira pas comme ils agissent, qui ne se conformera pas, parce que pour lui la conformité c’est la mort – c’est ainsi qu’il est fait. Ils ignorent tout de lui et ont la sottise de vouloir lui donner des avis. L’homme de génie sait bien ce qu’il veut ; nul autre que lui ne le sait ; seul aussi il sait ce qui vient faire entre l’objet qu’il se propose et lui-même. Mais, avec les années, les hommes vous excuseront de ne pas faire comme eux, pourvu que vous ayez la force de suivre votre chemin. »

    H.D Thoreau, journal – Décembre 1858

    Merci d’avoir prit le temps pour lire ces quelques citations..

    Ce système est à l’agonie, il ne s’agit plus pour nous de se battre dans son arène, de jouer son jeu aux règles biaisées. Il faut désormais chacun se réapproprier l’action directe, et bâtir un monde nouveau. Tendre vers l’autogestion, rejeter toutes formes autoritaires, pour laisser s’épanouir notre propre conscience. Des lieux de luttes existent et incarnent cet état d’esprit (ZAD, NDDL..) »

    Trouvé sur : Pourquoi je n’irai pas voter : https://www.facebook.com/notes/lo%C3%AFc-citation/pourquoi-je-nirai-pas-voter/1228720517141871?hc_location=ufi

     

    * « Il faut être clair : un monde a pris fin, il n’y aura pas de retour en arrière » : http://www.bastamag.net/Il-faut-etre-clair-un-monde-a-pris-fin-il-n-y-aura-pas-de-retour-en-arriere

    Extraits : « Pour combattre efficacement l’Etat islamique et son offre politique de mort et de désespoir, « nous devons réfléchir à la révolte qui est à la racine de ces crimes », suggère l’anthropologue Alain Bertho, qui prépare un livre sur « les enfants du chaos ». A la racine du mal, la fin des utopies, enterrées avec l’effondrement de tous les courants politiques progressistes. Le XXIe siècle aurait oublié l’avenir au profit de la gestion du risque et de la peur, indifférent à la colère des jeunes générations. Entre un quotidien militarisé et le jugement dernier à la sauce djihadiste, seule « la montée d’une autre radicalité » pourrait raviver l’espérance collective. »

    « C’est la politique comme mobilisation populaire et construction du commun que nous avons perdue et qu’il nous faut retrouver. Quitte à provoquer un peu, je dirai que l’urgence, aujourd’hui, c’est moins la « déradicalisation » et l’hégémonie des marches militaires sur le débat politique que la montée d’une autre radicalité, une radicalité d’espérance collective qui tarisse à la source le recrutement djihadiste. Il nous faut retrouver le sens du futur et du possible, et résister au piège de la mobilisation guerrière que nous tendent les terroristes. »

     

    * L’injonction paradoxale. Voter = Élire ? : http://4emesinge.com/linjonction-paradoxale-voter-elire

    Présentation par le site 4emesinge : « Quand la sociologie et la politique se rencontrent, cela donne des choses tout à fait curieuses, mais extrêmement intéressantes. Connaissez-vous l’injonction paradoxale ? Sans doute que non et pourtant vous en êtes victime à chaque période électorale. Dans cette vidéo, Réda nous explique ce principe et ce qu’il soulève comme type de raisonnements et de comportements chez un électeur ou chez un abstentionniste.

    En effet, l’injonction paradoxale, pose un problème de choix “contre nature” dans une proposition qui n’est en fait pas un choix, mais une obligation. Elle se rapproche de la notion de “double contrainte“, qui elle, exprime deux contraintes en opposition que l’on vous impose par le biais d’un choix, qui en fait n’en est pas un. Concernant l’injonction paradoxale, il s’agit d’une illusion du choix par l’imposition d’une idée sous-jacente nous conditionnant à prendre le choix insinué dans la dite injonction.

