J’y arrive pas… j’y arrive plus… je ne sais même pas si j’ai le désir d’y arriver…
à gagner ma vie, à nourrir ma famille, à rentabiliser ce que je suis…
Ma plume n’est pas exportable… et la table de ma loi n’est pas rentable.
Comment dire…. que je suis à bout… Comme tous ceux qui s’efforcent à joindre les deux bouts.
Je subis comme on dit, le sort de toute ironie, le revers de toute fortune… Parce que nul n’a le droit de créer sans rien devoir en retour.
C’est très étrange même le don de soi a un coût : la tête et les yeux.
Tout me pousse à intégrer le système marchand.
J’ai beau dire que je ne suis pas une marchandise, je ne peux éviter ma désintégration… ma solitude… ma lassitude… ma finitude.
Suis-je le cordonnier le plus mal chaussé?
Suis-je l’aide-soignant le plus mal soigné ?
Suis-je l’artiste le plus triste ou le plus attristé ?
Il paraît que nous le sommes tous et toutes… parce que le verbe être… est en crise. On ne gagne pas assez pour rembourser la dette… celle que nul n’a contractée.
Qu’avons-nous à perdre ? T O U T
Puisque l’existence est devenue une question de comptabilité … voire d’incompatibilité… Entre les moyens et les raisons de vivre.
Tout à perdre… rien à y gagner.
Quelques fleurs… quelques flirts entre grands esprits et puis RIEN.
Rien ne suffit à combler le trou de notre sécu mentale et morale.
Je ne vais pas me tirer une balle dans la tête… NON.
Mais je vous demande de le faire… en cessant de m’encourager à faire ce que je fais: Exister

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