Il n’est ni musulman… ni persan…
Il ne connaît pas l’Iran…
N’a jamais mis un pied en Afghanistan…
Il ne reconnait pas les Talibans…
Pour lui la religion n’est pas la bonne ligne de démarcation…
Je veux parler du héros de mon roman…
Je n’ai pas fini de le réécrire
Parce que j’hésite encore sur le statut du narrateur
Un homme ou une femme ?
Doit-il se raconter à la première ou à la troisième personne ?
Je suis… comme ci… ou… il est… comme ça ?
Et tout compte fait, je vais opter pour personne…
Pour un journal avec plus de voyelles que de consonnes…
Des onomatopées qui impressionnent et des pointillés pour laisser au temps, le temps de nous faire basculer…
De l’autre côté de la Méditerranée… ça vous étonne ?
Oui je vois ce qui vous désarçonne…
C’est cette voyelle, en tête du cortège et qui transforme mon récit en leçon de solfège… Ah ! … puis AAAAh !… puis A ? Puis AAAh… puis A !
Interrogation, exclamation ! Qui sait ?
Oui, on peut dire ça, mais mon héros ne cherche pas à être drôle, c’est lui qui distribue les rôles…
C’est lui qui contrôle… en tant qu’auteur et acteur de son propre jeu de rôles.
Vous êtes séduit par la forme mais c’est le fond qui vous met mal à l’aise ? Subversive et corrosive ? Quoi ? Vous voulez que je renonce à ma thèse ? Y a pas de malaise.
Je m’en vais publier ailleurs cette foutaise.
Qu’est-ce que vous voulez que je justifie ?
Le bien-fondé de mon récit ?
Vous voulez vraiment que je mette les points sur les i, allons-y !
Je dis ce que personne ne dit…
Que les Arabes sont de retour… A … rabes
Ni chiites, ni sunnites, ni islamistes, ni muslimistes.
Mais une race à part, qui va au fur et à mesure voler de conquête en conquête… conquérir nos villes et nos campagnes, nos bons vieux idéaux et toutes les tables de nos nouvelles valeurs
Ce sont des gens fiers et téméraires… qui se sont assoupis quelques siècles et qui vont reprendre le pouvoir à tous ceux qui l’ont usurpé ou souillé.
Je reprends mon manuscrit… en vous disant :
Je déserte, si vous voyez ce que je veux dire.

Share Button