    Bref, vous n’avez rien compris, mais la vidéo l’explique bien mieux que moi. Bon visionnage ! »

     

    * En complément du film J’AI PAS VOTÉ, cf. le documentaire-entretien J’ai pas voté – La rencontre – Étienne Chouard, Jacques Testart et Yves Sintomer :

    https://youtu.be/xiDpyNtasGQ

    Description : « Chapitres :
    00:25 – Le tirage au sort ça change quoi dans une démocratie ?
    06:22 – Le citoyen peut-il faire de la politique ?
    09:05 – Comment on tire au sort aujourd’hui ?
    13:13 – Qui tire au sort ?
    17:49 – Une révolution du peuple est-elle possible ?
    21:08 – Que pensez-vous du printemps arabe ?
    26:24 – En France sommes nous en démocratie ?
    31:24 – Qu’est ce qui bloque la modernisation de la politique ?
    »

     

    photographie affiche film de Personne La base
    Accès au « guichet » de La Base par ici :
    http://www.infoscenariodepersonne.com/guichet-du-film-la-base/

  • avatar
    Pascal

    Une perle d’abstentionniste le jour des urnes.

    Je ne sais plus depuis quand je n’ai pas voté. J’ai pas voté aux présidentielles 2012, pour la 2007, où y a eu Sarko versus Royal au second tour, j’ai un gros doute. Toujours est-il que j’avais pris la décision de ne plus voter. Cette année, pour l’idée d’une nouvelle république et compagnie, je vais ptêtre revoter au premier tour, pour la France insoumise de Mélenchon ( Frédéric Lordon : soutenir Mélenchon ? : https://blogs.mediapart.fr/edition/actualite-et-verites-de-la-campagne-de-la-france-insoumise/article/280117/frederic-lordon-soutenir-melenchon ). Sans grande conviction pour l’ensemble de son programme (à moins qu’il finisse par inclure une idée proche de celle de Bernard Friot) et aussi pour le fait que même si il parvenait au second tour, face à Macron, il aura ptêtre le même souci que Marine.

    Et euh, je crois qu’on peut considérer que ce que d’aucuns appellent l’UmPs a sacrément bien joué sa partie pour les présidentielles 2017. Pourrait conclure que tout n’était pas planifié, que les réactions des français, du moins que les sondages ont aiguillé, mais il y a quelques jours, j’étais tombé sur un article où il était expliqué qu’un Hollande et cie voulaient que le parti socialiste se rénove, change de nom, faire un peu comme les républicains (il y avait pas de référence au parti de Sarko-Fillon et compagnie, mais c’est un peu la même démarche, me semble), y songeaient de longue date. Et Macron est le parfait représentant de ce « repackaging ».

    Pas retrouvé l’article où l’auteur citait diverses réflexions avec son analyse, mais un article proche de l’idée : Pourquoi Hollande et Royal démolissent la Primaire PS pour Macron : https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/pourquoi-hollande-et-royal-demolissent-la-primaire-ps-pour-macron_448496

    Un autre truc dans l’idée de l’UmPs, c’est que Jacques Attali, qui a conseillé divers présidents, officiellement de gauche et de droite, avait présenté Macron à Hollande et caetera. Bon, lu que dans un premier temps, il ne l’avait pas vraiment soutenu pour la présidentielle (Jacques Attali ne « croit pas s’être trompé » en présentant Macron à Hollande : http://www.europe1.fr/politique/jacques-attali-ne-croit-pas-setre-trompe-en-presentant-macron-a-hollande-2921129 ), mais pourrait considérer que c’est du fait qu’il lui fallait rester neutre dans un premier temps, et depuis, dans d’autres articles il est question du fait qu’il votera pour lui, il fait parti de ses soutiens officiels.

    Et étonné, je m’étais demandé si c’était pas un poisson d’avril (sachant qu’il serait plus prêt à voter pour un candidat écolo, qui est plus proche de ce qu’est Mélenchon, et quand on lit une réflexion du style, que pour Renaud, Macron est « le seul sans parti », euh, lol ? ), mais non, ce sera son « vote utile » : Présidentielle : Renaud a fait son choix : http://www.lepoint.fr/presidentielle/presidentielle-renaud-a-fait-son-choix-03-04-2017-2116916_3121.php

    Mélenchon continue de monter dans les sondages, mais il rassemble beaucoup plus d’indécis que des autres, dont certains se feront ptêtre une fois dans l’isoloir la réflexion de Renaud. A moins qu’il grimpe suffisamment dans les sondages pour que les indécis soient prêts à y croire. Mais si il se retrouve face à Macron au second tour, la droite votera sûrement pour Macron, les habitués du PS aussi, donc je ne sais pas.

