Tu ne tueras point

Ni de près, ni de loin

Tu ne tueras point

Pas besoin de faire la tête…C’est clair et net

Tu ne tueras point

C’est un impératif catégorique

Tu ne peux faire autrement que t’y soumettre

Sans réserve et sans condition

Tu ne tueras point

Autrement dit, tu ne donneras pas la mort

Tu ne retireras pas la vie

C’est Dieu qui te l’interdit

Il y a une limite… Et tu n’as pas le droit de la franchir

Tu ne tueras point

On ne rajoute rien

On te dit ce qu’il faut faire

Pas ce que tu gagnes ou ce que tu perds

Tu ne tueras point

Il n’y a pas d’amendements, c’est un commandement

Qui ne souffre pas la moindre restriction

La Loi c’est la Loi et elle est Absolue

Et l’Absolu n’a qu’une voix

La voix de Dieu… ou la voix de ta conscience si tu veux

Qu’elle soit éveillée ou endormie

Elle finit toujours par l’entendre

Tu ne tueras point.

 

C’est ce point qui indispose ma femme de ménage

Elle n’est toujours pas disposée à déposer les armes

Elle y voit des points de suspension plutôt qu’un point final

Elle tue et elle tutoie tous ceux qui le méritent

C’est sa fonction, son ergon vital : le nettoyage.

Sans peine de mort, elle ne se sent pas souveraine

Elle fait le malin pour contourner le commandement divin

Elle ne retire pas la vie à ceux qu’elle condamne

Elle les retire de sa vie… de ses arcanes…

Elle fait comme si ils n’ont jamais existé

Elle les efface et les chasse de son esprit

À vie et pour la vie…

C’est son geste, son mouvement, son comportement qui se veut radical

Elle supprime toutes les saletés, les obscénités, les méchancetés

Tout ce qu’elle n’a pas jugé digne d’imprimer

La liste est longue… mais elle a toujours pris des raccourcis

Parce que, dit-elle, on ne peut pas vivre sans éliminer… les déchets

En premier : tous ceux qui lui manquent de respect

Eu deux : les plus vicieux pour elle, ce sont les avaricieux

En trois : les hypocrites, ceux qui ne jouent le jeu que par en dessous

En quatre : ceux qui ne sont pas capables de prendre ou de garder leurs distances

En dernier : ceux qui ont peur de la vie… la nient ou la calomnient.

Pour elle, tout vient à point… Pour celui qui ne sait point attendre

Elle est impatiente et cruelle.

Elle n’a pas fini de me surprendre

Puisqu’elle c’est moi, moi c’est elle.

On ne se ménage pas… On a toujours mis le feu à notre propre ménage

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