Il faisait nuit, ce 27 mai, jour anniversaire.
Il pleuvait à torrent…
Et je roulais à toute allure… comme à contre courant…
En traversant un petit village, sous éclairé pour raison d’austérité, j’ai renversé un jeune homme que je n’ai pas vu sortir de la pénombre.
En tombant sa tête a heurté le trottoir… il est mort sur le coup!
En essuyant les blessures, je me suis effondrée auprès de ce compagnon d’infortune…
Comme écrasée sous le poids d’un injustifiable péché.
Quand j’ai repris connaissance… j’étais allongée dans un lit et bercée par une dame d’un certain âge…
J’avais perdu la mémoire et le fin fond de mon histoire.
J’avais du mal à aligner deux onomatopées… du mal à fixer le vertige de ne pas avoir envie de savoir pourquoi je suis toujours en vie.
La dame, pour je ne sais quelle raison, a pris l’incroyable décision de veiller sur moi, de me nourrir, de me loger et de me soigner… sans rien exiger en retour. Ni justification. Ni gratification.
Inspirée par je ne sais quelle étoile, elle m’a innocenté auprès des autorités et s’est faite passer pour le chauffard qui a eu l’accident et causé la mort d’un innocent et la perte de mémoire d’une passagère. Elle a tout pris sur elle. Le mal et l’effet du mal.
Et pendant des années je l’ai vu sourire pour me faire sourire et pleurer pour que je cesse de souffrir.
Et si je vous disais que le jeune homme que j’ai écrasé était son fils… vous me diriez que mon histoire ne peut pas être vraie.
Et pourtant, elle l’est… je le jure encore aujourd’hui en tremblant.
Je te demande pardon… ma petite maman et je te souhaite de tout mon cœur une bonne fête !
Cet accident a eu lieu il y a 10 ans… il y a donc prescription. J’ai volontairement passé sous silence l’un de ces trois éléments, je vous laisse deviner lequel :

1- je n’avais pas mon permis de conduire
2- cette dame n’était pas ma mère… mais juste une mère
3- on n’a jamais retrouvé le corps de ma victime.

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