    Bref, sur le sujet démocratie :

    Loïc Blondiaux – La démocratie à venir et à refaire : https://www.youtube.com/watch?v=7q1gfKeBcS0

    Audition programmatique – Madame Mabrouka M’Barek, députée constituante tunisienne, aux auditions programmatiques de JLM2017 : https://www.youtube.com/watch?v=I3yUcq2_umA

    Monsieur le président, avez-vous vraiment gagné cette élection ? : https://www.youtube.com/watch?v=vfTJ4vmIsO4

    Election.rm : https://www.youtube.com/watch?v=B2JvW8ma9Vc

    Introduction : « Il faudrait que nous ayons un système électoral juste, s’exclama Archiprime, l’élève d’Archipi, c’est-à-dire qui reflète au mieux les choix des électeurs.

    Hélas, gémit le professeur Archipi, cela est impossible. Le résultat du vote dépend du système utilisé. »

    Résumé : « En 5 minutes cette vidéo démontre comment 5 systèmes électoraux différents peuvent aboutir à 5 résultats totalement différents »

    Alliance électorale ou changement de société ? : http://www.revue-ballast.fr/alliance-electorale-changement-de-societe/

    Extrait : « Si la campagne présidentielle a débuté sur fond de peur, de haine, de repli, celle-ci laisse toutefois apparaître un espoir. En effet, malgré l’importance médiatique des « affaires », certaines problématiques jusqu’à présent ignorées ont émergé : revenu de base, centralité de la valeur travail, non-remboursement de la dette publique, ou encore critique de la Croissance et prise en compte des enjeux environnementaux. Ces débats sont riches et intenses mais pas toujours des plus constructifs. En décembre dernier, nous évoquions déjà le fait qu’avec le revenu de base, le risque était que chacun y projette ses espoirs et ses craintes. Aujourd’hui, nous faisons face à une problématique similaire, aussi confuse et faussée, autour de la recherche d’une large alliance à gauche. Cette question paraît vraiment d’actualité, suite à la percée de propositions radicales lors des primaires du Parti socialiste (qui ont reçu un fort soutien). L’objectif est clair : construire une large union de la gauche, du PS aux décroissants, des Verts aux Insoumis, en allant jusqu’à la Primaire citoyenne. Sur le papier, l’enthousiasme semble de mise, surtout avec des sondages qui laissent rêveurs en cas de coalition et inquiets en cas de candidatures multiples. En considérant la situation politique générale, il semblerait irresponsable de passer à côté de cette occasion. Ainsi, on s’invective, on débat, les uns accusant les autres de naïveté, les autres de purisme…

    Pour autant, il ne faut pas se leurrer. Les règles du jeu sont biaisées : notre système démocratique, toujours plus discrédité, se limite à un outil représentatif — et donc au jeu des appareils. L’élection présidentielle en amplifie les travers en enfermant les débats dans un culte de la personnalité, quand ce n’est pas l’attente du sauveur rédempteur. C’est pour cela que la recherche d’une alliance à gauche ne doit pas occulter les questions essentielles. L’important n’est pas de savoir s’il faut être pour ou contre une telle alliance ou sous quelle forme elle doit se faire, mais plutôt une alliance pour quoi faire, comment, pour quelles échéances et quels projets ? Aujourd’hui, nous identifions plusieurs défis majeurs à relever et à assumer afin d’essayer d’envisager demain sous un autre jour, afin de se donner un peu d’espoir en dehors des cercles de pensée et d’action dominants. »

    Conquérir la souveraineté populaire, sur la valeur et sur la monnaie : http://www.dailymotion.com/video/x27bph2_bernard-friot-et-frederic-lordon-chez-tropiques_news


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