Elle: tu t’appelles comment ?
Lui : Je ne sais pas vraiment
Elle: tu as quel âge mon enfant ?
Lui: tu as l’impression que je suis petit… que je ne suis pas grand
Elle: d’où est-ce que tu sors, je ne t’ai pas vu venir
Lui: je ne sais pas d’où je viens…
Elle: tu sais au moins où tu vas ?
Lui : je ne me déplace pas dans l’espace mais seulement dans le temps.
Elle: et pourtant tu es bien là en face de moi
Lui : c’est encore l’œuvre de ton imagination
Elle : t’as raison… y a pas d’espace entre le réel et l’imaginaire.
Lui: il y a le temps qui passe
Elle : et quelqu’un qui vous chasse… va-t-en…
Lui : on m’appelle Zarathoustra
Elle : et pourquoi est-ce qu’on t’appelle Zarathoustra?
Lui : parce que je ne cesse de dire que tout se passe ici-bas… qu’il n’y a pas d’au-delà.
Elle : le ciel est vide… c’est ce que je me dis aussi…
Lui : au contraire, le ciel est bien rempli… c’est pour ça qu’il faut faire le vide.
Elle: oui, ça me rappelle quelque chose, le crépuscule des dieux. C’est ça ?
Lui : les idoles, les idéaux, les idées… au bûcher!
Elle : et il me restera quoi pour vivre ?
Lui : un ego insatiable
Elle: et j’en ferai quoi?
Lui : un présent au premier venu
Elle : je suis d’accord… pour t’offrir mon ego comme cadeau de bienvenu
Lui : je ne peux l’accepter … sauf si tu acceptes de reprendre le mien.
Elle : ce n’est pas drôle comme échange… mais j’accepte… les yeux fermés.
Lui: tu ne crois pas si bien dire, parce que tu n’as encore rien vu !
Elle : vu quoi?
Lui : que tu viens d’échanger un moi réel contre un moi imaginaire
Elle : parce que je ne t’ai pas encore dit que j’avais envie d’en finir
Lui: pourquoi?
Elle : parce que je n’aime plus la France
Lui : parce que tu préfères les songes ?
Elle: oui, les songes aux mensonges.
Lui : dès que tu fermeras les yeux, tu ne seras plus de ce monde.
Elle : je peux revoir mon fils une dernière fois?
Lui: non, puisque tu viens de renoncer à tous tes droits.
Elle: s’il te plaît (en pleurant)
Lui: qu’est-ce qui t’arrive, tu craques ?
Elle: non… je me fous de ma gueule, une bonne fois pour toutes. C’est fini!

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