Jadis, si je me souviens bien…
Au fond, siégeait un grand homme, appelé Juge ou président, assis entre deux assesseurs,
un qui ronronne et l’autre qui marmonne.
A gauche ou à droite de cette sainte trinité, qui a l’ingrate mission de vous juger,
condamner ou relaxer, il y a toute une rangée de citoyens triés sur le volet et qu’on appelle les jurés.
De braves gens qui vont peser de tout leur poids sur l’issue des débats.
Et puis, vient l’intrus, le greffier qui va énumérer vos chefs d’inculpation.
Faire le point sur vos crimes et délits…sans le moindre sens de la répartie.
L’avant dernier larron va vous charger de tous les maux, aggraver vos défauts,
ressasser vos méfaits et signifier à toute cette naïve assemblée que votre cas est vraiment désespéré.
C’est le chat noir qui prononce ce genre de réquisitoire pour que même les aveugles puissent vous apercevoir. Il est censé représenter l’ordre public et l’intérêt général… mais il est payé pour vous transformer en passoire.
Le Proc… c’est comme ça qu’on l’appelle…
Il va vous croquer comme Eve a croqué la pomme avec tout le désastre qui a suivi et que nous avons tous, un jour ou l’autre, subi.
Le dernier à parler, c’est votre porte parole ou votre avocat… il est censé vous défendre et vous protéger contre cette société qui vous a mis sur le banc des accusés.
Il va plaider, faire son plaidoyer pour diminuer votre peine et atténuer leur haine.
Mais en vérité, il ne fait rien d’autre que tourner autour du pot pour insinuer qu’il n’est peut-être pas cassé !
Pour mettre fin à mon supplice, j’ai plaidé coupable et reconnu d’avoir abattu froidement avec une balle dans le dos celui qui a violé le secret de l’instruction qui me concernait et communiqué à la presse quelques pièces de mon dossier.
J’ai pris le max ! Le maximum de plaisir en rendant justice à la justice
Avant de monter sur l’échafaud, je vais vous cracher mon dernier mot:
« Permettez-moi cet aveu dépouillé d’artifice,j’aime à voir que du moins vous vous rendiez justice, et que, voulant bien rompre un nœud si solennel Vous vous abandonniez au crime… en criminels. »
Racine.

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